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Les enfants des étoiles (Stephan Lewis)

Ils m'ont retrouvé ! Ils sont déjà là et ils sont hostiles ! " Ces paroles ont été prononcées par un passager affolé du vol BA 5061 Bristsh Airways en provenance de Manchester et à destination de Perpignan. De quoi surprendre Dany Ballantine, installé confortablement sur le siège voisin des premières classes du Boeing 747...


Extrait - Roman fantastique publié le 02-03-2009


Chapitre I

Rien à signaler... Dans la nuit étoilée du 6 mai 1999, le vol British Airways BA 5061 en provenance de Manchester en Angleterre, amorce sa descente vers l'aéroport de Perpignan. Le vol s'est déroulé sans incident et le Boeing volant à 4000 pieds d'altitude se prépare à virer vers la piste 24. Le commandant de bord est aux commandes et lutte contre un vent fort de nord-ouest qui bouscule un peu son appareil, tandis que son copilote surveille les instruments de bord.

Dany Ballantine, un solide gaillard de 41 ans aux yeux verts et à la carrure athlétique, portant des cheveux noirs taillés en brosse, est confortablement installé dans le salon des premières classes. Il converse tranquillement avec son ami et compatriote, le professeur Joseph Winter, éminent archéologue britannique sexagénaire au front partiellement dégarni, portant de petites lunettes cerclées d'acier sur le bout du nez. L'ambiance à bord est plutôt détendue, lorsque soudain, Ballantine qui est assis près d'un hublot, a le regard attiré par un fait des plus insolites, qui le fait même sursauter.

A travers la vitre du cockpit, le commandant de bord et son copilote, témoins du même phénomène, ont subitement senti leurs pulsations s'accélérer.

Une énorme masse surgie inopinément d'un nuage, semble se précipiter et fondre vers l'appareil.

Surpris, les yeux agrandis par la stupeur, le pilote s'est instinctivement recroquevillé pour s'agripper aux commandes en un réflexe trahissant son désarroi. Mais son mouvement est à peine amorcé, que l'étrange objet les a déjà rejoints et distancés. Après être passé à grande vitesse sur la droite de l'avion sans engendrer lemoindre bruit, il s'est aussitôt volatilisé.

Le commandant a vite réalisé que quelque chose de singulier et d'inhabituel venait de se produire, ayant mis indéniablement la sécurité de ses passagers en danger. Il s'est tourné précipitamment vers le copilote, le visage blême et décomposé.

- Vous avez vu Peter !... Articule-t-il d'une voix blanche, aussi tremblante qu'émotionnée.

Ce dernier, le teint livide, s'est contenté de lui adresser un regard des plus significatifs. En revanche, aucun des passagers, hormis Ballantine et un homme d'une cinquantaine d'années, n'a remarqué quoi que ce soit d'anormal, sans doute en raison des faibles dimensions des hublots dont le champ de vision est extrêmement réduit.

Tandis que Ballantine, à peine remis de son émotion, fait part de cette étrange et plutôt brève apparition au professeur Winter, l'équipage contacte Perpignan afin de déterminer la nature de cet incident. A savoir si le radar a signalé la présence d'un autre avion dans la zone. A leur grand étonnement, les contrôleurs aériens répondent aussitôt par la négative : Rien sur les écrans.

L'homme qui a également assisté au phénomène et qui est installé devant Ballantine a bondi de son siège, subitement sujet à une panique naissante.

- Vous avez vu vous aussi ?... Lui lance alors notre ami, qui a remarqué son étrange comportement.

Mais l'intéressé est visiblement affolé.

- Ils m'ont retrouvé ! Ils sont déjà là et ils sont hostiles... Réplique-t-il d'une voix quasi étranglée, les yeux hagards.

Et avant que Ballantine n'ait pu ajouter un mot, l'inconnu s'est précipité vers les toilettes.

- Qu'a voulu dire cet homme ?... S'étonne Winter, les sourcils en accents circonflexes.

- Je l'ignore professeur... S'interroge Ballantine avec une mimique de surprise ... Il a certainement assisté, comme moi, à cette succincte apparition. Mais sa réaction me surprend !

- Qu'avez-vous aperçu exactement ?

- A vrai dire pas grand-chose. Je n'ai guère eu le temps de me rendre compte... Admet Ballantine en se passant une main ouverte dans sa courte brosse... Je suis néanmoins certain de ne pas avoir eu la berlue. J'ai la nette impression qu'un autre avion nous a frôlés.

- Vous m'étonnez Dany. Chaque appareil a son propre couloir de navigation. Nous sommes à proximité du terrain et apparemment aucun passager ne semble avoir remarqué quoi que ce soit de particulier. D'ailleurs regardez ! Les hôtesses bavardent entre elles avec insouciance. Si, comme vous le supposez, un autre appareil nous avait effleurés, étant donné le risque encouru, une telle chose ne serait tout de même pas passée inaperçue ! Ne serait-ce que par les pilotes... Se contente d'argumenter Winter avec un geste dérisoire.

- Je ne peux qu'approuver votre raisonnement professeur. Toutefois, je reste activement persuadé qu'il s'est produit quelque chose d'insolite à l'insu des autres passagers. Je n'ai pas rêvé. D'ailleurs, l'homme qui était assis devant nous a assisté au même phénomène. Ce qui n'explique toutefois pas son curieux comportement.

Entre temps, le Boeing s'est posé et les hôtesses procèdent au débarquement de ses passagers.

Winter et Ballantine, sans accorder plus d'importance à l'incident, se dirigent nonchalamment vers la sortie après avoir récupéré leurs bagages.

Tandis qu'ils traversent l'aéroport, l'étrange bonhomme qui avait manifesté son désarroi dans l'avion, surgit précipitamment devant eux avec l'air d'un animal traqué.

- Je vous en prie. Prenez soin de ceci. Je n'ai plus le temps !... Halète-t-il dans un souffle empressé, en abandonnant vivement son attaché-case entre les mains de Ballantine, sans autre formalité.

Puis, sans ajouter un mot, il s'est rué vers la sortie, laissant les deux autres pour le moins interloqués.

Avant qu'ils ne soient revenus de leur surprise, ils sont violemment bousculés par trois individus barbus, manifestement lancés à la poursuite de leur homme qui a déjà disparu. Ces derniers, après les avoir dévisagés sans la moindre indiscrétion et sans même proférer un seul mot d'excuses, se sont aussitôt perdus à leur tour dans la foule.

- Qu'est-ce que tout cela veut dire !... S'effare le professeur, bouche bée, déconcerté et excédé par cet enchaînement de comportements indélicats des plus singuliers.

- Ce type avait l'air paniqué !... Réalise Ballantine qui, manifestement pris au dépourvu, contemple la sacoche d'un air surpris et plutôt embarrassé.

- Il semblait surtout pressé !... Souligne Winter avec une moue d'indignation, en portant à son tour son attention sur la mallette de cuir abandonnée par l'inconnu entre les mains de son ami.

- Ces trois lascars, qui apparemment n'ont aucun savoir-vivre, nous ont ouvertement détaillés de la tête aux pieds ! Ils paraissaient en avoir après notre homme, si je ne m'abuse... Gage Ballantine.

- Peut-être avons-nous affaire à un cambrioleur !... Suspecte déjà Winter avec une moue de contrariété... Vous feriez bien de vous débarrasser de cet objet sans tarder... Se presse-t-il encore de recommander sur un ton circonspect.

- Malgré les apparences, je crois cet homme honnête professeur. Je songe aux quelques mots qu'il m'a confiés dans l'avion : " Ils m'ont retrouvé ! Ils sont déjà là et ils sont hostiles ".

- Qu'a-t-il voulu dire par là ?... Relève Winter, pour le moins soupçonneux.

- Je n'en ai pas la moindre idée. Mais je ne serais pas surpris qu'il y ait corrélation entre cette étrange apparition dans les airs et son attitude, si surprenante soit-elle, vis à vis de ces trois individus ! Peut-être s'agissait-il de ceux à qui il faisait allusion.

- Mais pour quelle raison se serait-il dessaisi de son bien ! A supposer bien entendu que ce soit le sien... Doute visiblement Winter... Ah, voici Alexander !... Abrège-t-il aussitôt, en désignant d'un signe de tête son majordome qui vient de faire son apparition dans le hall de l'aéroport.

- J'espère que ces messieurs ont fait bon voyage... S'enquiert le domestique avec on ne peut plus d'égard et dans la plus stricte tradition du protocole anglo-saxon, en s'empressant de les soulager d'une partie de leurs bagages.

- Excellent Alexander, excellent... Sourit Winter.

- La voiture est au parking... Indique le majordome en les précédant déjà vers la sortie.

Ballantine a immédiatement repéré la luxueuse féline du professeur, une Jaguar XJ12 série III, reconnaissable entre toutes par son prestigieux design.

- Tout est en ordre à la villa ?... S'informe encore prudemment Winter en prenant place près de Ballantine, à l'arrière de la confortable limousine.

- Tout est prêt pourvous recevoir monsieur le professeur... Assure Alexander en s'installant au volant.

Puis, le véhicule prend aussitôt la direction deMontségur, pour avaler la centaine de kilomètres les séparant de cette petite bourgade de l'Ariège, où le professeur Winter possède une résidence particulière.

Chemin faisant, Winter échange quelque banalité avec son majordome. Ballantine, encore sous le coup de cette surprenante rencontre, décide de jeter un œil à l'intérieur de la sacoche dont il ne sait apparemment que faire.

- Je me demande comment cet homme va s'y prendre pour récupérer son bien. Il n'a assurément aucune idée de notre identité... Avance Winter avec assurance.

Sans apporter de réponse à la remarque faite par son ami, Ballantine a ouvert la sacoche sous le regard on ne peut plus réprobateur de celui-ci.

Contre toute attente, la mallette ne révèle toutefois qu'une fiole contenant un liquide violet et épais.

- A quoi cela peut-il bien servir ?... Soupire-t-il en l'exhibant avec une moue de perplexité.

- J'espère que nous n'avons pas fourré notre nez dans une affaire d'espionnage !... Soupçonne déjà Winter en jetant un regard inquiet sur l'objet de sa prévenance.

- C'est possible. Mais avouez que nous n'avons pas eu le temps de réagir. Cet homme m'a abandonné son attaché-case entre les mains avant de filer sans demander son reste, comme si tous les démons de la planète étaient à ses trousses !

Durant leur conversation, la limousine est parvenue à destination.

Il n'est pas loin de minuit, aussi se sont-ils installés dans la grande bibliothèque devant un cognac millésimé, en attendant qu'Alexander serve le repas du soir.

- Que peut bien contenir cette fiole ?... Murmure Ballantine, pensif, chatouillé par le démon de la curiosité.

- Tout cela ne me dit rien qui vaille. J'ai bien peur que cet incident ne nous attire encore les pires ennuis... Confesse Winter d'un air tracassé, en faisant toutefois claquer sa langue de satisfaction après avoir savouré une gorgée de son alcool préféré.

- Nous pouvons toujours nous débarrasser du flacon... Banalise Ballantine.

- Ce serait risqué ! Nous ignorons la nature de son contenu. Imaginez que ce soit une arme bactériologique !... Anticipe déjà Winter avec une grimace de contrariété.

- Vous avez raison professeur. L'idéal serait de le faire analyser.

- C'est ce que nous aurions de mieux à faire, attendu que de toute évidence son propriétaire n'est pas prêt de se manifester. Il aura bien de la peine à nous retrouver.

Le timbre d'appel du téléphone vient de résonner, mettant un terme à leur échange de propos. Le majordome du professeur l'informe aussitôt que la personne qui se tient au bout du fil, mais qui n'a pas daigné décliner son identité, souhaite l'entretenir d'une chose grave et urgente.

Winter a haussé les sourcils. Qui peut bien le déranger à cette heure tardive ? Après une légère hésitation, il s'est saisi du combiné que lui présentait son domestique.

- Allô ... Ici le professeur Winter.

Une voix anonyme, aussi empressée qu'angoissée, se manifeste aussitôt à l'autre bout du fil.

- Pardonnez-moi de vous déranger si tardivement professeur. Je suis l'homme qui aremis l'attaché-case à la personne qui vous accompagnait à l'aéroport.

- Que ! Comment !... S'effare Winter.

- Je n'ai guère le temps de justifier mon comportement. Mon existence est menacée et je vais devoir raccrocher rapidement. Mais je vous conjure de mettre la sacoche en lieu sûr. La survie de la planète en dépend.

- Mais enfin, qui êtes-vous ? Et comment savez-vous qui je suis ?

- Faites-moi confiance professeur.

Et son correspondant a brusquement interrompu la conversation.

Le combiné encore en main comme s'il ne savait qu'en faire, Winter, l'air éberlué, s'est tourné vers Ballantine. Ce dernier, ne sachant interpréter la réaction de son ami, puisque n'ayant pas assisté à ce bref échange de propos, le fixe d'un regard interrogateur.

- C'était lui !... Déclare Winter d'une voix chevrotante.

- Vous voulez dire... Notre homme de l'aéroport ?

- Précisément. Il m'a simplement recommandé de mettre la sacoche en sécurité. Il a ajouté que l'existence de la planète en dépendait !

- Ce type connaissait donc votre identité. C'est la raison pour laquelle il a pu vous joindre... Présume Ballantine, perplexe... Si nous voulons éclaircir ce mystère, il nous reste à espérer qu'il se manifeste à nouveau. Et je pense qu'il le fera... Gage encore notre ami, la moue réfléchie.


Chapitre II

Le lendemain matin... 7 h 22 ...

Winter et Ballantine prennent leur petit-déjeuner dans la grande salle à manger, ressassant les événements de la veille, lorsqu'on sonne à la porte. Alexander, qui s'est aussitôt précipité, informe le professeur qu'un homme prétendant s'appeler John Steeven désire lui parler.

- John Steeven ?... S'étonne Winter qui vient à peine d'avaler sa tasse de thé.

- Parfaitement monsieur le professeur. C'est bien le patronyme qu'il m'a donné.

- Ce nom ne me dit rien... Hésite Winter, perplexe... Bon eh bien... Faites-le donc entrer... Consent-il toutefois.

Un personnage d'une cinquantaine d'années, visiblement affaibli physiquement, non rasé, les cheveux ébouriffés, fait bientôt son apparition. Son visage est creusé et son regard assombri d'un voile de fatigue.

- Vous !... S'est exclamé Winter qui, à l'instar de Ballantine, vient de reconnaître l'homme à la sacoche.

- Mille excuses professeur Winter, ainsi que vous monsieur. Mais je n'avais pas le choix... Se contente-t-il de déclarer d'une voix trahissant une fatigue intense, en cherchant un siège du regard.

L'inconnu s'est exprimé en anglais avec un léger accent américain, ne laissant aucun doute quant à sa nationalité.

- Vous allez peut-être nous expliquer ?... Anticipe Ballantine, en l'invitant d'un geste à prendre place auprès de lui.

- Je suis venu dans cette intention... Halète l'autre... Mais avant toute chose, avez-vous la sacoche ?... S'enquiert-il fébrilement dans un souffle, en se laissant aller mollement sur le siège offert.

- Rassurez-vous, nous l'avons conservée. Mais je crois que votre comportement mérite quelques explications !... Insiste Winter sur un ton sans équivoque... Et d'abord, comment savez-vous qui je suis ?... Poursuit-il d'une voix irritée.

- Avant toute chose, sachez que je suis sincèrement confus de vous importuner de la sorte et dans cette tenue. Mais je n'ai pas fermé l'œil de la nuit à cause d'eux... Confesse timidement l'homme, paraissant véritablement exténué.

Ballantine et Winter ont échangé des regards étonnés.

- Je suis le docteur John Steeven, ingénieur chimiste à l'institut des sciences académiques de Californie... Continue-t-il en déglutissant nerveusement... J'étais allé à Manchester rencontrer un ami, le professeur Sylvester Evering.

- Je connais fort bien cet homme. C'est un scientifique de grande valeur... Mentionne Winter.

- Or, en me rendant à son domicile, ... Poursuit Steeven, semblant ignorer la remarque ... J'apprenais qu'il venait d'être victime d'un accident de la route et qu'il était actuellement hospitalisé. Ses jours n'étaient toutefois pas en danger. Rassuré sur son état de santé, je décidais alors de me rendre seul en France, à Perpignan, au laboratoire du professeur Sébastien Jacquemart. Evering devait normalement m'y accompagner. Mais hier dans la nuit, j'étais témoin, comme votre ami, d'une chose insolite à bord du vol pour Perpignan. J'étais aussitôt contraint, à l'atterrissage, de me séparer de ma précieuse sacoche, car des individus en avaient après moi dès mon arrivée à l'aéroport.
- Pourquoi tous ces mystères ! Et pour quelle raison en aurait-on après vous ?... S'étonne Ballantine... Qu'auriez-vous remarqué de si important lorsque nous étions sur le point d'atterrir ? En ce qui me concerne, je pense seulement avoir discerné un avion qui nous frôlait, c'est vrai ! Mais de là à ...

- Je peux vous assurer que ce que vous avez entrevu n'était pas un avion... Relève Steeven avec de l'assurance dans la voix... L'objet que vous avez aperçu dans les airs en avait également après moi... Poursuit-il dans un souffle.

- Tout cela me semble bien étrange... Sourcille Winter... S'il y a eu réellement quelque chose dont vous n'ignorez pas la nature avec l'intention de vous nuire, de quoi s'agissait-il exactement ?

Steeven hésite un instant.

- C'était un engin venu d'un autre monde... Finit-il par lâcher du bout des lèvres.


Extrait de : Les Enfants des Etoiles - de Stephan LEWIS
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L'auteur : Stephan Lewis
70 ans, Lille (France).
Publié le 17 avril 2009
Modifié le 29 mars 2009
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