FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
 Sondage :
 Connectés :
56 connectés : 0 membres et 56 visiteurs Voir la liste     







Angèle, miracle ?

Un suicide ? Pourquoi ? Pourquoi se serait-elle suicidée ? Pour moi ? Non, je ne peux pas y croire, ce n'est pas possible, elle ne peut pas être morte...


Je n'ai jamais voulu ça... Je ne voulais pas... Elle ne devait pas... Je voulais juste savoir où j'en étais... Je ne sais plus... Pourquoi j'ai joué... Je n'aurais jamais dû faire ça... Comme je regrette... C'est trop tard... Elle ne reviendra pas... Pourquoi... Pourquoi elle a fait ça...
Comment faire pour vivre avec ce poids... Elle m'a trop aimé... J'aimerais pouvoir me dire que rien de tout ça n'est vrai... Que tout n'est qu'un mauvais rêve... Mais non... Elle est là... Je peux la toucher... Si seulement j'avais pu... Si seulement j'avais pu lui dire quelque chose de réconfortant... Quand elle m'a appelé... Quand elle pleurait... Quand elle m'a dit "je t'aime"... Pourquoi... Pourquoi j'ai fait ça... Pourquoi j'ai joué avec son amour... Pourquoi s'est-t-on un jour rencontré... Maintenant elle est là... Allongée devant moi... Dans cette ambulance... Son corps inerte... Son corps... Si froid...


Description

- Reviens !
Pierre venait de crier de douleur. Son cri glaça le sang des pompiers qui étaient présents sur à l'endroit où venait d'avoir lieu le suicide. L'un d'entre eux était désolé par la faiblesse de cette jeune fille de ne pas avoir supporté la vie... Elle était si jeune...
- Reviens ! Egoïste ! Tu m'as laissé tout seul ! T'as pas le droit !
Sa mère essayait de le calmer mais Pierre était persévérant et se débattait dans ses bras.
- Pourquoi ! Pourquoi tu m'as fait ça ! Pourquoi je t'ai fais ça !
- Chut ! Pierre, tu n'as rien fait ! Tu n'as rien fait ! Ce n'est pas ta faute ! Arrête ! Je t'en prie !
- Tout ça est arrivé à cause de moi !
Il pleurait, criait, se débattait dans les bras de sa mère.
- Pouvez-vous l'emmener un peu plus loin, madame ? Dit l'un des pompiers qui étaient sur place.
- Oui, j'essaie mais il résiste ! Il se débat comme un diable !
Le pompier, remarquant que sa mère souffrait de voir son fils dans cet état, s'avança vers Pierre :
- Ecoute, petit, je ne sais pas pourquoi tu dis que c'est de ta faute mais sache qu'elle était résistante. Je la conaissait. Elle riait toujours et je ne pense pas que ce que tu aies fait soit la cause de son suicide. Maintenant, sache que tu pourras lui crier dessus, la taper, faire tout ce que tu veux, elle ne reviendra pas pour autant.
Pierre se tut. La dernière phrase du pompier était vraie.
La police arriva à son tour. Elle prit des informations auprès des pompiers et un officier s'avança vers Pierre :
- Alors, petit, tu as l'air de la connaître.
- Oui.
Pierre ne pouvait s'empêcher de pleurer.
- Comment s'appelle-t-elle ?
Ce fut la mère de Pierre qui répondit à sa place :
- Elle s'appelait Angèle.
- Désolé madame, mais c'est au jeune que je m'adresse.
- Oui, pardon.
La mère s'effaça et le policier reprit.
- Elle s'appelle comment ?
- Elle s'appelait Angèle. Angèle Armand.
- La fille de Paul Armand ? Le criminel ?
- Oui.
- D'accord, je vois. Tu la connais d'où ?
- Du collège, je la connaissait depuis la troisième.
- D'accord. C'est donc ton amie.
- Mon ex, c'est mon ex petite-amie.
- Oh, je vois. Ca date de longtemps votre histoire ?
- Un peu plus d'un an.
- Qui a rompu ?
- Moi. On ne se voyait plus. Elle était au lycée et j'étais encore au collège. Je pensais que ça ne servait à rien de continuer notre histoire.
- D'accord. Pourquoi crois-tu que c'est de ta faute si elle a fait ça ?
- Parce que... Parce qu'elle m'aimait encore.
- Précise ?
- On s'est revu pour la première fois l'année dernière. Elle m'a demandé si je voulais qu'on retente. Je lui ai répondu que non. J'ai... J'ai un peu joué avec elle, je l'avoue.
Il se remit à pleurer :
- J'ai voulu entretenir ses sentiments pour moi. Et hier, elle m'a appelé. Je lui ai dit que j'étais occupé et que je ne pouvais pas la voir. Elle m'a dit qu'elle m'aimait encore et je lui ai dit que moi non. Je lui ai fait comprendre qu'il fallait qu'elle passe à autre chose. Elle pleurait quand je l'ai laissée.
- Oh, je vois. T'en fais pas. Ce n'est pas ta faute. Ce ne peut pas être ça. Je sais que l'amour, c'est difficile mais je ne pense pas qu'une fille aussi brillante se soit laissée mourrir à cause de l'amour. Il devait forcément y avoir autre chose.
- Oui.
- Quoi, oui ? Tu sais quelque chose ?
- Oui.
- Vas-y. Tu te sens de nous en parler ?
- Oui.
Le policier cria aux pompiers d'apporter un verre d'eau et une couverture.
- Vas-y, on t'écoute.
- Et bien... Je connais pas mal de chose sur elle. On est restés ensemble dix mois alors on a eu le temps de se connaître.
Le pompier qui servait de témoin à l'interrogatoire semblait sensible à la douleur du jeune garçon. Il ne dit rien, seul le policier posa des questions.
- Je pourrais tout vous raconter depuis sa naissance mais je vais peut-être passer les détails qui ne servent à rien.
- Non, vas-y. Dis-nous tout ! On doit savoir pourquoi elle a fait ça. Raconte-nous tout, tout ce que tu sais.
- D'accord. Elle est née le 20 Février 1990.
Pierre vit le policier noter la date sur un bloc-notes. Il était impressionné par les deux hommes qui le regardaient fixement et le mettaient mal à l'aise.
- Elle est née à Nice, à dix heures vingt, le soir.
Il avait un sourire en pensant à l'heure à laquelle elle était née. Elle en avait toujours parlé comme si c'était une fierté.
- Son père, Paul Armand, a été accusé à tort de meurtre. Elle avait huit ans lorsqu'il fut condamné à perpétuité. La police n'avait pas voulut la croire lorsqu'elle avait dit qu'il avait passé la soirée avec elle, la soirée où le meurtre fut commis. Elle pleura beaucoup. C'est à partir de là que sa mère devint violente. Le chef de la famille n'était plus là pour la tenir correcte et elle se mit à boire. Elle devint très violente. Elle frappait souvent Angèle sans raison, juste pour se passer les nerfs.
Pierre pleurait. Les deux hommes qui étaient devant lui notèrent ses paroles lorsqu'un des pompiers les interrompit :
- Son nez est fracturé mais ça ne date pas d'hier. Il n'a pas été réparé ! Et on a un bulletin de note !
- Bon ? Demanda l'inspecteur de police.
- Excellent, je dirais ! Que des dix-huit de moyenne !
Le policier hocha la tête, surpris, ce qui voulait dire de continuer à chercher des indices.
- Pourquoi son nez est-il fracturé ? Demanda-t-il à Pierre.
- J'allais y venir. Elle pensait que la seule personne à qui elle pouvait faire confiance était son frère. Elle eut tort. Il y a quatre ans, il la fit accuser de vol à sa place devant sa mère. Il avait prit cinq cent francs dans son porte-feuille et avait dit que c'était Angèle, qu'il l'avait vue faire. Sa mère la cogna. Elle ne cessait de la cogner. Elle lui donnait des coups de poings. Au bout d'un moment, son nez se brisa sous les coups de sa mère. Elle saignait beaucoup. Sa mère cessa de la taper. Elle ne voulait pas que le sang salisse le tapis. Elle envoya Angèle à la salle de bain pour se laver le visage ensanglanté. Angèle s'éxécuta. Elle souffrait beaucoup. Sa mère ne l'envoya même pas à l'hôpital. Son nez ne fut jamais soigné.
- Ouah. Elle a dû beaucoup souffrir la pauvre fille ! Chuchota le pompier qui regretta aussitôt d'avoir parlé à voix haute.
- Angèle n'entra à l'école qu'à l'âge de dix ans. Elle n'avait jamais été à la maternelle, elle ne savait donc pas écrire. Elle savait parler mais ne disait que les mots qu'elle avait entendu prononcé par sa mère ou son frère. Elle se fit renvoyer de beaucoup d'écoles pour avoir dit des mots grossiers. Elle commença à s'intégrer à l'environnement de l'école en sixième, à onze ans. Elle devint responsable et prit alors le caractère de la personne que j'aimais.
- Tu es très courageux, petit gars, dit le policier.
- Merci mais j'ai quand même dix-sept ans !
- Oh. Elle a quel âge ? Demanda-t-il, surpris.
- Elle allait avoir dix-huit ans dans trois jours.
Les pompiers s'agittaient soudain derrière le policier. Ils rangeaient le matériel de premier secours. Pierre entendit l'un d'entre eux dire :
- Heure de la mort : vingt-deux heures vingt.
Le policier, qui regardait la scène, se retourna vers Pierre :
- Elle était aussi née, à vingt-deux heures vingt.
Une voiture arriva.
- C'est sa mère ! Cria Pierre au policier sur un ton énervé.
- Je m'en occupe. Ne bouge pas.


La mère

L'homme se dirigea vers la femme qui venait de sortir de sa voiture. Elle marchait doucement et avait des traits très prononcés, sûrement à cause de l'alcool.
- Bonjour Madame, puis-je savoir qui vous êtes ?
- Je vous le demande à vous, Monsieur, qui êtes-vous ?
- Je suis l'inspecteur Mariaux, chargé de cette affaire.
- Ce n'est pas une affaire. Elle s'est suicidée, elle a voulu foutre la paix au monde.
- Si vous voulez mon avis, elle a surtout eu envie de la trouver. Qui êtes-vous ?
- Oh ! Mais je vous en pose des questions ?
- Madame, vous parlez à un représentant de la justice. Vous êtres sur les lieux d'un crime. Qui êtes-vous ?
- Je suis la mère de cette petite cavaleuse.
- Cavaleuse ? Reprit le policier d'un ton sévère.
- Oui, parfaitement. Cavaleuse. Elle tombait sans cesse amoureuse de garçons qui n'en valaient pas la peine et qui ne voulaient qu'une chose : la sauter.
- Je vois.
Le policier retourna auprès de Pierre :
- Une question : elle a eu beaucoup de petits copains ?
- Je suis son deuxième et elle était ma première.
- Sais-tu si elle a déjà... ?
- Non. Elle ne supporte pas ce sujet et ne l'a jamais fait. Elle est très sérieuse.
- Merci.
Il retourna voir la mère d'Angèle.
- Madame, sachez que votre fille était une jeune fille sérieuse et très travailleuse.
- Elle n'avait que des mauvaises notes et a dû coucher avec des garçons je ne sais pas combien de fois ! C'est limite si je ne l'aurais pas, un jour, retrouvée sur la promenade ! Et cessez donc de m'en faire l'éloge ! Je la connaissait mieux que quiconque !
- Ca, Madame, j'en doute.
Le policier croyait Pierre sur le discours qu'il venait de tenir, il avait vu qu'il était sincère.
- Sachez, madame, que votre fille n'avait que des moyennes équivalentes à dix-huit !
- N'importe quoi ! Elle ne travaillait pas ! En tout cas, rien ne sert d'en parler, elle est morte maintenant.
Les pompiers s'agittaient à nouveau autour du corps.


Miracle ?

- Inspecteur ! Venez vite ! Cria un pompier.
L'homme courrut aussi vite que possible. Il pensait qu'ils avaient trouvé un indice. Lorsqu'il arriva à l'endroit où tout le monde s'agittait, il resta sur place, ne sachant s'il devait être épouvanté ou rassuré. Pierre courrut lui aussi vers la troupe qui s'était formée.
- Quoi ? Elle est vivante ? !
Pierre ne savait pas quoi faire. Elle devait souffrir le martyr après la chute qu'elle venait de faire !
- Elle était morte ! Nous n'avions pas réussi à la ramener ! Et après deux heures d'inactivité, son coeur s'est remis à battre ! C'est un miracle, inspecteur !
Les pompiers déballèrent à nouveau le matériel de premier secours mais avant même d'avoir finit, Angèle se redressa. Elle ne semblait pas souffrir. Elle se leva avec un peu de difficultés, aidée par Pierre. Elle se redressa et leva la tête, se rendant enfin compte de ce qui se passait autour d'elle. Tous les hommes la regardaient avec stupéfaction. Ils ne comprenaient pas ce qui venait de se passer. Elle regarda autour d'elle avant de se rendre compte que Pierre était là, qu'il l'avait aidé à se relever, qu'il lui tenait le bras.
C'est incroyable... Elle était morte... Elle avait fait une chute de cinq étages... Comment peut-elle être encore en vie...
Pierre fut coupé dans ses pensées. Il fut interrompu par le regard que portait Angèle sur lui.
La nature nous a donné une seconde chance... Je dois la saisir... Je ne vais pas laisser passer cette occasion...
Il lui sourit.
- Mademoiselle, dit un pompier, vous devez souffrir.
- Non, je n'ai mal nulle part, coupa-t-elle.
L'atmosphère était tendue parmis les pompiers.
- Nous devons vous emmener à l'hôpital pour comprendre ce qui s'est passé et vous faire faire des tests.
- D'accord.
Sa voix était douce. Ses cheveux bruns et longs flottaient, en donnant l'impression d'un voile de soie. Son regard avait beaucoup d'intensité et le policier était surpris de voir que la mort peut apporter quelque chose d'aussi vide. La contraste était prononcé.
L'ambulance la transporta à l'hôpital. Pierre l'avait accompagné.
- Tu auras dix-huit ans, dit-il dans un silence pesant.
- Oui, comme tout le monde.
Arrivée à l'hôpital, elle eut droit à tous les types d'examens qui existaient. Rien d'anormal, tout allait bien pour elle.
Elle fêta son anniversaire chez elle, après avoir été émancipée et s'être trouvée un très bel appartement. Elle fit une grande fête. Elle invita tous ses amis et Pierre. Il s'était promis, durant cette fête, de passer sa vie avec elle.
Depuis cette expérience, depuis sa mort, elle avait changé. Elle était plus douce, plus responsable. Elle était devenue parfaite aux yeux de Pierre. Sa résurrection fit faire un pas en avant au monde : elle permit de découvrir la vaccin contre les cancers et le SIDA. Elle permit à la médecine de n'avoir plus aucune limite. Et de sauver des millions de vies.
La vie m'a donné une deuxième chance.
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (0)
L'auteur : Natacha V..
26 ans, Nice (France).
Publié le 06 septembre 2009
Modifié le 30 août 2009
Lu 1 386 fois

Cet article est un plagiat?
Imprimable (pdf/html)
Deviens membre (0€)
Pourquoi être membre ?
Poste tes articles !
Mot de passe perdu ?
Identification :
Login :
Pass :


News Lettre

Recevoir tous les nouveaux articles dans ta boîte à lettres ? Tu ne prends aucun risque, c'est résiliable à tout moment !
E-mail :


NEWDESIGN    DÉCLARATION CNIL N°752143