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Fraser, d’or et d’émeraude

La plus grande île sablonneuse du monde. Une silhouette d’anguille, sculptée par le vent, la pluie et la houle.


Les Aborigènes d’Australie l’appelaient Paradis. Les Européens y ont pourtant débarqué avec les colères de l’enfer. Un jour de naufrage, au début du XIXe siècle. Impressionnés par sa forêt, ils en décidèrent aussitôt l’exploitation. Car la belle est d’abord une terre de verdure, presque entièrement ceinte d’un ruban de sable blond.
Une merveille d’esthétique et d’authenticité. Du reste, en 1992, l’Unesco l’a promue parmi les étoiles du patrimoine mondial. Fraser Island est effectivement unique. Il s’agit de la plus grande île sablonneuse du monde, ancrée entre Brisbane et le tropique du Capricorne, au sud de la province du Queensland.


Une silhouette d’anguille (120 kilomètres de long et seulement 20 kilomètres de large), sculptée par le vent, la pluie et les assauts de l’océan. Et partout, du sable, des montagnes de sable. Certains prétendent même qu’il y en a plus ici qu’au Sahara ! Petit à petit, la végétation a stabilisé les dunes qui culminent à près de 250 mètres de hauteur et a tissé un immense tapis de verdure dense qui se découvre à la manière d’un explorateur.


Originalité de Fraser, la moindre plage a beau se dérouler sur plus de 100 kilomètres, personne ne s’y baigne. Les violents courants du Pacifique et la présence de requins à deux pas du rivage rendent toute tentative audacieuse, voire formellement déconseillée.
Qu’importe, la richesse de l’île est ailleurs. Une nature intacte, pas de route mais des pistes tracées à même le sable, praticables uniquement en 4 x 4 et une fabuleuse forêt tropicale. Sans oublier une centaine de lacs d’eau douce, alimentés par la pluie. Le lac Mackenzie, un miroir couleur émeraude dans un écrin de sable blanc, est l’un des plus beaux.


L’île se parcourt donc en véhicule tout-terrain. Sur la plage, prière de rouler à gauche, de respecter la limite de 80 km/h et de ne pas déranger les pêcheurs qui, sur certains spots, forment une haie de cannes, face à la vague, guettant tous les poissons du Queensland : merlans, thons, empereurs, maquereaux...


Sur cette plage plus large qu’une de nos autoroutes, il n’est pas rare que les voitures s’arrêtent pour laisser passer un petit avion qui décolle ou atterrit sur le sable mouillé. Image de cinéma sur laquelle se conjuguent espace, aventure et sentiment de parfaite liberté. Une flottille de coucous survole en effet l’île à la demande. Derrière les hublots, le spectacle est grandiose : canopée moutonnante percée de lacs enchâsses entre les dunes, océan strié de vagues aux lèvres d’écume dans lesquelles sautent les dauphins. Entre août et octobre, le spectacle s’enrichit des baleines à bosse qui migrent vers l’Antarctique.


En forêt, il est fréquent d’apercevoir les fameux dingos dont le pelage se confond avec la couleur du sable. Ces chiens sauvages, à la silhouette efflanquée de loup, ont été apportés en Australie par les tribus aborigènes, voilà six mille ans. Interdiction totale de leur donner à manger : la nourriture décuple leur agressivité.
La forêt de Fraser est dense, imposante. De cet océan d’émeraude émergent les pins kauri et hoop qui piquent le ciel, souvent à 50 mètres de hauteur.


Les satinays imposent leur force avec des troncs de 3, parfois 4 mètres de circonférence. La plupart poussent dans la vallée des Géants, à l’ouest de l’île. Certains seraient vieux de plus de mille ans. A hauteur de regard, voici les eucalyptus qui bataillent pour avoir accès à la lumière, puis ceux qui sont emprisonnés par une dentelle de lianes, les arbres aux feuilles odorantes, les fleurs sauvages qui tapissent les sentiers...


Cette forêt se découvre en 4 x 4 ou même à pied, en suivant des chemins balisés qui gardent encore les secrets des explorateurs d’antan. Celui d’Eliza Fraser, par exemple. En 1836, la dame fit naufrage ici même et attendit les secours après avoir été recueillie par les Aborigènes Butchullas. Choc des extrêmes. Depuis, l’île porte son nom et son épopée a inspiré le roman La Ceinture de feuilles, signé Patrick White, prix Nobel de littérature. C’est assez pour offrir à Fraser un peu plus de séduction. A moins d’une heure du monde, la nature impose encore sa loi et ses mystères. C’est une excellente nouvelle.
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Publié le 16 juillet 2003
Modifié le 16 juillet 2003
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