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Le cinéma coréen (1)

Depuis la sublimissime Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki et ses idées écologiquement revanchardes, un vent d'Asie souffle sur nos écrans français. Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais ! Oui sauf qu'à trop fixer le Japon et la Chine, on ne voit pas la belle vague de cinéma sud-coréen qui déferle, sinon en salles, au moins en DVD. Tour d'horizon...


A quel moment la Corée du Sud a-t-elle réussi à s'infiltrer parmi les plantes carnivores que constituent les blockbusters ricains dans la jungle des DVD thèques ? Quel film a été à la Corée du Sud ce que Princesse Mononoké fut au Japon ? Bonne question...

Sont nominés : Old Boy la palme d'Or de Cannes 2004, Wonderful days le Grand Prix Animation du Festival du Film fantastique de Gérardmer 2004, Memories of murder le Grand Prix du Festival du film policier Cognac 2004, 2 sœurs le Grand prix du Festival du Film fantastique de Gérardmer 2004, et Oseam le Grand prix du Festival d'Annecy et des Ecrans juniors Cannes 2004.


Vous l'aurez compris, 2004 est au cinéma coréen ce que 2007 sera aux candidats à la présidence : un champ de bataille. Et là, fort heureusement, on peut d'ores et déjà constater que nombre de victoires ont été remportées... J'en veux pour preuve ces moult récompenses gagnées ça et là au fil des concours plus ou moins prestigieux du paysage audiovisuel français.
Des films qui se suivent mais ne se ressemblent pas : policier, horreur, (auto) biographie, guerre, science-fiction et j'en passe, histoire vraie, inspirée ou inventée, pour un film avec des acteurs de chair et de sang ou d'animation.

Souvent encensés par les critiques, beaucoup de ces films restent néanmoins d'une discrétion à faire pâlir. Pourquoi ? Peut-être bien parce qu'on ne nous en parle pas assez. En effet, à moins d'être un cinéphile averti (et donc d'en valoir deux) et amateur –voire très friand- de presse sur le sujet, on ne se rend même pas compte de leur débarquement. Mais, me direz-vous, comment parler d'un film sud-coréen quand il ne faut surtout pas laisser filer la dernière grosse production hollywoodienne, le dernier bijou de Steven Spielberg, le dernier joyau de Tim Burton, la dernière perle de Woody Allen... Et le dernier trésor sud-coréen alors ? Oui mais on le caserait où ? Entre l'interview de Brad Pitt et les news de nos amis les peoples ? On n'a pas la place, on n'aurait plus le temps pour vous parler de la nouvelle coupe de cheveux de Renée Zellweger, du nouveau boyfriend too much de Julia Roberts, et des nouveaux achats top tendances de Paris Hilton ! On ne peut pas se le permettre, ce sont des informations CA-PI-TALES ! Et quand, enfin, on daigne nous parler d'autre chose que des States, c'est pour valoriser notre Ô combien chéri patrimoine français. C'est bien mais c'est lourd. Parce que ça se répète sur toutes les chaînes et jusqu'au 20 heures. En plus, Kassowitz et Annaud mis à part, je ne suis pas très fan. Mais bon, c'est sûrement dû à mon manque de culture dans ce domaine, il est vrai que je ne me rue pas sur les films faits maison.
Mais attention lecteur, ne te méprend pas... Car Spielberg et Allen, heeeuuu... ça dépend des films, alors que Tim Burton est un dieu génial, original, je l'adore, le vénère, je lui ai dressé un autel et tout ce qui va avec, Brad Pitt je ne peux pas en dire du mal, puisqu'il a joué dans trop de films que j'aime style Snatch (du formidable Guy Ritchie... Même si je n'ai pas encore tout compris à son Revolver... Si quelqu'un veut bien m'expliquer vite fait), Fight club, L'Armée des douze singes, etc. Zellweger, Roberts et Hilton, je n'en ai cure pour parler très poliment. Donc bref, je ne suis pas contre le fait d'en parler, juste qu'on parle toujours des mêmes. Voilà.


Naissance d'une passion

Une arrivée de films en masse, primés, et pourtant personne n'en parle. Alors comment se fait-il que je les ai vu venir ? La question est légitime et la réponse simple. Au cours de cette formidable année 2004, TPS me fait la joie d'un mois spécial "Asie mineure". Je me dis "Whaou... Japon !". Oui certes, mais pas seulement. Car je découvre non seulement la poésie humoristique de Takeshi Kitano dans L'été de Kikujiro, mais aussi celle, toute naturelle, du Vietnam avec le très calme À la verticale de l'été.

Puis vient le tour de mon premier (oh c'est émouvant !) film sud-coréen. Bon, à l'époque, dans ma grande naïveté je croyais que les films que je voyais à la télé après avoir fait un passage éclair (quand passage il y a) au cinoche, c'était qu'il s'agissait de petits films, genre indépendants et sans moyen. Mais j'ai appris plus tard que ce film qui a fait naître mon inégalable passion était en fait une grosse production et un gros succès dans son pays d'origine. Il s'agit de 2009 Lost memories, film de science-fiction de Lee Si-Myung. Le pitch ? En 2009 donc, un groupe de terroristes coréens se bat pour l'indépendance de son pays sur lequel le Japon a la main mise depuis la tentative d'assassinat ratée d'un homme politique japonais au début du XXè. Je ne vous en dis pas plus parce que perso, j'ai horreur quand on en dévoile trop.


Un deuxième film un peu bizare

Le même mois et sur les mêmes chaînes donc, je découvre, interloquée, le volcanique (je sais c'est facile) Volcano High de Kim Tae-Gyun, ou comment un ado blond peroxydé (non, ce n'est pas Steevy qui fait du cinéma à sa sortie du Loft) avec des supers pouvoirs (non, ce n'est pas un X-men) tente tant bien que mal de s'intégrer dans une école heeeuuu... Disons de magie (non, ce n'est pas Harry Potter en Corée, ça n'a rien à voir). C'est survolté, c'est le moins qu'on puisse dire. Autant 2009 me paraissait très coréen, autant celui-là me paraissait carrément martien ! Ne sachant pas quoi en penser –aujourd'hui encore je ne saurais dire si j'ai aimé ou pas ce film- je me dis "la Corée, je continue ou pas ?"


Et un troisième très étrange

Mais le souvenir de 2009 me hante et à la première occasion je me jette avec avidité sur une autre victime : l'étrange Memento Mori de Kim Tae-Yong et Min Kyu-Dong. Etrange oui, mais au moins, je sais que je l'ai aimé. Au premier visionnage, c'est déroutant pour le néophyte visage pâle pas physionomiste : ça se passe dans un lycée de jeunes filles coréennes, ce qui signifie en clair : mêmes cheveux, même uniforme. Et là c'est très dur de suivre quand on ne reconnaît pas les personnages. L'une des filles trouve un journal intime et découvre que deux de ses collègues sont lesbiennes et, forcément, ça jase à l'école. Alors quand l'une des deux se suicide, ça mérite un beau flash-back sur cette relation montrée du doigt par des camarades peut-être un poil jalouses. Bon après arrive, et c'est ce que je trouve bizarre, une histoire de fantômes. Je n'ai pas compris. Si c'était pour faire peur, c'est raté ; si c'était pour donner le coup de grâce au spectateur occidental qui s'accroche à vouloir tout comprendre, c'est pas réussi mais c'est bien joué ! Mais un beau film, je trouve. Si, si, malgré tout ce que j'ai dit...


Un premier dvd et un changement de ton

Après cette entrée en matière troublante, je tombe, quelques semaines plus tard, totalement par hasard sur une offre qui ne se refuse pas : deux films asiatiques pour le prix d'un, dont le très fleur bleue Battle royale. Ni une ni deux, je plonge littéralement dessus provoquant l'effarement chez le buraliste qui vendait cette sainte relique dans l'histoire japonaise. Je n'ai même pas pris le temps de faire connaissance avec le deuxième film, ce n'est pas grave, on a toute la nuit devant nous.

Le générique de fin de Battle royale se terminant, je pars à la rencontre de celui qui est donc mon premier (re- oh c'est émouvant !) DVD de film coréen. Mais déjà, le titre ne me plaît pas. Il n'a ni le mystère de 2009 Lost Memories, ni la poésie de Memento Mori. La 6ème victime qu'il s'appelle. C'est bof. Ça me fait penser à un pauvre film policier dans lequel la 6ème, et dernière, victime n'est autre que le héros, genre le policier qui a enquêté pendant une heure et demie aux côtés de l'assassin sans le savoir. Bon, fort heureusement, le sous-titre, qui doit être la traduction littérale du titre original ou quelque chose comme ça (mais je peux me tromper), me plaît bien mieux : "Tell me something"... Dis-moi quelque chose... Et si possible autre chose que l'espèce de propagande en haut de la jaquette qui promet "le film le plus angoissant de l'année". Quelle galère, je n'aime pas les films qui font peur. J'ai peur d'avoir peur. Oui je sais, c'est bête, allez-y, moquez-vous ouvertement, mais je n'y suis pour rien, je suis très bon public, même pour un film très nul. Je le met dans mon lecteur un peu à reculons, et la présentation se fait avec des bruits un peu glauques et spongieux et du sang rouge fluo sur l'écran... Mais c'est quoi cette caricature ? Un clic de télécommande plus tard, et je découvre trois cadavres éparpillés façon puzzle (vive les tontons flingueurs, ceux qui connaissent les répliques du film comprendront), un gentil flic qui a fait des trucs pas très chics mais très compréhensibles (Whaou ce n'est pas un homme parfait qui va sauver le monde, il n'est pas américain alors ? Non, non, il est coréen et puis le monde n'a pas besoin d'être sauvé dans ce film-là. Ah bon ce n'est pas un film américain alors. Ben non.), et une jeune fille pas vraiment baignée dans la joie. Le film s'avère finalement être plutôt bien ficelé, le scénario et la mise en scène de Youn-Hyun Chang m'ont tenu en haleine jusqu'au dénouement : on croit savoir, on se trompe, on soupçonne et puis on doute, c'est bien prenant finalement ! Une bonne petite surprise donc, malgré un a priori de départ pas bon du tout. En fait, maintenant je me dis que c'est peut-être parce qu'il ne pouvait pas être pire que l'idée que je m'en était fait. Non, sans blague, il est vraiment pas mal pour un film policier un petit peu gore.


La suite au prochain épisode

Comme je ne veux pas tuer mon lectorat (si ce n'est pas déjà fait... Je vous imagine déjà écroulés devant vos écrans à vous demander quand ça va s'arrêter), je m'arrête ici et je vous laisse digérer le début. Parce que ce n'est que le début... La prochaine fois, au menu : Old Boy, Memories of Murder,... Et bien d'autres ! Tchô !
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Re: Le cinéma coréen (1)
Posté par hotarukali le 14/04/2006 10:45:01
bien vu chiumounou. une terrible erreur dû au fait que g prêté mon dvd alors que d'habitude je vérifie les prix décernés sur les boitiers. d'ailleurs au passage, je n'ai pas vu F9/11. il est bien?
Re: Le cinéma coréen (1)
Posté par hotarukali le 14/04/2006 10:44:16
bien vu chiumounou. une terrible erreur dû au fait que g prêté mon dvd alors que d'habitude je vérifie les prix décernés sur les boitiers. d'ailleurs au passage, je n'ai pas vu F9/11. il est bien?
Re: Le cinéma coréen (1)
Posté par chiumounou le 14/04/2006 10:36:56
juste une ptite rectification : Old Boy était pas palme d'or en 2004, mais prix du juri
la palme c'était Farenheight 9/11
Re: Le cinéma coréen (1)
Posté par hotarukali le 13/04/2006 14:48:55
merci Hell pour la précision sur volcano high, ça fait deux ans que je l'ai pas vu je crois et j'ai la mémoire super défectueuse (si jeune c'est triste, je sais). Je suis en tout cas ravie que l'article vous ai plu! :-D
Re: Le cinéma coréen (1)
Posté par mimi_uragi le 13/04/2006 09:28:37
Je connais moins le cinema corréens, j'avoue...le cinema japonais, Hong Kongais pas de pb...donc là je suis contente de decouvrir !!!^_^ merci pour cet article bien fait et bien personnel(dans le style) :-)
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L'auteur : Coeur de Puma
30 ans, La rivière à la sorcière (France).
Publié le 13 avril 2006
Modifié le 12 avril 2006
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