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Division

Un, deux, trois, quatre, cinq,...


Rodolfe Satyr


An 2039

Ce temps de misère est le fruit d'une poignée d'homme que j'hais comme rien au monde. Ces chacals ont pourris notre terre jusqu'à nos cerveaux. Jamais je ne raterais l'occasion de les aneantir si l'opportunité se presentait. Aujourd'hui la répression est poussée à l'extrême, le chimique a chassé le naturel et vivre n'est plus qu'un combat de tous les jours, même la Terre nous donne le sentiment d'être indésirable.

Rodolfe est mon nom, lèvre fine, piercings, 1. 75, boule à zéro, orphelin depuis que le SRAS modifié a tué mes parents, je suis un "teuffer" à en entendre les classifications de la société. Je squatte depuis mon enfance dans un appart insalubre où les rats y sont maîtres. Dans une ville qui fut merveilleuse avant les bouleversements climatiques et psychés liés à l'entêtement ainsi qu'aux guerres des nations dites "avancées".

Bouleversement psychés pourquoi ?? Je le sens, le vois, prendre des psykotropes m'a toujours réussi, ils aident ma perception à capter l'imperceptible. Seulement, depuis quelques jours mon cerveau m'assaille de questions que je croyais maîtriser, ma résistance aux malaises liés aux psykotropes s'estompe, Je bad de plus en plus, pourtant je ne peux rien arrêter, la machine est en marche, la dépendance m'oblige à reprendre encore et encore ma drogue qui par le mal qu'elle me procure me réchauffe du poids de la dépendance non assouvie. Chaque jour, je m'enfonce un peu plus dans des théories existencielles dont les conclusions m'écrasent les defenses mentales me faisant sombrer pas à pas.

Mon univers est l'underground, le SpeedCore, l'AcidCore, la drogue, les Chepers et... Ma tête. Le bien est partout mais au moment même où ton cerveau le rejete, le mal t'explose a la gueule tel une putain de bombe d'antimatière, nada, nothing, que dalle... tu vois plus que sa.

Alors...

J'en peux plus, tout m'ecoeure, rien ne me retient, les gens sont laids, la terre est gangrenée, aujourd'hui j'ai souri à mes potes une derniere fois... Arrête de te parler dans ta tête Ro put ! vas-y c'est tout. Putain il est froid ce flingue, surtout moi qui ai les dents sensibles !!! J'éprouve le désir morbide de m'observer pendant ma tache. Mais rien n'est plus sûr que tout est fini maintenant ! Bam !!!!

Flash ! Où suis je ? Putain je suis mort... trop fort, il y a quelque chose, je dicerne mal, mes yeux s'accoutume à la lumiere... Mon appart, mes meubles, mon bordel,...
Mais, mais moi ainsi par terre, allongé, face contre terre... putain, je me suis pas loupé il y a... pas de sang. Je comprends rien mais Keskicepass !? Je sens mon coeur s'accélèrer par le rythme mécanique du speedcore émis par la chaine, ais-je toujours mes organes ? Je comprends rien ! Mais bien sur, comment essayer de comprendre la mort. Sur quel base la comprendre ? Elle ce doit d'être incompréhensible, mystèrieuse. L'évidence de l'explication aurait pu être là cependant, mon corps bouge, non pas mon corps enfin l'autre enfin... argggggg que ce passe-t'il !!!! pourquoi je me relève là-bas pourquoi ? C'est moi ? Pas mort ? pourtant je suis ici... et non là. Il est moi, je suis lui, enfin nan nous sommes un mais arg je ne comprends pu rien.

Je rage, l'enculé de dealer m'a assuré que le flingue fonctionnait, mon suicide a echoué ahahahahha ha ah, putain je vais lui rentre une visite à ce dingue, j'vais l'exploser... L'envie d'une goutte de mekaline humm, la mescaline, essence de cactus, clef de l'inconscient, clef de la lucidité, de l'observation. Je la sent agripper mon cerveau pour m'en révèler les secrets.

Il ramasse le flingue, ce tape des gouttes de mesc kescekicepass !! Je suis totalement perdu, je me vois evoluer dans la realité. Je pensais m'être suicidé, avoir mis fin à ma souffrance perpétuelle. Et me voilà en nouveau moi, spectral, sans réelle substance, regardant le modèle original vivant !
Tout ça est absurde, pourtant j'ai pris mon dernier trip il y a deux jours, impossible d'avoir de telles remontées. On a dû me droguer pendant mon sommeil... j'n'ai pas dormi, insomnie.

Ce sale dealer m'a arnaqué, le flingue était enraillé. J'aurais pu en finir une fois pour toutes. Putain je suis perdu, je ne sais pas quoi faire. Je ne suis qu'un sans but... Putain Ro ! Questions récurrantes autrefois maitrisé, mais n'importe quoi !! je suis sans but. Sans subtance. Rien

Je n'ai pu k'à le suivre, peut être trouverais-je des réponses à mes interrogeations.
Tiens je me dirige chez Ger, biensûr c'est lui qui a vendu le gun arggggggg. Mon moi s'arrête devant la maison, l'érosion sur les murs laisse deviner une falaise fouettée par le vent depuis des millènaires. Les pluies acides ont grignoté le toit tandis que les jeunes, eux, ont participé au projet "destruction" à coup de jet de pierre dans les vitres.
Mon malaise devient de plus en plus opressant, seul un mot tonne dans mon crane... un, un, un. Je regarde l'activité, mon moi pénètre dans la maison, les gens passent sans me voir, sans me sentir, je ne suis plus avec eux, j'observe cette civilisation pitoyable où l'autodestruction alimente le coeur de l'humanité, où la folie collective se tapit encore, dans l'ombre, prête à emprisonner une fois pour toute le corps humain. Où les émanations gazeuses sortant des bas fonds empoisonnent l'enfants qui proméne son chien, le chien qui proméne l'enfant. Quelle désolation, Je peux palper les obsessions gravitantes autour des vivants, leurs esprits sont malades pas un y réchappe.

Le temps passe, mon moi n'est toujours pas sorti, détonnation, éclair déchirant la pénombre, flash, question.

Tu es moi ? Koa on me voit ??? Je suis donc pas réellement mort. He tu es moi ?!. Je me retourne doucement, Moi est derriere moi ! La porte de la maison s'ouvre doucement, Moi blessé ressort de ce sanctuaire. Il s'effondre. Un gosse le vois, appel du secours. Mais le 3 ème Moi est la derrière, doucement j'esquisse un regard, J'ai l'air mal très mal. D'un blafard digne des plus vieux protagonistes de films vampiriques. Je ne comprend pas pourquoi en mourrant je me retrouve ici devant un autre moi tout en observant le moi réel qui ne devrait plus être.

Je suis mon moi principal, chaque jour nous sommes plus nombreux, mon moi ne meurt jamais malgrés toutes ces tentatives de suicides mais de lui les autres naissent. Hier, si ma notion du temps n'est pas trop déformée, avec les nombreux moi engendré au fil de ma vie, nous avons assisté au dernier souffle du moi réelle. Moi est donc mort, de vieillesse, nous, nous sommes toujours présents, pourtant nous attendions le dernier Moi avec espoir de rédemption ou d'élèvation. Seulement les moi n'ont pu constater qu'avec écoeurement, sanglots et incompréhension le fait que le dernier moi n'était que moi une fois de plus.

L'errance est donc mon but.

Cette histoire est transmise par le cauchemar.

Témoignage de Rodolfe Satyr (Omniprésent)

Retranscrit par le patient N° 02345
Année 2073
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Re: Division
Posté par countrash le 20/08/2004 07:52:25
ckler très bien écri!! et bonne idée!!
Re: Division
Posté par elodelu le 20/08/2004 07:52:25
perturbé, l'auteur, mais bon écrivain...
Re: Division
Posté par princess kkwet le 20/08/2004 07:52:25
j'aime bien le style, original, pas mal du tout !
Re: Division
Posté par tribalbang le 20/08/2004 07:52:25
NIark
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Publié le 19 septembre 2003
Modifié le 19 septembre 2003
Lu 737 fois

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