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American History X

Un film bouleversant sur le mécanisme de la haine...


Fiche du film

American History X
Film américain
Drame
Durée : 1h 55mn
Interdit aux moins de 12 ans à sa sortie en salle
Date de sortie : 03 Mars 1999
Avec Elliott Gould, Stacy Keach, Edward Furlong, Fairuza Balk, Edward Norton
Réalisé par Tony Kaye


Histoire

L'histoire raconte la chute puis la rédemption de Derek, un américain d'une vingtaine d'année. Jeune néo-nazi, Derek s'est engagé corps âme dans l'idéologie xénophobe d'Hitler. Il est même l'un des leaders du groupuscule de la ville et Cameron, le « cerveau » endoctrinant ces jeunes sans repère, fait de Derek une valeur sûre du mouvement et un successeur idéal pour le futur.
Seulement, une nuit, Derek tue de sang froid deux noirs alors qu'ils braquaient sa voiture. Condamné à trois ans de prison (trois ans !), il y rentre la tête haute, n'exprimant aucun regret, au contraire une certaine fierté.
Pendant ce temps, Danny, son petit frère, suit le même chemin, au désespoir de son entourage familial. A sa sortie de prison, Derek n'est plus le même. Son nouvel objectif est de s'éloigner de ses anciennes idées et amis, qu'il juge à présent incompréhensibles ; et de ramener Danny sur le chemin de la paix et de la tolérance.
On apprend donc les raisons pour lesquelles Derek, au cours de sa détention, change peu à peu de point de vu sur la question de la supériorité ou non des blancs.


Personnages

Derek (Edward Norton), est un personnage très polymorphe, changeant d'attitude au cours du film, et laissant le spectateur désemparé sur la question « gentil/méchant ».
En effet, il est au début un homme plus que détestable, prônant la suprématie des blancs, adorant Hitler comme un dieu, organisateur de commando ultra violent contre des épiceries dirigées par des immigrés... Il n'hésite pas à chasser hors de chez lui, le nouvel ami juif de sa mère... il ne faut pourtant pas croire (pour ceux qui n'ont pas vu le film), que Derek est un pauvre type, idiot. Au contraire, Derek est très intelligent, ce qui l'aide au final sûrement beaucoup pour se remettre dans le droit chemin.
Car trois ans plus tard il se métamorphose littéralement. En prison, la vie est aussi dure pour les blancs que pour les noirs. Il découvre peu à peu que la bêtise humaine ne fait pas la distinction de couleur de peau, et qu'elle peut toucher tout le monde. Au début, réticent à travailler en blanchisserie, avec un noir bavard et impertinent, il apprend peu à peu à ne plus le mépriser, puis à l'apprécier. De son arrivée dans le groupe fermé des néo-nazis incarcérés, il s'en éloigne peu à peu. La scène où enfin il succombe à l'envie de rire devant les singeries de son camarade noir, montre bien le changement de situation où la « brute » s'humanise progressivement. Son mépris progressif à l'égard du « groupe », au profit de la compagnie de son collègue noir, lui vaudra d'être passé à tabac, puis violé dans les douches de la prison, les gardiens fermant les yeux sur l'agression. Autour de lui, les gens qu'il haïssait montrent de la compassion, comme le soutien psychologique que donne le proviseur noir, à l'élève nazi en pleurs après son agression sexuelle.
Lui qui pensait que les étrangers pourrissaient le sang des américains, qu'ils envahissaient leurs territoires, et qu'il fallait, telle la peste, les exterminer, ne sait plus quoi penser : un noir, ignorant la croix nazi qu'il arbore fièrement sur le torse, le traite comme n'importe quel individu, tandis qu'il découvre la cruauté (et sa propre cruauté) des hommes « de son clan ». De plus, il ne comprend pas pourquoi ces hommes noirs, qui connaissent pertinemment son appartenance au milieu nazi ne l'ont pas encore passer à tabac, alors que ses « collègues » eux ne s'en ont pas privé. Il apprendra aussi que la justice n'est pas si équitable que ça : son ami de blanchisserie purge une peine de 6 ans, pour un vol de télévision : la télé, tombée accidentellement sur le pied du policier procédant à la garde à vue, et la peine s'alourdit pour agression à un agent de sécurité ! Il ne faut pas oublier que Derek ne purge que trois ans de prison, pour un double meurtre ! Raciste en plus !
La prison est en définitive salutaire, elle lui donne une chance d'ouvrir les yeux sur la véritable vérité et l'importance de la tolérance.

La nuit du meurtre des deux braqueurs, Danny (Edward Furlong) assiste hébété à la violence inouïe dont fait preuve Derek son grand frère, qu'il considère comme son modèle. Lui, qui a prévenu Derek, « occupé » avec sa copine Stacey, du braquage de sa voiture, se demande ce qu'il se serait passé si il ne l'aurait pas prévenu. On peut considérer Danny comme un jeune « à la dérive », désabusé par le monde et se rattachant à son frère qui lui donne par ses idées nazies une « réponse » à son mal de vivre. Personnellement, je ne crois pas qu'il soit aussi radical que Derek, il se persuade que le nazisme est la bonne idéologie, car Derek le pense lui. Pour, il s'engouffre dans la voix d'extrême droite.
C'est pourquoi Derek (toujours selon moi) n'aura pas beaucoup de mal à le « désendoctriner ».
Comme tout « bon nazi » (entre guillemets bien sûr), il provoque, et atterre le proviseur Sweeny (Avery Brooks), connaissant bien le parcours de Derek, en rendant une critique élogieuse du livre d'Hitler, renommée pour son devoir « My Mein Kampf». Conscient que Danny emprunte le même chemin dévastateur que son frère, Sweeny lui ordonne de rendre le lendemain un devoir, qu'il appellera «American History X» sous menace de la faire renvoyer s'il refuse de le faire. Le sujet sera : analyser les répercussions de l'acte de Derek sur sa vie. Ce devoir l'obligera à analyser objectivement les raisons qu'il a à prôner les théorie hitlériennes.
Doris (Beverly D'Angelo), la mère de Derek et de Danny, est dépassée par les événements et baisse très vite les bras devant la virulence des propos de Derek mais aussi la violence et l'emportement dont il fait preuve quand ils abordent le sujet. Lors de l'affrontement de Derek et de son beau père juif, elle hurle au visage de son fils, ayant chassé son ami hors de la maison, sa honte d'avoir enfanté un tel monstre.
La famille habite dans un quartier défavorisé, propice à la violence : depuis la mort de son mari, elle élève seul Derek, Danny, et leurs deux soeurs : l'une, Davina (Jennifer Lien) quasiment d'extrême-gauche, affrontant régulièrement et violemment son frère, tandis que l'autre n'a qu'un an lorsque Derek entre en prison. La mère, minée par la cigarette et l'alcool, mène une vie terrée dans son appartement, ou Danny et sa soeur, pendant l'absence de leur grand frère, essayent de garder un semblant d'ordre dans le taudis où ils habitent.
Le père de Derek est absent tout le long du film, mais joue un rôle capital sur l'origine du mal être poussant Derek à se diriger vers ses voies peu louables. Car le père, pompier, montrant quand même quelque peu des idées racistes sans grandes envergures, est tué par des noirs lorsqu'il se rendait sur le terrain dans l'exercice de ses fonctions. C'est ce meurtre qui conditionnera Derek sur l'idée que l'étranger n'est que vermine et que les blancs se doivent de les exterminer.
Il y a aussi des personnages un peu plus secondaires, comme Stacey, la petite copine de Derek. Skinhead, elle ne supportera pas le changement d'attitude de Derek à l'égard du clan nazi, encouragera même ses « potes » à le provoquer en bagarre. On peut aussi noter l'(ex) ami de Derek, archétype de l'américain moyen, en plus nazi. Bidonnant et vulgaire, une note d'humour (noir évidemment) dans le film, où on le voit dans sa voiture de beauf, hurler des chants guerriers à la gloire d'Hitler.


Pendant

Le réalisateur a choisi, pour bien démarquer le passé du présent, deux traitements de l'image : le film est filmé en couleurs pour le présent, tandis que les flashs-back (en prison et avant la prison) sont filmés en noir & blanc. Cette technique permet aux spectateurs de ne pas confondre le temps du récit et celui de l'histoire. De plus, le noir & blanc a cette faculté de développer les émotions, les flashs-back en étant très riches...
Les scènes de « suspens » comme celle où l'on voit littéralement Derek « exploser » la mâchoire d'un des braqueurs sur le trottoir sont tournés au ralenti, pour encore une fois intensifier l'instant.
Des scènes comme lorsque les deux frères retrouvés bordent leur mère et leurs soeurs, sont très touchantes : cette tendresse au milieu du havre de haine dans lequel ils vivent est paradoxale.
De plus, c'est très intéressant de voir les changements progressifs d'attitude de Derek : son mutisme lorsque Danny lui parle d'Hitler, lorsqu'il chasse hors de chez lui son ex ami... Après avoir raconté à Danny les raisons de son changement, rentrés chez eux, ils enlèvent, portraits d'Hitler, drapeaux à croix gammées de leur chambre, traduisant la fin d'une ère. On sent définitivement sa révulsion du nazisme lorsqu'après sa douche, se regardant, dans le miroir, il touche perplexe son tatouage.

A propos de Danny, on sent bien qu'au fond le nazisme ne lui « correspondait » pas aussi bien qu'il a correspondu à Derek. En un discours de sa vie en prison, Derek remet Danny sur la bonne pente. On sent bien que Danny ferait tout pour épater son frère : c'est son modèle, il est en admiration devant lui. Pour schématiser grossièrement, ca donne : 1 : Derek devient nazi -> Danny rentre dans le mouvement. 2 : Derek sort de prison -> Danny cherche à l'épater en allant aux orgies nazies ou en récitant des « leçons » racistes. 3 : Derek explique à son frère que le nazisme est une fausse vérité -> Danny ingurgite et laisse tomber cette idéologie pour suivre son frère. Il est évident qu'il a une admiration sans borne pour son grand frère, et qu'il ne veut surtout pas le décevoir, peut être le substitue-t-il un peu à son père, mais certain pourrait trouver cela un peu « tiré par les cheveux » !

J'ai beaucoup aimé ce film, car il nous fait énormément réfléchir.
Bien sur, il est violent et choquant, mais c'est nécessaire dans ce genre de film : la violence et la dimension choquante du film doivent être gardées. Le réalisateur ne ménage pas ses personnages et montre les choses crûment, telles qu'elles doivent être. Ce film fait froid dans le dos, car filmé avec tant de réalisme, qu'il est impossible de se persuader que ce n'est qu'une fiction et que le nazisme n'existe plus. Avec des images chocs, Tony Kaye aborde le thème sensible du racisme et de l'extrême-droite, de ces groupuscules de jeunes paumés, embrigadés par un « gourou » faisant mine de leur apporter le savoir. On découvre comment des jeunes en quête d'idéal vont jusqu'à s'embrigader dans l'extrême-droite, le film montrant le danger réel de laisser les jeunes livrés à eux-mêmes, sans repère.
Au niveau du jeu des acteurs, il n'y a rien à dire. Edward Norton et Edward Furlong ont une très grande prestance, et jouent leur personnage avec justesse sans tomber dans le mélo ou la caricature.
Je suis bien tentée de raconter la fin brutale du film, pour mieux faire part des émotions qui submergent le spectateur, mais ce ne serait pas sympa pour ce qu'ils ne l'ont pas vu... Bref, on sort de ce film les larmes aux yeux, bouleversé.
De plus, cette fin en apothéose de la haine, suivie par les mots de Danny lisant les dernières phrases de son devoir, suffit à toucher n'importe qui voyant ce film : « nous ne sommes pas ennemis mais amis » - « la haine engendre la haine ». Ses paroles, celle de Danny, fait triompher la paix de la guerre, Derek a gagné son objectif. On sent jusqu'à la fin du film, que le réalisateur ne veut surtout pas moraliser, qu'il veut juste montrer un pan de vie de milliers de gens qui se consument dans la haine et la violence raciale.
Mais cette fin, plutôt inattendue (tout le monde « rentre chez soi, tout est bien qui fini bien » si je puis dire) et brutale, dicte une morale : la haine engendre la haine.

Pour finir les critiques, on peut nuancer, en ajoutant que le film peut être perçu par quelques exigeants comme « bateau » : le méchant blanc, se transformant quasiment du jour au lendemain en gentil, grâce à l'aide d'un gentil noir... je ne le pense pas personnellement, le réalisateur ne veut pas montrer comment Derek s'est rédempté, mais plutôt les mécanismes d'embrigadement de l'homme et de la pensée. De plus, on peut assez facilement rejeter la pseudo facilité du scénario, car la fin dramatique, remet tout en cause : va-t-il re-succomber à la haine (vengeance entraînant vengeance) ? Ou est-ce une leçon de vie, qui le fera mûrir et rester sur sa dernière position ?


Après

Ce film, laissant bouleversé le spectateur, fait énormément réfléchir. Déjà sur le racisme, sur la bêtise humaine, sur les raisons d'une telle haine... On ne sait quoi penser de Derek, tour à tour haïssable, puis louable. Le travail que devait faire Danny, nous le faisons en définitive inconsciemment : L'acte de Derek a t'il soulagé sa haine ? L'a t'il fait se sentir mieux ?
Personnellement, la question que je me suis posé, c'est surtout est ce que Derek est pardonnable ? Bien sûr, il a tué deux noirs par pure cruauté, il a violenté des dizaines d'étrangers, il a opéré des commandos pour se battre contre eux, c'était un des plus radicals nazis de son clan. Mais il a tiré un trait sur cette vie, il a compris définitivement que la haine n'apportait rien, il s'est battu pour mettre dans le droit chemin son frère, il a compris que noirs et blancs sont égaux, et même qu'à la limite, les noirs sont traités injustement par l'état, qui devrait être impartial. Je ne dis pas que ce qu'il a fait doit être oublié, à présent qu'il a changé, je n'arrive pas à répondre à cette question : Derek est-il en définitive un « type bien » ? Un type, ayant vécu dans une banlieue défavorisée, paumé et désillusionné, qu'un maquereau a embrigadé pour lui donner une vérité ?
Plus généralement, ce film fait froid dans le dos : il pourrait très bien être inspiré d'un fait réel, ce genre de mouvement existant en Amérique, et pourquoi pas en France je n'en saurai pas étonné. On se voile la face, American History X nous ouvre les yeux avec des images chocs mais pudiques ; pour ceux qui ne l'ont pas encore vu : Ces deux heures de haines ne vous laisseront pas indifférents.
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Re: American History X
Posté par sirène sans peur le 20/08/2004 07:55:28
on nous a passé se film l'an dernier au bahut aprés que des croix nazis est été taguées dans les toilettes... cest un film dur qui fais enormement reflechir sur la connerie humaine... trés emouvant de voir une amphi de 500 personnes se lever a la fin du film pour applaudir, certaines pleuraient (et jdelire pas) tout ca pour dire que la haine et le racisme ne devrai pas avoir leur place dans ce monde ou la mort traine partout... un film boulversant et criant de realitée.... malheureusement...
Re: American History X
Posté par loo le 20/08/2004 07:55:28
Merci pour vos commentaires...
J'en profite juste pour dire qu'en tout cas en France, le film a été interdit au moins de douze ans à sa sortie, et non au moins de seize ans !
Re: American History X
Posté par eowyn182 le 20/08/2004 07:55:28
Le film, le réalisateur, les acteurs, toute l'équipe, il n'y a qu'un seul mot pour les qualifier tous : excellent
Re: American History X
Posté par nobody le 20/08/2004 07:55:28
bon solid snake ce que tu dit n'est pa trés convaincant, déja les discours de sweney sont anti raciste et prouve que l'ideologie de dereck est impertinente, ensuite cela tombe sous le sens. Je suis d'accord que pour quelqu'un n'ayant pas d'idée bien defini la dessus puisse être influencé c'est pourquoi il est interdit au moin de 16 ans.Et pour finir tu fait une tres grosse erreur quand tu dit "la présence des principaux ennemis des skinheads est manquante" car les skinhead ne st pa raciste au contraire seulement un branche minoritaire des skinhead que l'on apelle les bonehead ou les skin nazi ( dont dereck fait parti) et les bonehead st donc combattu par les redskin ( les vrai skin) qui eux anti-raciste ....
La fin elle n'apporte aucune touche de contradiction et ne montre simplement que la violence ne resout rien et que justement ce que fait dereck n'a apporter que des probleme a sa famille et na pas ameliorer sa vie au contraire...
Re: American History X
Posté par miss93 le 20/08/2004 07:55:28
oui moi aussi j'l'ai vu, g vrmnt adoré ce film!!!
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (15)
Publié le 05 avril 2004
Modifié le 05 avril 2004
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