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Dolls, les poupées Kitano

Si comme moi vous aviez une fiche filmique à faire sur Dolls, si vous n'avez pas compris le "pourquoi" du film ou bien encore si vous comptez aller le voir mais vous avez des appréhensions alors cet article est fait pour vous !


Synopsis :

Ce film met en scène Trois histoires d'amour tragiques.
Celle de Matsumoto et Sawako, qui avaient pour projet de se marier, mais sous la pression sociale, Matsumoto doit la quitter. Desespérée, Sawako tente de se suicider. Elle échoue mais demeure à présent muette, fortement troublée psychologiquement et totalement enfermée dans son monde interieur. Matsumoto la récupère alors et entreprend avec elle un voyage sans itineraire vers la guérison.
Celle de Hiro, qui du dans sa jeunesse quitter sa petite amie pour partir chercher du travail. Cette dernière lui avait alors fait la promesse de revenir chaque samedi sur le lieu de leur rupture, dans l'attente de son retour.
Aujourd'hui Hiro est quincagénaire et un Yakusa respecté. Il se souvient de cette promesse et décide à tout hasard d'aller vérifier si elle a tenu sa promesse.
Enfin, celle de Nukui, fan inconditionel d'Haruna, jeune idole japonaise, depuis maintenant quatre ans.
Un jour il apprend que celle-ci vient d'être blessée au visage dans un accident de la route et qu'elle ne souhaite se retirer du monde. Nukui bouleversé par cette nouvelle décide de la rencontrer. Mais la vision du visage défiguré de celle qu'il aime lui fait preferer la cécité.

Si ce film parait si particulier, c'est qu'il entraine le spectateur dans un autre monde.
Les trois histoires sont comme trois pilliers du film qui mouvent et se rapprochent les uns des autres sans jamais vraiment se toucher. Elles sont souvent agencées par les "mendiants enchaînés" qui sont comme une sorte de "fil rouge" du film.
Le temps n'est pas une notion respectée ici puisque certains plans plus ou moins rapides nous transportent dans le passé (Flash backs de Hiro), dans le futur (le travelling lent vers la voiture de Matsumoto puis le plan où l'on voit sa voiture dans l'état où lle le sera plus tard) et parfois même dans un présent ou le spectateur devient omniscient (quand Matsumoto vient à l'hopital, avant qu'il n'entre, on voit un plan avec un papillon que Sawako est en train de fixer, on le comprend quand il la rejoint). Ce qui donne l'impression parfois au spectateur des impressions de déjà vécu, et qui l'oblige à reconstituer ce qu'il voit.
Certainnes scènes, comme celle où Haruna est sur la plage et les mendiants enchainnés passent devant elle, passent même successivement deux fois à l'écran.
On peut noter aussi toutes ces accelerations/déccélerations des mouvements labiaux et le décalage des images avec les paroles prononcées qui une fois de plus démontrent une manipulation de temps ambigüe.


Kitano déclare en fait qu'il renonce à faire du éalisme et la reconstructon de temps selon ses désirs coorespond à la reconstruction d'un monde à l'écran.
Dans le même sens vont l'agencement des saisons. Les quatres saisons sont présentes dans ce film et dans l'ordre "ordinaire", cependant la façon dont elles s'enchainent diffère. Je pense par exemple au plan où les "mendiants enchainés" marchent au centre d'un décor automnal, on voit la corde ramasser les feuilles rousses à sont passage, puis le sol devient blanc, immédiatement après on les voit de dos, dans un demi-ensemble enneigé.



D'ordinaire pour marquer que le temps a passé on aurait eu un plan où on aurait assisté à la première neige, ou encore un plan ouù on aurait vu la dernière feuille morte tomber d'un arbre nu.
Ici le temps ne passe pas mais il change, il se transforme. mais la présence des saisons donne lieu cependant à de magnifiques plans coloré qui contrastent avec les gris des précédents films du réalisateur. Et les couleurs flashantes des décors correspondent bien à cette ambiance "naturelle" etimaginaire que voulait creer Kitano.


Le plus intelligent dans ce film reste selon moi le rapport spectateur-écran.
Ce qui ressort de ce film concernant les protagonistes, c'est le refoulement de leurs sentiments.
Ce refoulement correspond à la pression sociale qui pèse sur eux. Ils se taisent et refoulent leurs sentiments tout au long du film et renoncent à leur amour, le seul lien reste cette corde pour M. & S... La rare manifestation de leur sentiments se fait de façon violente, l'éclat en sanglots pour Matsumoto, la violence physique pour Nukui, et le seul plan où l'on voit qu'il se lache et danse de façon déchainée dans sa chambre. Quand Sawoko essaie, elle, à l'hopital de se débattre, on voit qu'elle est retenue par deux infirmières (qui font penser aux marionnettistes Bunkaru à cagoule), et ses deux parents la regardent immobile (marionnettiste à tête nue qui n'exprime aucune émotion). Ses gestes sont contrôlés.
Je n'ai pas encore parlé des poupées de Bunraku. Elles apparaissent en introduction du film pour annoncer au spectateur, que s'il veut apprecier la séance, il devra se plier à certaines règles rigoureuses du film. Comme pour le Bunraku et la présence gênante (à mon gout) des trois marionnettistes à cagoule et tête nue, il faut s'y accomoder.
On remarque que quand les protagonistes s'ouvrent et répondent à leurs sentiments ils sont immédiatement punis par une sorte de destin, quand Sawako se souvient enfin, elle et Matsumoto sont surpris et doivent s'enfuire, c'est là qu'ils meurent. C'est la même chose pour Hiro et Nukui.

Quand ils meurent c'est en outre le seul moment où l'on voit les poupées de Bunraku sans leurs marionnettistes. Quand ils commencent à faire abstraction du monde qui les entourent pour se consacrer à eux ils meurent.
Ainsi en ce qui concerne le rapport spectateur-écran, on constate que les marionnettes sont manipulées par les marionnettistes, de la même façon que les protagonises par la société et le destin, et pareillement au spectateur par le réalisateur (toutes les convenions liées au temps, au
Bunraku...

Enfin, un point important dans ce film est le jeu d'acteur. Comme précédemment dit, le défi à relever pour les protagonistes, surtout masculins est de rester impassibles, leurs cadres, sociaux, professionnels ne leur donne pas le droit d'exterioriser leurs émotions (je pense surtout au badge d'Haruna que Nukui porte sur son uniforme et que son patron lui interdit).
Mais on comprend neanmoins qu'ils se retiennent c'est pourquoi la manifestation de leur sentiments se fait de façon violente.

Sawako, en la personne de Miho Kanno, joue aussi un rôle ambigüe.
Elle doit paraître tout d'abord innocente. Quand, elle s'est enfermée dans son monde, elle a régressé à l'état mental d'un enfant (quand elle vole un jouet). Ce qui la rend extremement touchante mais aussi inconciante. Ce qui la différencie de son état adulte est aussi la différence qu'elle fait entre la vie et la mort. J'ai noté le contraste choquant que l'on fait entre le plan où l'on voit Sawoko allongée sur son lit des plaquettes de médicament vide sur sa table de nuit et quand elle se jette sous une voiture pour récuperer la bille de son jouet rose avec lequel elle a joué toute la nuit.
En plus de l'innocence d'un enfant, Sawako doit jouer la carte du charme, c'est une femme et elle est conciente de la Mort. C'est à travers des souvenirs de Matsumoto qu'on la retrouve ainsi, heureuse et bienvivante ce qui contraste également avec les plans qui suivent où on voit le couple froid et muet.
Pour moi le défi est gagné on ressent totalement les émotions des protagonistes biens qu'ils n'aient que rarement le droit de les exprimer.
Tous les sentiments des personnages sont enfait résumés sous la forme de trois petits anges que sawako trouve dans sa chambre et qui rappellent les trois singes qui se bouchent les yeux (Nukui et Haruna), la bouche (Matsumoto et Sawako), et les oreilles (Hiro et sa petite amie).

Pour conclure ce film plein de poesie et d'émotions entrainnent le spectateur dans un autre monde où il se sentira obligé de compatir pour chaque personnage, et comprendra leur fin.
C'est un film agréable, et quoi qu'un peu lent, magnifique visuellement.
Si vous n'avez jamais vu de films asiatiques, je vous conseille fortement celui là qui est plutot facile à digerer, par rapport à d'autres. Et même s'il est plutôt fleur bleue, il traite de problèmes profonds et actuels auquels on ne peut s'empecher de se sentire proches.
Personnelement j'ai bien envie de retourner le voir et j'espère que ceci vous aidera à comprendre si vous etes un peu largué.
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Re: Dolls, les poupées Kitano
Posté par caiser-lulu-tomatocosmik le 10/05/2005 00:08:54
quels mensonges?
Re: Dolls, les poupées Kitano
Posté par bessem2012 le 09/05/2005 17:56:14
C'est nul comme article
il faut savoir choisir les mots, et laisse ces mensonges!!!!
Re: Dolls, les poupées Kitano
Posté par caiser-lulu-tomatocosmik le 20/08/2004 07:52:03
oui mais c'est fait exprès ,sinon ça aurait été trop,parfait et j'voulais que ça fasse naturel , pas de photos merci.

comme ça chais pas je miserais sur le ot conscience (faute?)

merci sinon

le souvenir que j'ai de ce film est qu'il était surtout très beau visuellement parlant.
Re: Dolls, les poupées Kitano
Posté par flying mandarine le 20/08/2004 07:52:03
Excellent article, bravo, j'ai appris pas mal de choses sur ce merveilleux film... Certainement le meilleur film symbolique que j'ai pu voir...
Au fait, pas super, de mettre plusieurs fois en gras un mot totalement écorché :) Seul défaut notable...
Re: Dolls, les poupées Kitano
Posté par seta hiroyuki le 20/08/2004 07:52:03
Excellent travail sur "Beat" ! RAS, on voit bien que le film t'a impressioné quelque part. On sera ramené à se voir
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (9)
Publié le 15 mai 2003
Modifié le 15 mai 2003
Lu 1 495 fois

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