Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Breaking the Waves de Lars Von Triers


Breaking the Waves est un film réalisé par le danois Lars Von Triers sorti en 1996. Avec cette production cinématographique, le fondateur du mouvement Dogme reporta le Grand Prix du Jury au prestigieux Festival en Cannes 1996.



Présentation générale

Il y a des films qui te clouent sur place dès les premières secondes. C'est le cas de Breaking The Waves. Dès le début, Lars Von Triers pose l'atmosphère qui va peser tout du long. Dans une petite ville du nord de l'Ecosse, dans les années 1970 on célèbre, à contrecœur le mariage de Bess, jeune femme naïve et pieuse, et de Jan, homme d'âge mûr qui travaille sur une plateforme pétrolière. Malgré l'avis défavorable de sa famille rigoriste, Bess, heureuse de cette union se donne intacte à Jan dans les toilettes de l'auberge des noces avec la hardiesse de la candeur passionnée. Un amour ardent va suivre pendant quelques temps. Mais voilà qu'un jour, le travail de Jan sépare les deux amants. Bess, déjà diagnostiquée comme simple d'esprit voire névrosée, se retrouve seule. Et n'accepte aucune aide extérieure, sauf celle de Dieu avec lequel elle pense communiquer. Elle mime inlassablement un dialogue avec le tout puissant, "comme une petite fille avec sa poupée", espérant le retour de son amour.
Mais voilà que l'hélicoptère rapatrie Jan, paralysé après avoir reçu un violent coup sur la tête. Bess persuadée que Dieu l'a abandonné est désabusée. Sur son lit d'hôpital, oscillant entre vie et mort, Jan réclame généreusement que sa femme vive pleinement sa jeunesse et ne reste pas éternellement auprès de lui alors que le diagnostic de son médecin ne lui laisse quasiment aucune chance d'en réchapper. Il annonce alors a sa Bess qu'il ne peut pas vivre sans relation sexuelle et qu'elle va donc devoir les lui faire vivre par procuration. Un choix cornélien s'en suit pour Bess. Entre sa piété et sa pudeur qui l'empêche psychologiquement de vivre des relations hors union et l'amour sans bornes qu'elle voue à son Jan. Toute initiative sexuelle que Bess entreprend établit un lien spirituel avec Jan. Par exemple, lorsqu'elle drague, son cou devient aussi raide que celui de Jan dans sa minerve. Ou alors, lorsqu'elle masturbe un homme au fond d'un bus austère le bruit de l'air comprimé rappelle le respirateur artificiel branché à son époux. Réciproquement, dans la chambre d'hôpital se trouve un fauteuil de cuir rouge qui rappelle le short qu'elle porte lorsqu'elle se transforme en prostituée. Elle devient alors la honte de sa communauté protestante qui la renie à présent. Bess est alors la risée des gosses du village qui s'amusent vingt mètres derrière elle sur leurs vélos à l'humilier en lui jetant des cailloux. Mais Bess ne baisse pas pour autant les bras et n'oublie pas son objectif. Les dialogues qu'elle crée de toutes pièces avec Dieu s'intensifient. Elle l'implore de laisser Jan vivre. Mais l'état de son mari ne s'améliore qu'en proportion des aventures de Bess, qui résiste certes à la pression sociale, mais ne renonce pas vraiment à la pudeur et la fidélité traditionnelles. Devant son échec, Jan se meurt, mais un jour, ne trouvant aucune autre possibilité, elle prend la décision d'aller offrir ses services à des marins sur un cargo amarré où les filles ne veulent plus aller. Le capitaine et son équipage la violent animalement puis la battent à mort. Alors que Jan recouvre miraculeusement la santé, il n'accepte pas la mort de sa bienfaitrice. Alors qu'il se trouve au bord de la mer avec ses amis il décide de dérober le corps voué à un enterrement dénué de larmes et de le jeter à l'eau. Lors de l'enterrement officiel, Dodo, interrompt le rituel réservé aux hommes pour leur dénier le droit d'envoyer sa belle-sœur en enfer, témoigne d'un début de transformation sociale. Le lendemain matin, revanche divine contre cette communauté austère, des cloches matérialisées dans le ciel sonnent joyeusement.


Présentation formelle

Le film est découpé en sept chapitres. Ce découpage n'est sûrement pas choisi au hasard. Peut-être fait-t-il référence aux sept pêchés capitaux, aux sept merveilles du monde, aux sept jours de la semaine. D'ailleurs la pensée commune dit à son égard qu'il représente la perfection, on lui attribue même une certaine magie. Dans Breaking The Waves, Lars Von Triers fait le choix du plan fixe accompagné d'une image à la beauté presque picturale et d'une musique spécifique pour annoncer chacun de ces sept chapitres. Le titre même du film est en lui même une métaphore. Métaphore de la tâche impossible que représente le fait de vouloir lutter contre la force des vagues pour pouvoir simplement exister.


Avis personnel

Avant toute chose, Breaking the Waves est une histoire d'amour servie magnifiquement par la débutante Emily Watson et l'acteur suédois Stellan Skarsgard. C'est l'histoire du don de soi, du pouvoir de l'amour sur les êtres. Une histoire d'amour tragique mais qui a la force de nous donner de l'espoir comme le fait Bess lors de la paralysie de Jan. Après avoir été élevée dans une communauté plus que sectaire et rigide, c'est grâce à l'amour que la naïve et pieuse Bess peut s'épanouir et enfin jouir des véritables plaisirs de la vie. En bref, Breaking the Waves est une ode aux sentiments quels qu'ils soient.
Lars Von Triers a réalisé une des plus belles mises en scène de l'amour au cinéma. Un film a voir absolument, qui nous bouleverse au plus profond de notre âme du début à la fin.
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