FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
 Sondage :
 Connectés :
56 connectés : 0 membres et 56 visiteurs Voir la liste     







A un passant...

Beaucoup de gens se croisent et se plaisent soudainement, sans explication. Histoire d'un simple regard...


Je t'ai vu et j'ai su. Je t'ai vu, je t'ai perdu. Je ferai tout pour te retrouver ; ton regard croisé reste gravé dans mes pensées.

Une foule, une rue... Le chaos qui m'entoure, l'heure qui me joue des tours... Je suis pressée, j'essaye de me faufiler entre ces gens têtes baissées qui semblent devoir regarder leurs pieds pour pouvoir avancer.
Les gens sont gris dans leur costume noir, les gens fuient un possible regard. Tout temps d'arrêt peut-être fatal, ici les gens marchent droit, vite et râlent. Je soulève des hués : je ne marche pas dans le sens indiqué ! Je slalom, j'évite, je reçois des soupirs et quelques insultes gratuites. J'aurai bien envie de crier, de faire face à tant d'incivilité mais je ne peux : je suis pressée.

Je suis pressée, trop pressée pour pouvoir t'éviter. Je file au pointage, toi tu es sur mon passage. Je te bouscule. A peine le temps de me retourner pour m'excuser. Je capte ton regard mais déjà tu glisses vers la gare ; emporté par cette masse humaine, évanoui dans tout ce fouillis et voilà mon cœur qui vacille ! Un homme, une seconde, un regard si profond et en moi s'éveille l'envie de poursuivre l'histoire...
Un regard, une seconde... Un regard bleu océan, une seconde qui me propulse hors du temps... Une touche de couleur dans ce monde en noir et blanc, un moment si différent...

Je réfléchis ... Soudain je ne sais plus ... Plus où je vais et ni qui je suis. Moi aussi je me suis perdue, comme je viens de perdre ce regard, comme je viens de perdre l'homme qui m'a regardé. Ou plutôt je viens de retrouver. Je suis là : devant un trottoir froid, à attendre dans ce tailleur trop étroit. A tenter de comprendre ce que je fais là, dans cette nuée de gens mal embouché qui évitent de justesse de m'écraser les pieds.
Son regard m'a réveillé, vient de me confronter à la réalité. Qui suis-je ? La réponse tient en quelques lignes sur mon CV... Je ne suis donc que ça ? Une photo, un passé, des diplômes, des succès ? Et mes joies et mes peines ? Mes illusions et mes désillusions ? Mes rêves de petite fille.

Je ne sais comment j'ai fais, mais je suis déjà arrivée à l'allée d'après, guidée par mes pieds qui commencent à avoir de la mémoire à force de répéter ce même trajet !
Mais toi qui es-tu ? Toi où es-tu ? Toi qui te permet de me bousculer, toi qui n'a fait que me dévisager, toi qui soudain a fait chavirer mes pensées, qui vient renverser ce que j'avais planifié.

Il m'a suffit d'un regard, il m'a suffit de ce regard inconnu qui n'a duré qu'une fraction de seconde pour savoir, savoir que la vie ne se résume pas à ça : à travailler, à réfléchir à l'avenir, à se lever sans avoir besoin de trouver une idée pour remplir notre journée. La vie doit aussi être une aventure, la quête de l'amour. Cet amour a pris forme au coin de l'allée, entre nos deux regards échangés, tôt ce matin alors que le ciel était gris comme un chagrin. Un instant où tout ce fige, un instant où tu te dis : c'est lui !

Mes idées sont emmêlées, une seulement arrive à se distinguer : aujourd'hui, je ne vais pas travailler, je profite de ma vie que jusque-là je n'ai cessée de négliger. Un instinct me pousse, presque primitif, vers le bureau d'un journal, est-ce cela ce qu'on appelle l'intuition féminine que je ne pensais point posséder, est-ce cette force qui nous pousse là où l'on doit aller, où est-ce seulement mon cœur qui fait ce qu'il a décidé ?


Je ne connaîtrai jamais la réponse à cette interrogation mais une chose est sûre : mardi 23 janvier à dix heures et quart, je ne suis toujours pas entrain de travailler mais devant une feuille blanche où je dois noter mon annonce. Lorsque l'on perd un objet, il suffit d'aller aux objet-trouvés mais quand il s'agit d'un homme, il n'y a d'autre solution que de rédiger une note publiée dans la colonne des regards perdus ; pour un passant qui vous a fait de l'effet, un joli dos que vous ne savez oublié ou bien un regard bleu océan qui vous hante... Lira-t-il ce message ? Voudra-t-il y répondre ? Saura-t-il qui je suis ? Peut-être que je ne le saurai jamais mais comme on dit, il ne coûte rien d'essayer ! Les remords sont préférables aux regrets, toutes les chances pour le bonheur sont de noter côté, à nous maintenant de savoir en profiter...
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (7)
Re: A un passant...
Posté par clemichou le 18/03/2006 15:46:13
j'ai bien aimé sache qu'il y a un poème de baudelaire que j'aime beaucoup qui s'appelle à une passante et qui parle du même sujet que toi lis le ca te plaira je pense
Re: A un passant...
Posté par sacmeh le 16/03/2006 17:27:24
Un très bon article
Bravo pour le style et la beauté de l 'article
Re: A un passant...
Posté par licot le 11/03/2006 09:15:54
eh oui ta raison il faut savoir profiter de la vie jusqu'au dernier moment... et comme les autres je confirme :trés bel article..
Re: A un passant...
Posté par skaméléone le 09/03/2006 18:28:41
Moui, joli.
C'est quand même plus sympa quand le fameux passant échange deux ou trois mots! ^^
Re: A un passant...
Posté par ushiwa.sasuke le 08/03/2006 08:25:55
Sympa l'article
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (7)
L'auteur : Christa Ka
29 ans, St germain en laye (France).
Publié le 05 mars 2006
Modifié le 04 février 2006
Lu 1 531 fois

Cet article est un plagiat?
Imprimable (pdf/html)
Deviens membre (0€)
Pourquoi être membre ?
Poste tes articles !
Mot de passe perdu ?
Identification :
Login :
Pass :


News Lettre

Recevoir tous les nouveaux articles dans ta boîte à lettres ? Tu ne prends aucun risque, c'est résiliable à tout moment !
E-mail :


NEWDESIGN    DÉCLARATION CNIL N°752143