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Denise James : It's not enough to love

Une chanteuse, des chansons, et au final l'album le plus émouvant de l'année...


Bien longtemps que je n'ai plus écrit de critique d'album pour france jeunes... Bien longtemps que je n'ai pas été aussi agréablement surpris par un disque, en somme !

Denise James est une ancienne choriste française exilée à Detroit, où elle a baigné dans une atmosphère musicale propice à l'éclosion d'un talent hors du commun. Car Denise James, c'est avant tout une extraordinaire auteur-compositeur.

Fan de la Françoise Hardy pop des années 1960 dont elle cultive dans un certain sens le look, elle mêle des influences diverses dans son deuxième album qui vient de sortir (le premier éponyme, datant de 2001), allant de la pop anglaise des années 1960 au psychédélisme, le tout parsemé d'une petite touche de country qui ne dénature pas l'ensemble, bien au contraire.

Bref, l'ensemble de l'album évoque d'emblée un genre qui a une fâcheuse tendance à sombrer dans l'oubli aujourd'hui : les chanteuses à texte.

L'album sonne comme s'il avait été enregistré dans un studio américain au début des années 1960, comme s'il avait été produit par Phil Spector par exemple. Les arrangements des chansons (bien sûr toutes signées Denise James) sont tout simplement magnifiques. Les guitares sont noyées dans un flot de réverbération qui leur donne un son planant, et la voix de Denise survole le tout, drapée dans la soie d'un écho typique des disques des années... 1960...

On pourrait presque décrire l'album comme un album conceptuel. L'album comporte dix titres, dont un instrumental qui évoque aussi bien le thème musical de Pulp Fiction qu'un standard des Shadows pour son côté répétitif entrecoupé de petits espaces. Les neufs chansons restantes parlent toutes du côté égoïste de l'amour, des échecs, des déceptions auxquelles on s'expose quand on tombe amoureux, avec une bonne touche de cynisme dans tout ça.

Denise possède un réel talent d'écriture, on lui doit ainsi des vers sublimes, notamment sur "Come Home To Me", chanson belle à pleurer, qui tourne autour de deux accords joués en boucle agrémentés d'harmonies vocales proches de certains titres des Byrds de la grande époque : "I'll give you what you want / But it's far from what you need / Thank you for being around / My love won't bring you down / Come on home to me. "

Grâce aux arrangements brillants de l'album, qui mettent réellement en valeur des compositions douces, mielleuses, on en parvient facilement à oublier le côté triste de certains titres (Love has got me crying again, Don't let her go this time, Absolutely sad...) pour succomber à des mélodies indispensables.

Oui je sais : il y aura toujours des bouffons pour dire que tout ça n'apporte rien d'original, rien de nouveau, que pourquoi copier une époque qui est révolue depuis longtemps... Denise James est au dessus d'eux. Au dessus de cette époque. Intemporelle... Comme l'amour et ses peines... Et ses chansons sont bien meilleures que celles que les apprentis chanteur s'évertuent à massacrer depuis quelques années déjà. Et je vais écouter son premier album, tiens.

Denise James, It's not enough to love, Rainbow Quartz - Attention, difficile à trouver ou alors en import chez les bons disquaires - A écouter les yeux fermés...
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Re: Denise James : It's not enough to love
Posté par désirée_de_somnambulie le 01/12/2004 21:42:10
Je ne connais pas du tout l'artiste, mais ton article est très bon. Bravo
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Publié le 01 décembre 2004
Modifié le 24 septembre 2004
Lu 622 fois

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