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Athéna, déesse grecque (2)

La suite de cette nouvelle fantastique, dont le commencement avait été publié début juillet...


C'est alors qu'après quelques pas, je la découvris. Elle était belle, sa chevelure de jais faisant luire sa peau d'albâtre. C'était une statue d'Athéna, assise sur son trône, magistrale. Son siège était finement décoré, la pierre dentelée. Il faisait ressortir la beauté de cette femme qui avait été sculptée, il y avait de cela des siècles. Un chef-d'œuvre de l'art grec, parfaitement conservée de l'Antiquité jusqu'à notre ère. Je me retournai, pour allumer la lumière, afin de mieux admirer cette merveilleuse représentation de la déesse guerrière.


L'orage éclata, et avec lui un torrent d'eau, que j'entendais se déverser sur la cour intérieure du musée. Un rai de lumière inonda la pièce. Mais était-ce seulement les éclairs ? Je voulus revoir cette statue, alors seul sujet de mes préoccupations. Je lui fis face et je vis une femme. Belle, majestueuse. Elle s'était levée de son trône et me regardait. Elle se tenait, debout, semblant à la fois inanimée, et pourtant, étrangement vivante. Ses yeux vert émeraude, dans lesquels on semblait s'enfoncer, tant ils étaient profonds, me fixaient. Son regard m'effraya. C'était ce regard qui laissait paraître la vie en elle, cette vie qui l'envahissait peu à peu. Elle ouvrit la bouche comme pour parler. C'était le premier mouvement que je la voyais faire. Un mouvement qui ressemblait à celui d'un automate. Sa beauté me fascinait, me faisait presque peur. Elle parla effectivement :


"Tu as peur, me dit-elle. Tu ne devrais pas. Je sais ce que tu penses. Une vulgaire statue ne devrait pas bouger, parler ainsi. Mais j'aime me réveiller, lorsqu'il y a quelque chose d'intéressant dans ce monde. J'aime l'orage et tu sembles valoir les quelques efforts que j'ai dû faire pour pouvoir te parler. "


Sa voix, comme ses mouvements, était mécanique. Lentement, elle détachait chaque mot, et lorsqu'elle parlait, son regard paraissait me transpercer et voir loin, à des kilomètres derrière moi. Ses yeux étaient vides, comme transparents, et pourtant, je m'enfonçais toujours dans la profondeur de sa pupille. Elle me dit qu'elle n'avait que peu de temps et me demanda de lui parler de moi. Je me présentai, puis lui racontai ma journée et mon étonnement de ne pas avoir trouvé le guide à notre rendez-vous. Elle resta silencieuse sur ce point. Nous discutâmes de ma vie, de mes passions... Et lorsque je parlais, je pouvais voir en elle, simplement en la regardant. Je découvrais son ennui, à vivre ici au milieu de tous ces objets inanimés, inconscients de leur possibilité de se mouvoir, sa joie, quand j'étais apparu dans la pièce, sa joie d'avoir enfin une visite, autre que celle du conservateur du musée, son désir de parcourir le monde. Je lui parlais de mes voyages, nombreux, de ma curiosité des autres cultures. Je voulais l'emmener avec moi, loin, dans d'autres pays, pour lui faire découvrir des contrées inconnues. Puis elle me raconta, toujours par son regard, les infinies légendes qui avaient été créées à son sujet. Sa naissance, originale, par le front de Zeus, les fonctions qui lui avaient été attribuées, déesse de la guerre, elle qui n'avait toujours espéré que l'amour et la paix entre les hommes... J'écoutais, ou plutôt je regardais tous ces mythes qui avaient été imaginés autour de cette femme magnifique et j'étais plongé dans ses pensées, comme si elles avaient été les miennes.

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L'auteur : Anaïs Bie.
28 ans, Tours (France).
Publié le 18 août 2005
Modifié le 06 août 2005
Lu 2 228 fois

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