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Cette inconnue dans le miroir

Frontière entre génération; entre adolescentes et sa mère. Pourquoi ma mère ne me comprend pas ? Pourquoi moi je ne la comprends pas ? Et moi est ce que je me comprends ? Qui est cette fille dans le miroir ?


Vendredi est le jour tant attendu par un grand nombre d'étudiants, du fait qu'il annonce les premières sorties en discothèque. La nuit sera très longue et ne se terminera qu'avec l'arrivée des premiers rayons de soleil où les derniers noctambules iront se coucher afin de récupérer quelque force pour recommencer le soir même ; une façon de profiter au maximum de cette trop courte pause entre deux semaines d'école.


Comme toute adolescente, Julie n'échappe pas à la règle. Après s'être essuyée le corps, elle sort de la salle de bain pour rejoindre sa chambre.
-Tu pourrais quand même t'entourer d'un essuie ou d'un peignoir plutôt que de te balader à poil ! Beugle sa mère qui traversani le hall d'entrée pour aller dans le salon.
-Et ne me réponds surtout pas sale put...
Mais Julie avait déjà fermé la porte de sa chambre et allumé sa chaîne Hi fi sur "maximum".
Tout en jurant, sa mère claqua violemment la porte du salon.
Une fois dans sa chambre, un sentiment de sécurité l'envahit un peu comme ces pèlerins qui reçoivent asile dans des lieux sacrés et inviolables. Sa chambre est une terre sacrée, un sanctuaire où personne d'autre qu'elle n'a le droit d'y trouver refuge ; pas même sa mère.
Sa mère !
Julie se colle contre le dos de sa porte et frissonne au contact lisse du poster qui y est accroché. Elle l'avait acheté durant la plus belle récompense des étudiants : "les grandes vacances".
N'ayant jamais connu la mer, elle s'était mise en tête de trouver le plus beau poster la représentant afin de la faire rêver chaque soir de son existence. Si quelqu'un pouvait avoir le bonheur de la voir en cet instant ; nue, la tête légèrement inclinée sur sa droite, les cheveux encore mouillés et collés contre sa peau, il pourrait sans difficulté l'associer avec "La Naissance de Vénus" de Botticelli.
Rejetée par la mer, séchée par le vent et accueillie par une personne s'empressant de la vêtir comme pour la protéger et la réconforter.
Sa mère !
Julie se détache de son poster et s'avance vers sa penderie. Mouillée, elle l'a été. Séchée, elle l'est. Mais personne pour l'accueillir, la vêtir comme pour la protéger et la réconforter. Personne...
Sa mère !
Voilà près de deux ans qu'elle n'a plus de mère ; comme Vénus elle a été rejetée. Oh oui, la femme se trouvant en bas occupée à regarder sa série du vendredi soir et beuglant après elle en d'autre circonstance est bien sa mère. Du moins sur tous les documents administratifs.
Pour Julie, sa mère n'est plus ; elle est morte il y a plus de deux ans un soir où elle s'était encore une fois disputée avec son père. Elle se rappelle que son père l'avait embrassée en lui disant qu'il revenait très vite, puis avait passé la porte d'entrée pour ne plus jamais la repasser.
A 15 ans, on croit encore les grandes personnes surtout si ces grandes personnes sont nos parents. Mais elle comprit bien vite que son père était parti. Comme pour beaucoup de souffrances et d'incompréhension, les grandes personnes peuvent les résumer en très peu de mots.
Pour ses souffrance et incompréhension, sa mère n'avait qu'un seul mot : Divorce.

Julie enfile son soutien et le string assorti ; elle trouve que le rose se marie bien avec ses cheveux blonds qui font ressortir ses yeux intensément bleus. Comme vêtements, elle choisit un débardeur noir laissant apparaître son nombril dans lequel elle s'est fait faire un percing il y a un mois. Par la suite, elle enfile une jupe noire mi-cuisse lui permettant assez d'aisance pour pouvoir se plier au rythme de la musique.
Une fois satisfaite de ce qu'elle porte, elle s'assied à sa "table de coiffure" lieu rassemblant ses plus précieux trésors. Poudre, crayons, crème, vernis, parfums, rouge à lèvres et autres trésors se côtoient comme se côtoient les différents outils du peintre s'apprêtant à réaliser une toile d'une grande beauté.

Avant tout, Julie branche son sèche cheveux dans le but de donner du volume à sa chevelure. De manière sûre et adroite, comme le tailleur de pierres, elle exécute les mouvements appris par le fruit de son expérience tout en contemplant le résultat dans son miroir. Lentement, ses cheveux se gonflent de vie et prennent la place que Julie leur ordonne en maniant son peigne ; de bas en haut, d'avant en arrière en insistant à certains endroits connus d'elle seule en tournant sa tête soit sur la gauche soit sur la droite pour admirer la renaissance de ses cheveux dans sa glace. Comme à chaque fois, elle n'en revient pas, elle examine, scrute la moindre mèche rebelle et, comme à chaque fois elle est contente du résultat ; comme le tailleur et le peintre contemplent leur chef-d'œuvre, Julie sent une certaine fierté monter en elle, un sentiment de beauté.
Après les cheveux, elle descend au niveau de son visage et commence à le peindre délicatement de son fond de teint lui donnant un visage plus chaud et plus vivace. Encore une fois, elle examine et scrute son visage.
Le teint est-il parfait ? N'ai-je pas trop forcé à un endroit ?

Julie s'apprête à faire ressortir ses yeux quand elle arrête son geste. Ses yeux viennent de plonger dans les yeux de son reflet et l'examinent. Ou alors seraient ce les yeux du reflet qui plongent dans les miens ? pense-t-elle. Ridicule, l'image qu'elle voit n'est que sa propre image.
Mais elle n'arrive pas à détacher ses yeux de son reflet, ces yeux semblent différents des siens, des yeux plaintifs et les voir soudainement se mettre à pleurer ne l'étonnerait pas. Julie passe sa main devant son visage comme pour chasser une mouche imaginaire et décide de commencer par son rouge à lèvres. Un beau rose brillant vient recouvrir ses fines lèvres les rendant pulpeuses à souhait.
Voyant que ses impressions semblent s'estomper, elle reprend son fard à paupières mais au moment ou elle observe de nouveau ses yeux, son impression d'être observée par son image, son propre reflet lui revient.

Soudain, une question prend naissance dans son esprit, une question qu'elle n'aurait jamais pensé formuler un jour, surtout pas à son reflet. "Qui suis-je ?" demanda-t-elle à son reflet. Un long silence intérieur suit la question. Peut-être attend-elle vraiment une réponse comme dans ce dessin animé qu'elle regardait sur les genoux de son père. Ce dessin animé où la question était "Miroir mon beau miroir dis-moi qui est la plus belle !" et dont le miroir répondait en faisant apparaître l'heureuse élue. Mais dans ce dessin animé, c'est la méchante qui pose la question et c'est la gentille qui apparaît dans le miroir magique, pense-t-elle.
Suis-je la méchante et l'image du miroir la gentille ? Mais c'est elle qu'elle voit dans le miroir, pas une autre, la réponse à sa question serait donc : Elle. Son reflet et elle ne seraient qu'une seule et même personne ; elle serait vraiment Elle ? Mais alors, d'où lui vient ce sentiment de ne pas reconnaître ce reflet ? Pourquoi a-t-elle l'impression que ce reflet lui est inconnu ? Un miroir est censé refléter la personne qui le regarde. Un miroir nous permet de nous sentir moins seul dans cet univers car nous avons le sentiment que nous sommes deux. Combien de fois n'avons-nous pas parlé à notre reflet, lui donnant une personnalité, un être à part entière ; "Salut toi – Oh, t'as une sale tête ce matin" cette personne qui nous connaît si bien et à qui nous pouvons nous confier entièrement, à qui nous avons souvent posé des questions et accepté son silence comme un sentiment de compassion.
Mais qu'arrive-t-il quand la personne que nous voyons dans le miroir nous est inconnue ? Une personne ayant notre reflet mais pas la même âme. Julie ressent ce sentiment, le sentiment d'être une inconnue pour ce reflet, une inconnue pour elle-même. Puisant au plus profond de sa volonté, elle arrache ses yeux du miroir et se lève pour lui tourner le dos. Elle s'avance près de sa table de chevet et prend en main la bouteille d'alcool qu'elle avait piqué, ce matin, dans le bar de sa mère.
Si le plus grand trésor de Julie est son maquillage, celui de sa mère est un bar rempli de boissons plus alcoolisées les unes que les autres. La boisson est très vite devenue l'amant de sa mère. quant à elle, cela dépendait des jours et de ses angoisses. Pour l'instant, elle avait bien besoin d'une bonne gorgée. Elle prend la bouteille et la porte à ses lèvres quand son regard croisa celui de son reflet dans le miroir de la penderie.
Elle stoppe net son geste et examine son reflet, ce reflet si proche et pourtant si distant. Encore une fois, ce regard triste qui émane de son reflet. Lentement, tout en se contemplant, sa main écarte la bouteille de ses lèvres mais durant un bref instant, elle crut voir un couteau de boucher dans la main de son reflet plutôt qu'une bouteille à moitié entamée.
De sa main droite, elle parcourt son corps ; partant de ses lèvres, ses doigts descendent caresser son cou où apparaîent encore les traces d'un suçon mais étant incapable de mettre un visage sur cette trace, elle longe son décolleté pour sentir sa poitrine tendue. Poitrine dont elle n'a aucun souvenir de sa naissance, de ses impressions, de ses heures passées à s'admirer, sentant son corps se métamorphoser pour sortir de l'enfance. Sa main arrête son parcours au creux de son ventre, ce ventre qui lui avait fait si mal un soir en sentant les premiers signes de jeunes femmes qui, comme le cycle de la lune, revient de façon chronique.

-Tu veux ma photo ?
Mais encore une fois son reflet resta muet. Tout en s'asseyant sur le coin de son lit, la bouteille entre ses jambes et ses yeux plongés dans les siens, elle attend la réponse ou une question. Alors qu'elle estime avoir assez perdu de temps, les yeux de son reflet semblent lui poser une question : "Qui es-tu ?".
Julie pouffa un rire, elle qui posait la même question tantôt, voilà que c'est son reflet qui lui pose la question. Du moins, c'est ce qu'elle semble lire dans ce regard. Serait-ce là la preuve que non seulement son reflet lui semble inconnu mais qu'elle même est une inconnue pour son propre reflet, comme si tous deux avaient le même physique mais pas le même esprit. Serait-ce encore une métamorphose dans sa vie d'adolescente qui ferait qu'aujourd'hui elle ait ce sentiment de solitude absolue ?
Toutes les jeunes filles de son âge passent-elles par ce virage (fort proche du gouffre de la folie) à un moment donné de leur vie d'adolescente ?
Ou bien cette métamorphose est-elle uniquement réservée aux personnes qui ont eu un passé proche du sien ?
Un père qui part de la maison à l'âge de 15 ans, une mère sombrant dans la dépression et amante de l'alcool n'ayant plus aucun but dans la vie, pas même sa fille, un chemin d'adolescente n'ayant personne pour l'épauler, la conseiller ou tout simplement l'écouter. Un premier amour âgé de 18 ans, apprenti mécanicien, à qui elle avait offert sa virginité un soir dans une camionnette du garage alors qu'elle ne se sentait pas prête, mais ce dernier n'avait écouté que sa queue et elle, par amour s'était laissée faire, se retenant de gémir tellement elle avait mal sentant son corps et son âme déchirés. Par amour, elle lui dit par la suite ce qu'il voulait entendre comme réponse à sa question : "T'as pris ton pied" en se retenant de pleurer. Comme elle se retint aussi deux semaines plus tard quand ce dernier lui laissa un message sur son répondeur, à 2 heures du matin, lui disant que c'était fini entre eux.

-Je te suis un peu moins inconnue maintenant ? demande-t-elle à son reflet en buvant une gorgée de ce mélange qui lui brûlait la gorge et le ventre mais lui faisant tellement de bien. quand rien d'autre ne pouvait lui en faire. Mais encore une fois, son reflet resta muet. Néanmoins, elle semblait lire dans ses yeux une phrase lui disant qu'il savait cela, qu'il se souvient l'avoir vue pleurer, poser ses questions sans jamais pouvoir y répondre, sans jamais pouvoir la consoler. Julie examine sa montre et jure contre elle même, voilà plus d'une demi-heure qu'elle se casse la tête pour rien et il va bientôt arriver.
Il va bientôt arriver !
Julie ne sait plus son prénom, de toute façon c'est pas ce qu'il désire (comme tous les mecs) ; de toute façon, elle n'est pas sûre de revenir avec lui ce soir. Par contre, ce dont elle est sûre, c'est ce sentiment de se faire poignarder sur une banquette arrière d'une voiture, une voiture à papa. Ce dont elle est sûre c'est que lorsqu'elle rentrera, elle aura mal au ventre comme si on l'avait profané, elle retrouvera sa mère endormie avec son amant dans les bras au salon. Elle aimerait tellement lui parler, se confier mais à quoi bon ! Son avenir, elle le connaît, il est déjà tracé. Elle se félicite de ne pas avoir déjà mis son mascara lorsque les premières larmes brisent son barrage et commencent à s'écouler sur ses joues. Une fois encore, le miroir lui renvoie son image, une image de jeune fille fragile cherchant en vain du réconfort mais n'ayant confiance en personne. Pourtant, elle connaît une personne à qui elle peut faire confiance ; tout en s'agenouillant, elle pose sa tête contre son miroir, ne voulant faire qu'un avec son reflet. Comme après une longue dispute les deux meilleures amies du monde se retrouvent pour se serrer l'une contre l'autre tout en pleurant les larmes de l'amitié.

Tout en essuyant ses yeux, la sérénité reprend le dessus dans son esprit et quand elle fait face à son reflet, elle reconnaît les yeux, ce sont ses yeux de petite fille de 15 ans, les yeux plein d'espoir d'une petite fille. Elle avait fermé ses yeux mais son reflet vient de les lui rouvrir, il vient de lui faire comprendre que sa vie n'est pas tracée ; si nous pouvions nous revoir dans le passé, nous ne pouvons pas nous voir dans le futur parce que le futur est comme notre image dans le miroir, il est le reflet de nous même, de ce que nous aurons décidé. Julie émet un profond soupir et, comme après chaque pleure depuis deux ans, elle tend ses lèvres vers la bouteille mais prend soudain conscience de son acte ; elle tourne brièvement son regard vers son reflet qui lui renvoie une image de dégoût.
Elle dépose la bouteille et une impression de liberté l'envahit. L'allusion au virage au bord du gouffre de la folie lui revient en tête et comme pour confier un secret à quelqu'un, elle se penche vers son double, son amie pour lui dire : "On est passé". Surprise, elle voit son reflet lui sourire. Elle sourit et son reflet lui rend son sourire.
Elle sourit, elle ne pensait plus sourire un jour et il lui a fallu une discussion en tête à tête avec elle même pour se retrouver, pour se remettre sur les rails.
Elle se relève et regarde son corps, à ses pieds la bouteille d'alcool semble la narguer.
-Je ne serai pas ta maîtresse ! lui dit-elle.

Julie pense à sa mère ; peut-être qu'elle aussi devrait regarder son reflet dans le miroir ou bien regarder quelque chose d'autre. Sa fille, pense Julie. La fille n'est autre que le reflet de la mère en plus jeune. Cela faisait presque deux ans que sa mère erre dans cette maison sans reflet, sans repère. Julie eut un vertige pendant un battement de cils. Elles sont devenues tellement inconnues l'une envers l'autre comme quand on se dégoûte de se voir dans un miroir.

Julie décide de se changer, mettre une tenue moins provocante ; elle ne sort plus. Elle a bien un rendez-vous, mais ce rendez-vous est ici, dans sa maison. Elle est un peu en retard ; presque deux ans, mais la personne qu'elle doit voir ne sait pas que Julie a rendez-vous avec elle et c'est ce que craint Julie.
Comment va réagir sa mère ?
Etant le reflet plus jeune de sa mère, Julie a une petite idée mais cela ne lui fait pas peur.

Elle va descendre dans le hall, téléphoner à ce garçon pour annuler sa sortie.
S'il râle ?
Elle s'en moque, ce type se moque bien de ce qu'elle pense !
Ensuite elle ouvrira la porte du salon et restera stoïque aux insultes de sa mère.
Julie a compris que ses insultes servent surtout pour ne pas se retrouver toutes les deux face à face, les yeux dans les yeux. Reflet de deux générations face à face afin de se retrouver des points communs pour bâtir un pont entre ce fossé creusé depuis deux ans.
Julie respire profondément puis fait le premier pas vers son destin ; ce destin qui lui est inconnu mais qui sera le reflet de ses actes.

Copyright © 2004-2005 Doye Dimitri.

Merci de ne pas utiliser cette histoire dans un but lucratif.
J'espère vous avoir apporté quelque chose.
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Re: Cette inconnue dans le miroir
Posté par esther le 20/08/2004 07:50:44
la pas est parfois infranchissable... je ne sais pas si tu as cotoyé l'alcoll de prés... mon pere est alcoolique , et tout le chemin que g fait de mon coté pour faire avancer les choses n'ont pas suffit à lui arracher sa "maitresse" de l'esprit... c enormement plus compliqué que ca l'alcool....
Re: Cette inconnue dans le miroir
Posté par jimbeluba le 20/08/2004 07:50:44
Je m'incline c'est excellent. 2 fois Bravo
Re: Cette inconnue dans le miroir
Posté par devangel le 20/08/2004 07:50:44
WHAOUUUUUUUUUUUUU......................
je ne sai vraiment pô koi dire a part ke c excellent.
Re: Cette inconnue dans le miroir
Posté par spoke le 20/08/2004 07:50:44
réponse à l'auteur: j'avais bien compris que ton but était de forcer le lecteur à faire le premier pas, mais la suite aurait peut etre donné des indices à certains d'entre nous pour faire ce premier pas toujours difficile à effectuer surtout dans une relation familiale.
Re: Cette inconnue dans le miroir
Posté par la fille de saturne le 20/08/2004 07:50:44
g pleuré... pourquoi? parce que moi aussi kan je regarde le miroir je ne me voit plus, je suis perdu dans mon regard je me sens étrangère
ma mère ne me comprend pas, elle ne fait les chose que par son propre intérêt , sa petite personne c tt ce qui compte
elle me juge elle me haie elle a honte de moi elle me dénigre
je me perd dans ma folie dans mon sang et dans l'alcool
vivre sans vivre

trés beau texte
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Publié le 16 juin 2003
Modifié le 16 juin 2003
Lu 1 473 fois

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