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Les rivières pourpres

La sortie du dernier film de Mathieu Kassovitz "Les rivières pourpres" (sortie prévu le 27 septembre), nous donne l'occasion de revenir sur la carrière de l'acteur-réalisateur.


Histoire:
Deux inspecteurs de choc, Jean Reno et Vincent Cassel, enquêtent sur une série de crimes particulièrement sanglants.

Réalisateur : Mathieu Kassovitz
Produit par Alain Goldman et Pierre Ange Le Pogam
Scénario: Mathieu Kassovitz et Jean Christophe Grangé
Directeur de la photographie : Thierry Arbogas
Musique: Bruno Coulais

Acteurs:
Pierre Niémans - Jean Reno
Karim Abdouf - Vincent Cassel
Fanny - Nadia Farrès


Le réalisateur de La Haine nous présente son quatrième film. Le film est une adaptation du livre de Jean-Christophe Grangé : Les Rivières Pourpres.
Il s'agit là de l'histoire de deux enquêtes, qui a priori n'ont rien à voir, se déroulant parallèlement. Crimes dans une ville universitaire et cambriolage dans la campagne du sud de la France, deux inspecteurs suivent leurs pistes. Kassovitz a pour l'occasion réunit deux acteurs issus du clan Besson-Kounen-Kassovitz, soit Vincent Cassel et Jean Réno.
Avec ce film Mathieu Kassovitz en a fini avec la "banlieue", il s'attaque à un nouveau registre.
Un film noir, plein de suspens...

"Les RIVIERES POURPRES a été un film difficile à faire, de part les éléments naturels face auxquels nous avons dû maintes fois plier l'échine (on ne se bat pas contre la montagne), mais aussi à cause (ou plutôt grâce) à la complexité du livre qui a inspiré l'histoire."Mathieu Kassovitz.

Le budget du film est de 95 millions de francs

N'oubliez pas... Nous sommes partout, nous sommes nulle part, nous sommes les maîtres, nous sommes les esclaves...
Nous maîtrisons les RIVIERES POURPRES
(sortie le 27 Septembre...)

Site officiel :http://www.rivieres-pourpres.com

Gros plan sur Mathieu Kassovitz

Mathieu Kassovitz est l'un des jeunes talents les plus reconnus dans le cinéma français des années 90.
Il y a deux Kassovitz: l'acteur, unanimement louangé. Et le réalisateur, talentueux, controversé, provocateur...
Le comédien est doué. César du meilleur espoir (qu'il n'a pas été cherché) pour son premier Audiard, c'est encore avec Audiard (Un héros très discret) qu'il étonne tout le monde par sa facilité à glisser dans un rôle de fabulateur. Kasso a du charisme.
Dans Regarde les Hommes tomber, il est Frédéric et devient Johnny pour plaire à son menthor, Marx. Thriller psychologique remarqué grâce à son style très singulier. Succès progressif, avec un bouche à oreille flatteur. C'est un nouveau réalisateur qui impose sa patte.
Après ce film , Kassovitz se réclamera plus auteur qu'acteur. Jouer n'est pas son métier.
Il doit cependant y prendre un certain plaisir à narguer les médias, à participer amicalement aux films des copains: petite apparition dans La Cité des enfants perdus, clin d'oeil chez Besson face à Bruce Willis ou encore dans son propre film La Haine où il se transforme en skinhead le temps d'une séquence.
Le plus beau raccourci reste celui de Mon homme où il incarne un client de la prostituée Anouk Grinberg, qui sera sa seconde femme dans Un Héros très discret.
Dans cette oeuvre multi-primée, Albert Dehousse, son personnage, est un rêveur, un menteur, un "petit malin". Un héros qui manipule le spectateur. Un jeune homme banal et timide qui cherche à s'évader de son quotidien. Impecc. Mais sous-estimé par le public.
Cette manipulation, ce destin subit, nous les retrouverons dans son plus récent opus: Assassin(s).

Très vite M.K. est passé à la réalisation. Avec des courts métrages, en assistant...le cinéma l'intéresse dans son ensemble. Sa maîtrise s'étend à divers métiers comme le montage, l'écriture, et maintenant la production.
Le premier long se nomme Métisse; le film a une reconnaissance d'estime et critique, sans connaître un vaste succès public. Par son sujet, on le compare déjà à Spike Lee (qu'on comparait à Woody Allen).
Il branche sa caméra sur la société actuelle, avec un regard "jeune", donc nouveau.
Puis c'est La Haine, un film où l'impro existe peu. Un focus sur la vie de 3 jeunes de banlieue. Sujet rare dans le cinéma français qui n'a plus l'habitude de refléter sa société.
1 900 000 entrées en France, gros succès (phénomène de société même) pour ce film en noir et blanc présenté (et primé) à Cannes. Références multiples au cinéma de Scorcese. Le film lance Vincent Cassel.
Cette réussite césarisée lui donne une très grande liberté pour le suivant.
Cela donnera le Long métrage adapté du court métrage homonyme de M.K., Assassin(s). Avec un monstre sacré, Michel Serrault. Budget conséquent. Marketing implaccable.
Le film est en compétition à Cannes en 97. Il s'y fait proprement assassiné par la critique. Et le public lui réserve un accueil froid.
On lui reproche la surabondance de violence, le ryhtme, le scénario, sa maladresse, l'immoralité...La polémique enfle.
Pourtant Kassovitz continue de montrer les revers de notre société: ici il arme la caméra vers la télévision. Et ses conséquences. Il explore le vide intellectuel d'une génération abrutie d'images.
En France, on aime massacrer les gens qui réussisent. Les jeunes qui grimpent trop vite. Une France conventionnelle qui s'enfonce dans un cinéma assez conformiste. Comme son pote Besson, il s'attire les désagréments de la presse spécialisée.
C'est donc avec les rivières pourpres que M.K. nous revient aujourd'hui.
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Publié le 16 septembre 2001
Modifié le 16 septembre 2001
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