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Akira Kurosawa

Empereur du cinéma japonais, Kurosawa aura marqué le septième art de son talent magistral et fait reconnaître dans le même temps le cinéma asiatique. Son influence est impressionante aussi bien de son vivant qu'avec les générations de réalisateurs postérieurs. Peut-être que, sans sa "Forterese cachée", "Star Wars" n'aurait jamais vu le jour...


Ce jeudi six septembre, Akira Kurosawa nous aura quitté depuis déjà neuf ans. Il va sans dire que l'homme et l'oeuvre sont toujours d'actualité. Le cinéaste est naît en 1910 à Tokyo et descend d'une illustre famille de samouraïs, ce qui laissait déjà deviner l'orientation thématique de ses réalisations. Il ne fut pas épargné par les drames de la vie que l'on pourraient également retrouver dans son oeuvre : sa soeur viendra à mourrir et son frère à se suicider. Trés tôt, une carrière d'artiste se dessine. En effet, il se passionne pour la peinture et se forge une culture cinématographique grace à son père, cinéphile, et son grand frère, commentateur de films muets.
Mais passons à l'essentiel. La production de Kurosawa est quantativement trés importante (31 films), or la qualité n'y est à aucun moment absente de telle sorte qu'il faut bien reconnaître que Kurosawa possédaitun réel don. Divers thèmes sont abordés : pauvreté, crise du monde moderne (écologie, violence urbaine, malaise social), la maladie et bien sur l'époque féodale des samouraïs. Rashōmon fut le film de la consécration pour Akira Kurosawa, et à travers lui celui de la reconnaissance du cinéma japonais en Europe (Lion d'or à la Mostra de Venise 1951) et en Amérique (Oscar du meilleur film étranger). Toutefois, sa carrière ne fut pas une douce et tranquille ascension rectiligne. Kurosawa craignait fortement la réception de son premier film en couleur tourné vers le cinéma américain et où il avait mis beaucoup d'espoir : Dodes'kaden. Ce fut un échec total d'où la tentative de suicide de 1971. Une fois remis de ses émotions, des réalisateurs comme Coppola et Lucas viendront l'aider pour ces derniers films. Les pièces de Shakespeare auront également une importance capitale. Kurosawa influencera de son côté, en retour, fortement le cinéma occidental. Ses fameux films de samouraïs, ou l'acteur fétiche de Kurosawa est souvent présent (Mifune), auront un fort impact : Les Sept Samouraïs inspirera le film les Sept Mercenaires de John Sturges en 1960. Yojimbo inspira le film Pour une poignée de dollars de Sergio Leone en 1964. Dans un tout autre domaine, La Forteresse cachée a inspiré George Lucas pour l'écriture de La Guerre des étoiles (Star Wars).
On donnait à Kurosawa le surnom de Tenno, c'est-à-dire d'empereur pour son attitude dictatoriale dans la réalisation. Certains critiques se plaignaient de l'occidentalisation croissante de son oeuvre et s'il puisa en effet dans certaines sources occidentales, il s'inspira pourtant fortement de la culture japonaise féodale qui donna le genre de films "judaigeki" (films historiques du Japon féodal, souvent de l'ère Edo) qui pouvait prendre la forme de "western de samouraïs", du kabuki et de théatre nô. On peut donc conclure qu'il y a eu une influence mutuelle mais que cette dernière ne s'est nullement faite au dépend de l'influence japonaise. La spiritualité et la philosophie sont présentes dans chacun de ses films, comme lors du passage symbolique de l'enfant des bras du bonze au paysan dans Rashomon ou bien dans la vie des samouraïs et des ronins, dont la vie telle une fleur de cerisier est d'une fragilité extrême.
Ces rapports ambigus ne résument-ils pas assez bien l'échange culturel complexe entre le Japon est l'Occident ?
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Re: Akira Kurosawa
Posté par bilbonec le 02/10/2007 19:37:02
Article bien informatif sur la vie de Kurosawa. On cerne bien l'influence mutuelle entre cinéma japonais et occidental chez lui, ainsi que le parcourir du réalisateur.

Par contre, si l'on veut découvrir son cinéma, l'article est très peu tourné vers ses oeuvres: très peu de mentions explicites (quelle est l'influence "shakespierrienne" dont tu parles ; où la retrouve-t-on ? Quel est le contenu de ce Dodes-Kaden, et pourquoi a-t-il été un échec occidental ?, ...).

Egalement, lorsqu'on est néophyte, certaines définitions manquent: l'ère Edo ; le kabuki ; le théâtre no sont pour moi des inconnus ...

Sinon, j'ai pris plaisir à lire l'article et à prendre connaissance de faits intéressants sur ce réalisateur que je ne connais que trop peu !

(pas mal de fautes d'orthographes dans l'article)
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L'auteur : Matthieu Guérin
30 ans, Paris (France).
Publié le 30 septembre 2007
Modifié le 05 septembre 2007
Lu 813 fois

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