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L'orchidée est une fleur fragile...

L'orchidée est une fleur fragile... ... Qui se détruit plutôt que d'accepter sa douleur.


Non je ne veux pas faire la morale, ni montrer le bon chemin, je ne suis personne, aucune référence, pas un guide, ni un gardien, rien de plus qu'une personne qui prend sa vie et qui essaye d'en tirer des leçons, qui aime lire la vie des autres et qui est happée par la sienne. Parce que comme un miroir, elle reflète mes pensées, mes sentiments, mes peurs, j'y devine des épreuves en commun, des doutes, et des espoirs trop profondément cachés, que l'on ne distingue pas pour le moment...


Tu parles de suicide, comme une thérapie du corps, se couper pour souffrir, tu dis qu'ensuite tu te sens mieux, mais n'est-ce pas un leur, une illusion de victoire ; tu te fais des plaies que tu as le pouvoir de guérir, avec du désinfectant, de cacher, avec un pansement, un pull... Mais ta peine, elle, elle est toujours, là, elle est si intense que tu perds les sens, elle semble invisible aux autres et en même temps tu as l'impression de la portée sur ton front, elle est comme tatouée en toi.
Tu portes cette culpabilité d'avoir mal fait, bah oui forcément puisqu'il est mort, c'est forcement de ta faute, sinon de qui ? Les autres ont fait de leur mieux, tu refuses de les accuser, tu es la seule a blâmer, la mauvaise enfant, l'ado, qui ne lui a pas assez dit je t'aime, parce que c'est sûre, avec plus de je t'aime la voiture l'aurait éviter, le cancer aurait disparu de ses poumons... Crois-tu vraiment que l'on est un tel pouvoir ?
Alors tu gardes tout pour toi, interdiction de se plaindre, de souffrir en public, tes peurs se multiplient pour t'empêcher de revivre. Tu envisages deux solutions, le suicide ou le psy, pour la deuxième, est-ce vraiment la peur d'en parler à ta mère qui te bloque ? Ou n'est-ce pas ta peine qui te freine, encore et toujours, toutes les excuses sont bonnes pour t'assurer que tu es condamnée a souffrir seule, en silence.


Et bien tu sais quoi, je refuse, je refuse cette idée de combler la douleur morale par une douleur physique. Je refuse de placer les peines sur une échelle de valeur, parce que rien n'est digne de les comparer, même pas toi, chaque douleur est unique. Je refuse de ne pas raconter ma peine à une psy, parce qu'il y a peut-être pire ailleurs, mais il a aussi mieux. On a droit a un bonheur, un jour viendra ou ne nous laissera pas le choix, on devra mourir, peu importe quand et comment, puisqu'on aura été fortes, les plus fortes, parce que toi seule, l'orchidée, aura su transformer ta peine en un beau souvenir de TON père, c'est ton œuvre, ton histoire, à toi de rajouter des chapitres, forts en amour et en passion, pour des êtres qui auront toujours dans le regard, unje ne sais quoide l'amour que l'on ressent quand papa nous serre dans ses bras...


Pas une sœur, pas une amie, juste un pont entre deux douleurs, un ptit plus dans ta vie et dans la mienne, parce que l'appel du cœur est le plus fort, je suis là et je t'implore...
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Publié le 22 août 2005
Modifié le 21 août 2005
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