Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Des Bleus séduisants


Pour son premier match de préparation à la Coupe du Monde, l'équipe de France a étrillé la Norvège 4-0. Une victoire très encourageante car plus que le résultat, c'est la manière qui fut au rendez-vous avec un Valbuena étincelant et un Giroud plutôt inspiré.



On entend déjà les pompiers de service qui s'empresseront de calmer les ardeurs de supporters français un peu trop souriants après ce match amical, premier des trois matches de préparation qui ouvriront sur la rentrée des Bleus contre le Honduras (le 15 juin à 21h). Evidemment, on concèdera volontiers qu'un match amical n'a pas une grande signification et encore moins contre une sélection qui joue sa fin de saison et qui pense d'abord au programme des vacances plutôt qu'à aller embêter son adversaire. Mais, malgré le peu d'information apporté, on peut tout de même se réjouir d'une première rencontre contrôlée de bout en bout par la bande à Deschamps contre des Norvégiens que les Bleus n'avaient plus battus depuis 1988 et une victoire 1-0 sur un but du grand Jean-Pierre Papin. Depuis, ils avaient concédés trois matches nuls et une défaite. C'est dire que battre la Norvège n'est pas chose aisée et encore moins par un tel score. Ce que Didier Deschamps ne manquait pas de souligner "en 2014, le niveau des sélections internationales est extrêmement resserré. La Norvège ne se fait pas battre 4-0 tous les quatre matins donc en effet, c'est très positif pour nous".
Très positif. Ce sont les mots employés par le sélectionneur qui qualifient le mieux ce match. D'une part parce que le camp français devait faire -et à très bien fait d'ailleurs- sans de nombreux cadres (Benzema et Varane n'étaient pas encore arrivés dans le groupe après la finale de la Ligue des Champions samedi, Ribéry et Lloris avaient été mis au repos pour quelques pépins physiques) et que leurs remplaçants ont fait figure de doublures de luxe. Stéphane Ruffier, qui célébrait sa deuxième sélection sous le maillot bleu, fut impressionnant de concentration et pût montrer son goût pour les sorties aériennes. En défense centrale, Laurent Koscielny fit également une prestation intéressante. Le Gunner multiplia les interventions et fut aussi le premier relanceur. Devant, sans Benzema et Ribéry qui devraient, sans blessures, être titulaires contre le Honduras, le duo Griezmann-Giroud fut à la manÅ“uvre. Le premier honorait sa seconde titularisation en équipe de France. Là où il fit preuve d'une timidité paralysante contre les Pays-Bas en mars dernier, il sembla hier bien plus à l'aise. On voyait enfin le Griezmann de la Real Sociedad, celui qui utilise sa fraîcheur et sa vitesse de dribble pour faire la différence. Olivier Giroud s'en allait, quant à lui, marquer ses sixième et septième buts en bleu. Le premier d'une reprise de volée du coup de pied qui filait juste sous la barre transversale. Le second d'une tête lobée qui trompait une nouvelle fois le portier norvégien.


Valbuena le détonnateur

Une nouvelle satisfaction vint du dispositif aligné par Deschamps. Le 4-3-3 que préfère Deschamps depuis son entrée en fonction assure un certain équilibre avec un milieu de terrain qui participe énormément au jeu. Cela permet aux joueurs excentrés de pouvoir bouger un peu plus, d'avoir une liberté de placement bien plus large. D'ailleurs, on voyait bien souvent Antoine Griezmann s'éloigner de son aile gauche pour se rapprocher d'Olivier Giroud. Mathieu Valbuena dézonait aussi de son côté droit pour avoir le rôle de meneur de jeu qu'il affectionne tellement derrière Giroud et Griezmann. A Marseille, on devait faire grise mine en observant la prestation étincelante de Valbuena, à comparer à la saison médiocre qu'il venait de finir du côté de la Canebière. Il existe bien deux Mathieu Valbuena et chose rare de nos jours, il est bien plus dans son assiette en sélection. Autant à Marseille il semble jouer pour lui-même, en équipe de France il se métamorphose pour devenir le liant entre le milieu et l'attaque, celui qui voit le jeu et qui fait le bon geste. Hier soir, pour le dernier match que disputaient les Bleus au Stade de France avant le Mondial, ce sont ses passes qui firent toutes la différence. Par trois fois, elles amenèrent un but. Sur le premier but, c'est lui qui centrait avant que Paul Pogba ne décroise sa tête pour ouvrir la marque. Sur le deuxième, il servait Olivier Giroud. La suite, on la connait. Sur le quatrième et dernier but, il centrait à nouveau mais cette fois pour Giroud qui y allait de son doublé "c'est l'équipe toute entière qui a fait un super match. Vous savez, les passeurs sans les buteurs qui vont avec, ça ne sert pas à grand chose". Même quand le but ne suivait pas, il était au départ des occasions. C'est lui botta le coup franc avant une tête de Pogba qui trouvait les gants du portier norvégien.
Même si cela semble paradoxal, la passage à vide que connurent les Bleus entre le but de Pogba et la mi-temps est aussi à prendre du bon côté. Si ils parurent un peu en manque de forme, cela voulait dire que la semaine d'entraînement intensive avait été fructueuse. Surtout, cette victoire permet de conclure une première semaine de préparation et de faciliter le départ des sept réservistes qui s'en iront de Clairefontaine aujourd'hui. Alors, on le répètera jamais assez, on sait que ce n'était qu'un match amical mais quand sont alliés efficacité et maîtrise, créativité et concentration, cela ne veut pas dire un peu plus ?
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