FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Coton

La vie ? Une mot étrange qui fait peur a de nombreuses personnes, le rêve peut-il sauver une vie ?


La Bretagne beau pays pour en finir, belle nuit pour enfin tout terminer. Sous le prétexte de suivre le reste de la classe en soirée dans la boite de nuit du village voisin, j'ai l'autorisation de deux heures du matin. Beaucoup de temps pour bien réfléchir, pour peser le pour et le contre, je ne veux pas de temps compté je veut ma liberté totale, et ce soir je vais l'obtenir.
"Il faut revenir avant deux heures, surtout ne traîner pas trop et toujours pas groupe de trois au minimum !" nous braille les professeurs et accompagnateurs depuis ce matin. Je désobéis aux règle : je suis seule et je ne rentrerais pas ce soir. Ils seront frustrés de ne pas pouvoir me punir, de ne pas me montrer comme mauvais exemple. Personne ne pourra plus jamais me punir, me toucher.
Je deviens invulnérable, inaccessible... Libre.
Je suis sereine, le chemin qui me mène jusqu'à ma liberté éternelle est long, ce tracer de pierre et de terre qui serpente entre les buissons est infini. Infiniment beau, excitant de savoir qu'au bout, au bout, j'aurai gagné.
Le chemin sinueux m'entraîne sur la même cadence, un pied puis l'autre, ma marche est régulière, ma démarche assurée comme celle d'un condamné qui a toujours clamé son innocence. Je suis légère si légère, la nuit commence a tombé, le ciel se pare de bleu foncé au reflet de noir scintillant. Le soleil se cache derrière la ligne d'horizon dessiné par le flots encore rougeoyants. La mer s'agite, une tempête se prépare, j'aime le vents tourbillonnant qui donne des allures de mousse à la mer, et à ses vagues. L'écume qui s'échoue sur la plage semble encore se rappeler du mouvement incessant des vagues grâce auquel elle est née.
C'est décidément un beau soir pour mourir.

Je suis heureuse, le vents souffle en bourrasque, il agite mes cheveux en tous sens et fait tourbillonner les idées qui fourmillent dans ma tête. Mes oreilles sifflent, l'air s'y engouffre brutalement, j'enlève mon manteau laissant voir un léger débardeur aux couleur de la nuit. Je me remonte les cheveux sur le haut de la tête et les attache avec une grande pince indienne. Il faut se faire belle pour accueillir la mort, pour les derniers instants charnels.
Je ne frissonne même plus, seules mes joues sont marquées de deux barres rouges dues au vents qui me tourne autour et m'accompagne dans mon ascension. L'odeur de la mer vient me chatouiller les narines, je respire a grandes bouffées cet air pur.
Le haut de la falaise est enfin visible, plus que quelques mètres et je serais arrivée au point culminant de la côte encore sauvage, au point culminant de ma vie. Je peux apercevoir les derniers rayons de soleil qui disparaissent au loin. En me dépêchant un peu j'aurais sûrement pu admirer la fusion du soleil et de la mer mais j'ai le temps, je ne suis plus pressée par la vie qui passe, par le temps qui s'écoule. Je ne veux plus courir sans raison pour "rattraper le temps perdu" comme tout ces automates qui constituent notre monde. Je ne recherche pas le temps perdu, car aujourd'hui je vais tout rattraper et plus jamais le temps ne me retrouvera. Je deviendrai insensible aux heures qui défilent rapidement devant nos yeux...
Je ne suis plus pressée par la vie ; la mienne s'arrête.
J'enlève mes chaussures pour sentir l'herbe humide sous mes pieds. Sentir ses brins crisser sous mon poids. Et mes pieds se frottent et s'emmêlent dans ce tapis vert de douceur. Je ne rêve plus, je suis naturellement entourée de mon voile de coton protecteur, qui m'empêche de trop réfléchir, de me raisonner en ce moment et je l'en remercie. Je ne veux plus me poser de questions troublantes qui donnent la migraine, j'ai essayé de faire semblant de vivre comme tout le monde, sans questions, au jour le jour, mais je n'y suis pas arrivée.
Désormais je ne veux plus croire en rien, je ne veux plus espérer car l'espoir n'est qu'un leurre pour attiser les envies et les tristesses quotidiennes. Je ne suis même plus désespérée car le désespoir ne fait qu'augmenter les peines... je ne suis plus rien du tout, j'ai déjà un pied dans le néant, dans le vide il ne me reste plus qu'a rentrer entièrement.
Je m'approche lentement du bord de la falaise, je savoure ces moments de bonheur purs, les vrais pris à la source. Si l'on me demandais de décrire le bonheur je répondrai sans hésitation que c'est la sensation de gouverner sa vie ! De choisir son destin, d'être maître de son corps et de son esprit. Là je me sens Moi, le moi en lequel croyait les Humanistes, le moi au milieu de ma pensée de mes joies, de mes choix. C'est égoïste comme définition mais le vrai bonheur est égoïste, et j'ai toujours était individualiste. C'est peut être mon seul regret, de ne pas avoir su m'ouvrir aux autres. Mais je pars sans regrets, c'est une promesse que je me suis faite, partir sans aucun regrets.

L'attrait du vide a remplacé la peur de l'inconnu, je m'assois sur le bord les jambes dans le vide, elles se balancent en cadence. L'extase et l'osmose, ne font plus qu'un aux creux de mon cœur et de mon corps, ils ont envahi mon esprits qui n'a pas pu résister à tant de douceur Toutes les angoisses ressenties au cours de la journées, toutes celle qui se sont emparées de ma gorge pour y placer leurs boules mesquines, ont disparu de mon corps et de ma mémoire. Je ne suis plus qu'un mélange d'étoiles filantes et de myriades qui ruissèlent dans toutes les parties de mon être et fait frémir mon corps entier. Le coton a pris possession de ma peau, il redessine ma silhouette de ses bords veloutés.
Mes jambes se balancent, toujours plus vite, mon buste entre dans la danse finale, le ballet de la fin. J'aime ce moment dans les spectacles, quand la fin approche et que l'on veut que tout continue, que le spectacle ne finisse jamais, mais on pense aussi a la sorti à ce que l'on fera une fois dehors, cette faille qui se crée en nous et contre laquelle on ne peut rien.

J'ai envie de crier aux astres, à la Terre, à la mer qui m'attend patiemment en dessous, de dire à tous les éléments que c'est enfin moi qui décide, que je deviens le maître de mon corps et qu'il ne peuvent plus rien contre moi. Mais l'humilité me toise, et je reste assise sur le bord de la falaise escarpée. Je fixe désormais le ciel avec ardeur, et je m'excuse de mon élan de vanité. Comment pourrai-je envisagée de me confronter eux, ceux qui m'ont permis de vivre. Je suis confuse, je prend mon temps, j'ai encore beaucoup de temps devant moi.
Quelques étoiles commence à apparaîtrent dans le ciel obscurcit, je m'en vais les rejoindre d'ici peu, un point scintillant s'allumera ce soir dans la galaxie, peut être que quelqu'un me reconnaîtra et pensera à moi en regardant le ciel un soir d'été. Une étoile parmi tant d'autres... Mais personne n'est mort comme moi, la mort est un événement personnel, personne n'a fini sa vie sous un ciel aussi beau, dans une si belle ville et sur une falaise aussi écorchée. Tellement écorchée qu'elle a du beaucoup souffrir, recevoir beaucoup d'offenses et d'injustices... Je suis plus forte que ces blocs de granit qui se font ronger pas le temps, moi je ne laisse les secondes me rattraper, je les devance. Elle ne pourront pas ancrée leur marques sur mon visage encore jeune, ces traits profondément tracée dans la peau des anciens ne viendront jamais sur la mienne.

Une présence derrière moi, un léger bruit de pas. Sans me retourner je sais qui c'est, Marc m'a suivit, je le savais et je l'attendais aussi quelques part. C'est sûrement le meilleur des êtres humain que je n'ai jamais rencontré. Je regrette un peu de ne pas le connaître plus... mais je pars sans regrets.
Son arrivée est mon signal, je me lève sur mes mains et bascule en avant, je sais qu'il n'a pas bougé et qu'il ne bougera pas car il respecte mon choix. Il doit être mal à l'aise et je ne sais pas ce qu'il va faire. Le décor défile devant mes yeux, je souris à la mort, je ris de la ruse que j'ai tendu au temps qui passe et aux heures qui s'échappent. Les myriades d'étoiles tourbillonnent en moi, la chute est longue. Le vent joue avec mon corps devenus frêle, ces derniers instants sont fabuleux, inestimables...
La silhouette de Marc s'approche du bord de la falaise, j'aimerai voir l'expression de son visage mais le vent m'emporte vite, toujours plus vite.
Je me sens libre et je vole, je traverse la tempête, je ne fais plus qu'un avec le vents qui souffle et l'embrun qui répand l'odeur marine dans tout mon être. L'eau agitée rejette violemment l'écume sur le bord de la plage, elle semble être en colère. Le sol se rapproche, les blocs de granit écorchés pas tant de souffrance s'ouvre devant moi, je peux sentir l'odeur du sable mouillé. Un dernier regards vers le ciel étoilé, un autres vers le néant qui m'attend et que je désir.

C'était un beau soir pour mourir...
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Re: Coton
Posté par <jess> le 20/08/2004 07:56:35
Il est vraiment génial ton texte Cha!!!Continue d'en écrire d'aussi beaux!A part l'orthographe quelquefois mauvaise,très beau fond et très bonne syntaxe!
Je vote "excellent" en tout cas!
Re: Coton
Posté par arxie le 20/08/2004 07:56:35
merci .... ça me touche et me fait vraiment plaisir, je ne pensais pas que mon texte plairait autant ...
Maristche, je t'assure que duand tu te retrouve en hauts de la falaise, la mort prend une autre tournure ....
encore merci et continuez de réagir
Re: Coton
Posté par heloise2 le 20/08/2004 07:56:35
Super texte,vivant, envoutant. J'ai adoré.J'attends avec impatience d'autres textes de toi,cha rêveuse professionnelle.
Re: Coton
Posté par maristche le 20/08/2004 07:56:35
C'est trop bête y'a pas de falaises ou j'habite, d'aileurs y'a pas la mer faudra donc que je trouve un autre moyen!en tous cas ton texte est vraiment magnifique et on dirait du vécu...
Re: Coton
Posté par nirvana dream le 20/08/2004 07:56:35
hey tite miss cha!!! il me fait tjrs le meme effet se texte: il est exelent!!!! dommage que tu n'es pas pus mettre tout (mank de place je suppose) . EXELENT!!!!!! allé continus bien!! gros bisous! peace! love! @+ et un grand bravo!!
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (7)
Publié le 19 juin 2004
Modifié le 19 juin 2004
Lu 852 fois

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