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2 en 1

Une soeur disparue, pas de corps, pas d'indice. Mais quel est le secret des jumelles M. Munro ?


Trois coups à sa porte. Cette fois, c'est lui. Maeva sait qu'il a compris et qu'elle ne pourra pas le laisser partir. Mais elle connaît aussi la raison de sa présence, elle en a autant envie que lui. Alors elle le laissera respirer encore le temps d'une nuit.

Tout avait commencé sous la chaleur caniculaire du mois d'Août, alors que je tentais vainement de profiter de la climatisation faiblissante. Confortablement vautré au fond de mon vieux fauteuil, je pestais et maudissais ces vacances voleuses de clientèle, qui me laissaient toujours trois mois sur la paille. Le miracle survint alors vers dix heures trente, sous la forme d'une jeune femme brune à la silhouette digne de Marilyn. Seul lui manquait, et c'était bien dommage, un sourire éclairant son visage.
Après les salutations d'usage elle se présenta : Maeva Munro, dont la venue était motivée par la récente disparition de sa sœur jumelle Mathilda. Ainsi dorénavant mon statut de chômeur caniculaire laisserait place à nouveau au respectable poste de détective privé que j'occupais le reste de l'année. La tâche était simple : retrouver une demoiselle aux mensurations alléchantes si j'en croyais sa copie conforme en face de moi... Et empocher un salaire confortable, puisque de toute évidence la cliente roulait sur l'or.

Assis l'un en face de l'autre à la lueur des chandelles, ils se jaugent du regard. Lui, cherche à savoir si elle avouera avant ou après... quoique sa tenue laisse plutôt présager un bon moment de plaisir avant les mots. La garde à vue promet d'être agréable. Elle, cherche son talon d'Achille. Tuer un homme si vigoureux risque de s'avérer difficile...

Le dernier ayant aperçu Mathilda était un vieux clochard appelé Bottle Bill. Il dormait sous un pont comme à son habitude, et d'un coup, il fut surpris par le silence soudain des grillons. "Le boucan des bêtes s't'arrêté comme ça, ça m'a réveillé su'l'coup, m'sieur." Suivit une voix féminine provenant du dessus du pont. "Macabre, c'te voix, comme une qui marche en dormant, comme un fantôme, chais pas si'ous voyez..." Et enfin, la chute. "Une chose qu'est tombée dans l'eau et a coulé net, comme j'vous l'dis m'sieur." Le fait fut signalé à la police, la rivière envahie de plongeurs, mais pas un corps n'a été trouvé. Bottle Bill eut beau jurer par tous les diables que c'était la vérité, pas l'alcool, mais personne ne l'écouta et il passa la nuit au poste. Quand j'arrivai avec mon signalement de la disparue, il fut le premier à répondre qu'il ne pouvait s'agir que d'elle, la fille du pont, que les courants avaient dû emporter. Mais les recherches suivantes n'aboutirent à rien.
En quête de résultats, Maeva m'attendait tous les jours sur la banquette devant mon palier. Elle refusait de se résigner à la mort de sa sœur, non prouvée en l'absence du corps. Mais je n'avais rien à lui apporter. Néanmoins dans cette période nous fîmes plus connaissance, nous trouvâmes des affinités et je l'invitais même à dîner. Une soirée délicieuse que j'aurais aimé voir s'éterniser mais le temps nous fit faux bond et nous condamna à séparation... au moins jusqu'au lendemain.

Arrive le dessert : sorbet citron nappé de chocolat noir. Durant tout le dîner, les regards ont remplacé les mots, le silence reste complet. Il savoure ce moment et comme auparavant, tente de le faire durer le plus longtemps possible. quant à elle, elle sait à présent où elle devra frapper. Mais la nuit peut encore durer...

Le jour vint ou je dus faire porter disparue l'autre moitié de ma cliente. C'était exactement un an après sa première visite. Toutes les recherches avaient été vaines, pas de corps, pas de mort. Le notaire réclamait cependant un papier officiel pour remettre ses biens à l'unique légataire qu'était désormais Maeva Munro. Les signatures furent apposées aux endroits voulus, le testament lu et reconnu : ma cliente, dernière Munro, disposait de toute leur fortune. Nous fêtâmes l'événement au restaurant, que je pus enfin payer dignement grâce à mon nouveau salaire. Je présageais déjà une fin de soirée agréable, m'imaginais cette superbe jeune femme, chez laquelle le sourire revenait progressivement, s'abandonnant à moi avec plaisir. Mais ce soir-là je ne fus pas exaucé.
Chez elle il faisait chaud, comme l'année précédente. Je m'installai, connaissant les lieux, me servis à boire alors qu'elle allait à la salle de bain se mettre à l'aise. Des images défilaient en moi, essayant de me figurer quelle tenue elle porterait à son retour... quand elle se mit à hurler. J'accourus, et le découvris nue, recroquevillée dans un coin carrelé de marbre, et lui mis une douce serviette sur les épaules. Mais la frayeur l'avait rendue hystérique, j'appliquai alors le seul moyen connu face à cette extrémité : une bonne gifle la calma immédiatement. Complètement hébétée, elle leva son doigt vers le miroir, bégayant avec peine : "elle est revenue... Elle... Elle était là !!"
La glace ne me rendit que mon reflet, et je mis sa peur sous le coup de l'émotion. Je l'aidai à se relever et dus écarter le rideau de cheveux qui lui cachait le visage pour pouvoir essuyer ses larmes. Cependant à cet instant un détail me frappa : son regard, que j'avais jusqu'à présent connu timide mais néanmoins volontaire, avait alors une expression toute différente, comme de pure méchanceté. A bien y regarder, le reste du visage arborait alors la même expression, jusqu'au sourire empreint de cruauté qui étirait le coin gauche de ses lèvres. De plus elle était alors d'une pâleur effrayante. Rien dans ce nouveau visage ne me rappelait Maeva.

D'un geste unique, parfaitement synchronisé, ils se lèvent et contournent la table. Face à face, se noient l'un dans l'autre. Et toujours enlacés, se laissent tomber sur le lit. Plus question d'aveux, plus question de tuerie, tout ça c'est pour la fin. Or là... ce n'est que le commencement.

Quand elle fut enfin endormie, je tentai d'oublier cette autre femme qui me faisait face auparavant. Cet ange allongé là ne pouvait pas avoir de tels regards, de tels sourires... impensable. De retour dans la salle de bain, je fixai à nouveau la glace, comme y cherchant une réponse. Qui d'ailleurs ne vint jamais. Une photographie des deux sœurs, accrochée au-dessus du miroir, attira mon attention. L'une en face de l'autre, appuyées sur leurs mains, elles souriaient à l'objectif. Mais un détail de cette image me chiffonnait : une tache blanche au milieu, comme un flashe sur du verre, qui pouvait être une mauvaise impression mais laissait quand même un doute quant à sa provenance. J'emportai la photo, laissai un mot et sortis.
De retour chez moi je fis quelques recherches au sujet de cette famille aux filles si étrange, et ne trouvai de données que sur le père, gérant d'une grande société d'import-export, et sa femme, ancienne actrice reconvertie aux bonnes œuvres. Rien qui concerne les deux filles. Je repris la photo et l'observai, longtemps, sans relâche, à la recherche du détail que j'aurais pu négliger... Et trouvai. Il n'y avait sur cette photo qu'une personne, aux mains appuyées sur un miroir, mais étrangement, le reflet avait un autre visage. Ainsi, poussant plus loin ma recherche sur la généalogie Munro, je compris.
Le lendemain je téléphonai à Maeva. Elle semblait encore endormie quand elle répondit. Je lui suggérai un dîner chez elle, prétextant qu'elle risquait de se fatiguer trop vite si nous sortions. Elle accepta, donna rendez-vous à 19 heures.

- Il a appelé. Il sait.
- Eh bien il faudra le réduire au silence.
- Non, Mathilda, je t'en prie... pas ça. Tu n'en as pas assez de tout ça ? Après tout le mal que tu m'as fait... J'étais seule pendant un an, c'était un vrai calvaire, et il a été le seul soutient. Je ne veux pas le perdre, s'il-te-plaît...
- C'est trop tard. Trop tard pour lui, trop tard pour toi. A présent que je suis revenue, je vais exister, tu ne pourras rien, il ne verra rien.
- Non, ne fais pas ça !! Mathi...
- Adieu Maeva. Moi aussi je t'aimais.

Mathilda n'avait jamais existé. Ou du moins pas physiquement. La pauvre Maeva souffrait de schizophrénie aigue, elle parlait à son reflet en croyant voir sa sœur. Jamais ses parents n'avaient compris, ils avaient cru à son imagination fertile. Le rapport de la psychologue scolaire de la jeune Maeva précise cependant qu'il était fréquent de la voir parler seule dans la cour de l'école, scènes qui dégénéraient souvent quand ses amis s'en moquaient. Ma décision était donc de tenter d'éclairer l'esprit de Maeva, et en cas d'échec, la faire conduire à l'institut spécialisé le plus proche. Durant cette année j'avais fini par tomber amoureux d'elle et ne voulais pas la voir souffrir plus que nécessaire. C'est sur ces réflexions que je sonnai une dernière fois à sa porte, certain d'arriver à la faire revenir.

Voilà près de quatre heures qu'il était entré chez elle. Elle l'avait accueilli avec le sourire de Maeva, ils avaient dîné, ils avaient fait l'amour. Et il l'avait reconnue. Mais le couteau a transpercé sa nuque avant qu'il ait pu prononcer son prénom. Maintenant qu'elle était là, libre, qu'elle existait vraiment, enfin, Mathilda allait enfin commencer à vivre.

Fin
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Re: 2 en 1
Posté par appelez-moi-jadka le 20/08/2004 07:57:21
et pourquoi sa termine mal?
Re: 2 en 1
Posté par soraia le 20/08/2004 07:57:21
Coucou!! Ton histoire vraiment excellente. Très bien écrit avec le suspence. J'aime vraiment la façon dont tu la écrit sa donne une histoire passionnante dommage que sa soye aussi coure. J'ai adorer, hé bien j'attend avec impatience le prochain. Gros Kiss A+
Re: 2 en 1
Posté par zouzounne le 20/08/2004 07:57:21
très bonne histoire, tu as du talent, continue comme ca!!ce ki est peut etre domage, de mon point de vu, c ton resumé ne montre peut etre pas le vrai reflet du txt, vala, bonne chance!
Re: 2 en 1
Posté par nirvana dream le 20/08/2004 07:57:21
excellent!!! vraiment un grand bravo!!! continus!!!
Re: 2 en 1
Posté par choupette072 le 20/08/2004 07:57:21
BRAVO!!! Ton histoire est très bien et bien écrite... Tu sais faire durer le suspens jusqu'à la fin.. Continue comme ca! Bisous
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Publié le 13 juin 2004
Modifié le 13 juin 2004
Lu 999 fois

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