    | . Sonneries de portable |  |
 | Ce vide, pourquoi ?Histoire d'une jeune fille violentée par son père... | Mon père me prit la gorge et la serra.
Je n'en pouvais plus, j'étais à bout de souffle, je voulais qu'il arrête.
Je sentis soudain mes pieds hors du sol, je me débattis tant bien que mal, le mordit. Rien n'y faisait.
Ses mains rugueuses me faisaient mal, très mal. Je voulais lui dire que j'avais peur, j'avais peur...
Je n'ai plus de souffle, je vois ma mère avec ses yeux profonds, son regard intensif d'ambition, et puis d'un coup, l'image d'un concours de musique où elle souriait.
Je ne veux plus être le petit prodige et la folle.
J'essaie de me baser sur le fait de réfléchir au passé et non au présent.
J'ouvre les yeux, je le regarde et je sens qu'il va lâcher. Quand je regarde quelqu'un il y a un vide, je le sais, c'est tout. Et mon père me lâchera, pas tout de suite, mais il va lâcher... Comme moi je tiendrai encore un peu...
Je ressens une vive douleur dans ma jambe droite et puis... Le vide
Le vide.
Je suis dans une pièce blanche, je devine les couleurs d'un hôpital, je ne me rappelle de rien, juste d'un vide qui me martyrise l'esprit.
Le vide.
Pauvre mot, n'est-ce pas ?
Je suis allongé sur un lit, j'ai chaud, j'ai froid.
La pièce est trop éclairée. Je perçois non sans difficulté une plaque sur une porte avec mon nom dessus.
J'essaie de me relever.
_ " Merde ! "
Je me cogne à la barre du lit, me masse la tête puis essaie de sortir de mon lit.
Pas de résultat.
Je ne sens plus mes jambes.
L'effet des médicaments ?
Je m'affole, je suis mal, je le sens, il a du m'arriver quelque chose ? Mais quoi ?
J'avise un cordon et le tire violemment me rappelant la chambre d'hôpital de mes 5 ans où j'aimais tirer le cordon afin que l'infirmière me lise des histoires.
J'entends des voix, la porte s'ouvre laissant place à une masse volumique, un homme.
Il rigole, fait le beau, tel un chien à la recherche d'une femelle.
Plus tard, je réapprendrais à le connaître, mon père.
Pour le moment, c'est un inconnu.
(...)
Voguant en pleine mer sur un vieux bateau, je repense à l'hôpital, à ce noir, ce vide.
Je ne connais plus mon père.
Je ne comprend plus.
Je veux quitter ce monde vide, vide de sens, vide de tout.
J'ai peur, tellement peur...
Mais qu'est-ce que la peur lorsqu'on a plus personne au monde sur qui compter ?
Assise sur mon transat, enveloppé d'une couverture chauffante, je vogue vers l'Angleterre.
Maman me dit :
_ " Je t'aime "
Mais je sais qu'elle n'est pas là, que je ne la reverrais plus.
Mais je voulais y croire.
Tendrement, le climat chaud me ferme à demi les yeux, un immense bonheur m'enveloppe, je c'est que c'est presque fini, un sourire timide se dessine sur les gens autour de moi.
Et puis... Le vide. | | |
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