FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Les voyages gratuits !

Une petite histoire vrai de l'époque ou j'etais etudiant, militant fermement pour la gratuité des transports pour tous ! Qu'est ce que vous dites de l'idée ?


16h, les bruits de fermetures éclairs et de frottements de feuilles signalent au professeur notre impatience. Les chuchotements s'amplifient jusqu'à couvrir le son de sa voie, il va finir par céder, de toute façon ce brave jeune garçon n'a pas le gabarit pour gueuler. Je suis le premier à avoir tout plié, veste sur les épaules, j'attends poliment le signal du départ.
TOP-16h02, je fonce, pas un au revoir, de toute façon je ne connais pas un prénom. Ca fait bientôt six mois que je suis dans cette fac et j'ai pas pris le temps de faire une seule rencontre. Je dévale les escaliers quatre à quatre, enfonce la porte d'un coup d'épaule, enfin le grand air ! Allé, c'est le début de la journée !

Je traverse les parcelles de gazon et les pistes du campus, tête baissée, regard à cinquante centimètres de mes pieds. Sorti de la fac je connais tellement bien ce chemin, parcouru quatre fois par jour, que je n'ais aucun repère à prendre. J'ignore superbement tout le monde qui m'entoure. Seule compte ma survie. J'esquive une merde de chien, de justesse ! J'aurais tapé une crise sur ces babyloniens et leurs troubles affectifs.
Un quart d'heure après je suis chez moi. Ah comme c'est agréable d'avoir son chez soi ! Encore davantage à 18ans. Allé, pas le temps de s'affaler sur le canap', je roule vite fait un borgnon, que je craque en branchant mon fer. Cinq minutes pour repasser une chemise, un petit coup sur le fute noir, et j'me change fissa. Chaussures, ceinture, je prend particulièrement plaisir à soigner mon nœud de cravate, devant mon miroir, pétard au bec, comme j'aime infiltrer cette société par le sommet. Allé, pas le temps de flâner, y'a des dizaines de gens qui m'attendent.

16h30, j'entre dans le bus, plusieurs jeunes me regardent avec de grands yeux. Sérieux, je m'approche d'eux. J'adore être pris pour un contrôleur alors que je ne paie pas les transports ! L'un d'eux me lance d'un hochement de tête interrogatif :
"Contrôle ?"
Auquel je réponds en ouvrant ma veste pour montrer l'insigne sur la poche de ma chemise.
"Les contrôleurs se baladent pas seuls. Ils se feraient taper !"
Je m'assieds sur un strapontin, la ville défile par la vitre, toutes ces rues que je connais par cœur, ça fourmille de promeneurs... Plus qu'un arrêt et je décolle. Quand tout d'un coup j'entend cette frase qui me tire de ma rêverie :
"Mesdames messieurs bonjour, contrôle des titres de transports." Je reçois une grosse giclée d'adrénaline, je sens tous mes nerfs s'affoler, ma main tremble trois secondes avant que je reprenne le dessus avec une profonde expiration. Pourquoi sont ils à cette arrêt ? Les trois dernières fois ils étaient au terminus, auraient-ils changés leurs habitudes pour moi ? Déjà les portes se referment, pas le temps de filer. Il faut que je les occupe le temps d'un arrêt. Vite, faux nom, prénom, mon cerveau est en ébullition. Le tohu-bohu général résonne en sourdine dans mes tympans. La petite mamy à côté de moi a du ressentir ma panique, elle fait mine de ne pas comprendre ce qu'on lui demande, puis de perdre son porte monnaie. D'habitude elle me font rigoler ces mamies, mais la je reste impassible, à répéter en boucle mon texte. Je me lève, la contrôleuse m'arrête d'un geste de la main, je lance ma comédie. Elle charge un de ses collègues de me tenir compagnie le temps de vérifier que les infos sont exactes (bien sur j'ai nié avoir mes papiers). Un singe d'un mètre quatre-vingt-dix avec des mensurations approchant le cent dix sur toute la ligne se cale face à moi, empoigne fermement la barre verticale de soutien, m'obstruant la seule issue possible. Sa collègue s'éloigne au fond du bus, téléphone a l'oreille, je fixe le feu rouge, jamais un feu n'a été aussi long... L'arrêt est à vingt mètres.

Ta respiration, pense à ta respiration. Prend de grandes bouffées d'air et expire lentement. Le feu passe au vert, allé plus que quelques mètres ! Je me retourne, elle s'approche de nous en faisant non de la tête, plus le temps de réfléchir. Le malabar me lance un regard narquois. J'entends les compresseurs des portes se déclencher, c'est le signal que j'attendais !! Je me lance sous le bras tendu et reçois un coup de genoux dans les cotes. Bien tenté mais il en faut plus pour m'arrêter ! Je bouscule quelques personnes, j'agrippe une barre comme axe de rotation et m'élance dehors en trois enjambées. Pas le temps de regarder s'ils me suivent, je coupe par la route, sursaute devant le capot d'une voiture qui approche si prêt que je prend appuie de la main dessus. Un klaxon retentit violemment, tous les automobilistes m'ont vus, je peux traverser le carrefour sans gènes. Je coupe par une ruelle, puis ralentis ma course. Cette fois ça a vraiment été juste !

Cinq cents mètres plus loin, je marche tranquillement le long des voies du tramway, sourire béat aux lèvres, un an sans payer mes voyages et toujours libre ! Vivement le jour où on sera plus obligé de piquer des sprints pour en profiter ! C'est drôlement agréable de marcher, en plus le soleil brille, mon cœur reprend son rythme, mes jambes tremblent encore un peu tout de même.

Sans avoir eus le temps de comprendre ce qui se passait, je me retrouve compressé aux barrières longeant la haie. Le choc est si violent que je manque de noircir mon caleçon ! Tout en serrant les fesses j'essaie de déterminer quelle genre de bulldozer me comprime. Et je suis presque content de voir un visage familier, mon malabar est en train de m'enrouler les mains dans les barreaux, et je vois dans son regard une lueur sadique. Défoncé et encore sous le choc de nos retrouvailles, je me laisse faire comme un pantin. Il est tout essoufflé de sa course, son abdomen me compresse davantage à chaque inspiration. Il va jusqu'à essayer de défaire le bracelet de ma montre, je commence à brailler.
"Kes tu fais là ! Oh laisse ma montre ! (Un superbe model chromé, ça collait au personnage)" Puis m'adressant à ses collègues arrivant de part et d'autre.
"Il est en train de me chourer ma montre là !"
Ma première interlocutrice saisit son téléphone et indique notre position, aidée par un de ses camarade quand même parce qu'on est vraiment dans une grande ville ! (et a trente mètres d'un arrêt de tram)

Mes poignets sont tordus dans tout les sens, il va jusqu'à caler ses jambes sous les miennes, de manière à ce que je ne touche plus le sol. Je suis comprimé comme un fœtus entre ses abdos kro et une barrière en métal. Etrangement je suis parfaitement zen, je suis pris, arrivera ce qui doit arriver. Pas de rage déplacée, pas de coup de gueule, après tout je suis arrivé là par mes propres moyens. Je me montre tout a fait prêt à coopérer.
"Kesk'on attend ?"Demandais-je avec un soupçon d'impertinence. Il serait beaucoup trop heureux de m'entendre me plaindre de ses tortures.
"La police" Le mot résonne une seconde dans ma tête, je n'ai jamais eus affaire à eux, pas même pour un banal contrôle d'identité.
Je regarde la scène d'un peu plus loin, et réalise que je vais régler en une fois un an d'abonnement. L'inconfort de ma position me pousse à rire ! Je me trouve particulièrement insolent et ça ne fait qu'ajouter à ma joie. Le malabar le prend comme un affront, je lui explique que c'est plus fort que moi.
"Chu claqué, j'ais fais nuit blanche et ça me fait marrer tout ça !"
Dix minutes s'écoulent, je vais être en retard, il faut écourter cette entrevue. Les policiers arrivent ! Enfin je suis libéré de cette étreinte. Je salue le premier agent à se présenter devant moi, et m'amuse intérieurement de son regard surpris sur mon accoutrement.

Apres trois phrases je présente mes papiers, je signe mon amende, et salue tout ce beau monde en leur souhaitant une bonne fin de journée !

Cette fois tout mon corps tremble, mais de hargne, contre cette brute épaisse qui prend plaisir à une vengeance mesquine. La profession de certains peut vraiment les pousser à la limite du pathologique. Il devrait prendre son boulot moins à cœur !

Finalement j'arrive au centre commercial, la mine défaite, je salue brièvement mes collègues en traversant le hall du supermarché et fonce au vestiaires poser ma veste. Le temps de récupérer mon fond de caisse et je m'installe à mon poste. Il est 17h tapante, c'est l'avantage d'avoir une montre qui avance, on est à l'heure même quand on croit être en retard ! C'est partit pour cinq heures de "Bonjour, bips, bips, bips, merci, bonne fin de journée, au revoir"
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Re: Les voyages gratuits !
Posté par fo-ke-je-bouge le 13/06/2006 09:22:37
OuPs désolée !!
J'avais pas vu que j'étais sous ta session !

Bref...
J'aime vraiment la façon dont tu écris.
Pourquoi ne pas publier plus d'articles ?
Tout le monde les apprécie !
Re: Les voyages gratuits !
Posté par maskevousonegaze le 13/06/2006 09:19:21
J'aime vraiment la façon dont tu écris.
Pourquoi ne pas publier plus d'articles ?
Tout le monde les apprécie !
Re: Les voyages gratuits !
Posté par jacquesv le 19/08/2005 02:04:40
bien écrit!!
Re: Les voyages gratuits !
Posté par pepito.micolazon le 10/06/2005 17:31:24
ce texte est troooooooooooooooooooop......!!! :-D :-D :-D
maskevousonegaze, tu me tues : j'adorerais avoir ton degre d'inspiration...... et la part de toi-meme que tu mets dans ton texte...... dans tes mots........ ca resonne de sincerite, j'adoooooooore.....!!!! :-D :-D :-D
FELICITATIONS....!!!
Re: Les voyages gratuits !
Posté par evanescence le 25/04/2005 20:11:54
t'es libre c'est trop bo!
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (18)
Publié le 11 avril 2005
Modifié le 10 avril 2005
Lu 1 388 fois

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