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Groupe Waghzen : Un avenir en somme

Fondé en 2005, ce groupe Berbère de Kabylie est composé de quatre éléments.


Ces derniers, venus des quatre coins de la Kabylie, RAFIK guitariste de Vgayeth, ZAKARIA chanteur-soliste de TIGZIRT, AHMED le batteur d'Azazga et ALI le bassiste de SOUK EL TNINE s'emploient à faire connaître un style tout nouveau, le "BERBERE-METAL". Deux éléments de ce groupe qu'ils dénomment WAGHZEN ou ogre en francais, ZAKARIA et RAFIK ont bien voulu répondre aux questions. "Ecoutons" les donc :

RACHID YAHOU : Présentez-vous à nos lecteurs.

ZAKARIA : Je me nomme ZAKARIA HAMOUDI, suis âgé de 33 ans et joue au solo tout en chantant.

RAFIK : Je m'appelle RAFIK ZEBLAH et suis soliste également. Enfin j'ai 28 ans.

RACHID YAHOU : Qu'appelez-vous "Berbère-Métal" ?

ZAKARIA et RAFIK : Ce style, qui est une branche du "hard-rock" a une base spécifique. Nous retrouvons des rythmes Berbères y compris bien sûr les airs. Ce genre n'est pas nouveau en Occident. Les pays civilisés l'ont puisé du Hoggar par exemple. Aujourd'hui, nous avons penser à le reprendre, à rendre à César ce qui appartient à César pas à Sidi-Okba. Nous comptons ainsi rehausser une composante culturelle de notre vaste patrimoine.

RACHID YAHOU : Que signifie "Waghzen" et pour avoir choisi ce nom ?

ZAKARIA et RAFIK : Tout d'abords, Waghzen signifie Ogre, un être surnaturel qui relate la mythologie Berbère. Selon l'explication que l'on donnait, l'ogre prend l'apparence d'un être humain sociable durant les belles journées ensoleillées. En hiver il devient une créature monstrueuse, vorace et s'attaque aux êtres vivants. Nous avons choisi ce nom par rapport à l'opacité qui entoure notre quotidien et afin de lancer un défit pour ceux qui pensent avoir eu raison de nous, de notre authenticité, de nos valeurs ancestrales que nous continuons à défendre contre vents et marées. L'ogre est très mal perçu par la religion musulmane car il ferait peur ou mieux, son inéxistence fait peur aux hommes de foi qui n'ont de foi que leur... Foie !!! Pour être plus préçis, lorsqu'on égorge un pauvre mouton on pense directemrnt à son foie pas à la chaleur de sa laine.

RACHID YAHOU : Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

ZAKARIA et RAFIK : On aimerait signaler que notre groupe a été créée en 2005 dans une petite chambre universitaire à Tizi-Ouzou. On s'en servait comme une salle de répétitions. Les étudiants qui occupaient des chambres mitoyennes nous rendaient visite. Comme batterie, nous étions équipé d'un superbe oreiller. Notre batteur s'en donnait à coeur joie. La fougue qui nous animait nous faisait oublié ce manque de moyens. On rigolait bien. On se moquait même un peu de nous. C'était marrant. Nous somme partis d'un rien et avons persévéré jusqu'à nos représentations.

RACHID YAHOU : Vos représentations ?

ZAKARIA et RAFIK : Nous nous sommes produit dans toutes les cités universitaires de Tizi-Ouzou, Vgayeht, Boumerdes et même à Oran. Nous avons chanté dans des salles de culture. C'était juste après avoir créé notre groupe. Nous avons aussi approché des villages Kabyles et avons réussi. Waghzen attirait probablement le public. La vieille génération venaient nous applaudir. RACHID YAHOU : Avez-vous été aidés si oui par qui ? ZAKARIA et RAFIK :
Hocine REDJALA, réalisateur en cinématographie nous a énormément aidé. Nous l'en remerçions à l'occasion. Au départ, il avait souhaité nous faire un simple reportage. Après avoir écouté nos produits il nous proposa de prendre en charge l'enregistrement de nos chansons. Il l'a fait sans contrepartie aucune. Il a refusé de reprendre son argent pour la cause commune. Son sens artistique, safougue pour l'émancipation de la culture Amazigh y est pour tout. Cet homme qui vit modestement est loin de certains qui n'hésitent pas à suçer le sang de nos pauvres chanteurs Kabyles.

RACHID YAHOU : Pourquoi avoir choisi cette discipline ?

ZAKARIA et RAFIK : Nous pensons que c'est plutôt cette discipline artistique qui nous a choisi. Notre conviction nous a mené droit vers elle. La cause dépassant les femmes et les hommes avides de recherches a trouvé en nous des adeptes.

RACHID YAHOU : Comment jugez-vous votre ou vos productions ?

ZAKARIA et RAFIK : Nous les jugeons avec toute modestie sous un angle des plus honorables. Nous ne chantons pas pour plaire mais pour apporter un plus quitte à froisser les mauvaises moeurs qui nous pointent du doigt. RACHID YAHOU :
Votre avis sur l'état actuel de la discipline que vous avez choisi.

ZAKARIA et RAFIK : Nous n'avons pas d'avis à donner la dessus vu que nous sommes les seuls. Nous espèrons que d'autres nous suivront.

RACHID YAHOU : Avez-vous des projets ?

ZAKARIA et RAFIK : Nous aimerions que l'on sache que nous ne faisons pas ce travail pour avoir une célébrité, pour de l'argent. Nous sommes conscients du mal que l'on fera à la culture Amazigh si nous pensions autrement. THAMAZIGHTH ne se construira jamais sur le matériel. La culture est tout autre, le contraire même.

RACHID YAHOU : Un bon souvenir ?

ZAKARIA et RAFIK : Nous avons des bons souvenir en effet. Outre ces vieillards qui venaient nous dire que nous ressussitons nos valeurs, nous vous citerons cette anecdote qui nous a marqué : Une vieille d'un village Kabyle, Amechrass a pleuré à la fin d'une représentation. Toute émue, elle nous affirma qu'elle venait de reprendre l'espoir devoir Thamazigh reprendre ses droits. RACHID YAHOU :
Un mauvais souvenir ?

ZAKARIA et RAFIK : Si on avait un mauvais souvenir on aurait très vite arrêté.

RACHID YAHOU : Des conseils à prodiguer ?

ZAKARIA et RAFIK : Notre pauvre jeunesse risque de se laisser entraîner par cette catégorie de "danseurs", chtah wer dah. Le rai commence à pénétrer notre folkclore. On ne critique pas le Rai mais on aimerait pas que la chanson Kabyle s'en base, que la chanson Amazigh soit "raîsée". Le rythme du rai est d'essence alaoui et n'a rien à voir avec la chanson Kabyle. La sonorité et les arrangements du rai ne collent pas du tout avec ceux qu'on connait chez nous en Kabylie. Ce mélange est un piège tendu par des chanteurs clônés par des éditeurs avides du gain. Ces éditeurs sont manipulés par des personnes qui agissent dans l'ombre afin de nous détruire. Malheureusement certains chanteurs se font acheter comme du bétail. Ces chanteurs qui agissent comme des guignols veulent nous imoposer un certain rai-kabyle. Une honte que nous n'arrêtons pas de dénoncer.

RACHID YAHOU : Etes-vous optimiste ? Si oui pourquoi ?

ZAKARIA et RAFIK : Bien sûr que oui puisqu'on continue. Notre engagement demeure notre force quoique nous savons que nous ne possèdons pas ni garantie, ni roue de secours comme on le dit.

RACHID YAHOU : L'origine de votre réussite.

ZAKARIA et RAFIK : L'origine de notre réussite possède deux noms : la persévérance et le sacrifice consenti.

RACHID YAHOU : Le mot de la fin.

ZAKARIA et RAFIK : Nous avons notre devise : Notre pays c'est la planète et notre seule langue est notre art. En parlan ma langue j'affirme ce noble art. Le groupe Waghzen vous remercie beaucoup et souhaite plein de réussite à votre journal "Afrique du nord" que nous lisons.
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L'auteur : Rachid Yahou
63 ans, Azazga grande-kabylie (Algérie).
Publié le 05 janvier 2009
Modifié le 06 décembre 2008
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