Non connecté. Connectez-vous ou devenez membre (gratuit).Recherche rapide :     

Critique du concept moderne de vertu

Les philosophes antiques déffinissait la vertu comme la façon de vivre au mieux et sans faire le mal. Ces concepts ont été depuis plusieurs fois mis à mal. Il est temps de recadrer la société moderne sur le plan de la vertu. Dans notre société, qui, à la suite de 50 ans de logique bipolaire semble être majoritairement rentré dans une logique capitaliste, ou à tout le moins, économique, quel est la place de la question où est la vertu ? Et Peut-on y répondre ?


De la vertu chez les économistes classiques, pessimistes et néo-classiques

Chez Smith
Adam Smith présente dans ses Etudes de l'origine et la nature de la richesse des nations que la valeur d'un produit n'est issu que du travail qui a été fournie pour le faire, après avoir bien sûr poser que cette définition ne valait que pour comparer deux produits d'égal utilité et d'égal valeur rareté. Ainsi, pour deux tissus distinct et fabriqué par deux compagnies différentes, celle qui aura fourni le plus de travail pour fabriquer les produits pourra poser une plus fortes valeur ajoutée à son produit. Basiquement, plus les ouvriers travaillent, plus le patron pourra s'enrichir.

Chez Marx
D'où le problème que soulignera à juste titre Karl Marx : l'individu en est réduit à vendre sa capacité de protection, ses forces, et c'est supposé être la vertu ! Mais comment ne pas voir que cette logique conduit les patrons capitalistes à augmenter les cadences de travail à un rythme insoutenable, juste pour en tirer du profit ?
Pourquoi ? Tout simplement parce que les bourgeois ont su le plus tôt s'approprier les biens de productions et que ceux qui restaient n'avaient pas d'autre choix que d'offrir leurs forces de production pour utiliser justement les moyens de production. Mais pour les patrons capitalistes, les ouvriers ne sont rien d'autre que des moyens de production. D'où la fameuse sentence : La production n'est rien d'autre que l'expression d'un rapport social, sous entendu entre l'ouvrier et le patron.
D'où l'idée d'une lutte des classes, et finalement d'une révolution des prolétaires, qui s'accompliraient et accéderaient finalement au bonheur en se libérant de leurs chaînes.
Mais, si chacun possède autant que son prochain, afin d'éviter le retour d'une classe bourgeoise, si tout est redistribué, qu'est ce qui pousse à travailler, à produire, qu'est ce qui pousse l'ouvrier à aller à l'usine pour produire, où, d'u point de vue plus moderne, qu'est ce qui pousse l'employé dans les services à, justement, bien servir ses clients ? Rien. D'où l'effondrement de l'Union Soviétique : les populations faisaient des queux de plusieurs heures pour acheter des biens de consommation, et aucun n'avait accès à des services simples, comme le téléphone. Pourriez-vous vivre sans Orange, Bouygues ou SFR ? Ce sont des services, et si des boîtes se lancent dans ce secteur, c'est essentiellement pour fructifier.

Chez Keynes
D'où : problème. Mais ces deux gars étaient si loin de nous qu'ils font plus figure, dans le monde de l'économie, de dinosaures que de personnalités. Plus moderne : John Maynard Keynes. Replaçons-nous à la fin des années 40 : la guerre est finie, les ménages se ruent à la consommation, les commerçants voient venir tout plein de clients, d'où l'idée de monter les prix.
Catastrophe.
Les prix montent, les salaires suivent, les taux d'intérêts aussi (une hausse du nombre des emprunts provoquent une hausse des taux d'intérêts), et la monnaie, lancé en masse dans l'économie mondiale et interne chute. <B/>En gros, plus les gens achètent, plus la monnaie se casse la gueule. On pensait que c'était mal. Donc les gens se tournent vers l'épargne, ils économisent, ils n'achètent pas et les prix chutent. Mais comme les ménages n'achètent toujours pas, les commerçants font faillites, les uns après les autres, plus personne ne fait confiance en la monnaie, et celle-ci, échangé en masse contre d'autres monnaies, se casse la gueule de nouveau. En gros, moins les ménages achètent, plus la monnaie finie dans le ruisseau. Que faire ? Keynes lance un appel à la radio : "Consommez, jamais les prix n'ont été aussi bas, allez acheter et cous relancerez l'économie". Logique : il s'agissait de relancer la production, par le même mécanisme que précédemment expliqué, faire baisser la monnaie, mais la monnaie baissant, les prix pour un étranger ne feront que diminuer, d'où hausse des exportations. Ainsi, la monnaie rentre, et permet la consommation. En plus, l'état ne doit absolument rien garder. Mieux, il doit s'endetter. Pour Keynes, la vertu au sens économique, c'est la dépense.


De la Vertu chez les philosophes

Mais vous allez me dire, et à juste titre, que je n'ai parler que d'économiste, ce qui, en considérant la vertu, est plutôt hors sujet. D'autant plus qu'aucun de ces économistes ne parlait de vertu, mais de solutions. Tout d'abord, il faut garder à l'esprit que chacun de ces économistes était vaguement philosophes, et que les influences philosophiques sont nombreuses.

Chez Platon
En privé, il m'arrive de lui donner le surnom affectif de Dieu. Platon faisait passer l'éthique en second plan, favorisant plutôt l'art et l'esthétique. Tout d'abord, Die... Je veux dire Platon, voulait chasser le poète à coup de pied au cul, car celui-ci considérait, dans un élan lyrique et stupi... poétique, considérait était que Dieu pouvait prendre forme humaine, ou n'importe quel autre forme. Il est accessoirement capable des pires atrocités (Zeus épouse tout de même sa soeur, Héra, qui n'hésite pas à chasser son fils Héphaistos, qu'elle a conçu sans Zeus, ni sans l'aide d'aucun Dieu ou mortel mâle ou femelle). Or, comment considérer dans ces conditions qu'un Dieu est Dieu, si l'on ne considère pas que ces activités sont bonnes et modèle de vertu ? et comment à ce moment-là ne pas considérer que la Justice, la morale et la vertu ne sont pas incompatibles avec l'inceste, le meurtre, ou aussi l'adultère, le parricide et matricide, le vol, la plurigamie et le cannibalisme ?
La vertu n'est donc pas à rechercher du côté des Dieux. Où ça alors ? (PS : Adon... le Dieu des juifs, dont le nom est imprononçable dans des bouches mortels, à englouti sous la mer Rouge le pharaon et la totalité de son armée, et répandue Dix plaies meurtrières avant de prôner "tu ne tueras point"; "Faites ce que je dis pas ce que je fais" aurait-il pu être le 11ème commandement ?"Tout ce que veux l'Eglise est parole sacré, et le pape est son représentant" est un dogme de l'église chrétienne; faut-il alors abandonner la capote pour être vertueux ? ; dans l'Alcoran, le livre écrit dans les cieux pour certains, il est écrit que Muhammad détruisit les idoles de son village avant de prôner l'Islam, et que les hommes étant de nature faible, il ne devront pas connaître les ivresses de l'alcool, et la femme en âge de procréer devra se couvrir la tête pour éviter la concupiscence; donc pour être musulman, on peut être vandale, faible et ne s'être jamais descendu de roteuse, tout en acceptant par hypothèse que cela est mauvais ? ; la vertu n'est donc pas là, et les démonstrations platonicienne sont encore d'actualité).

Chez Emmanuel Kant
Ok, c'est vrai qu'il écrit plutôt des pavés, et que certaines de ces phrases font deux pages avant de reconnaître un point. Si ces oeuvres était des cathédrales, elles seraient gothiques. Mais dans une cathédrale gothique, on trouve parfois de magnifique architecture, et beaucoup de feuille d'or. "Imaginons qu'un ami me confia une importante somme d'argent le temps d'un voyage, que cette ami ait des descendants, et qu'au cours de ce voyage cette ami venait à mourir. Imaginons de plus que je traversât une situation financière difficile, et que cet argent m'ait été d'un secours inestimable. Que faire ? Dépenser l'argent pour subvenir à mes besoins, où redistribuer l'argent entre les descendants ? Mais un enfant de neuf ans vous répondrait sans hésitation !". Kant n'a pas donné de méthode de vertu. Il les a même toutes déconseiller. Car en cherchant à penser sur la sagesse, on finit immanquablement par sortir de la sagesse (pour étudier quelque chose, il faut se trouver en dehors, avoir du recul), et étudier la vertu, c'est soi-même ne pas être vertueux (cela commence quand en énonçant des règles de vertu, on limite le libre-arbitre des individus). Les stoïciens avant lui considéraient que la vertu, c'était avant tout aller contre soi. Kant dira tout le contraire. Mais ils seraient alors malheureux, ce qui ne les rendrait pas vertueux.
Pour Kant, Il est interdit d'interdire, pourvu que l'on veuille faire le bien serait une vulgarisation de la morale selon Kant. En gros, Kant montrait que la vertu, c'était être heureux. C'est-y pas merveilleux ?

Chez Nietzsche
Dans Par delà le bien et le mal, Nietzsche présente les quatre vertus permettant l'accès au bonheur : le courage, la lucidité, l'intuition et la solitude. La vie est une fontaine, ou plutôt l'eau de la fontaine, qui ne cesse de jaillir, sans cesse, toujours en mouvement. Si on l'étudie un moment, on sera immédiatement dans le passé. Etudions la vie comme on écoute de la musique : on se laisse porter. La morale n'est plus la même. Elle ne prône pas le bien, puisque cette notion est ponctuelle. Elle ne cherche pas non plus le mal, puisqu'une fois le mal fait, c'est du passé. La vertu est légère, musicale, et plastique. Elle est "par delà le bien et le mal".
NON ! Nietzsche n'est pas un anarchiste ! Nietzsche soulignait simplement, comme Spinoza avant lui, que la morale cherchait trop souvent à combattre le mal et sanctifier le bien, au point que cela en devenait lourd et contre-nature (aller, avouez que comme tout le monde, vous vous êtes déjà garé en double-file, ce qui est illégale et anti-morale). Nietzsche se trouve dans ce conducteur qui se justifie face au policier, "j'était juste en train de m'acheter mon paquet de clope, j'ai mis 30 secondes, un bon geste. ", et dans le flic qui répond "bon, allez, circulez, mais c'est exceptionnel. "
Voila.
La morale nietzschéenne n'est pas arrêté dans le temps, elle est mobile et exceptionnelle. <BR>
Cela dit, se gare en double fil, c'est mal. Très mal.


Pourquoi l'économie dans la vertu ?

Cela dit, on pourrait poser la question inverse, pourquoi la vertu dans l'économie, mais je vais essayer d'englober les réponses aux deux questions.

La logique du bloc occidental capitaliste
Les USA ont gagné, la Guerre Froide. Nous sommes de pleins pieds, pour le meilleur et pour le pire, dans une société de loisir et de consommation, où ceux qui gagnent le plus sont heureux, les autres malheureux. Donc, pour être heureux, il faut être riche. Smith aurai dit : "C'est évident, voyons, il faut investir un capital, poursuivre ses propres intérêts, et on agira alors naturellement pour le bien de la société. ", mais en s'enrichissant sur ses employés, on crée des malheureux, et tout individu un tant soit peu sensible ne peut pas être heureux de faire des malheureux. Marx aurait dit : "Quel horreur ! Vite, répartissons les biens, sans classes et tous à la dèche, nous serons égaux et heureux", mais si on est tous à la dèche, personne n'est heureux, et si celui qui travaille plus est rémunéré autant que celui qui travaille moins, celui qui travaille plus tendra naturellement a travailler moins, et le client ne sera que très rarement satisfait. Keynes dira "Dépenser, vous relancerez la machine économie et tout le monde y trouvera son compte", mais une fois qu'on a dépensé, on a plus, et si l'on dépense dès qu'on a, les frais importants (voiture, logement,...) ne sont pas satisfait; de plus l'Etat s'endette et la dette est rarement remboursée (cf. Paris et Berlin qui entretiennent une discussion très chaleureuse sur la question du déficit avec Bruxelles).

La solution : le mixing des théories précédentes
Facile : et si on essayait pas tout connement de ne pas trop se faire d'illusions sur les religions, de ne pas s'arrêter à des principes moraux desquels on ne déroge pas, et que l'on cherchait à entreprendre sans toutefois exploiter ce avec qui on travaille, et que l'on dépensait ce que l'on y gagne ? Bref, Et si on restait humain ?
Mais, me direz-vous, et vous aurez raison de demander, vous prôner en gros la limitation des lois et leur inconstance, ainsi qu'un libéralisme sans la toute puissance patronale, ou un socialisme sans la domination des employés; c'est l'anarchie !
Primo : oublions les idées reçus : l'anarchie est une idée comme une autre, elle n'est pas forcément mauvaise, ni bonne, à vrai dire, mais il faut la respecter. Secundo : Ce n'est pas l'anarchie, c'est le règne de la tolérance dans l'application des lois, de l'humanité dans la justice. Et Tertio, je ne prône ni le capitalisme, ni le socialisme; ce que je propose, c'est l'opposé de la lutte des classes : c'est l'alliance des classes, l'employé qui se lève heureux de participer à l'économie mondiale et d'avoir son rôle à jouer, de se dire que ce qu'il va créer sera revendu et participera à l'économie, sera côté dans une bourse et influera sur le moral des investisseurs du monde entier, ou qu'il s'en va remplir sa journée à illuminer celle de ses clients en leur prodiguant des services d'une qualité exceptionnelle, et d'un standing sans précédent, et le patron qui se lève chaque jour en se disant qu'il a bien fait de recruter untel ou unetelle parce qu'elle aime le job qu'elle fait, qu'elle fournit un travail de grande qualité, et que par conséquent elle aura un salaire en conséquence.


Conclusion

La question de la vertu dans le monde moderne n'a pas encore de réponse. Et pour cause, le mal de Marx est fait : l'ouvrier se sent opposé au patron. C'était peut être vrai en 1848, à l'époque du Manifeste du parti communiste dont je recommande chaudement une lecture critique, mais la situation n'est plus la même. Le luxe n'est plus autant recherché qu'au XIXe, et les patrons ne cherchent plus à s'enrichir, puisque comme l'a démontré Keynes, une accumulation de conduirait à la crise et à la ruine. Chaque nouvelle mesure patronale ou gouvernementale est soulignée par une grève et des manifestations plutôt que par un dialogue, méthode souvent utilisée par Platon. D'où la nécessité d'un retour au dialogue.
De plus, les réglementations sur les licenciements, les entreprises et les (sur-) surtaxassions des entreprises, naissantes ou ancienne, conduisent à l'écrasement de la volonté d'entreprendre dans la jeunesse Française; avouons-le, personne n'a le droit de nous juger : nous ne pensons qu'au prochaines vacances et à l'âge de la retraite. Si les réglementations reculaient, les entreprises fleuriraient, relançant l'emploi, au salaire certes limité au début, puis qui ne manquerait pas de grimper. Il faut baisser les taux d'intérêt encore plus bas pour favoriser l'investissement, baisser le niveau du SMIC, l'employé est assez grand pour décider ou non d'accepter un job sous-payé, la floraison des entreprises lui laissant le choix entre d'autres alternatives, qui grandiront très vite, limiter la participation de l'Etat dans certaines entreprises mais principalement autoriser la concurrence, et interdire les trusts, encore une fois pour permettre une concurrence, ce qui au bout du compte est favorable pour le client qui trouve pléthore de choix, mais fixé des planchers au-dessous desquels les prix ne peuvent descendre, de peur de tomber dans la déflation. <BR>
La vertu, dans la société moderne, c'est d'agir pour être heureux, et sans obéir à des règles strictes allant contre soi-même, donc c'est oeuvrer pour le bien de tous et de soi-même, ce qui va de paire. La vertu, dans notre société, c'est le travail et l'entreprise de ce que l'on a envie de faire, pour soi, et pour les autres.
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (5)
Re: Critique du concept moderne de vertu
Posté par jackleventreur le 20/08/2004 07:55:14
4 eme ligne de ta conclusion, tu as oublié un mot ---> comme l'a démontré.........une acumulation de CAPITAL (K) .................. je crois non ? enfin ta oublié capital selon moi ! léger défo que tout le monde ora corrigé
excellent article surtout du pt de vue fi .
continu
un article qu'on aimerait voir plus souvent sur france-jeunes
j'esper que tu l'a posté sur des sites un peu plus...mieux fréquenté dirai je pour qu'une véritable critique puisse aparaitre.
Re: Critique du concept moderne de vertu
Posté par ikki le 20/08/2004 07:55:14
Ton article vaut vraiment le coup (ai mis excellent), tu m'a surpris en introduisant par l'économie et comme cyrilia j'aime bien ta conclusion, continu..........
Re: Critique du concept moderne de vertu
Posté par chandlermbiing le 20/08/2004 07:55:14
c'est bien, qu'à ton âge tu te poses déja des questions sur la société... par contre tu t'attaque à gros avec le concept de vertu!
enfin, même si je suis pas d'accord avec toi, je te donne la bonne note que tu mérite
Re: Critique du concept moderne de vertu
Posté par lady.m le 20/08/2004 07:55:14
merci pour cet article avec une vraie démarche de réflexion! complet, clair et réaliste, j'ai beaucoup aimé !
Re: Critique du concept moderne de vertu
Posté par cyrilya le 20/08/2004 07:55:14
Ton article est très bien fait
ta conclusion est magnifique
bref j'adore !!
j'ai mis excellent ....
bisous ...
Cyrilya
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (5)
Publié le 04 février 2004
Modifié le 04 février 2004
Lu 805 fois

. Cet article est un plagiat?
. Imprimable (pdf/html)
Recevoir la lettre d'information :
Connectés :
    0 membres et 56 visiteurs

Blog de France-jeunes, ...OlDesign    CNIL: 752143.     |]  ▲