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La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942

Pour mes TPE, j'ai eu la lourde tâche d'écrire une nouvelle sur un enfant juif pendant la Seconde Guerre Mondiale.


Cette jeune fille s'appelle Aviva Tsila (Aviva = Printemps en hébreux), elle a 9 ans.

La voisine est venue dire (1) à maman qu'à 6h du matin, des policiers allaient venir nous chercher pour faire un voyage. J'ai entendu maman dire un mot, je crois que c'était "rafle" mais qu'est ce que c'est une rafle ? (2)
Après que la voisine est partie, maman a beaucoup pleuré. Pendant la guerre, elle a beaucoup maigri, papa et moi aussi. Nous n'avons pas beaucoup à manger, c'est dur de trouver de la nourriture par ici (3). Maman dit que bientôt tout ira mieux et que je ne dois pas m'inquiéter.
Papa et maman sont partis faire les valises, je ne sais pas pourquoi. J'aime bien ma maison, je n'ai pas envie de partir. Je dois aller au lit sinon maman va me gronder, il est déjà 21h.
Maman est venue me souhaiter bonne nuit et m'a fait un gros câlin, elle sent bon, j'adore son parfum, c'est la seule chose qui lui reste. Pendant la guerre on a tout perdu. (4) Papa était médecin à Paris, il avait beaucoup de patients. Un jour, il est revenu à la maison et il a dit à maman qu'on lui avait interdit de voir d'autres patients (5). Je n'ai pas trop compris. Mon papa, c'est le meilleur des docteurs : il ne me fait même pas mal quand il regarde mes bobos. Mon papa aussi, je l'aime. Mais maman dit qu'il n'a pas le temps de venir me lire une histoire : ce soir, il est préoccupé. Heureusement que j'ai Billy, mon petit ourson, c'est lui qui me racontera une histoire.

Maman vient me réveiller, elle est déjà tout habillée : il faut que je m'habille vite. On est prêt à partir, mais je ne sais toujours pas où on va. Papa dit à maman de se dépêcher parce qu'il est déjà 4h du matin et qu'ils ne vont pas tarder. On est prêts et on est tous très beaux.

On frappe à la porte. Ils crient, il faut ouvrir, j'ai peur, je me cache derrière maman, je ne veux pas qu'on me fasse du mal. Elle aussi, elle pleure, elle n'avait encore jamais pleuré comme ça. Papa se tient devant et embrasse maman, il nous dit de nous enfuir par l'escalier de service, maman ne veut pas et moi non plus, je veux rester avec mon papa.
La porte vient de s'ouvrir ! Il y a pleins d'hommes (6). Ils emmènent papa !


(1) Certaines personnes prévenues des rafles, parviennent à s'enfuir.
(2) Rafle : Une rafle est une arrestation en masse faite à l'improviste ou de façon organisée par la police. Ce moyen d'arrestation a pour but de faciliter les opérations de police, d'avoir un effet de surprise empêchant aux suspects de communiquer entre eux.
(3) Le rationnement avait commencé à l'automne 1939. Il se généralise en printemps 1941et ne fera qu'empirer. Alors que la qualité des produits se dégrade les Français sont munis d'une carte d'alimentation et de tickets, correspondant à une catégorie aux dotations précises : E pour les enfants, J1 à J3 pour les adolescents, A pour les adultes, V pour les plus de 70 ans, etc. En 1942, chaque français, a droit à un peu moins de 2000 calories par jour. Il faut des heures d'interminables files d'attente pour arriver à un commerçant qui n'est pas toujours capable de fournir ce qui correspond aux tickets
(4) De nombreuses familles juives perdent leurs biens à cause des interdictions qui leur avaient été faites. (Cf annexe)
(5) Le régime de Vichy, dès son installation : instituait un "statut des juifs" le 3 octobre 1940, et interdisait toute une série de professions (avocat, médecin, magistrat...) aux juifs. (Cf annexe)
(6) En juillet 1942, les autorités allemandes décident de lancer une gigantesque rafle dans plusieurs pays, sous le nom de code de "Vent Printanier". 9 000 policiers et gendarmes Parisiens participent à l'opération. La police Française fournit un fichier détaillé des Juifs de la capitale qu'elle avait établi en 1940. A 4 heures du matin, le 16 juillet 1942,12 884 Juifs sont arrêtés dont 4051 enfants et 5802 femmes.


Suite (1)

Maman pleure, elle ne veut pas le laisser partir, elle le retient mais les policiers ne la laissent pas faire. Papa vient de partir dans un autobus (7). Maman tente de persuader les policiers de ne pas m'emmener avec elle. L'un d'eux s'apprête à me laisser avec la voisine. Soudain, leur chef arrive, il fait comprendre qu'ils doivent absolument suivre les directives (8) qui leur ont été données. Après quoi, maman et moi partons avec ces policiers. Nous ne savons pas où nous allons. On n'a même pas eu le temps de prendre nos valises mais je me précipite sur Billy. Je le cache sous mes vêtements, ils ne l'ont pas vu. Papa me manque déjà, je ne sais pas où il est allé.

On nous a emmenées au Vélodrome d'Hiver (9). Cet endroit, j'y ai souvent vu des courses de vélo avec papa, c'est la seule fois où on faisait quelque chose ensemble, sans maman. D'habitude, il n'y a pas beaucoup de monde, maintenant c'est différent.
Il y a beaucoup de personnes, j'ai peur, c'est horrible. Si on veut dormir, il faut qu'on se couche sur le sol (10). Moi ça me fait mal au dos, mais maman me dit de ne rien dire, de ne pas me faire remarquer. Billy est toujours caché sous mon pull, lui aussi a peur. Il m'a dit que ça sentait mauvais et qu'il voulait partir. Je le comprends l'odeur est impossible (11). J'ai le souffle coupé. En plus, il fait chaud (12). Je ne bouge plus. Avec maman on s'est trouvé une place sur les gradins.
Billy a envie d'aller au toilette. Maman me dit de ne pas m'éloigner, je crois qu'elle a peur de me perdre. Alors je vais juste à côté du mur parce que Billy dit qu'il n'y a pas de toilettes (13).


(7) Après avoir été arrêtées la moitié des personnes raflées sont emmenées dans des autobus à plate-forme vers le camp de concentration de Drancy, au Nord de Paris. Les autres personnes sont conduites rue Nélaton, dans le XVième arrondissement de Paris, au vélodrome d'hiver.
(8) Berlin a donné comme directive que "les opérations doivent êtres effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire".
(9) La police française arrête en région parisienne 13152 Juifs dont 4 115 enfants ; la plupart sont parqués au Vélodrome (Surface aménagée circulaire pour l'entraînement et les compétitions de cyclisme sur piste.) d'Hiver de Paris qui sert de prison provisoire avant d'être internés à Pithiviers ou à Beaune-la-Rolande puis à Drancy et déportés à Auschwitz.
(10) Les familles resteront plusieurs jours dans le vélodrome dans des conditions épouvantables, car rien n'avait été prévu pour elles, ni sanitaires, ni eau, ni nourriture, ni matelas.
(11) Les gens, qui n'avaient eu le droit d'emporter que deux bagages dont un de vivres, s'entassaient sur les gradins parmi les pleurs des enfants et les odeurs d'excréments.
(12) Cette rafle a lieu en été, les conditions sont d'autant plus difficiles étant donné que cela facilite les risques d'épidémies du au manque d'hygiène.
(13) Les quelques W-C qu'il y a au Vélodrome d'Hiver sont peu nombreux. En outre, ils sont tous bouchés ; personne pour les remettre en état. Tout le monde est donc obligé de faire ses déjections le long du mur.


Suite (2)

Maintenant, moi aussi j'ai très envie de faire pipi. Mais il y a trop de monde, je ne peux pas. Billy me dit de fermer les yeux et de penser que je suis à la maison, dans les toilettes. Ça a marché, ça y est, j'ai fait pipi, je suis soulagée. Je reviens vers maman en courant, j'avais peur qu'elle ait disparu au milieu de toutes ces personnes.
Une infirmière (14) est passée par là et a donné un peu de purée (15) à maman. Elle me l'a donnée, elle me dit qu'elle n'a pas faim. Je sais que ce n'est pas vrai. La purée n'est pas très bonne mais Billy et moi, nous sommes contents d'avoir quelque chose à manger, depuis le temps (16). J'ai soif, manger m'a donné soif, Billy aussi veut de l'eau mais maman dit qu'il n'y en a pas ici (17).
Un monsieur a essayé de s'enfuir, il était en train de sauter le grillage quand les policiers l'ont rattrapé. Ce monsieur avait l'air très malade, mais ils n'ont pas arrêté de le taper. Il était par terre, on aurait dit qu'il était mort. Il ne bougeait pas. Maman était en pleurs, elle allait me cacher les yeux quand ils l'ont fusillé (18) devant tout le monde.
J'ai peur, je veux partir d'ici, il y a du sang partout, Billy ne veut plus me parler, il a peur de faire quelque chose de mal et qu'il lui arrive la même chose qu'au monsieur. Personne ne parle, on est tous pétrifié.
De nombreux autobus emmènent des personnes je ne sais où. Est-ce qu'ils s'en vont ? Est-ce qu'ils vont rejoindre mon papa ? Je veux aller avec eux. Et si papa s'était perdu ? Et si je ne le retrouvais pas ? Comment on va faire maman, Billy et moi ? Je veux partir d'ici.
Je ne supporte plus cet endroit. Les gens crient, les enfants pleurent. De nombreuses personnes demandent à maman si par hasard elle n'aurait pas vu un de leurs proches. Malheureusement, elle ne répond jamais, elle pleure tout le temps, il y a tellement de monde ici, elle ne sait pas où donner de la tête. Je n'avais jamais vu maman aussi triste et abattue. Elle ne veut pas m'expliquer ce qui se passe, je ne sais même pas si elle le sait elle-même.
Des gens ont été emmenés par des policiers. Ils sont partis dans ces espèces d'autobus. Je ne sais pas où ils vont. Je sens que c'est bientôt à moi d'être emmenée. J'ai peur, c'est insupportable.
Un policier vient nous chercher maman, Billy et moi. Sur l'autobus dans lequel je dois monter, il y a déjà quelques personnes fatiguées, elles ont l'air malades, vraiment très malades.
On voit un écriteau sur le bus : "Destination : DRANCY (19) ".


(14) Un centre de La Croix Rouge se trouve au rez-de-chaussée du Vélodrome d'Hiver. Il est composé de 3 médecins pour 15000 personnes et d'un nombre insuffisant d'infirmières.
(15) Le ravitaillement : une louche de lait par enfant de moins de neuf ans (et encore tous n'en ont pas), deux tartines épaisses de 2 cm de gros pain pour toute la journée (et encore tous n'en ont pas) ; une louche de nouilles ou de purée pour les repas (et encore tous n'arrivent pas à en avoir).
(16) Pendant cinq jours toutes les personnes arrêtées vivront dans des conditions insupportables.
(17) L'eau du Vélodrome d'Hiver se résume à deux bouches d'eau (comme sur les trottoirs) auxquelles on a adapté un tuyau de caoutchouc. Cela entraîne de nombreuses bousculades. En réalité la plupart des gens ne boivent pas et ne peuvent pas se laver.
(18) Ceux qui tentaient de s'enfuir du Vélodrome d'Hiver était rattrapés et abattus sur le champ.
(19) Le camp de Drancy : Pendant la Seconde Guerre mondiale, Drancy fut tristement célèbre pour son camp de transit (installé dans un quartier d'habitation tout neuf) où furent rassemblées des personnes arrêtées avant leur transfert dans les camps de concentration nazis, principalement des juifs
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Re: La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942
Posté par léfélante le 16/07/2006 22:09:58
y'a plein d'images à mettre à la place...
une étoile, un petite fille (y'a des bouquins et donc surement des sites internet avec des photos)... un symbole...

Et ce sont les premieres idées que j'ai eu en 30 secondes^^
Re: La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942
Posté par perok le 16/07/2006 21:51:29
désolé si l'image vous a choqué mais je ne sait pas quoi mettre avec cette article, pour répondre a ttetitebouille j'ai eu 20/20; et pour répondre à léfélante au départ g eu du mal à me mettre à la place de cette jeune fille, j'ai du réécrire cette nouvelle un peu plus de 15 fois avant kel soit au point. merci pour vos messages
Re: La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942
Posté par léfélante le 16/07/2006 20:11:41
Ton texte est plutot bien ecrit, mais je suis d'accord avec Tchit, l'image d'Hello Kitty m'a choquée...
Mais y'a peut etre une explication dans ce cas je m'excuse :)

Y'a encore un autre truc qui me choque, c'est de se mettre dans la peau de cette Aviva...
J'ai du mal avec ce genre de choses, jme dis qu'on n'a pas vécu tout ca, qu'on peut pas se mettre à leur place, savoir leur reaction et tout...

Enfin moi et mon cerveau... ^^
Re: La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942
Posté par ttetitebouille le 16/07/2006 18:45:47
La seconde Guerre mondiale.... Moi aussi j'ai traité un sujet en rapport lors de mes TPE : Le négationnisme. Comme l'a dit luly, ton texte est vraiment touchant.
Tu as eu combien ?
Re: La rafle du vélodrome d'hiver, 16 et 17 juillet 1942
Posté par tchit le 16/07/2006 18:16:53
Tu trouves pas qu'Hello Kitty c'est un peu de mauvais gout pour un sujet pareil?
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Publié le 16 juillet 2006
Modifié le 21 juillet 2006
Lu 2 255 fois

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