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Comment expliquer l'inacceptable ou la face voilée de la crise américano-irakienne

On ne peut comprendre l'attaque américaine sur l'Irak que si G. W. Bush se décident enfin à dévoiler tous ses secrets...


Jeudi 20 mars 2003, 2h35 T. U. : l'armée américaine frappe l'Irak 2h seulement avant l'expiration de l'ultimatum, joignant ainsi la parole aux actes. L'ONU n'a pu l'empécher. Il fallait bien s'y attendre car, après une mobilisation aussi médiatique que spectaculaire au Qatar, en Arabie Saoudite et au Koweit, l'Amérique s'était laissé engouffrer dans un étrange labyrinthe dont l'architecte avait commis la maladresse d'égarer le plan. Voyez vous ça ! C'est de l'honneur des Etats-Unis dont il est question.
Est-ce au nom du désarment de l'Irak, du pragmatique principe douteux de la guerre préventive, de la lutte contre le terrorisme, du contrôle du pétrole irakien, de la légitimation de l'influence israélienne au Proche et Moyen-Orient, de la toute puissance des Etats-Unis, de l'expérimentation des récents joujoux du Pentagone, de la pression funeste des multinationales de la mort, ou tout simplement au nom des raisons inavouées ? Le fait est que George W. Bush vient de sonner le clairon de ce qu'il convient d'appeler le second épisode de la guerre du Golfe. Le réalisateur pour des raisons qui lui sont personnelles, a voulu travailler une fois de plus avec des acteurs professionnels dont les qualités oratoires et le sens de l'humour ne souffrent d'aucune contestation. Les mêmes noms retentissent à jamais comme l'écho sonore d'une haine légendaire, la marque déposée d'un sinisme farwestien : d'une part Bush, le fils de l'autre, et d'autre part Saddam Hussein, le méchant loup bléssé d'Allah, agonisant sous le poids de 12 années d'embargo, et dont la fourure suscite bien des convoitises aux yeux des faucons capitalistes du Nouveau Monde.
Au delà de la sympathie que nous inspire le loyalisme des belligérants, notons cependant le triste masque affiché par l'impartialité de l'arbitre de ce duel historique, qui aurait bien voulu filer une balle de plus dans le 9 millimètres du tueur à gage. "A la loyale ! Dit-il, le macchabée aura droit à une sépulture ; la veuve la médaille de l'endurance et une technique de vengeance, et aux fils la vidéo du duel !"
Ce qui vas changer dans cet épisode, c'est qu'outre le légendaire soutien des Anglais, le pays de l'Oncle Sam s'érige face à d'alliers potentiels qui se veulent les symboles de l'éthique universelle : France, Russie et Chine, tous membres du fameux Conseil de Sécurité. Il convient de souligner cependant que la positon française est assez problématique. Sur la scene internationale, elle ne représente pas gros et a souvent été caractérisée par une personnalité politique copiée sur le modèle de la majorité : que de raisons humanitaires propres à embellir l'image de la France ! Bon nombres d'experts s'accordent par ailleurs à affirmer que l'inertie française face au chantage américano-britannique se justifierait par le fait que les garanties d'exploitation économique d'après-guerre n'aient pas été clairement mises à jour par la Maison Blanche. Rien d'étrange à cela quand on sait que seul l'intérêt conditionne les relations internationales. En politique, la question essentielle n'est pas de savoir qui a raison mais qui profite de quoi ?
Il y a près de deux ans la communauté internationale s'accordait d'un même son de cloche à condamner les attentats du 11 septembre 2001 (ça aussi l'ONU n'avait pû l'empécher). Tout portait alors à croire que l'Amérique et ses intérêts étaient menacés à travers le monde. Aujourd'hui hélas, l'argument du pétrole semble érigé sur un piédestal, voilant ainsi l'atmosphère d'insécurité qui continue de planer sur le monde. S'il n'y avait pas eu de 11 septembre, il n'y aurait pas eu de 20 mars.
En effet, le premier malheur de l'Irak c'est d'être dirigé par un despote dont le machiavélisme aberrant s'illustre dans sa sanguinaire passion pour la monarchie absolue ! L'histoire nous apprend à cet effet que de tels hommes ne ce sont jamais lancé dans un processus de réarmement graduit (Hitler). Le second malheur de l'Irak c'est d'appartenir à "l'Axe du mal". Selon des sources non officielles, Bagdad serait devenu l'un des bastillons du terrorisme international. Certe y a-t-il des dits dans les non-dits mais tant que les non-dits ne seront pas dits, les dits resteront sans mots dire s'ils ne sont pas remis en cause. C'est cela même qui oblige la communauté internationale à condamner la guerre contre l'Irak.
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Publié le 26 mars 2003
Modifié le 26 mars 2003
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