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Les larmes des cerisiers

L'histoire d'un homme plutôt étrange, un flic un peu sombre qui évolue dans un monde qui le répugne. C'est l'envie de noircir un coin de ciel qui était jusqu'ici trop bleu dans mes histoires


L'atmosphère était lourde, des gouttes de sueur perlaient sur mes tempes. Je creusais la terre avec rage mais sans réellement savoir pourquoi, j'étais dans un trou ou plutôt une grotte. Elle était manifestement éclairée par les tréfonds. Une lueur rougeâtre et mouvante éclairée les parois incertaines de ce qui s'apparentait à un gigantesque tombeau. Tout mon corps était révulsé de fatigue, je me suis écroulé sur le mont de pierres face à moi. Ma respiration était incroyablement difficile, de grandes nuées d'air brûlant m'étouffaient en s'engouffrant dans ma gorge. C'est là que j'ai vu que je n'étais pas seul, il y avait des centaines peut-être des milliers de personnes qui creusaient la roche sans relâche. Ils semblaient être là depuis une éternité, leurs corps a demi-nues étaient véritablement décharnées, aucune expression ne transparaissait sur leurs visages anguleux et dévastés. Je les observais au travail quand soudain mon plus proche voisin se retourna sur moi le visage pétri de terreurs. Et il me hurla avec une voix sourde presque étouffée :
-"Pourquoi t'as arrêté de creusé, pourquoi t'as arrêté ?"
J'étais pétrifié par cet accès violent de terreur. Quand soudain des flammes surgirent du fond de l'immense dôme sous terrain. Le feu semblait courir le long des parois, comme en pourchassant les zombies qui n'avaient pas cessé de creuser. Leurs corps s'étiolaient dans les flammes. Ils se froissaient comme des feuilles mortes en automne jusqu'à disparaître en simple poussière. J'étais véritablement encerclé par le feu je me préparais à mourir carbonisé dans cette bouche de l'enfer, quand une sonnerie stridente presque malfaisante se fit entendre.

Mon lit était trempé de sueur, la lumière du soleil vint violemment s'engouffrer dans l'entrebâillement de mes paupières et le téléphone à coté de mon lit se remis à hurler à la mort. Je décrochais avec violence l'appareil de son socle pour mettre fin à la douleur lancinante dans ma tête. Et sans grande conviction je lançais un :
-"Huummm ?? !!"
Un hurlement inondât toute ma chambre, c'était l'inspecteur en second Rofflé. Il n'était manifestement pas très heureux. Il me dit simplement qu'il fallait que je sois Avenue des Cerisiers à paris pour 10H30 et il raccrocha. L'horloge, sur le mur défraîchi de ma chambre, affichait fièrement 10H15. J'eus un léger sourire, j'en étais à présent certain, j'étais revenu en enfer.

Alors je me suis levé, les yeux encore gonflés de sommeil, une bouteille de bière roula sous mon pied. Avec un léger mouvement d'humeur je l'ai propulsé sous le lit avec les autres, et j'ai continué ma route vers la salle de bain. La faible ampoule électrique éclaira la petite pièce, et me renvoya l'image d'un homme nu dans le fond de la salle. Il était plutôt mince et assez baraqué, il avait le visage d'un homme que je n'aurais pas voulu croiser dans une ruelle sombre la nuit. Je m'avançais vers le lavabo, je fis couler de l'eau pour m'en jeter au visage, en me relevant, je regardais l'homme qui me faisait face. Je l'avais connu en d'autre temps, mais il était devenu un véritable étranger, pour ne pas dire un paria. Nous nous sommes tourné le dos sans un mot et j'enfilais un vieux jean et un tee-shirt qui jonchaient le sol. Avant d'enfilée ma veste je bus une bonne rasade de whisky qui était resté ouverte sur la table. Je pris mon flingue et je sortis.

La chose pratique des horaires décalés c'est qu'au moins le métro n'est pas bondé. En m'installant en vrac sur la banquette, je repensais à mon coéquipier, Rofflé, qui avait le don pour m'énerver dès le matin. Il n'avait pas eu beaucoup de chance, il fallait bien le reconnaître, sorti dans les dix premiers de l'école de police, il n'avait visiblement pas eu les faveurs du commissaire principal qui l'avait placé sous mon aile comme il disait. J'en étais encore à me demander pour qui, de lui ou de moi, la punition étais la plus forte. Des cris me firent sortir de mes pensées, une petite vieille était en train de se faire tirer son sac par une espèce de Skin ou je ne sais quoi. Il sortit de la rame je fis de même pour me retrouver face à lui, il ne m'avait pas prêté attention. Si bien qu'il fut surpris de prendre mon avant bras dans les dents, sous la violence du choc il se retrouva à terre. Le train se remis en branle avec la petite vieille qui continuait de crier à l'intérieur. En le regardant de plus près je vis qu'il portait des insignes nazis sur son blouson, et il avait des tatouages en allemand dont je présumais à peu près signification. La journée était mal partie, je déteste les fâchos, et il en fit les frais. Les passants s'éloignaient sans rien dire alors que je lui balançais quelques bons coups de latte dans les côtes. Je le fouillais et je lui pris son portefeuille.
-"Sylvain Bourbu, c'est ça ton nom cornard !"
Je pris le peu d'argent qu'il avait et je jetais malencontreusement ses papiers sur la voie.
-"Je cois que tu va devoir justifier du fait que tu sois français, mon vieux ! T'es devenu sans papiers on dirait !"
Lui dis-je en riant nerveusement
Je l'ai traîné jusque sous un banc pour le menotter dessus.
Il me lança la bouche tout ensanglanté :
-"mais t'es qui bordel ?"
-"t'as qu'a m'appeler inspecteur Labavure !"
Je pris le sac qui jonchait le sol avant de monter dans la rame qui venait d'arriver. En m'installant, je regardais le contenu du sac, je fis le compte il y en avait à peine pour 25 Euros d'argent liquide dedans, un carnet d'adresse, les papiers, et une espèce de fond de teint. Coquette la mamie me dis-je en souriant, je pris l'argent et je refermai le sac.
Deux stations plus loin trois cow-boys en uniformes firent leur entrée dans la voiture. En me dirigeant vers eux je sortis ma carte de police, et je leur dis :
-"Salut, les gars ça roule !"
Ils se retournèrent d'un air suspicieux et craintif. Je détestais ces gars là au moins autant que le fâcho que je venais d'arrêter. Mais bon, ils étaient trois, et je n'avais pas que ça à faire. Je leur expliquai les faits en omettant quelques détails et je leur confiai le sac de ma petite vieille. Ils descendirent à la station suivante pour récupérer mon voleur à la tire.

Après deux changements de station je refaisais enfin surface à deux rues de l'avenue des Cerisiers, en arrivant sur place je vis parmi les arbres qui bord la route un cordon de sécurité impressionnant formée par une bonne dizaine de policier en uniformes. Des journalistes étaient déjà sur place à guetter le moindre bout de cadavre ou quoi que ce soit de "sensationnel". Je m'approchai en prenant soin de ne pas me faire repérer par tous ces fouilles merdent qui ne me connaissaient que trop bien. Après avoir montré ma carte, un flic m'accompagna jusqu'à l'appartement en me donnant les premières informations capitales pour l'enquête : "J'avais jamais vu un truc pareil" ; "C'est pas beau à voir".

J'entrai dans un couloir assez imposant empli de toute la brigade criminelle du commissariat principal. Elle est composée de toute l'élite de la police française et de moi... A mon entrée le silence se fit dans la pièce, beaucoup d'entre eux me haïssaient pour "l'image que je donnais de LEUR profession". J'étais encore fatigué et j'avais faim quand Rofflé m'est tombé dessus.
-"eh bien enfin ! Je commençais à désespérer !"
-"Où est la cuisine ?"
Il parut interloqué et répondit sans réfléchir.
-"C'est la deuxième porte à gauche, mais le corps de la victime est dans le salon... "
Sans rien ajouter, je me dirigeai vers la cuisine. C'était une vaste pièce, le mobilier était moderne et fonctionnel, c'était un espace de vie à part entière. Rien ne semblait indiquer la présence d'enfant dans la maison et la nourriture que je trouvais dans le frigo était celle d'une femme qui devait prendre soin de son alimentation. Yaourt 0%, crème fraîche allégée, bac à légume rempli... En tous les cas je ne trouvais aucun produit nécessaire à la survie d'un homme, comme la bière par exemple. Elle devait vivre seule ! Dis-je en fouillant dans les placards.
-"Comment, tu sais ça ?" Me demanda mon fidèle second qui m'avait suivi jusque là.
-"Oh ! Simple déduction !" En ouvrant un des placards.
-"Allons voir ça !" Lançais-je sur un ton enjoué et en grignotant les céréales que je venais de trouver.


Le parquet en chêne qui recouvrait le sol de l'appartement avait du coûter une véritable fortune, la décoration de l'appartement semblait épuré mais à y regarder de plus près le moindre petit bibelot devait coûter trois ou quatre mois de salaires d'un petit cambodgien. En approchant du salon j'aperçus la silhouette renfrognée de Laurent Mallet. Le médecin légiste, détaché aux affaires criminelles, arborait son air taciturne habituel. Pourtant au premier coup d'œil j'avais remarqué que quelque chose cloch ait chez lui, il semblait préoccupé, lui si flegmatique, si froid, si coupé du monde quelque chose avait réussi à le troublé. Quand il me vit, il s'avança pour me saluer, Son visage n'exprimait rien d'autre que de la froideur et le dégoût de tout ce qui est vivant. Pourtant je pense qu'il m'apprécie mais son regard et sa présence donnaient une certaine lourdeur à l'atmosphère.
-"Bonjour Franck ! Me lança t'il
-Salut ! Laurent, ça va ? Lui répondis-je en essuyant ma main sur mon jean pour lui dire bonjour.
-On a affaire a un candidat sérieux, il connaît nos méthodes de travail, je n'ai trouvé aucune emprunte, aucune trace quelles qu'elles soient. Notre seule piste c'est un cheveu retrouvé sur la victime.
-Et pour ce qui est de la victime, Comment a-t-elle était tuée ?
Il esquissa un sourire :
-Viens on va aller voir !
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Re: Les larmes des cerisiers
Posté par cousinemimi le 12/03/2005 20:24:45
super,jadore,a quand la suite?
kiss bye
Re: Les larmes des cerisiers
Posté par muteen59 le 10/03/2005 15:08:17
j'aime beaucoup se que tu as ecrit...et comment tu l'as ecrit...j'espére qu'il y aura une suite parce qu'on reste un peu sur notre faim....
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Publié le 10 mars 2005
Modifié le 09 mars 2005
Lu 602 fois

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