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Le répertoire des anonymes

Un adolescent solitaire sombre dans la mélancolie puis découvre l'âme soeur, mais pas où il pensait la trouver...


Je crois ne pas avoir été le seul dans ce cas. Il y encore quelques mois, je m'emmerdais. Je me faisais chier à outrance (charmante ville...). On a beau se dire que sa famille est formidable, que ses amis sont fort présents ou que l'on a pas à se plaindre de sa situation, il y a toujours un sentiment persistant qui nous pousses à la mélancolie. Comment décrire ce mal ? C'est une sorte de très léger malaise qui vous prend toujours aux mêmes instants : le matin avant de partir en cours, à la fin d'une pause, quand on rentre chez soi ou quand on pense au lendemain. Une sorte de petite boule qui va et vient dans l'estomac, et qui prend un malin plaisir à instaurer ses méfaits. Bref, je vivais ça. Je me suis donc interrogé quant à l'origine de cette mélancolie. La réponse était évidente : il me manquait quelqu'un, une personne du sexe opposé. J'éprouvais cette jolie et prétentieuse envie de former un couple modèle, qui pourrait me faire sortir de ce cocon et qui pourrait également me libérer de toutes ces réflexions inutiles que m'imposent mes tristesses. Une nouvelle situation qui puisse me faire penser à rien. Ou en tout cas, à rien d'autre que la fille en question...


Cette fille, je la cherchais plus ou moins directement depuis un bout de temps déjà. Sans me rendre compte de mon manque, je regardais, je contemplais, je visualisais, je comparais... Et, à force d'errer plusieurs semaines entre ces regards (très rarement réciproques, hélas...), j'ai rencontré Marie.
Marie.
J'étais bien content de l'avoir trouvée ma petite Marie. Elle était en quelque sorte une fille idéale (beau physique...). C'était le genre de fille qui disposait de tout ce que l'on pouvait attendre d'une adolescente. Je me rappelle ses attitudes, ses expressions. Je me souviens également de son ravissant petit minois. Ces souvenirs restent encore assez vagues (elle m'a donc si peu marquée ?). Lorsque j'essais de visualiser son visage, je n'y arrive pas du premier coup. Ce ne sont pas des souvenirs distincts, et je dois donc procéder par étapes. Ses cheveux, ses yeux, son sourire, que je replace ensuite sur mes souvenirs de son corps. Je fignole après en lui insuflant ses attitudes, son caractère, sa façon de penser, et j'en arrive au final par sa visualisation encore incomplète, mais suffisante pour pouvoir la décrire une fois de plus (je n'ai fais que ça durant un temps...). Par où commencer ? Je vais commencer par le plus évident : son visage. Un visage diaphane et froid. Des traits assez délicats qui ne gâchent en rien sa peau source de lumière (aveuglante). Le tout très joliment enrobé par ses cheveux roux, qui (bien coiffés) épousent parfaitement ses traits. Ses cheveux roux ni trop pâles ni trop éblouissants qui créent un joli contraste qui n'en finissait pas de m'intriguer. Ses yeux verts (très étranges...) qui vous regardent avec ce petit air de chien battu. Et c'est à cet instant précis que ses lèvres, fines et discrètes, s'ouvrent et laissent entrevoir un discret et charmant sourire. Ses yeux se mettent à pétiller et vous vous sentez incroyablement calme durant de (trop) courtes secondes.
Marie.
La fille que j'attendais est venue tout simplement vers moi avec son petit air mutin, et je me suis laissé faire (erreur ?). Elle me faisait fondre (je crois). J'aimais son corps, j'aimais ses expressions, son attitude un peu forcée parfois. J'aimais tout son être...
Ensuite est venue la traditionnelle période de trouble (inévitable !). Nous sommes beaucoup sortis. On a du faire toute la région ensemble. Je crois fortement que c'est cette période qui fut fatale à notre relation "amoureuse". Enfin, moi je pensais être amoureux, mais elle, je n'en suis pas si sûr. Elle souriait tout le temps, était tout le temps partante pour aller quelque part. Elle aimait prendre des initiatives et choisissait elle-même où on devait aller et avec qui on devait y aller. Ce n'étaient pas mes amis (bien sûr !), c'était les siens... Lorsqu'elle était avec ses amis, on ne pouvait la voir plus heureuse. Je m'effaçait derrière. Par contre, quand elle rencontrait les miens, elle se trouvait plus désagréable qu'à l'accoutumée, comme si elle était persuadée de leur inintérêt. C'était une des choses (et il y en avait beaucoup d'autres) que je n'aimais pas chez elle. Je l'entends encore dire un jour d'été (je hais l'été !) :
-Eh viens ! On va à la plage !
Je déteste la plage. J'ai toujours haïs la plage. L'horrible sensation du sable chaud qui vous irrite les pieds, les exhalaisons salées de l'eau de mer qui vous gratte le nez, les stupides et pathétiques jeux de plage et j'en passe ! Pour peu qu'il y ait du vent, vous vous retrouvez avec plusieurs kilos de sables dans les yeux (j'ai bien fait de renoncer aux lentilles). Ensuite, on rentre chez soi, fatigué de n'avoir rien fait, on fout du sable partout et on prend une douche à contre-coeur. J'avais beau essayé de la dissuader, lui soutenant qu'une simple balade ou qu'une après-midi dans le canapé en regardant un film de location était bien plus agréable, mais rien n'y a fait. La plage n'est qu'un exemple, il y a eu d'autres occasions où je suis sorti contre mon gré et même où je ne suis pas sorti du tout. Je ne le regrette pas. Du coup, elle m'a quitté. Le plus étonnant est que je m'attendais à cette rupture. Ce n'est pas que je ne l'aimais plus, c'est que je me suis aperçu trop tard qu'elle était trop bien pour moi. Il n'y a rien d'autre à dire, si ce n'est qu'elle m'a fichu un sacré coup au moral...

Et là, sans trop réfléchir (ou en réfléchissant tellement que je ne m'en suis même pas rendu compte), je me suis retrouvé à me balader (ou plutôt à errer) dans les rues de ma petite ville, lieu propice à ce que j'appelle le quadrillage. Voilà ce que je fais à longueur de temps quand je suis seul : je quadrille. Toujours la même méthode : prise de repères, aperçu d'une fille, fixation de mon regard sur la fille (tout en restant discret, question d'habitude...), et ensuite je devine et mémorise ses caractéristiques, ses qualités, ses défauts (toujours peu nombreux à la première vision), et je lance enfin la comparaison avec les autres filles qui ornent mes pensées. Je me forge ainsi un répertoire original car constitué de rapides descriptions et de caractères devinés. Un répertoire changeant de jours en jours, dans lequel je modifie tout, et ce, constamment. Par exemple, lors de mes errances tardives à travers les ruelles de ma ville, j'ai croisé une très jolie fille. Elle avait les cheveux clairs en queue de cheval et était toute vétue de blanc. Chaussures blanches, jean moulant blanc (fort seyant), ceinture blanche et petit haut blanc qui lui allait à ravir. Fort peu vétue en somme pour un mois de février... Je l'ai regardée discrètement et j'ai immédiatement réfléchit à son comportement de tous les jours. Elle me donnait la vague impression qu'il s'agissait d'une fille, comme qui dirait, joyeuse... Je l'imaginais déjà rigoler avec ses amis (des gars que je n'apprécie guère) et sortir en discothèque (lieu que je déteste). Je me suis imaginer ses habitudes (accro de la télé-réalité, de la mode...), ses manières (un brin racoleuse...) et j'en arrive à ma conclusion fatidique : NON. Ce n'est pas une fille que j'apprécierai et je ferai mieux de passer mon chemin. Bilan : je ne garde dans mon répertoire que son physique avantageux. Je sais, c'est peut-être un peu facile de juger les gens sur un simple regard, mais c'est un comportement inné chez moi et j'avoue ne m'être que très rarement trompé (c'est fout tout ce que l'on apprend sur les gens rien qu'à leurs tenues vestimentaires !). Mine de rien, mon répertoire se faisait de plus en plus rempli. J'y intégrais toutes les filles qui m'ont attiré (ne serait-ce qu'une petite seconde). Dans ce répertoire se cotoient des camarades, d'autres filles de mon lycée ou de simples passantes quadrillées au centre commercial, au cinéma ou en regardant à ma fenêtre. Certaines personnes passent un temps énorme pour constituer tant bien que mal un répertoire rempli de numéros de téléphone ou d'adresses (bidons ou périmées au bout d'un an ou deux), pour finalement arriver à bien peu de chose (que rapporte le mérite ?). Pour ma part, mon répertoire est en constante évolution. Je n'utilise aucun carnet, aucune feuille, aucun téléphone, mais uniquement ma pensée. Mon répertoire est jonché de comparaisons, de rapports qualité, qui me font construire certaines descriptions types de la fille idéale, qui deviennent par la suite les nouvelles bornes étalons pour mes comparaisons futures.
Mon répertoire est la meilleure des lecture. J'aimerais m'y plonger comme on peut se plonger dans un roman ou un bon film. Je lis les trois quarts du temps...
Jusqu'il y a quelques jours, j'errais encore, fidèle au poste, à travers les ruelles sombres et étroites de ma ville (qui commence sérieusement à me lourder !) et de mon esprit (torturé).
Je suis donc resté dans un état de semi-conscience. J'explique : j'avais beau rester vigilant et attentif au monde réel, j'éprouvais une effroyable envie d'aller me coucher dans un lit bien tiède et bien bordé, pour divaguer ensuite dans quelques fantasmes et planifications érotiques. Ensuite je pourrais m'endormir profondément, espérant que ces fantasmes (créés avec l'aide de mon répertoire, bien sûr !) persistent en tant que rêves. En bref, j'étais redevenu comme avant, sujet à mes rêveries changeantes et un brin perverses...

De peur de me voir sombrer dans l'irréel, on me présenta plus ou moins discrétement plusieurs filles, histoire de me voir changer d'état d'esprit (dégradé par mes virées nocturnes) et me faire oublier l'échec de ma relation avec Marie (qui a eu le temps de se recaser entre temps, d'ailleurs...). D'après mon répertoire, aucune ne me correspondait. Ca a duré quelques jours. Mon répertoire s'est rempli jusqu'à saturation jusqu'à ce qu'on me présente Natalie.
Natalie.
Voici donc la fin de mes dernières aventures amoureuses. Je vis maintenant une nouvelle idylle, plutôt dérangeante je dois l'avouer, car entretenant une variante du même malaise que je décrivais au début de ce récit, mais également terriblement excitante par les bienfaits qu'elle me procure. Je peux toujours essayer d'écrire un passage sur Natalie, mais je ne sais pas par où commencer une fois de plus (et les sentiments que je m'efforcerai à décrire seraient bien en deça de ce que j'éprouve). Cette fille hante bénéfiquement mon existence et me procure des sensations à la fois si magnifiques et stimulantes, mais aussi parfois si accablantes (et je ne peux expliquer pourquoi) ! Elle est la femme de ma vie. Elle est bien plus que ce que je pouvais imaginer chez une fille, je le sens. Elle est troublante (c'est le mot exacte). Bizarrement, elle ne correspond à aucun type particulier que j'aurais put insérer dans mon répertoire. Elle semble sortir de nulle part avec son petit air candide. Candide, je le pensais au départ, mais plus maintenant. Je ne peux pas dire que je la connais mieux (au contraire !), mais je m'efforce à la comprendre. Ce n'est pas chose aisée. Lorsqu'elle n'est pas avec moi et que je pense à elle, je me réfère à des souvenirs bien distincts. Un simple clignement des yeux et je place d'un coup toutes mes connaissances à son sujet. Tout le contraire de Marie (mais au fait, c'est qui elle ?). Des fois, je me demande ce que Natalie ressent à mon sujet. Elle se dit et je la sens amoureuse de moi, mais je n'arrive pas à le deviner immédiatement quand je la regarde dans les yeux (qu'elle a très jolis, d'ailleurs). Quand elle vous regarde, vous restez bloqué face à un gigantesque océan brun. J'ai rarement vu des yeux de cette pureté. Elle a cette habitude de garder toujours ces yeux grands ouverts, comme si elle était constamment étonnée de quelque chose en moi (je me demande bien quoi !). Ses cheveux mi-longs bruns et raides descendent par centaines comme des filaments incandescents qui vous efferment dans la ravissante prison de son visage. Vous étouffez. Vous suffoquez. Vous mourrez. Et quand elle vous sourie... Je souhaite à tout le monde de voir sourire un ange... La descente de ce rêve éveillé est insupportable. Votre regard tente d'apercevoir le reste de ce qui vous entoure, mais vous vous sentez obligé de regarder le reste de son très beau corps. En la regardant une première fois, Natalie est une fille plutôt commune, mais en s'intéressant plus à elle, vous découvrez qu'elle cache de nombreuses choses qui ne demandent qu'à être trouvées. Vous avez beau chercher au plus profond de son regard, vous êtes condamné à contempler son visage. Accompagnant ses yeux et ses cheveux bruns, sa peau chaude vous pousses à la caresser doucement, à glisser lentement votre pouce sur ses quelques grains de beauté qui donnent à l'ensemble cette petite touche authentique. Elle est à moi ! Mais ce n'est pas uniquement sa beauté naturelle qui me fascine chez elle, c'est aussi son comportement avec moi. Elle me passione. Pour calmer mon impatience d'explorer son être et son mental, je suis au bord de me ronger le corps. Avec Marie je ne voulais que quelques bons moments. Avec Natalie, je rêve de rester allongé à ses côtés jusqu'à la fin d'une nuit éternelle. Marie était en quelque sorte le physique idéal, la fille de mes fantasmes, Natalie est la fille de mes rêves. Lorsque nous sommes allongés et qu'elle se penche vers moi, je dois avouer que j'éprouve une certaine peur. Son attitude me pousse à croire que, d'une certaine façon, je suis perdu. Perdu par le biais de son être. C'est une fille que vous avez peur de perdre un jour. Obsédante. Natalie est obsédante. C'est une expérience à vivre. Tout le monde en est capable, et tout le monde se doit de la vivre (à ses risques et périls). J'ai constamment peur de perdre Natalie. Je ne m'en remettrais pas. Elle est devenue mon essence. Le fourmillement d'idées que m'offre Natalie et ses attitudes encombrent mon esprit, et je me perds dans cet écrit pitoyable, pas foutu de faire éprouver au lecteur ne serait-ce que un pour cent de mes sentiments (ou de mon malaise) envers cette fille. Ce malaise serait-il l'amour véritable ? La vie de couple parfaite se résumerait-elle à une constante souffrance ? Je recommande une nouvelle fois au lecteur de vivre cette relation dès maintenant. Comment ? En créant votre propre répertoire d'anonymes et en attendant.

Pour ma part, je m'en vais m'endormir dans les tendres bras de ma chère et tendre Natalie, qu'elle puisse se coller à moi et qu'elle puisse explorer les moindres recoins de mon âme et de mon corps.
Que demander de plus ?
C'est simple.
Que Natalie puisse exister...
Putain de répertoire...
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Re: Le répertoire des anonymes
Posté par ghost dog le 20/08/2004 07:53:50
ah... L'espoir... c'est obligé, il y a l'âme soeur pour chacun d'entre nous mais va savoir où? Si ça se trouve mon âme soeur est en chine, reloo!
Re: Le répertoire des anonymes
Posté par dams69666 le 20/08/2004 07:53:50
alalala comment c trop bo tu t trop gav c'est vraiment magnifique sque tu dis et puis ta manière d'écrire mefis toi si tu la trouve n'ecrit plus jamais sur elle tu va faire plein d'émule c'est magnifique ske tu raconte.
digne des plus belles chanson d'amour!!
braveau vraiment excellent !
Re: Le répertoire des anonymes
Posté par joe strummer le 20/08/2004 07:53:50
Pas très joyeux... excellent.
Re: Le répertoire des anonymes
Posté par stilgart le 20/08/2004 07:53:50
no comment
super
Re: Le répertoire des anonymes
Posté par heaven_shall_burn le 20/08/2004 07:53:50
Très joli...
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Publié le 14 décembre 2003
Modifié le 14 décembre 2003
Lu 915 fois

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