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Deux L pour voler, deux L pour s'aimer

Deux L pour voler Deux L pour s'aimer... une histoire d'amour très belle... Lisez-la sans attendre !


_ Qu'est-ce que l'amour, Maman ?
Je me souviens. Tu avais dix ans lorsque tu avais posé cette question pour la première fois. Ta maman était gênée. Elle ne savait pas quoi répondre. Devait-elle te tenir une conversation d'adulte, malgré ton jeune âge, et te montrer les joies et les peines que l'amour peut provoquer ? Ou devait-elle te laisser rêver en paix à toutes ces merveilleuses choses auxquelles tu pensais et qui définissaient si bien ton idéal ? Elle opta pour la seconde solution et répondit :
_ Tu es bien trop jeune pour comprendre, ma chérie. Quand tu seras un peu plus âgée, je t'expliquerais tout ce que tu dois savoir.
Comme tu étais une enfant très obéissante et que tu aimais faire plaisir à ta maman, tu n'insistas pas. Tu tins ta promesse, persuadée qu'elle tiendrait la sienne. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Un an plus tard, elle mourut des suites de sa trop longue maladie. Tu n'en savais rien. On ne t'en avait rien dit, parce que tu n'avais que onze ans. Tu avais pleuré pendant des jours et des nuits entières. Rien ne semblait pouvoir effacer ton immense chagrin qui s'était emparé de toi. "Tu m'avais promis, Maman... " Ce furent les dernières paroles que tu lui adressas, au chevet de sa pierre tombale. Tu n'y revins plus jamais. Tu n'avais pas le cœur à ça. On pouvait le comprendre...


Les années passèrent et tu devins une belle jeune fille. Ton visage s'est allongé, tes cheveux ont poussé... Personne n'aurait pu deviner que sous ton charmant visage se cachait la pire perte qu'un enfant puisse éprouver : celle de sa mère... Tu n'avais jamais évoqué cela avec personne. Tu ne pouvais pas. Tu participais à contrecoeur aux discussions concernant les parents. Tu aurais aimé pouvoir hurler qu'ils avaient tous la chance d'avoir une mère. Mais tu ne le faisais pas. Tu ne voulais pas que tout le monde sache que ta mère était morte. Tu préférais la solitude, rêvant à cette question à laquelle tu aurais tant voulu avoir une réponse. Tu n'étais encore jamais tombée amoureuse. Lorsque tu arrivas en seconde, tu le remarquais. Tu n'y avais pas encore pris garde jusqu'à présent. Mais maintenant qu'il était dans ta classe, tu te demandais souvent pourquoi tu n'avais jamais remarqué à quel point il était beau. Tu aimais tout chez lui. Ses cheveux, sa démarche, son style de vêtements... Ce qui t'a le plus marqué fut évidemment ses yeux. Tu espérais qu'il te regarde. Cependant, durant un an, tu vécus dans son ombre... Durant un an, tu compris que l'amour n'était que peines et souffrances. Tu ignorais encore que l'amour pouvait aussi apporter du bonheur à n'importe quel être humain. Cela, tu ne le savais pas encore. Comment aurais-tu pu le savoir, alors que tu n'avais jamais vraiment aimé quelqu'un depuis 4 ans ? Chaque jour qui passait était une souffrance dans ton cœur. Tu aurais aimé avoir le courage de certains, afin de pouvoir clamer au monde entier que tu l'aimais. Mais tu ne l'avais pas. Et tes espoirs s'effondraient. Tu essayas maintes et maintes fois de l'oublier. Rien n'y faisait. Tes souvenirs refaisaient surface. Tu ne pensais à lui qu'une seule fois par jour. Mais cette pensée durait 24 heures... Vivre, aimer, souffrir, mourir... Ces quatre mots semblaient liés d'une manière inexplicable. Cela définissait de façon logique ce que tu ressentais en ce moment-là. Tu vivais pour lui, tu l'aimais, tu souffrais par sa faute et tu aurais été capable de mourir pour lui, tellement l'amour qui t'étreignait était fort... Les jours suivirent et ton amour grandissait. Il était différent. La seule personne que tu avais aimé avec autant d'amour que tu en portais à lui – Lucas – était ta mère. Malheureusement, elle était morte. Peut-être que le fait que tu n'aies plus d'amour à porter à quelqu'un t'avait donné envie d'aimer quelqu'un d'autre avec la même force, avec le même amour ? Tu ne le savais pas. Tu le ne saurais sans doute jamais. Tu savais que tu l'aimais. Tu ne cherchais pas à approfondir le pourquoi de tes sentiments. Tu espérais secrètement la réciproque de tes sentiments...


Il pleuvait ce jour-là. Tu t'en souviendrais toute ta vie. Tu te promenais dans le couloir, errant par-ci et par-là sans rien dire. Tu venais de te souvenir que ta mère était morte depuis maintenant 5 ans. Tu ne l'avais pas oublié. Mais en cet instant, ce souvenir te frappait plus que jamais. 5 ans. Jusqu'à présent, tu n'aurais jamais imaginé que le temps puisse passer si vite. Tu marchais lentement, te remémorant les rares moments que tu avais pu passer avec ta mère. En arrivant dans le hall du lycée, tu vis Lucas. Cela suffisait à réchauffer ton cœur et, tu devais bien l'admettre, en ce moment, tu en avais bien besoin... Seulement, dans les jours à venir, tu aurais tout donné pour ne pas t'être retrouvé dans le hall à ce moment. Il était là, enlaçant une jeune fille. Tu le fixas pendant un instant, te demandant ce que tu devais faire. Lorsqu'il te vit, tu t'enfuis en courant. Tu ignoras les larmes qui te montaient aux yeux. Tu n'y prêtas pas garde. Seul importait à tes yeux le fait que ton unique amour s'envolait... Tu ouvris à la volée la porte qui menait à la cour du bâtiment C. Il pleuvait toujours autant. Soudain, à travers le son de la pluie, tu entendis : "Attends-moi ! ". Tu ne te retournas pas. Tu continuas de courir. Tu sentis quelqu'un t'agripper par le bras. Ce quelqu'un t'obligea à faire demi tour et à lui faire face. Tu reconnus Lucas. Ton cœur ne fit qu'un bond dans ta poitrine. Tu le fixas intensément. Sa main tenait toujours ton bras. Intérieurement, tu savourais le doux contact de sa peau sur la tienne. Vous vous fixâtes droit dans les yeux. Tu te noyas dans la douce lumière de ses yeux. Le temps n'avait pas sa place en ce moment. Doucement, tu te mis à pleurer. Le souvenir de cette fille dans ses bras était encore bien trop vivace. Si tu veux me dire que tu ne m'aimes pas, dis-le moi sous la pluie, afin de ne pas voir mes larmes couler... Tu avais tant de fois répété cette phrase dans ta tête. Tu t'étais même entraînée devant un miroir. Mais devant Lucas, tu n'arrivais plus à proférer le moindre mot. Finalement, tu n'eus pas besoin de le faire. Sa main retenait toujours ton bras, comme s'il refusait de s'en séparer, comme s'il n'existait que cela pour t'empêcher de t'enfuir. Mais tu ne le voulais pas. Rester là, devant lui te suffisait.
_ Tu pleures ?
Tu ne lui demandas même pas comment il le savait. Tu ne cherchas même pas à esquiver la question. Plutôt que de lui mentir, tu préférais répondre à sa question.
_ Oui...
_ Pourquoi ?
Tu ne voulais pas qu'il le sache. Tu refusais l'éventualité qu'un jour, il puisse connaître la nature des sentiments que tu lui portais. Et que tu lui portes toujours aujourd'hui. Tu essayas d'éviter sa question. Tu ignorais comment faire. Tu baissas les yeux. Il posa sa main gauche sur ton menton et le releva vers lui. Vos yeux se retrouvèrent. Tes yeux furent submergés par la chaleur des yeux gris de Lucas.
_ Pourquoi ?
Sa question te revenait sans cesse en mémoire. Tu te souvins des paroles de ta mère. Lucie... Ma chérie... Ne mens jamais à quiconque. La vérité vaut mieux que cet infâme sentiment... Tu ne voudrais tout de même pas vivre dans le remord, sachant que l'être à qui tu as menti se forge des idées à partir de ce que tu lui aurais dit ? Elle avait raison. Pourquoi lui mentir ? Il connaîtrait enfin tes sentiments. Mais la peur d'être repoussée rendait la tâche plus difficile.
"Je t'aime... Je voudrais tant pouvoir te le dire... "
_ Pourquoi ?
'Ne mens jamais à quiconque... Tu le savais. Et malgré tout, tu avais peur de sa réaction. Ne mens jamais...
_ Parce que... Parce que je t'aime...
Lorsque tu lâchas enfin ces mots, ce fut comme si d'un coup, la lumière revenait te délivrer des ténèbres qui t'envahissaient. Si tu avais pu hurler ta victoire, ç'aurait été le plus beau son qu'un humain puisse proférer. Celui de la délivrance. Tes yeux se tournèrent vers le sol. Il lâcha ton menton et se mit à caresser ta joue. Tu fermas les yeux, savourant le doux contact de sa peau contre ta joue, malgré la pluie qui ne cessait de tomber. Tu relevas doucement tes yeux baignés de larmes vers lui.
_ Oui... Je t'aime depuis ce jour... Depuis une année. C'était une année entière de souffrance... Jamais je n'ai pu atténuer la douleur qui me transperçait. Peut-être n'en avais-je pas le courage...
Il te serra contre lui en murmurant : "Lucie... ". La façon dont il prononça ton prénom te fit chaud au cœur. Lorsqu'il desserra votre étreinte, il t'embrassa. Cela te surprit, car tu ne t'attendais pas à ce geste de sa part.
_ Lucie...
La pluie continua de tomber tout comme il continua de t'embrasser. Tu ignorais combien de temps vous étiez restés là, sous la pluie, mais tu t'en fichais. Rien n'aurait pu briser la magie de cet instant... Sauf peut-être...
_ Désolé... Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a prit...
Tu regardas Lucas. Tu ne pouvais pas croire ce qu'il venait de dire. Il venait à l'instant même de gâcher le moment qui comptait le plus à tes yeux. Tes yeux se remirent à pleurer. La pluie s'étant arrêtée de couler au moment où il t'embrassait, Lucas pouvait distinctement voir les larmes qui dévalaient le long de tes joues.
_ Lucie...
Tu le giflas avec une telle violence que la marque de ta main resta ancrée sur sa joue. Il posa sa main sur sa joue. Tu pu lire clairement la peine dans ses yeux. Un instant, tu regrettas ton geste. Mais le souvenir de ses paroles était bien trop cuisant. Tu le regardas un instant, pleurant toujours. Il fit un pas en arrière, se retourna et partit. Tu murmuras : "Lucas... ". Tu venais de le perdre à l'instant même où tu pensais l'avoir trouvé...


Les jours se succédèrent, ainsi que les semaines, et les mois. Une année entière s'écoula. Tu n'avais toujours pas pardonné Lucas, malgré ses efforts pour s'excuser. Lorsque tu trouvas des roses dans ta chambre avec une carte sur laquelle était écrit "Excuse-moi", tu fis glisser le bouquet dans la poubelle. Lorsque tu retournas dans ta chambre et que tu vis ces magnifiques roses qui n'avaient toujours pas fané, tu regrettas de les avoir jetées. Tu sortis une seule rose et la garda dans ta chambre. Une semaine après, la rose ne s'était toujours pas fanée. Sans doute est-ce à ce moment-là que tu compris que tu avais un peu d'espoir ? Cependant, il était trop tard... Lucas n'était plus jamais venu en cours... Tu appris qu'il avait déménagé. Tu étais pleine de remords, mais il était trop tard... La fin de ton année de terminale s'écoula comme celle de première : la fierté d'obtenir de bonnes notes, la joie d'être avec tes amies, mais il y avait toujours la tristesse d'avoir perdu ta mère et le regret de n'avoir jamais pardonné Lucas. Tu ne l'as jamais oublié. Pas même lorsque tu quittas le lycée – avec tristesse – pour l'université. Lorsque tu dormais, tu revivais toujours ce moment où, lui ayant annoncé tes sentiments, il te prenait dans ses bras en murmurant "Lucie... Lucas... Lucie... Lucas... " Deux L... Tout comme il faut deux ailes pour voler, il faut deux personnes pour s'aimer... Lorsque la pluie tombait, tu ne pouvais t'empêcher d'être nostalgique... Et tu te racontais toute seule : "C'était un jour de pluie, comme celui-ci... Je n'ai jamais oublié... Je n'oublierais sans doute jamais... Lucas... Lucie... " Deux L... Pour voler... Pour s'aimer...


Debout sur la falaise, tu regardes la mer en face de toi. Tu portes une longue robe blanche. Tes longs cheveux volent au vent. Tu te souviens qu'un jour, tes parents t'avaient emmené à la plage. C'est l'un de tes plus beaux souvenirs d'enfance. Sans que tu n'y prennes garde, la pluie se met à tomber. Tu t'en fiches. Tes vêtements sont bientôt trempés, tes cheveux se plaquent contre ton cou. Tu ne fais que regarder au loin. Tu n'as rien d'autre à faire, et tu ne cherches pas une autre occupation. Regarder la mer te suffit.
_ Je n'ai jamais pu regarder la pluie comme avant depuis ce jour...
Tu te retournes immédiatement. C'est lui. Il est là. Il n'a pas changé. Il a grandit, mûrit, mais c'est toujours lui... Aussi bien pour ton plus grand bonheur, que pour ton plus grand malheur... De nombreux souvenirs refont surface en toi. Tu fermes les yeux. Lorsque tu les rouvres, tu le vois sourire. Son sourire s'imprègne aussitôt dans ta mémoire. Et il te gagne. Tu souris également. Il s'approche de toi.
_ Je me rappelle qu'un jour, j'ai embrassé une fille sous la pluie. C'était une journée comme celle-ci. Il pleuvait à verse. Cette fille était si belle... Je n'ai jamais oublié...
Tu le regardes. Il s'en souvient ! Rien n'aurait pu te faire plus plaisir... Les sons ne parviennent pas à sortir de ta gorge. Tu es bien trop émue pour dire quoi que ce soit. Peut-être n'as-tu pas envie de dire quelque chose ? Tu n'en sais rien. Il s'avance de nouveau vers toi. Ton cœur bat la chamade. Il lève la main vers ta joue sans la toucher. Il n'ose pas. Il baisse la tête et murmure :
_ C'était mon souhait...
Malgré la pluie qui tombe, tu distingues les larmes qui coulent sur ses joues. Tu souris, lève la main, la pose sur la sienne, et les attire toutes les deux sur ta joue. Et, doucement, tu lui réponds :
_ C'était le mien aussi...
Il relève la tête et te regarde. Ton sourire semble le réchauffer quelque peu. Il pose son autre main derrière ta nuque et t'attire à lui. Et, avec une infinie douceur, il pose ses lèvres sur les tiennes et t'embrasse, comme il l'avait fait sept ans auparavant... La pluie se calme. Le soleil descend plus bas dans le ciel. Des volutes de nuages colorent le ciel dans diverses teintes. Du orange au rose. Lorsque le ciel rejoint la mer, il disparaît dans un dernier rayon vert... Et moi qui suis ta conscience, je souris de te voir enfin heureuse... Deux ailes... Deux L... Pour voler... Pour s'aimer...
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Re: Deux L pour voler, deux L pour s'aimer
Posté par take-my-life le 14/11/2007 15:46:38
** quand je lisais ce magnifique texte==>> je plerais (lol) parce que ç'est très touchant ""bravo"" *_*
Re: Deux L pour voler, deux L pour s'aimer
Posté par miminette le 31/10/2007 18:37:08
Bravo pour ce texte magnifique, très touchant, malgrès qu'il soit triste il garde tout son charme.
Re: Deux L pour voler, deux L pour s'aimer
Posté par snoopy68 le 17/10/2007 19:34:51
Je trouve ce texte tres beau est tres poetique,il fait rever,tout en restant dans la realiter,:),cependant,il est quand meme un peu triste.Mais je trouve qu'il est super :)
Re: Deux L pour voler, deux L pour s'aimer
Posté par karalium le 07/10/2007 18:09:09
très belle histoire... très à l'eau de rose, mais ni trop ni trop peu... un très bon équilibre qui permet le rêve, sans pour autant tomber dans le..humm.. "bisounours" ou "gnangnan" :)

l'histoire est vraiment très bien écrite... et la description des sentiments vraiment précise...

le passage de la falaise est vraiment idéaliste, mais si agréable !

c'est un cadre vraiment romantique (notamment avec la pluie, et bien sûr la robe blanche trempée et les long cheveux)... qui nous fait, du moins moi, réver... et espérer...

merci pour ce texte, et bravo !
Re: Deux L pour voler, deux L pour s'aimer
Posté par jacquesv le 25/09/2007 23:28:20
bien écrit!!
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L'auteur : Frey Wilhazem
27 ans, Lille (France).
Publié le 19 septembre 2007
Modifié le 18 septembre 2007
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