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Les nouveaux d'jeuns

Décryptage humoristique de trois tribus de la jeunesse : l'apprenti parisien, le jeune supporter marseillais et la caillera.

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L'apprenti parisien

L'apprenti parisien, comme son nom l'indique, habite à Paris, capitale de notre bon vieux pays comme tout le monde le sait. Il ne vient pas spécialement des beaux quartiers, mais ne sort pas non plus d'un HLM. Veste de costume, écharpe et cheveux ébouriffés : ça y est, vous l'avez repéré !

Un signe encore plus distinctif ? Le livre de poésie qu'il tient sous le bras, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, car lui, l'artiste incompris, la prose, ça le connaît ! Il passe son temps à boire un café, seul – plus simple pour méditer sur la prose d'Eluard – et se dirige ensuite vers le parc du Luxembourg pour parler « art contemporain et ses dérivés » à une touriste japonaise qui n'y comprend rien.

Mais très vite, l'apprenti parisien se confie : les « femmes » (et non les « filles », appellation trop puérile) ne s'intéressent pas à lui. Elles lui reprochent d'être trop dans son monde, de ne penser qu'à faire des rimes, et de trop se la jouer. Quoi ? Lui, trop se la jouer ? Mais ce sont ces minettes qui se la jouent, à rêver de passer leurs nuits aux Planches, arborant fièrement un piercing au nombril entouré de paillettes, pas lui !

De toute façon, sa vie à lui, c'est la poésie ; peut-être trouvera-t-il un jour une femme peintre-sculptrice qui le comprendra, avec qui il vivra d'amour et d'eau fraîche dans une mansarde, et qui ne se contentera pas de « baiser » (les rapports physiques étant beaucoup trop artificiels), mais plutôt d'écouter, au clair de lune, les toutes dernières rimes de son Jules...

Le jeune marseillais

Un jeune homme à la démarche chaloupée parcourt la Canebière (avec l'accent, s'il vous plaît) habillé de bleu et blanc (les couleurs de l'OM, bien sûr !), tout en ponctuant ses phrases de « putaing-cong ».

Et oui, c'est bien lui : le jeune marseillais, fier de sa ville, de sa patrie, mais surtout de son équipe. Il hait les Parisiens, écrit sur sa trousse « À bas PSG », et lorsqu'il n'arbore pas fièrement le maillot de son équipe fétiche, s'habille en Kulte et sort au Mistral.

Souvent absent en cours (« Vous comprenez madame, la leçon, j'ai pas pu l'apprendre : OM-Guingamp c'était de la fouoolie ! »), il fait sourire tout le monde avec sa passion. « Pour Noël, t'as eu quoi ? J'ai convaincu ma mère de me refaire la chambre : papier peint OM !! La class' !! Et c'est terminé ce soir, j'ai hâte de rentrer !!! »

Mais comme son prédécesseur et ennemi l'apprenti parisien, il ne gêne absolument personne, fait plutôt sourire, et devient le bon copain (jamais le boyfriend attitré, impossible de s'investir dans une relation quand on a qu'une seule passion : le ballon rond !).

La caillera

« Ziva, t'as vu comment elle m'a traitée elle ? J'vais aller lui faire sa teuf à cette pouf là ! Yo ! » Contrairement à ses confrères, la caillera est un phénomène très nuisible. Et pour tout le monde, malheureusement.

À l'école, elle répond aux profs « Ziva, 2 sur 20, viens que j'te nique ta mère là ! », terrorise les 6èmes (« Rohhh la dégaine lui avec son sac Mon-Poké ! »), et insulte les surveillants (« C'est ça, prévient le dirlo, tu vas voir ta caisse »).

Au ciné, elle dépasse tout le monde tout en bousculant les mémés qui accompagnent leurs petits-enfants voir Nemo (« Yooo No-mé le sson-poi ! Ça cr1 aç ! ») et tient tête au guichetier jusqu'à ce qu'il accepte de la laisser passer au tarif -de 12 ans.

Comment repérer la caillera ? Facile : tout d'abord le vocabulaire, bien sûr, et les insultes en guise d'affection, mais aussi la démarche et les fringues qu'elle porte, elle et sa bande. Jogging à la Eamon, les baskets d'Eminem achetées chez Foot Locker, et le pansement sur la joue façon Nelly.

Si elle met un pansement parce qu'elle s'est battue ? Nonnnn, la caillera, quand elle se « fight », c'est toujours elle qui donne les coups. Le pansement, c'est pour faire « staïle ».

Cet article est évidemment à prendre au second degré : je n'ai rien contre les apprentis parisiens, les jeunes marseillais, ni contre les cailleras ! Quoique... ;-)

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