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La (sale) guerre

"On ne meurt pas pour la Patrie, on meurt pour les industriels" Anatole France. "Je crois, juridiquement parlant, qu'il y aurait des motifs sérieux pour inculper chaque président des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. Il ont tous été soit de véritables criminels de guerre, soit impliqués dans de graves crimes de guerre" (Noam Chomsky, in What Uncle Sam Really Wants).


Après sa conquête des Gaules, Jules César, champion du parti populaire, inspira les pires craintes aux sénateurs, qui gouvernaient Rome. Pour éviter qu'il ne s'empare de Rome et du pouvoir absolu, le Sénat limita ses troupes à quelques légions, et surtout lui interdit de franchir le ruisseau Rubicon, qui séparait la Gaule cisalpine de l'Italie proprement dite. César, fort de sa puissance militaire écrasante, franchit le Rubicon en prononçant ces mots : "alea jacta est" (le sort en est jeté), entra dans Rome avec ses légions et se déclara Empereur des Romains. Rome devenait un Empire jusqu'à sa chute, après une longue période de décadence...

Il existe une très frappante similitude entre Jules César et George W Bush, et l'histoire, une fois de plus, se répète à plus de deux mille ans d'intervalle. En déclarant unilatéralement la guerre à L'Irak sans l'accord des Nations-Unies, contre l'opinion publique mondiale et contre une énorme majorité de pays opposés à la guerre, Bush s'est mis hors la loi. En faisant cette guerre malgré les réticences de son Congrès, Bush a franchi le Rubicon et devient, de fait, le chef d'un Empire Américain qui se prépare à modeler le monde suivant ses seuls intérêts ou ceux de ses alliés.

La guerre en Irak était inévitable. Les vrais motifs qui poussent de façon obsessionnelle les Américains à envahir l'Irak sont le contrôle militaire et le remodelage du Moyen-Orient où se trouvent 66 % des réserves mondiales de pétrole, et la protection de leur allié Israël, pour faire que ce pays soit leur base stratégique dans cette région du monde. Les faucons pro-sioniste de l'administration Bush ont gagné. Ils ont leur guerre, les Wolfowitz, Perle, Cheney, Rumsfeld, et ils verront sûrement leur rêve se réaliser, un remaniement complet du Moyen-orient : l'Irak en premier, ensuite la Syrie, le Hezbollah, l'iran. Tout çà pour donner le gros coup de pouce à Israël, et faire que Sharon et le Likoud aient enfin mis Israël à l'abri de ses voisins.

Les vrais motifs étaient donc cachés, et toutes les négociations, tractations, palabres et autres discussions portaient sur un prétexte, les armes de destruction massive. Il était donc normal que rien n'aboutisse. La diplomatie a échoué, d'abord et avant tout, pour cette raison. Mais aussi parce que le temps jouait contre les américains et que Bush s'était mis dans une impasse. Avec plus de 200000 soldats, qui attendaient impatiemment à la frontière, et les températures qui vont vite devenir insupportable, Bush avait mis la charrue avant les boeufs et ne pouvait plus faire marche arrière. Sans compter que s'il avait décidé de revenir bredouille, il aurait perdu toute crédibilité auprès de ses électeurs. Comment voulez-vous dans ces conditions que la diplomatie puisse fonctionner, en dépit des efforts considérables de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Dans cette crise, la France a montré le visage lumineux de la justice.Quelle classe, comparé au triste sire de Bush.

Quelques réflexions au passage : beaucoup d'ex-pays de l'Est qui font partie ou non de la Communauté Européenne, mais qui sont les vassaux de Washington et ont montré leur myopie politique. Honte sur eux. On les attend au tournant. Honte à Tony Blair, laquais de Washington. Tiens, quelle belle distinction. On pourrait l'anoblir quand il sera viré par les Anglais et il pourra garder ce titre qu'il a bien mérité. Honte à Aznar, qui se range aux côtés des Américains alors que 90 % de son opinion publique est fermement opposée à la guerre. Honte aussi aux pays arabes qui restent sans réaction, alors qu'on envahit un des leurs au mépris de la justice internationale. Ces mêmes pays arabes restent bien inactifs alors que leurs frères Palestiniens subissent leur martyr depuis plus d'un demi siècle. Mais bravo, bravo aux quelques pays Africains et Sud-Américains qui ont refusé de vendre leur âme alors qu'ils avaient vraiment besoin de cet argent promis par Bush. Quelle leçon de noblesse, de grandeur, de dignité. Bravo enfin aux quelques politiciens anglais qui ont eu le courage et la sagesse de démissionner pour ne pas salir leur nom dans ce qui restera comme un des plus méprisables conflits qui aient ensanglanté la planète.

Les conséquences des politiques désastreuses de Bush seront nombreuses, et elles changeront radicalement l'avenir des relations entre les grandes puissances mondiales. L'Europe de la défense devra se faire le plus vite possible. On ne peut plus compter sur le parapluie américain. Il va falloir prendre ses responsabilités et casser sa tirelire. Quid de l'OTAN, qui va en prendre un vieux coup, sinon disparaître. quant à l'ONU, elle survivra, mais la castration infligée par l'administration Bush va être dure à oublier et sa légitimité, qui faisait l'orgueil de l'humanité, a été bafouée. Comment les membres de l'ONU pourront-ils encore se réunir pour discuter en vue de prendre une décision avec les américains qui, de toute façon, n'en feront qu'à leur tête. La raison du plus fort est toujours la meilleure, on le sait depuis toujours, même avant que ce bon Monsieur de La Fontaine l'illustre si joliment dans une de ses fables.

L'Amérique, elle, aura maintenant le choix d'étendre son impérialisme sur le monde entier en continuant d'abuser de sa puissance militaire, ou de se ressaisir en virant Bush avec pertes et fracas fin 2004. En espérant que Bush n'ait pas fait le dessein de s'installer définitivement à la Maison Blanche et de devenir Empereur en s'imposant par la force aux Américains ou par la ruse d'élections truquées. Les élections truquées, il connait çà le Président Bush, c'est ainsi qu'il est arrivé au pouvoir en Janvier 2001. Couronné, il deviendrait Dobeuliou 1er, le premier Empereur des Etats-Unis d'Amérique, avec pour sceptre un mini derrick de pétrole. Con comme il est, c'est peut-être ce qu'il a en tête... D'ailleurs les Bush c'est dèjà une dynastie, il y a eu le papa qui a fait sa guerre en Irak lui aussi, pour une bonne cause il faut bien le dire, mais qui doit quand même être consterné des énormes bêtises de son rejeton, alcolique repenti au fondamentalisme chrétien mal placé.

Dans cette bataille diplomatique qui restera dans les mémoires, on retiendra que les dés étaient pipés, depuis le début. Les diplomates n'avaient aucune chance de s'entendre. D'un côté Bush avec ses desseins cachés qui s'impatientait de plus en plus au fil du temps, de l'autre les diplomates du camp de la paix qui voulaient prouver que Saddam désarmait, mais ils étaient hors sujet. Un quiproquo qui va coûter la vie de milliers d'innocents et d'agresseurs. Les hommes de bonne volonté, dont je suis, pleureront les uns, et les autres, alors que les responsables, les faucons pro-sioniste de l'administration Bush, savoureront leur victoire.
Les Juifs ont été martyrisés depuis l'aube de l'humanité, et leur main-mise sur le pays le plus puissant du monde leur donne une revanche sur l'histoire. Je ne les blâme pas d'avoir accaparé le plus de pouvoir possible, et je comprend quelque part qu'ils veuillent créer un monde qui ne présente plus de risques pour leur survie. Je ne suis pas anti-sémite, je pense qu'un état d'Israël a le droit d'exister en paix, mais je me battrai pour qu'une minorité de pro-sionistes belliqueux, dangereux, et sans conscience ne mette pas le monde à feu et à sang.

D'ailleurs, je ne suis pas sûr que les plans fumeux de l'administration Bush pour ériger des barrières de démocratie arabes et musulmanes autour de l'État Hébreu réussissent. La démocratie est un phénomène endogène, elle doit venir des peuples concernés eux-mêmes, pas d'une administration d'Américains obtus, qui ont prouvé depuis toujours ne rien comprendre au monde Arabe. Avec Sharon comme conseiller, ils ne risquent pas d'oeuvrer pour la paix.
Pour ceux qui n'ont pas encore compris que l'Irak n'est que la partie émergée de l'iceberg, et que beaucoup d'autres guerres et conflits sanglants suivront très bientôt au Moyen-orient si on ne stoppe pas Bush et son administration, le réveil sera difficile. Ils feraient mieux de se décoller le cul de leur fauteuil comfortable devant leur télé, ces voyeurs, et d'aller manifester dans la rue pour montrer qu'ils sont humains, les télespectateurs des misères du monde. La démocratie participative est le seul moyen de protéger le pouvoir des peuples. Sacrifier pendant quelques heures un peu de comfort pour gagner sa liberté, ce n'est pas trop cher payer.
La guerre d'Irak n'est que le premier épisode d'un feuilleton macabre et irréaliste. Ceçi dit, si Bush a pu dorer la pilule aux Américains pour les convaincre d'aller faire cette guerre en Irak, ils vont se réveiller quand ils leur annoncera que c'est maintenant le tour à la Syrie, l'Iran, le Hezbollah, et pourquoi pas, dans la foulée, à la Corée du Nord. Les services de propagande de Bush vont devoir se surpasser. Quoiqu'ils soient très forts, ils viennent de le prouver, appuyés par une presse aux ordres du pouvoir. Ils savent y faire ces lèche-culs pourris de Wolf Blitzer, Aaron Brown ou Lou Dobbs. La manière magistrale dont ils ont enfumé ces ploucs d'Américains leur permet d'espérer de les mener en bateau pour plusieurs guerres.

Quelle déception cruelle que cette guerre inique pour ceux qui, pensaient que le XXI ième siècle serait le siècle de la paix sur terre... L'ONU explose, une double vision du monde s'installe et divise pour longtemps les grandes puissances, l'Amérique affiche ouvertement son impérialisme et seule maintenant la raison du plus fort prévaudra. Les traités de désarmement nucléaire sont gelés pour au moins une décennie, tant qu'un équilibre des forces entre l'Amérique et le reste du monde soit rétabli. Il faut inventer une nouvelle diplomatie, former les diplomates du monde entier à des techniques adaptées à cette nouvelle donne.
Nous sommes des milliards, oui, des milliards et pas seulement des millions, dans le monde à pleurer sur la brutalité des Américains qui violent nos libertés de façon incroyable et qui continueront, car rien ne peut aujourd'hui se mettre en travers de leur puissance militaire.

Bush se croit inspiré par Dieu. Inspiré, il l'est, mais par le Diable. Et s'il continue comme il a commencé, il ira rejoindre Hitler et Staline en enfer, où il brûlera pour l'éternité. Et si les destins de Jules César et de George W Bush sont semblables, Bush trouvera peut-être un jour son Brutus.
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Re: La (sale) guerre
Posté par jacquesv le 06/06/2006 21:46:54
Bon article!
http://www.michelcollon.info/img/humour/bush_sign.jpg
Re: La (sale) guerre
Posté par deep le 20/08/2004 07:50:52
bon article bravo et je dit a monsieur kritik que tes commentaires tu peut les grader pour toi meme et perssone ne t'oblige a lire les articles
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Publié le 23 mars 2003
Modifié le 23 mars 2003
Lu 785 fois

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