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Le vampire de l'île merveilleuse

Une histoire en plusieurs parties dont la suite arrivera sous peu.


Le soleil s’était couché sur l’immense propriété de la famille Mac Cadfael. Plus bas, les ombres se profilaient comme une meute de loups dans les vallées environnantes.
Le ciel était encore baigné de teintes pastel, et plus bas, on distinguait encore la lueur de l’astre mourrant.
Le souper s’était passé comme d’habitude, dans un froid glacial sans paroles échangées. Depuis que la bonne s’était montrée trop attentionnée vis-à-vis de Sir William Mac Cadfael, sa femme, Lady Erine Mac Cadfael, s’était murée dans un silence total en sa présence. Et celle qui en souffrait le plus était leur fille unique, Elyzabeth.
Ses journées étaient d’une monotonie réglée comme une partition d’un grand morceau de musique aux accents lugubres. Elle prenait son petit déjeuner avec ses parents murés dans leur silence obstiné, puis commençait ses cours avec le précepteur. A midi, elle prenait le repas seule devant ses leçons, puis sortait pour une balade dans la propriété. Elle prenait ensuite ses cours d’équitation et finissait la journée par ses leçons de piano. A 18h00, elle soupait avec ses parents dans l’atmosphère glaciale de la grande salle. Et enfin, elle rejoignait la chaleur de sa chambre, pas encore débarrassée de ses jouets d’enfant, mais dont son appartenance à une jeune fille en passe de devenir femme ne faisait aucun doute.

Ce soir là, elle n’arrivait pas à dormir. L’obstination de sa mère et le regard de chien battu de son père la hantait. Elle aimerait tant que tout redevienne comme avant, que le soleil illumine à nouveau le visage de sa mère et qu’un sourire vienne éclairer les yeux de son père. Mais peut être n’était ce pas possible ? Pourtant, quand les gens s’aiment, ne devraient ils pas tout se pardonner ?
Elle avait besoin de se confier a quelqu’un, mais qui ? Alors, depuis quelques mois, elle avait entamé un journal intime, dans lequel elle confiait ses peines, ses regrets mais aussi son secret.
Quand elle y pensait, elle se sentait rougir sur tout le corps et une chaleur l’envahissait. Parfois elle tremblait à l’idée que la bonne ou sa mère ne tombe sur son carnet et ne découvre tout. Qu'elles ne découvrent comment toutes les semaines, elle rêvait d’un étrange et beau jeune homme qui l’attendait dans le clair de lune devant sa fenêtre. Comprendraient t’elles a quel point son regard était troublant, si magnétique mais si triste aussi ? Verraient elles comme elle comme il était beau et élégant, comme son port était noble et le ton de sa voix si mesuré ? Ou n’y verraient elles qu’un imprévu, un grain de sel dans l’avenir pré établit d’Elyzabeth ? Un imprévu dans le mariage organisé par la mère d’Elyzabeth et une lointaine cousine, visant à unifier leurs deux lignées séparées par le temps grâce a leurs enfants ?
Et comme à chaque soirée, Elyzabeth confia ses craintes à son journal, la lampe a pétrole laissant dans sa chambre une odeur âcre et jetant des ombres de fantômes antiques dans les recoins de la pièce.

Mais ce soir là, Elyzabeth fit quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait. Au lieu de replacer son journal dans le tiroir de sa table de nuit et de le fermer a clé, elle glissa son journal sous son oreiller et s’endormi dessus, priant pour que son bel inconnu l’emmène loin de cette horrible maison.

Et dans la profondeur de la nuit, deux yeux argentés se fixèrent sur la fenêtre où la lumière mourrait et répondit : "Que tes souhaits soient exaucés…"



Elyzabeth avait fait un rêve étrange. Elle qui espérait revoir son bel inconnu en rêve, elle s'était retrouvée sur un bateau qui flottait loin de chez elle, vers des territoires inconnus. Le ciel avait changé, et avait perdu sa couleur bleue pour un vert émeraude profond et chatoyant. Et lorsque le jour s'était levé, le ciel et la mer se confondirent en un même bleu azur profond. Jamais encore les récits les plus fous lui avaient laissé penser que telle magie était possible. Au large, une plage scintillante comme des myriades de grains d'or, et plus loin, une lande d'un vert tendre qu'aucun pré ne pourrait un jour rêver de posséder. Ca et là, des forêt rassemblant toutes les tonalité de verts, piquetée de touches de blanc ou de rose pâle.
Quand Elyzabeth posât le pied sur le sable, elle le trouva plus doux que le satin. L'air lui-même était caresse, le chant des oiseaux, musique divine plus pure que les saints cantiques, et les fleurs dégageaient un parfum suave et coloré. Cette île n'était que délice, purs joyaux à la vue, au toucher et à l'odorat.
Elle se retourna pour remercier l'équipage, mais il avait déjà disparut et le bateau se trouvait à des centaines de mètres de la plage. Elle s'aperçut qu'elle tenait son journal a la main, mais cela ne la troubla pas. Ne lui avait elle pas demandé de l'emmener loin de chez elle?
Elle avança dans le sable, puis dans l'herbe, se délectant à chaque pas de la vue et des sensations que l'île faisait naître en elle. Passant à côté d'un pommier, elle se saisit d'un fruit et le croqua. Il lui semblait découvrir ce qu'était enfin une pomme, tant par le goût que par son fondant sur la langue.
Elle gravit une colline, et là, comme si l'île n'avait été qu'un écrin a un diamant, se dressait un château comme elle n'en avait jamais vu. Les flèches étaient de cristal, les portes de bois précieux, les murs de marbres blancs les plus dur mais aussi les plus beaux, les fenêtres étaient d'or et de pierres précieuses. Tout respirait la beauté et l'harmonie, tant dans ses formes que dans son apparence.
Elle s'avança, revêtue de son innocence vers ce château tout droit sortit de ses songes.
Mon mystérieux visiteur devrait vivre dans un château comme celui-ci!
Elle se présenta enfin devant la porte d'entrée du château, et elle entendit le crissement des chaînes qui remontait la herse. Dans un cliquetis sourd, la porte en bois massif commença à tourner sur ses gonds et s'ouvrit. La cour du château était déserte. Elle se dirigea vers les escaliers qui pénétraient directement dans le bâtiment de marbre. Les couloirs étaient éclairés par de lourds chandeliers en or diffusant une lumière chaude sur les murs. Elle se sentait guidée par quelques invisibles mains et passait dans les couloirs, dépassant des salles de fête somptueuses, des chambres délicieusement décorées et des salles de banquets confortable et agréable à l'œil. Elle arriva enfin devant une double porte entièrement sculptée de nymphes et de naïades, et délicatement rehaussée de couleurs et d'or fin, donnant à ce tableau une impression de vie et de mouvement.
La porte s'ouvrit, dévoilant une chambre au parquet de bois précieux, aux milles lustres scintillant, et trônant au centre de la pièce, un lit a baldaquin digne des plus grandes reines, aux colonnes sculptées de milles sirènes, aux voiles rehaussés de perles et de dentelles, aux couverture du plus doux des satins, et fourrées du plus chaud des duvets.
Exténuée (Mais comment pouvait on être fatiguée dans un rêve?), elle s'allongea dans la promesse des draps, serrant toujours son journal intime, déjà impatiente de se réveiller et de pouvoir raconter ce rêve merveilleux. Et elle replongea dans un sommeil qui cette fois, fut sans rêves.
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Re: Le vampire de l'île merveilleuse
Posté par sitchevette le 20/08/2004 07:54:40
G trouvé ton article extraordinaire!!
Il est très bien raconté!!
Vivement la suite!
bisous
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Publié le 20 février 2004
Modifié le 20 février 2004
Lu 515 fois

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