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Lyon très loin des étoiles

Battu 0 à 2 par la Real Sociedad au Stade de Gerland, l'Olympique Lyonnais se retrpuve en très facheuse position une semaine avant de se rendre à Anoeta avec seulement trois chances sur ent de s'en sortir.


Dans le football européen et même dans le football du monde entier, la Ligue des Champions, anciennement Coupe des Clubs Champions pour les moins jeunes d'entre nous, est un sorte d'emblème. Elle est la plus grande compétition de clubs et tous rêvent d'y participer. C'était le cas d'Antoine Griezmann "la musique, l'ambiance, le fait de jouer en milieu de semaine, c'est ça la Ligue des Champions. On la regarde en rêvant quand on est gamin mais pas que. J'ai connu des matches vraiment énormes en Espagne mais c'est le championnat, le goût et les saveurs ne sont pas les mêmes" avait déclarer l'attaquant basque hier après-midi pendant la conférence de presse. Il avait également ajouté "je pourrai me dire que je joue la Ligue des Champions seulement si on se qualifie pour les matches de poule. Un barrage de Coupe d'Europe, ce n'est pas la Coupe d'Europe et il y a un pas de géant pour y parvenir".
Pourtant, tout était là pour ravir le copain de Clément Grenier et d'Alexandre Lacazette avec qui il avait remporté l'Euro des moins de dix-neuf il y a de ça trois ans.
Mais lorsqu'on joue un match capital pour aller jouer la Ligue des Champions, il n'y a plus d'ami qui tienne. Si l'attaquant français de la Real Sociedad a fait de grosses et chaleureuses accolades à ses anciens camarades de selections, c'était sûrement pour mieux leur planter un couteau dans le dos. Car c'est de lui, peu après que le quart d'heure de jeu fut atteint, que le match se décanta. Bien lancé dans le dos des défenseurs lyonnais, Carlos Vela préparait parfaitement son centre, levait la tête pour voir si les renforts se rammenaient, vit une petite tête blonde se jeter à l'assaut du second poteau. Ni une ni deux, le Mexicain balançait le ballon que Griezmann s'empressait d'envoyer dans la cage d'Anthony Lopes d'un somptueux ciseau qui fit s'éteindre le public rhodanien. Ironie du sort que Lyon se fasse clouer par Antoine Griezmann, lui qui s'était souvenu "j'étais de Mâcon alors l'Olympique Lyonnais, c'était mon équipe. On allait au Stade de Gerland avec mon père et je rêvais en secret de porter ce maillot". Et il n'en avait pas été si loin pourtant mais à seize ans, alors qu'il figurait chez les équipes de jeunes de l'OL, il dut prendre ses valises et mettre les voiles car on le pensait trop faible physiquement pour pouvoir s'imposer un jour chez les professionnels.


Lyon trop faible techniquement

Il serait facile de jeter la pierre sur ce technicien, si l'on peut dire, qui un jour eut la bonne idée de mettre dehors le gamin qui crucifierait les Gones quelques années plus tard. Oui, on pourrait mais ce serait tellement injuste car il ne peut expliquer à lui tout seul le fiasco qui prit pour décor le Stade de Gerland.
Remi Garde, un peu abasourdi par la gifle qu'il venait de se prendre sur la figure, tentait quelques débuts d'explication. Il mettait tout d'abord en avant "le manque d'experience de son groupe qui ne compte que trois ou quatre matches de Coupe d'Europe et une dizaines de recontres en Championnat". Il parlait "d'un manque d'experience qui avait crispé ses joueurs" alors qu'il "avait tenté de dédramatiser l'enjeu". Belle tentative du technicien lyonnais mais si l'on regarde les joueurs qui furent en face des Lyonnais pendant une heure et demie, on se rend rapidement compte que l'immaturité sur la scène européennes était partagée et largement. Pour preuve, seuls deux joueurs de la Real Sociedad avaient déjà joué un match de Coupe d'Europe (Ligue des Champions ou Ligue Europa).
On comprend que ce soit compliqué à concéder mais s'il était honnête, il dirait que ses hommes ont été complètement dépassés par les Espagnols car c'est bel et bien, et seulement, la différence de niveau technique qui eut raison des espoirs lyonnais. Une différence de niveau que l'on ne peut expliquer par un manque d'argent, le budget de l'Olympique Lyonnais étant plus de deux fois supérieurs à celui du club basque. Bien que le niveau de tous les joueurs de la Real Sociedad n'est pas le même, il semble que chacun ait acquis un minimum de technique, la base du football. Enfin, la base du football... En Espagne. Car cette opposition a mit en relief le mal récurrent du football hexagonal. A Lyon, si l'on y regarde de plus près, il apparaît que seuls Yohan Goutcuff et Clément Grenier semblent être véritablement des joueurs techniques et c'est ce qui fit la différence hier soir.


Une grosse perte financière

Rèmi Garde avançait "deux buts chanceux". Ce qui n'est pas faux d'ailleurs car la frappe de vingt-cinq mètres de Sefarovic qui se logeait dans la lucarne était inarrêtable mais l'action qui la précéda fut si belle qu'un peu de réussite à la conclusion était bien méritée. Ce n'est pas une classe qui séparait l'OL et la Real Sociedad, c'était une faille et même un fossé. Jamais, on put croire que les Gones allaient revenir. On pourrait parler de la tête de Maxime Gonalons qui trouvait la barre transversale à la reception d'un corner de Grenier "on n'a pas eu la chance de notre côté. On n'était pas très loin de marquer mais ça ne voulait pas entrer" regrettait Yacine Benzia, moins en vue qu'en championnat vendredi dernier. On aurait pu parler de l'occasion de Miguel Lopes mais là encore, la différence cuisante qui séparait les deux équipes était trop importante pour parler d'un manque de réussite.
On pensait, après avoir vu les deux premières journées de championnat qui s'étaient conclues par deux victoires probantes, que l'effectif actuel suffirait amplement bien que la double confrontation qui avait vu Lyon battre le Grashopper Zurich aurait dû nous servir de sonnette d'alarme. Il est flagrant que Alexandre Lacazette n'est pas encore à l'aise en pointe dès que l'adversité devient plus forte, il est tout aussi flagrant que Yacine Benzia n'a pas le niveau européen, même en ce qui concerne la Ligue Europa vers laquelle se dirige l'Olympique Lyonnais. Comme il est tout aussi évident que le milieu de terrain n'apporte pas assez de poids dans les moments difficiles. Entre Steed Malbranque qui n'est que l'ombre de lui même et Maxime Gonalons qui a besoin d'une heure pour se mettre dans le bon sens, on comprend que l'affaire soit compliquée. Et que dire de la charnière centrale qui vit Milan Bisevac devant trop souvent bifurquer dans le couloir droit tant Miguel Lopes ne s'occupait guère du repli défensif et Gueïda Fofana, dépassé par les attaquants basques qui passaient dans son dos comme on passe dans un gruyère. Et quand on demandait à Rémi Garde pourquoi Samuel Umtiti était resté sur le banc au bénéfice de Fofana, l'entraîneur lyonnais ne répondait pas.
Alors, c'est vrai, toute équipe qui se respecte souhaite jouer la Ligue des Champions. Avec deux buts encaissés à domicile pour aucun de marquer, l'affaire semble bien mal engagée. Seul un miracle pourrait sauver Jean-Michel Aulas d'une perte financière importante. Car si la Ligue des Champions est un symbole, c'est aussi une source de revenu certaine car jouer les phases de poule, c'est s'assurer un gain de vingt millions d'euros minimum. Trois chances sur cent, c'est peu mais ça se tente. Réponse mercredi prochain à Saint Sebastien...
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L'auteur : Fruitier Manu
21 ans, Paris (France).
Publié le 03 octobre 2013
Modifié le 02 octobre 2013
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