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Egypte : l'évolution des techniques

Le fait que la vallée du Nil n'a jamais cessé d'être habitée depuis 8 000 ans rend les fouilles archéologiques délicates, voire impossibles, même partout où des villages actuels s'élèvent sur l'énorme épaisseur de limon accumulée depuis le Néolithique.


Les seuls sites néolithiques fouillés sont situés à la limite du désert et sont postérieurs aux premiers établissements humains que nous risquons fort de ne jamais connaître. Les oasis de Fayoum qui ont été étudiées sont situées dans le désert à 100 km à l'ouest de la vallée du Nil. En 3900, les habitants de Fayoum pratiquaient l'agriculture. Ils conservaient dans de grandes fosses circulaires tapissées d'argile, des graines (orge, blé, sarrasin, lin). Toutefois aucune tombe n'existe sur ces lieux. Trois sites nous renseignent un peu plus sur cette terre égyptienne. A Mérimde, sur la branche occidentale du delta, le début de l'agriculture remonte à 3900. A El omri, en face de Menphis, le cuivre n'existait pas en 330. Un site, Tassa, non daté, semble être très riche. Il est situé en Haute-Egypte sur le bord d'un oued fossile qui rejoint le Nil en face d'Assiout.


Ces sites néolithiques prouvent une vie rurale déjà fort évoluée. Les outils de terre sont remarquablement retouchés et très spécialisés. Les houes, les faucilles et les meules garderont le même type à travers l'Egypte historique. Ces premiers Egyptiens savaient déjà tisser des nattes, fabriquer des paniers, des poteries, des aiguilles en os pour coudre les cuirs ou les tissus des harpons compliqués. Les plus anciennes cultures néolithiques, c'est-à-dire comprenant des outils de cuivre, ont été retrouvées seulement en Haute-Egypte et particulièrement dans un secteur assez limité qui va d'Assiout à Thébès. Depuis -5000, trois civilisations, appelées "Badarien", "Amratien" et "Nagadien", progressivement plus raffinées se sont succédé. A celles-là, ajoutons d'autres pré-dynastiques (ancien, moyen et récent). C'est seulement au pré-dynastique récent (-4000) que les foyers de civilisation du Nord et du Sud ont des contacts manifestes. Auparavant, ils ont évolué séparément. L'antériorité de la civilisation du Nord sur le Sud n'existe guère. La métallurgie a été inventée là où il y a des minerais, c'est-à-dire dans le désert arabique et la presqu'île du Sinai et non dans la région du delta où il n'en existe pas. D'autre part, la précocité de la céramique au Kenya depuis -6000 laisse penser qu'elle a donc été inventée en Afrique et pas en Asie.

Les Badariens du pré-dynastique anciens se sont d'abord intéressés à un sous-produit de la métallurgie du cuivre beaucoup plus qu'au métal lui-même. Lorsque se calcinent des morceaux d'azurite (carbonate de cuivre bleu) ou de malachite (carbonate vert) sur un feu de charbon de bois, on voit se former, sur les pierres du foyer, le fameux émail bleu-vert qui n'a cessé d'être employé dans l'Egypte pharaonique. Les Badariens l'employaient pour recouvrir des perles de stéatites. L'usage du cuivre était limité à de très petits objets obtenus par martèlement, l'outillage courant restera en pierre jusqu'au début des temps historiques. On ne peut donc parler en Egypte d'un âge du cuivre succédant à un âge de la pierre comme en Europe.

En cette grande innovation du cuivre, la civilisation néolithique de Badri ressemble fort à celle de Tassa dont elle est toute proche géographiquement, située comme sur les bords d'un oued du désert arabique qui aboutit au Nil en face d'Assiout. Elle est particulièrement remarquable par la qualité des poteries, unanimement jugées comme les plus belles de l'Egypte préhistorique. Le site d'El Amrah, près d'Abydos, a donné son nom au pré-dynastique moyen ou Amratien, caractérisé par un progrès général de toutes les techniques badariennes, en particulier la sculpture de statuettes en calcaire ou en ivoire et les palettes de shistes décorées qui servaient à broyer les oxydes de plomb et de cuivre nécessaires aux fards. Le pré-dynastique récent est encore appelé "Garzéen" de "Gerzh" près de Fayoum ou "Négada II" (Négéda se trouve au nord de Thébès). C'est dans ce site de Haute-Egypte qu'ont été trouvées les plus belles pièces dans une immense nécropole de plus de 3 000 tombes. L'extension de cette civilisation depuis la Nubie jusqu'au delta constitue un fait capital. Elle s'explique par l'importance de la navigation sur le Nil, attestée par de très nombreuses figurations de bateaux, et prouve que les petites communautés agricoles jusqu'alors très repliées sur elles-mêmes ont senti l'impérieuse nécessité de s'unir pour régulariser le régime du fleuve, à la fois nourricier et dévastateur, par des canaux doublés de digues. Ces travaux exigeaient un chef puissant capable de faire subordonner l'intérêt particulier à l'intérêt commun d'où la formation de proche en proche d'un royaume unifié groupant les différents noms qui honoraient chacun un dieu local dont le monarque était le grand prêtre en même temps qu'il remplissait les fonctions d'administrateur. A la même époque où le perfectionnement des techniques aboutissait à la généralisation de la navigation fluviale, les Mésopotamiens utilisaient des bateaux à carènes droites capables de tenir la mer. Les gravures rupestres de "Ouadi hamamet" situé en "koseir" et le "coude de Thébès" représentent de tels bateaux très différents de ceux à coque cintrée employés sur le Nil. Des envahisseurs venus d'Arabie et de Mésopotamie avaient franchi à une certaine période la mer Rouge et introduit des techniques nouvelles, parmi lesquelles les vases à anse ondulée, le sceau cylindrique et des progrès dans la métallurgie du cuivre qui est à cette époque moulé et permet la fabrication de l'outillage courant. L'effusion de sang asiatique par cette voie maritime a été minime car les côtes de la mer Rouge sont d'abord très difficiles d'accès. Les autres progrès techniques du "Gerzéen" n'ont rien à voir avec l'Asie. La taille du silex atteint à cette époque une véritable perfection, ainsi que la fabrication de vases de pierre dure. L'habitat et le mobilier se perfectionnent. Enfin les huttes circulaires sont remplacées par des maisons rectangulaires avec portes et fenêtres.
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L'auteur : Rachid Yahou
63 ans, Azazga grande-kabylie (Algérie).
Publié le 02 janvier 2009
Modifié le 06 décembre 2008
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