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En danger de futur

Comment doit on respirer ?


Durement ensevelies par des siècles d'ignorance, les choses se sont lentement refermées sur nous nous privant de toute inspiration.

C'était une indécente chute de ville illuminée, fleurie de fumée et de poussière maladive sous la forme de 7 chiens et avec elle l'humanité.
Tachetée de cendres célestes et du vacarme ahurissant des enfants à la chaîne, la vie était scandée au murmure des machines de la terre.
Nous vivions tous imbibés d'une orgie d'images, de jeux de lumière, de toupies carrées à quatre roues et d'avions en papier, qui dans leurs charges héroïque vers le futur défroissent la mer de son souvenir du large et font peur comme l'enfer.

La vie était le prix d'encore plus de progrés.
Toujour plus et pour quoi ?
Pourtant si dure, vouée sans cesse au nouvel ordre decroissant, en changement permanent, en montée et descente infinie,
La vie ressemblait à une course de char propulsée à pas d'homme dans un shaker.
Cet homme là avait creusé l'idée de faire pousser autour de sa tête des forêts de cuivre de tuyau et de ciment.
Il s'habillait de laine d'acier, se parfumait de lait synthétique _ ça faisait peur rien qu'à imaginer _ et aveuglé par l'oubli qui le hantait, il courrait vers des grottes obscures pour s'enchainer a ses rêves.

Au fur et à mesure, l'angoisse le stress et la maladie on commencé à le pourchasser comme une bête sauvage, comme on chasse l'escargot.
Puis une épidémie de virus de tristesse et d'ennui se propagea dans ses propres idées.
Perdu dans les cendres, les vices et les malheurs l'homme était devenu cet animal rare à qui tout est permis mais... Qui ne peut rien.

Esclave de son poison, il remplissait les trous de bitume impropre à la marche à pieds et piège perfectionné pour les ballons des enfants.
Il jete dans les miroirs de fumée qu'il carrossait l'irrésistible regard de l'insecte au soleil, qui brille comme un nombril.

Enfin, las de sa journée en ce monde et sûr d'une irrésistible sûreté de soi,
le regard plongé dans le halo acidulé de pétrole dans une flaque de boue, il fit sonner l'ultime conquête du fond de sa mémoire pour une tonsure finale du globe.

Il ne resta bientot plus rien, plus l'arbre, l'eau la pierre,... Rien. Un monde devenu lisse comme autant de ses idées, ni devant, ni dessus, comme une chose folle roulant à l'infini vers le trou glauque de l'œil de la nuit.

Si toi aussi tu crois que nous allons finir avant d'avoir commencé vote pour ce danger de futur.
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Publié le 19 février 2004
Modifié le 19 février 2004
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