FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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L'entrée des articles (suite 3)

Pour tous ceux qui ont envie de connaître la suite...


Nous étions à la fin du mois de novembre, cela faisait à présent trois mois et demi que je m'étais reclus dans cette petite pièce noire.
Trois mois. Près de quatre vingt dix jours.
Pour un être humain normalement actif, cela passe relativement vite, mais imaginez...
Imaginez une journée seul dans votre chambre, dans le noir, sans télé, sans voir personne.
Une simple journée, vingt quatre heures ! Multipliez cette journée par quatre vingt dix, et vous comprendrez peut être.
Il y a des gens que la solitude ne dérange guerre, malgré cela je reste intimement persuadé que personne ne pourrait passer tant d'heures seul sans "péter les plombs", comme on dit aujourd'hui.

Le dernier jour de novembre, aux environs de six heures du soir, je pense, lorsque les premiers acteurs commençaient à prendre congé, mon ventre a gargouillé. Je me suis rendu compte que je n'avais pas vu Maxence depuis plusieurs jours, et par la même occasion, je me suis rendu compte que je n'avais rien mangé depuis plus de cinquante heures.

En prenant conscience de cela, je me mis à mourir de faim.
Je me levais afin de chercher quelque chose à me mettre sous la dent, je ne trouvais que quelques miettes de pain, et mon ventre gargouillait toujours, ma tête commença à tourner, je passais la nuit la -dessus.

Le lendemain, je me réveillais en sueur, toujours affamé.
Et pour la première fois depuis trois mois, je me décidais à SORTIR.

Avez vous déjà ressenti la faim à un point que vous pourriez manger n'importe quoi ? Vraiment n'importe quoi ?
Moi, oui.
Malgré tout, je ne sais pas si j'avais plus peur ou faim, j'avais la main sur la poignée, prêt à ouvrir. Je n'avais qu'à tourner cette poignée, pousser le meuble qui cachait la porte de l'extérieur, et sortit, courir vers l'appartement de Maxence, et manger, manger...

Il me fallu dix minutes pour comprendre que je n'en ferais rien, j'avais trop peur. De quoi ? Que l'on me reconnaisse ? Que l'on m'envoie en prison ? Même pas, j'avais peur de dehors.

Trois mois et demi sans voir d'autres êtres humains que Maxence, sans entendre autre chose que des morceaux épars de pièces de théâtre. Sans apperçevoir, une voiture, une rue, le ciel !

Agenouillé devant cette saleté de porte en bois vert crasseux, je pleurais un bon moment, quelques minutes plus tard, Maxence ouvrait cette même porte, me trouvant inanimé sur le sol.
J'allais rester ainsi trois jours.

J'ouvre les yeux. La lumière me brûle. Je referme mes paupières et mon cerveau enregistre lentement ce que j'ai eu le temps d'apercevoir.
Du papier peint bleu ciel.
Du papier peint bleu ciel ? Où suis je ? Peut importe, j'ai bien chaud et je suis dans un lit, je me rendors pour quelques heures.

Je me réveille enfin totalement, un mardi de décembre.
Maxence et sa femme sont à mon chevet, ils me sourient.
Marie, la femme de Maxence me dit :
_ "Qu'est ce que tu peux bavasser, André, quand tu dors !

Je souris timidement, puis m'informe :
_Qu'est ce que j'ai raconté ? Je ne me rappelle pas avoir rêvé.

Maxence sort un petit papier de sa poche et me lit.

_ "Arthur, ne comprends tu pas que c'est ma vie ?
_On sonne à la porte chérie !
_Comment as tu pu me faire ça alors que j'étais enceinte ?"
Maxence releva les yeux vers moi et dit en riant :

_ "On peut dire que tu avais vraiment besoin de sommeil, toi !
Ils rirent tous les deux.

_Tu sais ce qui m'a le plus impressionné, André ?
_Non ?
_Tu as récité des passages du Cid en entier, comme ça, en dormant, à toute allure ! Toi qui n'as jamais dépassé le trois de moyenne en français, je le sais, tu pompais tous tes devoirs sur moi !

J'avais parlé à Maxence de mes occupations, mais il ne s'était jamais douté j'en étais à ce point !

Maxence était arrivé au théâtre à huit heures du matin, et m'avais trouvé inanimé, il m'avait donné des gifles afin de me réveiller, n'avais pas trouvé d'eau à me jeter au visage, alors il m'avait traîné jusqu'à sa voiture. Un passant avait gentiment proposé son aide, mais Maxence avait dû refuser, évidemment.

Finalement, il m'avait amené chez lui, où j'avais terminé ma longue nuit de trois jours, et où j'avais mangé comme un ogre en me réveillant.

Je décidais lors de rattraper le temps perdu, je fis, dans la mesure du possible, toutes les choses qui m'avaient manqué.
Prendre une douche, sentir bon ; m'aventurer quelques minutes sur le balcon et sentir le vent sur mon visage ; regarder la télé (on ne parlait plus que rarement de moi) ; regarder le ciel ; discuter avec quelqu'un d'autre que Maxence et moi-même ; manger et fumer en bonne compagnie ; boire autre chose que de l'eau...

Tous ces petits plaisirs de la vie que je m'étais refusé depuis plus de trois mois.

Je savais qu'à ce moment de ma vie, il allait falloir prendre une grande décision. Continuer à me cacher, ou me dénoncer.

J'avais compris plusieurs choses durant mon "internement.
Primo : Il fallait que je cesse de me comporter comme une victime, que j'accepte de réaliser qu'en fin de compte, ce que j'avais fait serait considéré comme un infanticide aggravé et prémédité.
Deusio : J'allais sans doute passer la fin de mes jours derrière les barreaux.

Et enfin Tertio, la chose que j'avais eu le plus de mal à voir en face : quoi qu'il se passe, je ne retrouverais JAMAIS ma vie d'avant.
Jamais plus je ne discuterais avec ma femme, jamais plus je ne la serrerais dans mes bras, jamais plus je ne ferais l'amour avec elle, et enfin, les prions n'ayant jamais été mixte et étant moi-même hétérosexuel, jamais plus je ne ferais l'amour, tout court.

Si j'ai si peu parlé de ma femme Mathilde avant cela, ce n'est pas que je n'y pensais pas, au contraire, c'est que j'y pensais trop !

C'est devant un reportage (encore un) de moi, de ce que j'avais fait, et qui prenait enfin en compte l'état dans le quel était mon fils depuis sa naissance, que je me décidais à me rendre.






Dans la rue, en plein jour. Le délicieux dernier repas correct pris en compagnie de mes deux amis me remontent aux lèvres, je vais vomir. Non, je suis un homme, je relève la tête, je suis peut être un criminel, mais nul ne pourra jamais me prendre cela : Je suis un homme, pas une bête, oui, je suis coupable, j'ai étouffé mon enfant de trois mois avec un oreiller, oui, je l'ai tué, mais laissez moi vous, dire, laissez moi vous raconter... Non, vous ne me comprendez pas, tout se bouscule dans ma tête, je m'assieds sur le siège arrière de la voiture de Maxence, direction : le commisariat le plus proche.

Ils vont me sauter dessus, me passer les menottes, j'ai peur. Non, je n'ai pas peur, tu es un homme, un homme ! Qu'est ce que ça veut dire, être un homme ? Comment font les autres lorsqu'ils sont arrêtés ?

Je ne vois pas passer les minutes et nous sommes déjà arrivés, un policier garde l'entrée, il est temps.

Mes jambes ne me portent plus, Maxence me soutient et nous entrons dans le commissariat, le policier que garde l'entrée me jette à peine un coup d'œil.

Nous nous rendons à l'accueil.
Le jeune flic planté devant son bureau lève les yeux vers nous, je m'attends à ce qu'il se mette à hurler :
_ "C'est lui !
Alors tous les flics alentours vont me plaquer au sol et m'enfermer.

Non, il lève des yeux aggards et blasés et nous lance :
_ "Oui, c't'à quel sujeeeeet ?

Je regarde Maxence, aussi ahurit que moi.

Je lui réponds, enfin je bredouille :
_ "Je m'appelle André Bossard...

_ "Oui, et ?

Je n'en crois pas mes oreilles ! "Oui et ?" C'est qui ce bêta ? ! Comme si ce n'était pas assez dur comme ça ! Je crois que j'aurais préféré qu'il me saute dessus !
Alors j'en rajoute une couche et je déballe tout.

_ "Je m'appelle André Bossard et je suis recherché depuis trois mois et demi...
Je... J'ai tué mon fils, mon enfant de trois mois...

Son regard change soudain, enfin, il se souvient, il lance des appels désespérés autour de lui et semble penser à toute allure : "Quelle est la procédure ? Quelle est la procédure ?"

Alors je n'en peux plus, et je hurle comme un aliéné :
_ "Mais arrêtez-moi bordel ! J'ai tué mon fils, c'est assez clair ? J'ai Tué mon fils !

Enfin, ils m'emmènent, un regard d'adieu vers mon ami, et l'enfermement recommence...
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Re: L'entrée des articles (suite 3)
Posté par wizbur le 24/12/2004 10:23:17
alors on va avoir le droit a encore beaucoup de suites? :-P
Re: L'entrée des articles (suite 3)
Posté par lyserade le 15/12/2004 14:51:42
oui un lapsus c'est ce que je me disait mais c'est pas grave ;-)
Re: L'entrée des articles (suite 3)
Posté par elodelu le 14/12/2004 20:15:46
merci a je ne sais plus qui, qui vient de me faire reparquer kil y a une légère énorme erreur: le titre véridique est: l'entrée des ARTISTES! je sais pas, un lapsus!
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (3)
L'auteur : Elodie Alias elodelu
34 ans, Nantes (France).
Publié le 14 décembre 2004
Modifié le 13 décembre 2004
Lu 1 476 fois

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