FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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L'ombre de Josef M

Les Editions Légendes (petite maison du sud de la France où il fait bon laisser s'exprimer sa verve créatrice en écoutant le chant des cigales... Mais pas trop, parce qu'à la longue ça énerve) sont heureuses de vous présenter un fort sympathique auteur et ses écrits (principalement d'ailleurs, il faut quand même penser un peu au boulot...). Voici donc "L'ombre de Josef M"...


Voici l'histoire de deux jeunes femmes. Lucie et Sylvia.
La première vit dans la rue et subit ses outrages. Elle fuit sa vie dans des rêves chimiques sans fin, mais sans pourtant dépérir. Elle aurait dû mourir dix fois, mais pourtant elle survit, encore et toujours, tandis que la destinée semble s'acharner, comme animé par une volonté supérieure.
Se pourrait-il qu'elle fasse preuve d'une résistance hors du commun ?
Son corps sera souillé, mais son âme se révèlera, tandis que rejailliront dans sa conscience des images d'un terrible passé.

La deuxième est une jeune fille de bonne famille, arrogante et sûre d'elle, qui a la conviction que personne ne pourrait ou ne devrait lui résister. Et pourtant, cette suffisance cache une faiblesse qu'elle refuse regarder en face. Quel est donc ce mal étrange qui la ronge de l'intérieur et qui l'oblige à subir régulièrement des examens aussi pénibles qu'intimes. Son père, dirigeant omnipotent d'une société pharmaceutique à la pointe de la recherche génétique, lui dit que c'est pour son bien. Mais est-ce bien là la vérité ?
Quel étrange secret lie ces deux femmes ?
Pourquoi ces marques de naissance à la base de leurs cous, strictement identiques, qui ressemblent à un cygne prenant son envol ?
Quel rapport ont-elles avec Josef Mengele, le sinistre médecin d'Auschwitz ?



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Merci pour votre attention, et les encouragements éventuels que vous pourrez nous apporter dans notre volonté de faire vivre nos auteurs de leurs écrits.


Premiers paragraphes...

L'aiguille s'enfonça facilement dans son bras gracile, faisant une nouvelle petite lésion rouge à côté de toutes celles qui constellaient déjà sa peau couleur blanche, cadavérique...
L'esclave une nouvelle fois succomba.
Une goutte de sang perla, laissant une traînée rougeâtre le long de son coude. Elle alla s'écraser mollement sur le carrelage souillé, dont les motifs noirs et blancs étaient depuis longtemps ternis par les débordements pressés des anonymes innombrables qui se succédaient sans fin dans cette cabine de WC sordide. Assise sur la cuvette des toilettes, son pouce appuya lentement sur le piston, le retour sanguin se mêla au liquide jaunâtre. Il disparut totalement dans sa veine.
Elle laissa échapper la seringue qui alla s'éclater sur le sol, en une multitude de débris translucides.
Au dessus d'elle, des néons grésillant projetaient des ombres fantasmagoriques sur les cloisons couvertes de graffitis obscènes. Ils évoquaient autant de petits lutins vicieux et voyeurs, se détachant peu à peu du mur pour mieux l'observer. Ils pouvaient bien ricaner, se moquer d'elle autant qu'ils voulaient, ils ne pouvaient pas l'atteindre. Relevant la tête, elle les regarda un instant, un sourire narquois aux lèvres. La langueur commençait à l'envahir, elle s'affaissa, sentant ses forces l'abandonner. Sa tête heurta le réservoir émaillé.
Elle ne ressentait rien.
Au-delà de la porte fermée, un homme grondait rudement sa petite fille, lui demandant de se presser. Les appels des départs et des arrivées fusaient de leur ton monocorde et métallique.
Elle ne les entendit pas.
Elle sombrait lentement dans un océan où les sons et les images se mélangeaient pour devenir mélodie. En même temps, une douce chaleur remontait le long de son bras et irradiait dans son cerveau. Ses pupilles se dilatèrent à mesure que la drogue annihilait sa conscience.
Des picotements lui rappelèrent juste un instant qu'elle venait de s'injecter le poison qui la tuait à petit feu, mais qui était finalement si réconfortant.
Son corps se détendit. Il se mit à flotter dans un éther chimérique, au-dessus de la cabine. Elle atteignit les néons qui devinrent plus brillants. Elle se fondit en eux. Dans ce monde électrique, elle n'existait plus.

Une voix dans sa tête la tira de sa torpeur chimique. Grave, saccadée, elle ressemblait aux cloches d'une cathédrale sonnant le glas. Une annonce de gare se transformait en l'appel sordide du peuple aux funérailles de sa vie. Le vacarme de la cloche se rapprocha, faisant vibrer les murs de la cabine. Les graffitis se détachèrent et se mirent à courir en tout sens devant ses yeux écarquillés.
Des singes aux appendices turgescents tourmentaient des princesses aux seins disproportionnés en une ronde éternelle. Ils dansaient, et dansaient encore, passant devant elle et se moquaient. Elle sourit. Elle les trouvait drôles.
Le temps s'écoula, elle n'en eut pas conscience.

Leurs faces simiesques se transformèrent. Ils devinrent durs, grimaçants. Les singes cherchèrent à l'attraper, hostiles.
Elle se débattit ; ils refusèrent de s'éloigner.
Un frisson parcourut son échine alors que la sueur perlait sur son front pâle. Elle trembla puis vacilla sur la cuvette des toilettes. Une douleur dans son dos la réveilla. Le contact du réservoir entre ses omoplates la lançait, comme si de méchants fantômes les malmenaient. Elle se redressa d'un bond, étirant ses muscles engourdis.
Perdant l'équilibre, elle tomba à genoux. Sa tête heurta la porte de la cabine. Les singes s'enfuirent en ricanant.
La douleur lui vrilla aussitôt le corps, comme si une lance la transperçait de la nuque jusqu'aux fesses. Tétanisée, elle se recroquevilla sur elle-même.
Les démons de fils bleus n'avaient pas dit leurs derniers mots. Ils grimpaient sur elle, accompagnés des princesses devenues sorcières. Armés de petites lances, ils la piquaient, la malmenaient ; sarabande hostile sur sa chair endolorie, livrée à leur désir lubrique.
Un râle s'échappa de sa poitrine, la nausée la gagnait. Le sol bougeait, elle avait du mal à retrouver l'équilibre. Non loin d'elle, les cloches d'une cathédrale continuaient à sonner, sonner, à tel point qu'elle avait l'impression qu'elle allait devenir folle.
Une douleur fulgurante transperça son estomac. Se retournant dans un mouvement brusque, elle sentit la bile remonter d'entre ses entrailles et vomit grassement, les poumons coupés par des spasmes douloureux.
Alors, elle perçut des cris stridents qui se rapprochaient. Une brute, quelque part, vociférait des insultes à l'intention d'anonymes abandonnés sur les quais de la gare. Un chien aboya.
Les singes et les princesses, pris de panique, disparurent dans un clignement de paupières. Le ciel s'obscurcit tout à coup.
Était-ce la nuit ?
Elle perçut des bruits de bottes résonnant sur le carrelage, un souffle rauque qui approchait.
Des susurrements salaces derrière la porte devinrent autant d'ailes noires, tournoyant autour d'elle. Elle voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. L'acidité lui brûlait la langue. Elle avait l'impression que ses lèvres devenaient énormes, l'empêchant de parler. Les corbeaux croassèrent au-dessus d'elle. Quelqu'un tambourina à sa porte.
Tournant la tête, elle tenta de se relever, mes ses forces l'avaient abandonnée. Elle resta là, recroquevillée. Ses cheveux bruns, poisseux, lui couvraient le visage. Elle crut entendre son nom.
Ce n'étaient que des ricanements cruels d'un lutin échappé du mur qui courait sur l'abattant, la regardant d'un œil torve.
Les rires se firent plus gras. Le petit personnage de fils bleus se mit à l'insulter. Au-delà, elle crut percevoir une voix, un murmure métallique qui n'avait rien d'humain.
"Je commence l'expérience".
Mais de quelle expérience s'agissait-il ? Elle secoua la tête. Les murs autour d'elle se mirent à danser.
Elle se sentait de plus en plus mal. Du sang coula de ses narines, humidifiant ses lèvres. Au même moment, quelqu'un enfonça la porte de la cabine en beuglant comme un porc. Elle voulut sourire, mais la peur l'envahit tout à coup.

Une ombre passa, un gorille énorme se tenait devant elle. On aurait dit une créature sortie de ses cauchemars d'enfant. Il la saisit brutalement, la soulevant comme si elle ne pesait rien. Projetée violemment contre les toilettes, elle aperçut du coin de l'œil un éclair argenté dans la main puissante du monstre.
Était-ce son pull crasseux que l'on venait de déchirer d'un coup de lame ? Le froid brûla sa peau mise à nue.
Elle sentit aussitôt des mains sales se poser sur ses seins, descendre sur son ventre endolori, se saisissant de ses cuisses.
Elle vit des mains de latex courir le long de son corps ligoté, des masques en coton se pencher sur elle en rigolant. Les râles des fantômes vêtus de blanc l'humiliaient tandis que les doigts s'enfonçaient dans sa chair. Les caresses brutales martyrisaient sa peau, les garrots cisaillaient ses poignets et ses jambes. La lumière crue d'un grand disque blanc inondait son visage. Des flashs lumineux claquaient derrière elle, projetant des ombres inquiétantes sur les murs immaculés. Un homme en noir et blanc aux yeux fous la fixait sans bouger, au-dessus de sa tête.
Combien étaient-ils ?
L'ombre noire se pencha sur elle, l'écrasant de tout son poids. La boucle d'une ceinture écorcha son ventre.
Elle hurla. Son cri s'étouffa dans la main gantée qui la bâillonnait.
Elle tenta de se débattre, mais le monstre était trop fort.
Plaquée contre la cuvette des toilettes, la tête en arrière, elle sentit ses forces l'abandonner. Elle supplia, mais les fantômes ne l'entendaient pas. Ses muscles se relâchèrent. Elle renonça.
Suffocante, le goût du sang sur les lèvres, elle ressentit un déchirement au niveau de son bas-ventre. La douleur fut intense.
Son esprit se libéra de ses chaînes narcotiques.
En un instant, tout redevint clair.
La gare, la cabine, la drogue.
Le type en noir qui fouaillait ses entrailles, la corruption dans son bas ventre.
Elle hurla.
Un poing puissant s'abattit sur sa joue.
La souffrance explosa dans son cerveau, tandis qu'une vague de terreur la submergeait, faisant résonner les échos insoupçonnés de sa conscience perdue.
Elle sentit la rage l'envahir, brisant les chaînes de sa raison.
Elle hurla.
La violence la domina complètement.
Ensuite, il n'y eut que le néant.
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L'auteur : Francois Facon
46 ans, Chambery (France).
Publié le 17 septembre 2009
Modifié le 06 septembre 2009
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