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Heaven

Cate Blanchet en femme fragile. Par le réalisateur de Cours, Lola Cours !


Avec Heaven, le réalisateur de la trilogie Bleu, Blanc, Rouge, Krzysztof Kieslowski, signait avant sa mort son dernier scénario pour le cinéma. Disparu en 1996, il avait entamé l'écriture d'une autre série : Paradis, Enfer, Purgatoire. C'est donc aujourd'hui que sort dans le titre anglais le premier volet : le seul de la série qu'aura eu le temps d'écrire l'auteur (avec l'aide de Krzysztof Piesiewicz). La réalisation attribuée à l'allemand Tom Tykwer (Cours, Lola, cours ! ) bénéficie de la participation du réalisateur Anthony Minghella (Le patient anglais) comme producteur. Une jolie association pour restituer l'univers de Kieslowski et lui rendre hommage.


Résumé :
A Turin, Philippa, prof d'anglais, tente d'éliminer un dealer qui causa la mort de son mari et de plusieurs de ses élèves. En faisant exploser une bombe, elle tue involontairement quatre personnes innocentes et manque la cible première. Rapidement, la femme est enmenée en garde à vue. Elle y découvre alors l'horreur qu'elle a commis. Bien qu'elle le démente, les autorités pensent avoir à faire à un membre d'une organisation terroriste. Mais un jeune policier qui n'a d'yeux que pour elle, la croit et tente de la sauver...


La critique :
Dans Heaven, Tom Tykwer s'est complêtement imprégné du scénario pour en tirer un film à l'atmosphère étrange. Malgré la violence implicite de l'histoire, une impression de douceur règne. C'est sur cette ambivalence des émotions que repose le film. D'un côté, le drâme d'une femme brisée, complêtement perdue. De l'autre, l'amour que lui porte un homme, représentant la lueur d'espoir derrière tant de malheur. Pour le public, une sensation dérangeante se fait sentir. Car l'histoire traçant le parcours d'une femme aux actes impardonnables peu faire grincer des dents. En réalité, le réalisateur ne juge pas ses personnages. Ce point de vue totalement assumé est destiné à la création d'un climat, se situant entre horreur et poésie. Pari réussi. Toute l'intensité dramatique et spirituelle en ressortent. Dans la forme, Tom Tykwer opte pour une mise en scène où l'image prime plus que le contenu. Chaque plan détaillé procure une certaine lenteur dans l'action. La caméra prend le temps de fixer les attitudes, les regards et les silences. Comme pour déclencher des émotions chez le spectateur. Comme pour dresser des tableaux à travers le cadre de la caméra. Un choix qui n'est pas sans créer certaines longueurs. Il en découle une impression d'innutilité de quelques plans. Tout au moins que certains auraient pu être raccourcis pour aller à l'essentiel. Seulement, Heaven, n'est pas un film d'action. Plutôt un film que l'on contemple. Que l'on aime ou pas, ce long-métrage prend le risque de sortir des cadres conventionnels du cinéma. Un choix d'univers qui ne se révèle pourtant pas le meilleur. Les grandes plages de silences et d'actions inexistantes finissent par lasser. A trop vouloir procurer une émotion dans l'aspect visuel, le réalisateur oublie le fond pour faire place à des plans vides de sens. La couleur des images, entre un jaune chaud et un blanc contrasté renforce l'idée que la forme prend le pas sur le reste. Dommage. En essayant de nous immerger dans ce monde, la prise de risque était réelle. Même Cate Blanchet dans le rôle de la femme brisée nous enthousiasmait par sa justesse. Bref, un film pas tout à fait réussi.
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Publié le 12 décembre 2002
Modifié le 12 décembre 2002
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