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Libération

Une existence baclée, un retour aux sources sans jugement. La recherche désespérée d'un espoir. Un esprit malade qui se noie dans le néant de son passé.


Johan appuya sur l'extrémité de la seringue, et le liquide froid se mélangea avec le sang qui circulait dans une veine de son bras gauche. Déjà, il en ressentait les effets car un imperceptible frisson remonta le long de son échine, puis une douce chaleur se répandit en lui. Les douleurs qui le torturaient et les taches rougeâtres qui masquaient en partie sa vue diminuèrent, mais ne cessèrent pas. Il pourrait encore profiter des quelques heures d'existence misérables qui s'offraient à lui. Du léger sursit qu'il lui avait été accordé.

Car Johan était condamné. Lors de l'unique examen médical qu'il avait eut le courage d'affronter, les médecins avaient diagnostiqué une maladie étrange, peu connue et irréversible. Ce mal cruel qui le rongeait, Johan en avait oublié le nom depuis bien longtemps. D'ailleurs, plus rien n'avait d'importance à ses yeux. Ces mêmes médecins lui avaient accordé deux semaines à vivre, avant que son corps ne supporte plus la douleur endurée. Or, le jeune homme survivait et souffrait depuis près d'un mois. Il allait mourir. Très bientôt.


Le jeune homme ne pû empêcher une larme de s'échapper du coin de son œil droit. Il perçut son reflet dans un miroir brisé qui était posé contre le mur, et vit que la larme avait laissé une trace blanche sur sa joue sale. Néanmoins, il restait quelque chose d'inaccompli dans sa vie : il devait revoir la mer. La mer, pourquoi donc ? Car c'est elle qui lui avait arraché ses parents, quelques années auparavant. C'est elle qui s'était rageusement démenée contre la coque de leur bateau, qui les avait avalé, engloutit. C'est la mer qui sera leur tombeau.

Désespéré, Johan voulait en finir avec sa vie. Peut être accéder au repos éternel, mais cela il en doutait vraiment. En tout les cas, il mettrait fin à son cauchemar. Il y avait longuement réfléchi, puis avait formulé un dernier souhait : il s'offrirait à la mer. Il laisserai son corps malade reposer dans les abysses obscures d'un océan meurtrier. Peut-être auprès de ses parents.


Le cœur lourd, mais résolu à mettre ses projets à bien, le jeune homme se leva et réfléchit quelques secondes. Il le fallait. S'il n'avait pas le courage d'affronter l'océan, qui lui avait pris ses parents, il se laisserait gagner par une lassitude et ses souffrances serait vaines. La douleur aurait raison de lui et Johan glisserait inéluctablement dans un états encore plus dépressif, douloureux. Puis, enfin, sa vie s'enfuirait, comme happée par le néant de ses souffrances passées. Alors, son âme errait dans le chao de sa peine et de sa solitude. Mais non ! Pendant un instant, Johan se surpris à guetter avec une certaine impatience, le moment fatidique où il quitterai son corps, où il mourrait. Non, il retournerait auprès de sa famille, il se laisserai prendre par l'océan. Il choisirait de quelle manière sa pitoyable existence allait se terminer. Il ne voulait pas être victime du destin.

Si Johan voulait rejoindre la mer, il devait atteindre la plage qui se trouvait en contrebas. Mais celle-ci était à plus d'un kilomètre. Il était fatigué et souffrait encore, mais il était décidé. De plus, le produit qu'il s'était injecté ne tarderait pas à devenir inefficace, et l'atroce souffrance recommencerait. Il se hâta donc de sortir de l'abris où il s'était reposé, et se dirigea, non sans une certaine appréhension, vers la plage. Le jeune homme marchait doucement et avec quelques difficultés, mais ne perdait pas espoir. Il faisait nuit, et la vision de la lune si calme, si paisible, lui redonna des forces. Maintenant, il n'était plus très loin. Johan pouvait déjà entendre les vagues se fracasser avec violence contre les pierres. La plage n'était pas éclairée, mais il s'était rendu si souvent à cette endroit lorsqu'il était plus jeune, que c'est sans mal qu'il arriva au bord de l'eau. Enfin. Il y était parvenu. L'océan s'étendait devant lui, immense et déchaîné.


Doucement, Johan ôta ses chaussures et sa chemise sale. Ses pieds nus, baignant dans quelques centimètres d'eau glacée, s'enfonçait dans le sable mouillé, laissant des empreintes qui s'effaçaient peu à peu. Soudain, le jeune homme se plia en deux, paralysé par une douleur aiguë. Tout son corps le faisait souffrir, et sa vue se brouillait peu à peu. Il sentait qu'il ne pourrait pas en supporter beaucoup plus, mais se résolu à poursuivre et tenta quelques pas de plus dans l'eau glacée. Celle-ci lui arrivait mi-cuisse, et les vagues rageuses déferlaient de plus en plus près du jeune homme, l'entourant d'écume blanche. Il se courba pour ne pas succomber à leur force, mais il se sentait de plus en plus faible. Chacun de ses pas lui coûtait davantage, mais il continua inlassablement, comme insensible au monde extérieur. Il était si près du but... Il ne faillirait pas. Pas maintenant.

A présent, seul la tête du jeune homme émergeait du flot déchaîné. Par instant, l'eau le recouvrait entièrement. Puis elle se retirait à nouveau, permettant au jeune homme d'aspirer une rapide gorgée d'air salée ;une de ses dernière, sans doute. Puis soudain, le sol se déroba sous les pieds de Johan. Il s'y attendait, car la plage de l'île où il se trouvait ne s'étendait que sur quelques dizaines de mètres puis tombait à pic vers des profondeurs à la faune dangereuse. Il dû néanmoins faire un effort considérable pour agiter ses membres endoloris, afin de ne pas sombrer dans l'abîme. Pas encore. Car pour l'instant, l'eau jouait avec lui, de la même manière qu'elle avait joué avec ses parents, avant de les engloutir dans les profondeurs. C'est pour cela que Johan lutta un dernière fois, afin de ne pas être victime, telle une marionnette dont les fils aurait été sectionnés.


Il nagea avec difficulté au dessus de la crevasse, et s'aperçut que la tempête s'était affaiblie. Les vague se fracassaient toujours, au loin, mais ici un calme étrange régnait. Seul le vent semblait subsister, comme hors du temps. Johan ne luttait plus, car il savait qu'enfin allait cesser cette existence malheureuse et bâclée. Déjà, les premières lueurs de l'aube se reflétaient à l'horizon. Et pour la première fois depuis bien des années, il apprécia le calme et l'infini beauté du paysage qui s'offrait à lui.

"Il est temps pour moi de quitter ce monde où je n'ai plus ma place, et de rejoindre ceux que j'aimais". Après cette dernière pensée, Johan expira l'air qu'il subsistait dans ses poumons. Un dernier soupir, qui résonna en lui tandis qu'il contemplait une dernière fois l'océan de solitude qui l'entourait.


Puis, délaissé de toute vie, il laissa son corps sombrer peu à peu vers les profondeurs oubliées.



A bientôt !
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Re: Libération
Posté par bob razowsly le 20/08/2004 07:57:19
13 ans et tu penses déjà comme ça?
"don't worry, be happy..."

Nan l'écriture est bien, c'est clair. Mais pour le sujet, ça donne envie de se pendre! enfin, l'écriture, c'est fait pour dire... des trucs, quoi, alors joyeux ou pas, de ce côté là, c'est cool.
Walk on and happy.
Re: Libération
Posté par jubi07 le 20/08/2004 07:57:19
tu as vmt 13 ans?!
VMT BRAVO!! :)
Re: Libération
Posté par megalomania le 20/08/2004 07:57:19
Merci beaucoup , c'est le premier des textes que j'ai écrit (d'autres seront publiés dans les jour à venir ).Bon en tout cas, c'est toujours plus sympa quand les lecteur écrivent ce qu'ils pensent .Alors sutout, n'hésiter pas à voter et laisser un commentaire, que vous trouviez mon texte bon ou pas ;ou même pour me donner des conseils .

merci encore . alix...
Re: Libération
Posté par lady greenleaf le 20/08/2004 07:57:19
C'est TRES BIEN, Alix!

et tu n'as que 13 ans?!
non-seulement tu écrit plutôt bien mais j'aime beaucoup ce récit!
;)

La mélancolie et la désespérance du protagoniste sont vraiment...à la fois obscures et infinies...

Bref, si tu veux discuter écriture avec moi et qu'on échange des travaux par pur plaisir, tu m'écris : pas de problèmes!
:)
Re: Libération
Posté par tara_e le 20/08/2004 07:57:19
woaaa je suis sous le choc ! Ton texte est magnifique il n'y a pas d'autres mots. Tu écris superbement bien, et tu as seulement 13 ans en plus ! j'adore ton style, tu m'a l'air très mature pour ton âge, d'après ton profil et ton style d'écriture. Si ton style s'améliore avec le temps, ce qui sera certainement le cas, tu as vraiment un grand avenir dans l'écriture. Toutes mes félicitations, et continue surtout.
Bisous

PS : si tu veux bien correspondre avec moi, fais signe, on a l'air d'avoir pas mal de points communs
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Publié le 15 juin 2004
Modifié le 15 juin 2004
Lu 747 fois

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