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Bob Dylan "I'm not there"

Un film hollywoodien, bizarroïde sur sa vie, un coffret, une biographie, des DVD, etc. Qui était Bob Dylan?


Depuis qu'il est apparu dans l'arène publique, Bob Dylan a un problème majeur : il veut qu'on anime son oeuvre mais qu'on lui foute la paix. Alors, il fuit, se planque, se déguise. Sanctifié, couronné, récompensé - le Nobel lui échappe une fois de plus mais c'est quasi dans la poche - de tous les côtés, il sait que la seule façon de préserver sa santé mentale et artistique est d'aller de l'avant sans se retourner. Et voilà qu'on fait carrément un film sur sa vie, sans même attendre la conclusion naturelle du récit. Ce film, "I'm not there", a le mérite de ne pas tenter d'expliquer l'homme le plus inexplicable de l'histoire de la pop, mais essaie plutôt d'en peindre une sorte de portrait cubiste. Malgré cette alléchante ambition, il ne réussit à nous convaincre que d'une seule chose : Bob Dylan n'est jamais mieux servi que par lui-même.


Eloigné de tout

Le mois dernier, le FBI a enfin arrêté le khaki bandit. C'est un trentenaire nommé Eric Almly qui est parvenu à dérober des centaines d'ordinateurs portables à des compagnies telles que Burger King et Fedex, avec un culot et un sang-froid remarquables. Opérant à travers tout le pays, de la Floride à la Californie et du Wisconsin à l'Arizona, il est décrit comme un homme d'une grande intelligence et a hérité de son surnom par une étonnante capacité à se déguiser de façon à passer inaperçu. Eric Almly a une autre particularité : il est originaire de Duluth, dans le Minnesota, ce qui nous ramène à notre sujet principal. Duluth est un de ces lieux qui ont eu leur heure de gloire quand la sidérurgie était au centre de l'industrie mondiale et qui agonise lentement depuis que l'économie a dérivé dans une autre direction. Balayée par les vents glaciaux du Lac Supérieur, Duluth se trouve en plein centre géographie du sous-sol continental nord-américain et pourtant, on peut difficilement imaginer un endroit plus excentré, plus éloigné de tout, plus isolé. C'est là que Béatrice et Abraham Zimmerman ont accueilli en ce monde le 24 Juin 1941 un joli bébé aux yeux bleu turquoise qu'il ont prénommé Robert Allen et qui deviendra le Bob Dylan. Les Zimmerman s'installeront dès l'après-guerre dans la ville voisine de Hibbing mais Dylan raconte dans son autobiographie fragmentaire ses week-ends à Duluth chez sa grand-mère unijambiste (ça ne s'invente pas). Mamie Zimmerman, seule avec son petit-fils, lui racontait ses souvenirs du vieux continent quitté au début du siècle pour fuir les pogroms et comparait souvent Duluth à Odessa : "Le même genre d'ambiance, de climat et de paysage, sur le bord d'une immense étendue d'eau", racontera-t- il dans "Chronicles". Elle a quitté l'Ukraine tout comme il quittera le Minnesota, sans remords, ni destination précise, comme une pierre qui roule, dirait-on. Et s'il est toujours question d'un ailleurs chez Dylan - un higher, dirait Yves Adrien - c'est que Duluth doit avoir cet effet sur les jeunes gens à l'intelligence particulière : non seulement ils veulent se barrer mais aussi effacer leur identité passé.

Au sortir de la projection de presse du film "I'm not there" de Todd Haynes, les regards paniqués de certains journaux non musicaux en disaient long sur la confusion que réussit encore à provoquer Dylan. Pas habitués, les pauvres. Il faut dire que la relation entre le cinéma et Dylan est une affaire compliquée. Ce n'est qu'en remontant jusqu'à "Don't look Back" et " Eat the Ducument" via "Renaldo & Clara" et "Masked & Anonymous" dans elsquels Dylan s'est impliqué au montage, au scénario, voire même à la réalisation, que l'on comprend qu'il existe un cinéma dylanien. Presqu'un genre à lui seul, comme pour Bergman, Elvis et Godzilla. Calembours visuels, multiplication des rôles et des identités, jeux de masques, montage audacieux (ou foireux), tout son univers est là, dans un vaste chantier réjouissant car porté par la présence magnétique du principal intéressé et ponctué de performances musicales intenses. Alors évidemment, le réalisateur Todd Haynes a bien du mérite en prenant lui aussi le parti du foisonnement, de faire lui aussi un film dylanien.
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Publié le 22 décembre 2007
Modifié le 26 novembre 2007
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