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La non-démocratie

L'apparition de l'Etat et l'affirmation de la démocratie a opéré une classification moderne des régimes politiques. Ainsi on évoque les régimes démocratiques et les régimes non-démocratiques. C'est au cœur de ces derniers qu'on distinctingue les régimes autoritaires et les régimes totalitaires, notions souvent confuses qu'il convient d'éclairer.


Les premieres tentatives de classifications sont identifiées pendant la période antique, avec l'observation des cités grecques. Aristote considérait 6 formes de gouvernements selon le nombre de détenteurs du pouvoir :
La Royauté où le monarque règne avec mesure en respectant les coutumes et le sens de l'honneur qui l'empêchera de tendre vers l'arbitraire. Le pouvoir sera ici accepté).
La politeïa est un gouvernement de la multitude en vue l'intérêt commun et respecte la hiérarchie naturelle.
La tyrannie est un pouvoir sans limite ou le monarque cherche à assouvir ses besoins personnels. Il bafoue l'équilibre.
L'oligarchie est une déviation de l'aristocratie : les plus riches défendent leurs intérêts. La participation aux fonctions publiques est liée au paiement du cens.
La démocratie est une déviation de la politeïa, seuls les intérêts des + pauvres sont pris en compte par la multitude

Avec l'apparition de l'Etat moderne,, la revendication démocratique et l'instauration même de son modèle a rendu incontournable les questions de la participation citoyenne au sein du pouvoir et le a profondément bouleversé les classifications. Ainsi on évoque des régimes démocratiques et les régimes non-démocratiques. C'est au cœur de ces derniers qu'on opère une sous distinction : les régimes autoritaires et les régimes totalitaires, notions souvent confuses qu'il convient d'éclairer.


Le régime autoritaire

Le régime autoritaire est le successeur de la tyrannie classique ou du despotisme évoqué par Montesquieu. On l'appelle aussi dictature. Il a deux grandes caractéristiques : Il y a le refus d'organiser une compétition politique libre, officielle, ouverte pour la conquête du pouvoir politique. C'est donc l'absence de consultations électorales régulières, non frauduleuses et l'interdiction dexpression explicite de toute divergence avec les détenteurs du pouvoir. La critique libre n'existe pas. Il y a aussi l'interdiction des libertés publiques (manifestations et réunions publiques). Quant aux réunions privées et aux créations d'associations elles sont encadrées. Ainsi, il n'y a plus de citoyen : les droits et libertés fondamentales sont ouvertement bafoués.

Il y a des degrés dans l'autoritarisme. Il peut reposer sur un parti unique qui prétend monopoliser la représentation nationale ou parfois s'accommoder d'un pluralisme partisan mais ces autres organisations tolérées voient leurs prérogatives limitées. Parfois, des élections ont lieu mais irrégulièrement, c'est-à-dire lorsque les circonstances sont favorables aux gouvernants en place. Il y a aussi des candidats officiels du pouvoir en place qui sont avantagés (accès privilégié aux médias, soutien financier et matériel d'Etat). Elles sont souvent truquées pour légitimer le pouvoir aux yeux des autres Etats.
La répression policière est sélective : elle vise les opposants qui revendiquent leur opposition au régime ouvertement et épargnent les modérés et les neutres. Les gouvernants s'efforcent de contrôler l'appareil d'Etat + ou - développé.
Ce régime s'efforce de contrôler les médias mais peut aussi tolérer une telle diversité, notamment pour la presse écrite + difficile à contrôler à condition qu'ils évitent la remise en cause trop directe des gouvernants. Des journalistes s'autocensurent craignant la répression et devancent ainsi les mesures de censure officielles. Cet Etat tente de conserver la société civile. Il est plutôt conservateur et globalement l'économie reste libre même si les activités économiques peuvent être + ou moins encadrées suivant les besoins.
Le clientélisme et la corruption quasi systématique peuvent conduire à détourner une partie des richesses (l'impôt). Ces régimes sont variés et le classement est difficile. Néanmoins les politologues ont tenté de repérer les catégories en s'inspirant de l'idée de néo-patrimonialisme, (régime autoritaire dominé par un monarque qui fait de l'Etat sa propriété privée et qui accorde des privilèges a ceux qui le soutiennent (famille, clan)).
Il y a eu aussi des régimes forts qualifiés de populistes ou le pouvoir est exercé par des leaders charismatiques ayant un réel soutient de la population en raison de promesses de réforme sociale articulées à un discours nationaliste.
Dans les dictatures corporatistes l'Etat tente de contrôler des activités économiques, sociales, culturelles sans toute fois exercer une emprise totale (faute de moyen) : Saint Lazare, Franco et Mussolini 1922-1943.

C'est une catégorie limitée, les politologues s'interrogent si n'est-on pas déjà dans la catégorie du régime totalitaire. La mesure du niveau d'emprise du pouvoir politique sur la vie des individus pose problème. Les régimes autoritaires s'accommodent de la passivité des gouvernés, de leur indifférence et leur laisse une certaine autonomie tel n'est pas le cas du régime totalitaire qui lui s'efforce de tout contrôler.


Le régime totalitaire

Comme l'autoritarisme, il refuse une compétition officielle ouverte et honnête pour le pouvoir, l'organisation d'élections régulières, interdit toutes contestations des gouvernants et il bafoue les libertés publiques. Il est un système politique à parti unique dans lequel le pouvoir politique tend à encadrer, voire confisquer la totalité des activités (économiques, religieuses, sociales) de la société civile qu'il écrase littéralement. Il a été défini par Mussolini : "rien en dehors de l'Etat, rien contre l'Etat, tout dans l'Etat". On peut aussi citer ce slogan nazi : "tu n'es rien, ton peuple est tout." Au nom du groupe l'individu est sacrifié. L'Etat est omniprésent tel un appareil bureaucratique surdéveloppé qui s'empare de tout.

Plus précisément il tente de soumettre à une idéologie unique et absolue, fondement même du régime et différence essentielle avec l'autoritarisme. Elle est superficielle, simplifie la réalité et a vocation de répondre à toutes les questions de l'individu. Elle a à rendre compte du passé, présent, avenir de l'humanité. Elle sait tout sur tout et a pour fonction de rassurer les individus. L'Idéologie omniprésente est diffusée par le parti, avant de devenir la vérité officielle de l'Etat, une fois conquis. L'Etat s'attache à contrôler les médias qui sont avant tout des moyens de propagande, de persuasion pour la vérité officielle. L'idéologie ainsi diffusée couvre tous les aspects de la vie individuelle et sociale et il doit aboutir à l'uniformisation de la société. Toutes les activités sont politisées et "idéologisées". Toute faute sera toujours interprétée comme une faute idéologique.

hannah arendt dans, les origines du totalitarisme (1951) ne parle pas de partis (connotation démocratique) mais de mouvement de masse qui met l'accent sur l'encadrement et l'embrigadement des individus dans tout domaine d'activité de la naissance à la mort (organisation de jeunesse, professionnelle, culturelles) qui tentent de se substituer aux structures sociales habituelles.
Ce mouvement de masse double, concurrence et contrôle l'Etat et lui même se trouve sous le contrôle de la police politique qui réprime les opposants déclarés et ceux qui doutent et qui ne montrent pas suffisamment leur adhésion à l'idéologie.

La répression policière nest pas sélective mais systématique telle une véritable terreur (camp d'internement, de concentration, et d'extermination de travail disciplinaire : Goulag). Cette police est d'abord au service personnel d'un chef charismatique qui se prétend infaillible et dôté d'intelligence stratégique. Lui seul se réserve la possibilité de trancher en cas de conflit et chacun se retrouve a sa merci. Il n'hésite pas à opérer des purges au sein de l'Etat et du parti afin de se débarrasser d'opposants ou de concurrents dangereux. C'est le règne de la délation alimenté par la méfiance des uns des autres, l'espionnage et donc les individus se replient sur eux même ce qui renforce leur sentiment d'impuissance, et l'emprise du pouvoir totalitaire.

Le régime repose sur l'adhésion idéologique et personnelle au leader ainsi que sur la crainte d'une violence extrême : L'Adhésion résulte de l'acceptation du pouvoir par une population angoissée par l'évolution de la société (crise). Ces circonstances exceptionnelles pousse cette population à s'en remettre au chef qui concentre les pouvoirs et a pour mission de résoudre tout. Il va recourir à tout les moyens de propagandes de manipulation pour renforcer son pouvoir et gouverne en désignant des bouc émissaires, présentés comme une menace interne et comme source de tout les maux ou accusés de comploter, et ils sont rendus responsables des échecs du régime. Le chef va aussi agiter la menace extérieure, désigner les ennemis de l'Etat pour justifuer une politique étrangère de conquêtes. Cela justifie en retour une emprise accrue du pouvoir sur la société pour des raisons d'efficacité.


Conclusion

Bien évidemment, cet article montre des aspects très théoriques et stéréotypés. La réalité est bien plus complexe : Chaque Etat, chaque pays possède des caractéristiques propres. Néanmoins, il est toujours bon de savoir a quoi correspondent ces appelations si souvent utilisées à travers l'Histoire
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Re: La non-démocratie
Posté par irvi1 le 22/08/2007 23:08:45
Ton article est intéressant et il me fait penser à ce bon vieux Joseph de maistre, théoricien de la contre-révolution et ultramontain, qui a eu quelques très bons mots contre la démocratie:
-"Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite" dans Considérations sur la France (1797);
-"De tous les monarques, le plus dur, le plus despotique, le plus intolérable, c'est le monarque peuple" Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1809) ;
-"Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui le distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra" dans Considérations sur la France (1797);
-"L’homme peut tout modifier dans la sphère de son activité, mais il ne crée rien : telle est sa loi, au physique comme au moral. L’homme peut sans doute planter un pépin, élever un arbre, le perfectionner par la greffe, et le tailler en cent manières ; mais jamais il ne s’est figuré qu’il avait le pouvoir de faire un arbre.
Comment s’est-il imaginé qu’il avait celui de faire une Constitution ?" dans Considérations sur la France (1797);
voilà à une prochaine fois peut-être




(h)
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L'auteur : Virginie .
31 ans, Perpignan (France).
Publié le 21 août 2007
Modifié le 07 août 2007
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