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Melmoth, l'Homme Errant

Certains ouvrages prennent une place prépondérante dans la vie de certaines personnes. Un peu comme une révèlation. Une découverte. Et bien plus au fond. Dire cela de Melmoth de Maturin serait un peu exagerer, mais cela n'empêche pas moins que ce livre a beaucoup de valeur pour moi.


Je trouve l'histoire très belle. Poétique. Originale. Le style irréprochable. Il mêle philosophie, esthétique, poésie. Soutenu, travaillé. Il est des romans dont le temps n'altère pas l'image que l'on garde en tête. Il est des oeuvres que l'on ne peut oublier. Des livres après lequel, durant un certain temps, il sera impossible de lire tout autre chose, sous peine de le comparer, et donc de le sous-estimer. Melmoth est ce qui m'a fait une telle impression. Plus qu'une fascination.


L'histoire

L'ouvrage comporte en réalité six histoires qui s'entrecroisent, se fondent, s'enchaînent. J'ai essayé de les résumer au mieux, mais seule une lecture de l'oeuvre peut témoigner de ce qu'elle est vraiment. Ce résumé n'a donc qu'une valeur bien faible comparé à la réalité :

John Melmoth se rend au chevet de son vieil oncle, un homme solitaire et avare, qui va mourir. Dans son testament, il recommande à son neveu de brûler un tableau, conservé dans une pièce adjacente à sa chambre. Il doit également détruire un manuscrit. A la mort de son oncle, le neveu brûle l'étrange tableau. Il représentait un de ses ancêtre. Un homme dont le regard, malgrè le fait qu'il ne soit qu'une peinture, reste étrangement pénétrant. John trouve le manuscrit et décide de le lire... Il s'agit de l'aventure de Stanton, un homme qui rencontra l'Homme Errant...
Peu après, John receuillera un Espagnol rescapé d'un naufrage, qui lui contera l'histoire de sa vie. Son enfance, son existence, ses tourments, et la présence du mystérieux Melmoth.
Celui qui ne connait pas le temps. Celui qui traverse les époques. Parcourt le monde. Erre desespérément. Cherche quelqu'un pour prendre sa place. Empli de haine et d'indifférence, il connaîtra pourtant l'ombre de sentiments humains...


Origine

Voici le passage du sermon qui inspira Maturin pour l'écriture de son oeuvre :

Est-il parmis nous, en dépit de nos écarts,
de nos désobéissances à la volonté du Seigneur, de notre indifférence
à Sa parole, est-il à cet instant un seul d'entre nous,
qui en échange de tout ce que la terre
et l'homme peuvent dispenser, serait prêt à renoncer
à l'espoir de son salut ?... "


Dimension :
Si l'inspiration provient d'un serment religieux, l'oeuvre n'est absolument pas fondée dans cet esprit. D'ailleurs Maturin semblait plutôt opposé à certaines croyances.
Il s'agit un roman fantastique, poétique, (je me répète), et d'aventure, ayant d'ailleurs certainement, une valeur symbolique...


Mon avis

Je ne saurais dire présicément pourquoi j'ai tellement aimé ce livre. Peut-être parcequ'il représentait là un modèle de ce que j'aurai voulu écrire ? Je ne pense pas. Pas seulement. Plus que ça. En fait, j'ai été séduite par l'histoire. Elle n'était pas écrire au dos du livre. Je l'ais découverte au fur et à mesure. Encore mieux.
Melmoth, cet "homme", ce "démon" peut lui aussi éprouver des sentiments humains. C'est ça qui m'a paru si beau. Il y'a un romantisme touchant. L'amour qui naît entre Immalie (Isidora), l'incarnation de l'innocence, presque un ange et cet homme, froid, cruel, associé à l'ennemi du genre humain...


Extrait :

Un bref extrait de livre pour que vous vous fassiez une idée du style. J'ai choisi ce passage car je le trouve particluièrement beau. Il se déroule vers la fin de l'oeuvre.
Isidora (ou Immalie) prend conscience de ses sentiments pour Melmoth, et lui demande de lui expliquer ce qu'est l'amour...

"Aimer, belle Isidora, c'est vivre dans un monde que nous avons crée nous-même, et dans lequel les formes et les couleurs des objets sont aussi brillantes que décevantes. Pour ceux qui aiment il n'y a ni jour ni nuit, ni été ni hiver, ni société ni solitude. [... ] Le monde pour exu ne renferme qu'un individu, et cet individu est pour eux le monde lui même. L'atmosphère de sa présence est le seul air dans lequel ils puissent vivre, et la lumière de ses yeux est le seul soelil de leur création.
"J'aime ! Se dit intérieurement Isidora.
Aimer, continua Melmoth, c'est vivre dans une existence remplie de contradictions perpétuelles ; sentir que l'abscence est insupportable ; souffrir presque autant de la présence de l'objet aimé ; être rempli de dix milles pensées quand nou sommes loin de lui : songer au bonheur que nous éprouverons à lui en faire part en le voyant : et, quand le moment de notre réunion arrive, nous sentir par une timidité également oppressive et insupportable, hors d'état d'exprimer une seule de ces pensées ; être éloquent en son abscence et muet en sa présence ; attendre le moment de son retour comme l'aurore d'une nouvelle existence [... ].
"Ah s'il en est ainsi, je crois bien que j'aime ! Dit à mis-voix Isidora.
Aimer, poursuivit Melmoth avec une énergir toujours croissante, c'est sentir que notre existence est tellement absorbée dans celle de l'objet aimé que nous n'avons plus de sentiments que celui de sa présence, de jouissances que les siennes, de maux que ceux qu'il souffre. [... ] Aimer c'est n'être que par ce qu'il est et n'user de la vie que pour la lui conserver [... ]"
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Publié le 04 avril 2005
Modifié le 10 mars 2005
Lu 1 646 fois

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