FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Mon séjour en Turquie

Voilà mon récit, je suis une fille de 16ans qui est partie toute seule en Turquie pendant 2mois, sans savoir parler turc, avec juste quelques bases en anglais et en allemand, dans un pays qu'elle ne connait pas du tout !


J’ai décidé de raconter les 2 mois passés en Turquie…
Cela fait maintenant 8 mois que je suis revenue, et j’ai encore l’impression que je viens d’en partir… Au fond je crois que je ne l’ai pas quitté une seconde. Durant ces 8 mois je n’ai fait qu’en parler, qu’y penser… qu’attendre le moment où j’y retournerais... Ce moment approche, puisque c’est bientôt l’été. Voilà pourquoi l’idée d’écrire mon histoire m’est venue à l’esprit.

Tout a commencé, je crois, lorsque Papa et Maman ont reçu mon bulletin. J’étais en 2nde, et on pourra demander à qui on veut, mais la 2nde est la pire année qui puisse exister. D’autant plus que j’étais dans ma période où on se fout de tout autour de nous. Je me foutais de mes études puisque je n’avais pas encore de but dans la vie, oui je crois que c’est ça, je me foutais de mon apparence, de mes parents, ma famille, je rentrais toujours tard et une fois à la maison je passais tout mon temps accrochée à l’ordinateur. Il n’y avait plus d’entente entre moi et mes parents. C’est pour tout cela que mon père a décidé de m’envoyer 2 mois en Turquie (puisque sa sœur, donc ma tante, Delphine, était partie s’installer là-bas et travaillait dans une agence de voyage, elle pouvait donc facilement me trouver une place dans un hôtel pour y travailler…) . Au début, ma réaction était bien sûr évidente : j’ai refusé complètement cette idée, jamais je ne parlerais assez bien l’anglais pour me faire comprendre, jamais je n’arriverais à aller vers les autres, jamais je ne parviendrais à me débrouiller comme ça toute seule. Et surtout, j’avais déjà fait mes propres projets pour l’été. J’étais amoureuse… Il s’appelait Julien et notre relation en était à son commencement… J’attendais les vacances avec impatience pour passer plus de temps avec lui. Je voulais aussi aller en Bretagne voir ma cousine et tous nos amis d’été comme tous les ans… Et j’avais également prévu quelque chose avec Amélie et Anne-So mes copines de toujours. Mais Papa ne quittait pas son idée. On a donc décidé que je ne partirais en Turquie que pour 3 semaines. Mais ça ne me plaisait toujours pas… Enfin je n’aurais pas le choix, c’était prévu et j’allais donc partir. Le dernier mois de cours passa très vite, et plus les vacances approchaient, plus j’avais ce petit truc dans le ventre qui nous fait savoir que quelque chose approche. J’avais peur. Je savais que je partais le 7 juillet. Julien était au courant, on a eu du mal à l’accepter, mais il a finalement décidé de m’attendre tranquillement, de me faire confiance et de garder le contact avec moi durant mon séjour. Trois semaines, ce n’était pas si long !
Le jour J approche de plus en plus, les derniers préparatifs sont finis, les dernières recommandations de ma mère pleuvent, et me voilà partie en direction de l’aéroport de Strasbourg, avec un gros nœud à l’estomac. C’est ma mère qui m’y a emmené, accompagné de Rina, sa copine et de Christophe son fils, qui a mon âge et qui est un très bon copain à moi. Je me sentais quand-même entourée. Arrivés à l’aéroport, il nous restait encore beaucoup de temps. Maman et Rina sont allées boire un café, moi et Christophe avons traîné dans l’aéroport, tout en faisant des projets pour mon retour, en parlant de tout et de rien. Il avait l’air de comprendre mon refus de partir. Je ne savais pas du tout ce qui m’attendais finalement. L’heure H, cette fois, arriva alors. Je prends ma grosse valise, remplie pour 3 semaines, mon sac à dos avec tous mes papiers (c’était la première fois que je prenais l’avion seule, et la première fois que je partais seule, sans parent ni copine…), et je me dirige vers les salles d’embarquement, avec cette horrible sensation de solitude et d’abandon. Je revois encore ma mère me faire de grands signes… et moi je lui souriais, mais mon sourire cachait de nombreuses larmes qui ne virent le jour qu’une fois mon visage tourné. Je me suis dit sur le moment, qu’il valait mieux que je fasse le maximum pour me sentir bien, que je profite de tout. Mais je laissais là toutes mes habitudes et mes amis, c’était trop dûr…
J’ai facilement trouvé la salle d’embarquement à destination d’Izmir. J’étais déjà allé à Izmir avec Maman et Charlotte (c’est ma petite sœur). Oui on y avait été au mois d’avril pendant 2 semaines. Ca avait été super. J’avais vraiment sympathisé avec les animateurs, et il était d’ailleurs prévu que je retourne dans cet hôtel… Cela me réjouissait un peu malgré tout.
Dans la salle d’embarquement, j’étais assise, j’écoutais de la musique (comme toujours) et je regardais tout le monde. Il y avait ses petites familles qui partaient tous ensembles en vacances, il y avait quelques hommes d’affaires, toujours à l’écart de tout le monde, bien habillés, avec une malette et un ordinateur portable, il y avait les groupes de jeunes qui partaient « s’éclater », il y avait les familles turques, avec la femme voilée, l’homme barbus, la troupe d’enfants qui suivait… Et il y avait moi, seule avec mon walkman et mon ticket d’embarquement que je lisais et relisais pour être sûre de ne pas me tromper. Vint alors l’heure du départ, la vraie. J’ai toujours détesté ce moment où l’on monte dans l’avion, et où on se dit : « Je monte, oui, mais je n’y suis pas obligé, personne ne m’y force finalement, je peux encore faire demi-tour », mais on continue d’avancer, on suit la foule. J’ai trouvé rapidement ma place dans l’avion, c’était la 07F. Je m’installe, je laisse échapper encore quelques larmes, puis l’avion décolle, le discours habituel de l’hôtesse se fait entendre, le plateau repas infect est distribué, puis je m’endors, walkman allumé. A mon réveil, on allait commencer à atterrir. Je me disais que j’étais maintenant bel et bien partie, et je commençais à paniquer en me demandant où je devrais aller en arrivant à l’aéroport, qui j’allais devoir retrouver, comment cela allait-il se passer. A l’arrivée j’étais un peu déboussolée, fatiguée, je suivais le mouvement, j’ai récupéré ma seule valise, et je me suis dirigé vers ce qui me semblait être la sortie. Tout ce monde autour de moi me semblait invisible, ou plutôt, je me sentais totalement invisible pour lui. Puis soudain j’aperçois un visage que je connaissais, c’était Carole, la guide que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer au mois d’avril avec Maman. Elle m’a reconnu elle aussi et me fait signe. Elle me dit de suivre les clients de New Horizon (c’est l’agence où travaille ma tante) et là je vois alors Ali, un ami de mon oncle qui travaille aussi pour cette agence, et qui était venu passer une nuit avec lui chez moi à Thionville. Il m’a dit de monter dans sa voiture, d’attendre un peu et pendant ce temps je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, on était en route vers « l’hôtel » avait-il dit. Il m’a alors annoncé que tous les hôtels étaient pleins, et qu’il ne savait pas où j’allais pouvoir dormir. Ca commençait bien… Après 2 heures de route en pleine nuit sur ces routes où les panneaux m’étaient inconnus, où tout m’était inconnu, on arriva à l’entrée d’un grand hôtel que je ne connaissais pas. J’étais un peu déçue car j’avais tant espéré revoir tout de suite le Club Tarhan où j’avais été avec ma mère au mois d’Avril, et où se trouvaient Aihan et Deniz les 2 animateurs turcs que je connaissais. Il était 4heures du matin. Ali a discuté quelques minutes avec deux hommes dont un que je reconnaissais déjà, c’était Tolga l’ancien chef animateur du Club Tarhan, dans la nuit il ne m’a pas reconnu mais il me reconnaîtra plus tard, car cet hôtel, qui ne m’attirait d’abord vraiment pas du tout, allait être celui où j’allais passer le 2ème mois de l’été, et le meilleur. C’était l’Hôtel Holiday Resort. Je n’en revenais pas de reconnaître déjà quelqu’un à peine 2 heures après mon arrivée. Ali et moi sommes entrés y boire un café, et enfin on nous annonce qu’une chambre est libre et que je vais pouvoir y passer la nuit, enfin il était quand même déjà 5h. Ali me laisse alors là, seule, mais sur le moment je ne pense qu’à une chose, monter et dormir. Je trouvais cela génial d’avoir une chambre à moi toute seule dans un hôtel 4 étoiles, même si c’était pour une seule nuit. Mais à mon réveil, vers 13h, j’étais complètement paniquée. Je ne savais pas où j’étais, je voyais enfin les lieux au grand jour, au balcon, j’ai pu voir que l’hôtel vivait, mais je ne connaissais rien ni personne je me suis sentie déjà perdue. En descendant j’ai vu tout de suite Ali et ça m’a rassurée. Il m’a alors dit que je pouvait profiter de la journée dans l’hôtel, et que Bülent (mon oncle, le mari de ma tante) allait bientôt arriver. Mais bon je n’arrivais pas à « profiter de la journée » comme il disait, je me sentais trop seule et perdue. Je me suis assise au bar et j’ai commencé à lire Candide, jusqu’à la fin de la journée, quand mon oncle est enfin arrivé. Il était très de content de me revoir. Et moi aussi puisqu’à part lui et Ali personne, excepté 2 ou 3 employés, ne parlait français. Il m’a laissé téléphoner à ma mère, on était le 8 juillet, je lui ai donc souhaité un bon anniversaire et je lui ai raconté mon arrivée. J’étais vraiment contente de l’avoir au téléphone. Ensuite, Bülent m’a expliqué le déroulement de la semaine. Le soir nous avons mangé au restaurant de cet hôtel, je ne regardais personne, je le suivais c’est tout. La nuit on a dormi dans une petite auberge qu’ils appellent « pensiyon », face à la mer. Nuit difficile, je me demandais ce que je foutais ici, et comment allait ce passer le reste de mon séjour. J’avais déjà hâte de rentrer. Au matin, Bülent, moi et Ali sommes partis, ou plutôt repartis à Izmir, dans un grand hôtel en ville, pour y rejoindre Delphine, Jérémy et Anthony (mes cousins) et Mamie Arlette. Ca m’a fait du bien de les voir. Je me sentais maintenant vraiment mieux, avec les miens, ma famille. On a passé la nuit dans cet hôtel et j’ai enfin pu téléphoné à Julien. Le lendemain matin, retour à Didim (là où se trouve les hôtels, à 2h de route d’Izmir), en mini-bus avec Delphine, Mamie et les petits. On se rendait cette fois au Club Tarhan. Enfin ! J’allais revoir Aihan, Deniz, et ce grand et bel hôtel que j’avais quitté tristement en Avril en me disant que je ne le reverrai jamais, comme on se le dit tout le temps au départ d’un hôtel. Quand on est arrivé, mon cœur battait à 1000 à l’heure. Je suis rentrée dans l’hôtel, comme si j’y avais toujours vécu, et avec ce petit sentiment de nostalgie. Pendant que Delphine et Mamie réglaient les derniers détails à la réception, je suis partie à la re-découverte de l’hôtel. Trois serveurs dont j’ai reconnu les visages sont venus à ma rencontre, en me serrant la main et en me demandant si ma mère allait bien. J’ai halluciné. Depuis le mois d’avril, et malgré le nombre indéfinissable de clients qui arrivaient et partaient de l’hôtel chaque jour, ils se souvenaient de moi et de ma mère ! C’était incroyable. Au bout d’un certain temps je commençais à m’inquiéter. Je ne voyais pas Aihan. Jusqu’au moment où j’entends une voix familière qui crie : « Eh !! » . C’était lui. Le beau turc qui dansait comme un dieu, qui ne pensait qu’à rigoler, et avec qui j’avais beaucoup parlé en anglais pendant 2 semaines, je lui avais même appris à dire plein de choses en français. Quand je suis partie au mois d’avril, j’avais pleuré parce que je pensais ne jamais le revoir. Et aujourd’hui il était de nouveau devant moi. On a un peu discuté de tout et de rien. De toute façon, il était prévu que je passe une semaine de vacances avec Delphine et Mamie ici, puis quand elles repartiraient en France je travaillerais ici pendant encore 2 semaines. Alors c’était vraiment génial finalement. La semaine de vacances s’est bien passée. Je sympathisais avec les serveurs, les animateurs, grâce à l’anglais. Je profitais de tout. J’écrivais quand même à Julien et je l’appelais dès que possible. Je n’ai encore rencontré personne avec qui passer mes soirées excepté les serveurs, mais je me plaisais très bien comme ça, je lisais beaucoup et j’observais surtout. La fin de la semaine arrive, Delphine, Mamie et les petits prennent l’avion pour Strasbourg, et en partant, Delphine ajoute : « N’oublie pas que si tu préfères rester plus longtemps que 3 semaines tu n’auras qu’à le demander, il n’y aura aucun problème ». Et là je me suis dit que j’aurais du mal à quitter ce grand hôtel et cette ambiance dans déjà 2 semaines. Bülent m’a placée sous la responsabilité de Mehmet-Ali, un guide très sympa qui parlait parfaitement le français. On a passé vraiment de bons moments tout au long de l’été. Et il s’est vraiment bien occupé de moi, je crois même que c’est lui qui m’a rendu folle de la Turquie, car il est vraiment amoureux de son pays, et il en parle tellement bien. J’ai alors demandé à Aihan s’il était possible que lui et l’équipe d’animation m’héberge pour les 2 semaines à venir, car en effet je n’allais pas dormir dans cet hôtel 5 étoiles qui étaient en plus plein à craquer. Il en a discuté avec Mehmet-Ali et c’était d’accord. J’étais toute folle de découvrir l’endroit où j’allai dormir, cette maison avec tous ces gens que je ne connaissais pas. J’étais un peu déçue par l’endroit car c’était peu confortable et assez sale. Mais c’était convivial et je me plaisais à découvrir chaque personne, à essayer de parler anglais toujours un peu plus. Il y avait tout d’abord Kader, il était grand, mince, de petits yeux noirs, c’était un arabe et il parlait français plutôt bien, c’est avec lui que j’ai eu le plus d’échanges à ce niveau là, il était très gentil, et il avait une copine qui était belge et donc qui parlait français, ça me faisait vraiment du bien des fois d’entendre parler français à côté de moi dans la maison. Sinon je partageais ma chambre avec Aynur, assez petite, les cheveux longs noirs et tout bouclés, une fille très gentille elle aussi, toujours prête à m’aider, elle savait que j’avais 16ans et elle devinait sûrement, comme tout le monde en fait, que j’étais un peu perdue. Elle me donnait plein de conseils. Il y avait aussi Esra une autre fille turque, très jolie, et apparemment très marrante mais je n’ai pas pu en juger, je ne comprenais rien à leurs conversations, mais toujours est-il que je n’ai pas vraiment accroché avec elle. Il y avait Lika, une jeune fille russe, qui ne parlait pas un mot d’anglais, et qui essayait d’apprendre le turc, elle était presque dans la même situation que moi au niveau des conversations. Elle avait environ 20 ans et avec les cheveux teints en blond cuivré. Ah et bien sûr il ne faut pas oublier notre chef qui s’appelait aussi Aihan, il rigolait beaucoup avec nous, mais par moment il était froid, énervé… Il était très petit, il était blanc contrairement aux autres qui avaient le teint foncé. Il avait les cheveux tout courts et était plutôt beau gosse. Il avait une copine belge lui aussi, elle parlait français, et pendant 3 ou 4 semaines j’ai passé pas mal de temps avec elle à parler. Et enfin il y avait Deniz le DJ que j’avais déjà rencontré avec ma mère 2 mois auparavant, toujours aussi timide, doux et discret.
Je travaillais alors au midi-club. J’étais donc toute la journée avec Lika, et c’était vraiment très dûr de communiquer, surtout au début, mais par la suite on s’est habituées à parler comme on pouvait, et on délirait beaucoup toute les deux. Le matin au mini-club il y avait très peu d’enfants, alors on s’endormait facilement, surtout après les soirées de fête qu’on passait. A midi on devait se rendre à la piscine, pour le jeu. Tous les midis les animateurs organisaient un jeu à la piscine, puis la fameuse danse du club « Hot hot hot »… Puis nous allions tous manger. Le matin et le soir nous avions le droit de manger au restaurant de l’hôtel, mais à midi on mangeait à la cantine du personnel. C’était toujours la même chose, dans des plateaux en fer. Alors Lika et moi, on essayait de s’en aller discrètement. Elle m’a emmené en mini-bus au marché de Didim, on s’est acheté des habits, c’était vraiment pas cher, et on avait mangé là bas dans un petit snack une grande pizza aux pommes de terre. Une autre fois elle m’a emmené à la salle de musculation de l’hôtel entre midi, et encore une autre fois elle m’a proposé d’aller se baigner à la plage. Lika était vraiment une fille qui aimait profiter de la vie. Moi, depuis quelques jours, je ne pensais plus trop à Julien. Il m’avait téléphoné pour mon anniversaire, pile à l’heure où j’étais née… Et je lui ai annoncé que je voulais rester un peu plus longtemps en Turquie. Il n’a pas du tout apprécié et on s’est disputé. Il ne comprenait pas, mais s’il avait été à ma place je pense qu’il aurait compris. Comment peut-on vouloir quitter une vie si plaisante ? De plus, j’avais flashé sur un serveur, un turc, qui ne parlait d’ailleurs pas anglais, on ne faisait que de se regarder, tout le temps, tout le temps… juste se regarder. Quand je parlais de lui je l’appelais « Mon serveur ». C’est aussi durant cette semaine que j’ai rencontré Thomas. Thomas c’est un garçon de mon âge, il faisait partie d’une petite bande de mecs dans l’hôtel. Une bande que je n’aimais pas du tout, je ne sais pas pourquoi. J’étais assise au bar de la piscine, j’approfondissais mon turc en feuilletant mon dictionnaire, aidée du serveur qui était là. Puis Thomas vint s’asseoir à côté de moi, me demande une cigarette, et on commencé à discuter, à se présenter, parler de nos vies. Il venait de Lille, il était en 2nde je crois, comme moi. Il était ici avec ses parents pour 3 semaines. Il était étonné de rencontrer une fille de 16 ans qui était seule et vivait avec les animateurs d’un hôtel. Je lui ai dit que je devais aller dormir un peu parce qu’il était environ 17h et que comme d’habitude la soirée s’annonçait fatiguante. Je lui ai dit qu’on pourrait se revoir le soir en discothèque. C’est alors que grâce à Thomas j’ai pu rencontrer cette bande de mecs de mon âge, il y en avait même un qui habitait à Thionville et qui était au lycée Saint Pierre Channel. J’ai halluciné et lui aussi. Mais je ne l’ai pas revu ici. Sinon il y avait un turc belge qui s’appelait Tolga et qui était vraiment super. J’ai gardé le contact avec lui sur internet. On discute beaucoup et ça me fait plaisir. En tout cas on ne restait pas beaucoup avec eux. Thomas et moi aimions rester tous les deux pour discuter de la vie, j’aimais lui raconter les nouvelles avec mon serveur, et il m’écoutait. Je me sentais déjà moins seule depuis que je l’avais rencontré. Un soir, alors que je dansais comme une folle, comme d’habitude, je me lâchais sur la piste, je me laissais aller au rythme de la musique et c’était génial. Avant je ne dansais jamais, je haïssais danser devant les autres. Mais en tant que « animatrice » je ne pouvais pas me permettre de rester assise dans mon coin en boîte. Un mec d’environ 18ans me regardait sans cesse. Il était à une table avec ses parents et sa sœur j’ai supposé. Kader parlait avec eux, et il est alors venu me voir en me disant que ce mec s’appelait Jonathan et qu’il m’aimait beaucoup, et que ça serait bien si j’acceptais de faire sa connaissance. Je me suis dit que même s’il ne m’attirait pas spécialement, c’était une bonne occasion de me faire encore de nouvelles connaissances. Alors avec Thomas, on a acceuilli Jonathan et sa sœur Amandine, et à partir de ce soir-là, ils faisaient partie de la bande. On était tous les soirs tous ensembles, et durant la journée, ils passaient me voir au mini-club. Jonathan me répétait souvent qu’il me trouvait superbe, géniale… Je ne répondais jamais rien. Il m’avait dit qu’il avait une copine en France, il habitait Mulhouse, mais que plus rien n’allait avec elle. Je lui ai avoué que pour moi c’était pareil, mais que je ne voulais pas m’attacher à quelqu’un en sachant que nous ne nous reverrions plus. On en a plus beaucoup parlé, pour lui, ses sentiments à mon égard étaient clairs, et je n’avais qu’à saisir ma chance. On va dire qu’il n’y a rien eu. Mais nous sommes quand-même devenus très proches. Tout le monde croyait qu’on était ensembles. Mais ce n’était pas le cas. Jonathan était quelqu’un d’apparence très dure, avec ses piercings, ses tatouages… Mais dans ses yeux je pouvais distinguer toujours une petite crainte, un léger manque d’assurance. C’était mignon. Je continuais de toujours parler de Mon serveur… Je tremblais de partout dès qu’il était là. . De son côté, Thomas devenait amoureux d’Amandine. On ne pourra pas le lui reprocher, étant donné que Jonathan et moi passions tout notre temps ensembles, Thomas se retrouvait avec Amandine, et il faut dire que cette fille était pleine de charmes. Malheureusement, ce n’était pas réciproque. On avait fait la connaissance d’un belge turc, qui s’appelait Ilker, qui devait avoir environ 19ans et qui jouait vraiment le playboy. Amandine en est tombée folle amoureuse, et on ne saura jamais ce qu’il y a eu entre eux deux. J’ai beaucoup parlé avec Ilker, parler de la Turquie, des turcs… Il m’a appris beaucoup de choses que je n’ai pas oubliées. Les jours passaient, toujours plus beaux les uns que les autres. La France et Thionville me semblaient loin. J’avais le soleil, la chaleur, la plage, les fêtes, les nouveaux amis qui ne connaissaient de moi que ce que je voulais bien leur montrer. Je me suis connectée à internet juste une fois, dans la salle internet de l’hôtel. J’ai discuté un peu avec Amélie, et c’est tout. Evidemment je leur téléphonais assez souvent, mais c’était tellement cher que je n’avais pas du tout le temps de leur raconter mon été. Et pour le moment je préférais le garder pour moi. Je parlais très peu de ma vie de Thionville à Jonathan et Thomas. Je ne parlais que de Mon serveur qui me regardait lui aussi sans cesse. Je ne vivais que pour lui. Je ne pensais qu’à lui et je ne faisais toujours qu’attendre le moment où j’allais le revoir. Il a essayé de nombreuses fois d’entrer en contact avec moi, mais je ne parlais pas encore assez le turc. On peut même dire que je ne le parlais pas du tout. J’observais beaucoup oui, je pouvais comprendre certains mots ou phrases, mais il était clair que je n’étais pas encore capable de tenir une conversation. Un jour il est arrivé à l’hôtel, une fille dans les bras. J’étais assise parterre devant l’hôtel avec Jonathan, il était un peu déprimé parce qu’il croyait que je me fichais de lui, et donc on s’était mis là pour en parler. Et en voyant mon serveur passer avec cette blonde à lunettes, qui était grosse et vulgaire, je me suis effondrée. Rien ne pouvait être plus horrible pour moi. J’étais désespérée. Je pleurais souvent et j’étais beaucoup moins joyeuse. Jonathan l’avait remarqué et me réconfortait toujours. J’ai commencé à aimer ses caresses, sa chaleur… Je ne sais pas si c’était par manque de câlins, ou bien si c’était vraiment lui qui m’attirait. Officiellement il n’y a vraiment rien eu entre nous, mais beaucoup de tendresse. Je devrais peut être le décrire… Il était assez grand, blond, les yeux bleus (un vrai lorrain), il avait 2 gros tatouages (sur le bras et dans le dos). Il avait aussi 3 piercings. Il aimait écouter de la techno. Mais malgré cet aspect d’insensible, il me paraissait innocent. Il avait 18ans. Quand on était tous les 2, il se confiait beaucoup. Mais quand on s’attache trop à quelqu’un dans un hôtel… il faut savoir qu’un jour ce quelqu’un s’en va. Bien sûr j’ai son adresse, son numéro… Mais plus rien. Il a quitté l’hôtel en pleurant, moi je n’ai pas pleuré devant lui, mais quand j’ai réalisé que c’était fini, il n’était plus là, j’ai longtemps pleuré. Il ne restait plus que Thomas et moi. C’était une dure soirée. A l’hôtel il y avait aussi 3 anglaises, on les appelait les crasseuses. J’ai gardé le contact avec l’une d’entre elles, Beth, sur internet. Il y avait aussi 2 hollandais, on les appelait les Holigans. Ils étaient toujours bourrés, mais on rigolait bien tous ensembles. Je téléphonais de temps en temps à Amélie, Aurélie… Même Dexter m’a appelé une fois… Il avait eu mon numéro avec Maman… Quant à mon serveur, je m’étais fait à l’idée que je n’avais plus aucune chance. Pourtant un soir il m’a proposé de sortir avec lui, et sur le coup je n’ai pas compris, alors il a attendu et attendu et attendu, mais rien, il a sûrement laissé tomber pour de bon cette fois-là. Au mini-club tout allait bien, avec les animateurs aussi. Je vivais là et je me sentais bien, je m’étais fait une place, des habitudes, des amis… Une vie bien à moi, que j’avais construite à ma façon. C’est durant cette semaine que j’ai changé d’hôtel. J’ai croisé Ali, par hasard, et il m’a dit : « Ah ! Je te cherchais ! Fais ta valise, tu t’en vas. » Bien sûr j’ai cherché à comprendre. Mais il m’a dit que cette fois je n’avais pas le choix, alors je suis partie faire ma valise… Cela a été vite fait. J’ai beaucoup pleuré. C’était terrible. L’horreur totale. Comment pouvait-on me faire ça ? Si j’avais demandé à rester jusqu’à la fin de l’été, c’était pour continuer ma vie dans cet hôtel, avec ces personnes, ce mini club, cette boîte, ces magasins, cette maison… Cette maison… que j’ai regardé entièrement une dernière fois avant de partir. A l’hôtel je suis allée dire au revoir à tout le monde, les serveurs, les animateurs etc… Thomas, Lika… Personne ne comprenait pourquoi je partais… C’est Temel, un guide de New Horizon assez vieux et qui parlait français, qui m’a conduit jusqu’à cet hôtel « Holiday Resort », que je haïssais déjà, car il m’arrachait à ma vie nouvellement créée et que j’aimais. Dans la voiture, Temel m’a expliqué que dans la vie, tout ne se passe pas toujours comme on l’aurait souhaité, et surtout que dans ce métier, il valait mieux éviter de s’attacher aux gens, aux lieus, aux habitudes… Quand je suis arrivée à l’hôtel, je me sentais terriblement seule, perdue… comme au premier jour. J’ai vu Ali qui m’a confiée à Emir, un animateur de 19ans qui parlait français. Il m’a expliqué brièvement le fonctionnement de l’hôtel, et m’a présentée aux autres animateurs. Je découvrais les lieus petit à petit mais ça ne me plaisait pas du tout. J’étais assise avec eux à la table d’une terrasse, au bord de la mer, surmontée d’un toit en bambous. On me présentait beaucoup de monde mais je ne retenais rien, je n’avais qu’une hâte, c’était de retourner au Club Tarhan. Dans cette équipe d’animateur, il y avait Tolga, dont j’ai parlé au début. Il m’a reconnu et m’a demandé où était ma mère. Elle n’était pas là, elle me manquait d’ailleurs. Le chef s’appelait Agi, il avait les cheveux longs, et était assez baba cool, il parlait français et il disait qu’il était acteur. Il avait une copine française, d’environ 35ans qui s’appelait Pascale et qui vivait avec nous. J’étais toujours avec elle au début, on a beaucoup discuté. L’assistant chef s’appelait Hassan mais on l’appelait Hasso. Il était le plus vieux je crois, et j’ai vite remarqué qu’il me portait beaucoup d’attention, ça faisait du bien de se sentir un peu protégée. Le dj s’appelait Erhan, il avait la tête rasée, des lunettes de soleil de jour comme de nuit, il était blanc. Il y avait bien sûr Emir, il était le plus jeune, il parlait parfaitement le français, il était grand et mince. Très gentil. Deux animatrices faisaient partie de l’équipe : Ezgi, très petite, les yeux bleus, très gentille quoiqu’un peu mystérieuse. Elle aimait beaucoup les Offspring. Et Deniz, très très gentille aussi. Mais elle est partie peu de temps après mon arrivée. Par contre, un animateur est arrivé le même soir que moi, Tayfun, très beau, mais vachement réservé. Je faisais leur connaissance, petit à petit. J’ai rencontré aussi Ismaïl le photographe, le demi-frère de Agi, il était grand et plutôt enrobé, les cheveux longs lui aussi, il rigolait tout le temps, c’était agréable d’être avec lui, on se sentait bien. D’ailleurs j’ai passé pas mal de temps avec lui, j’ai rigolé comme jamais, pourtant il ne parlait pas vraiment anglais. La maison était plus grande que la première dans laquelle j’avais vécue. Je dormais dans la chambre de Deniz et Ezgi. Quand Deniz est partie, c’est un guide qui a pris sa place. Bref je vivais au jour le jour, sans vraiment parler… Excepté mes grandes discussions avec Pascale. Le soir, la boîte de nuit ne m’attirait pas vraiment… Quand j’y pense… Je ne savais pas encore que quelques jours plus tard, cette boîte de nuit allait devenir presque mon lieu de vie. Avant de commencer à en parler, je vais d’abord raconter ma dernière visite au Club Tarhan. Je demandais tous les jours à Mehmet Ali s’il était possible que je passe une journée au Club Tarhan, puisque de toute façon, à l’hôtel Holiday je ne faisais rien de mes journées. Il m’a dit que lui n’avait pas le temps de m’y emmener, et que c’était compliqué d’y aller en mini bus, mais que c’était possible quand même. Le plan était que je participe à une journée croisière avec les clients de l’hôtel Holiday et de l’hôtel Tarhan, et qu’au retour, je pourrais rentrer avec les clients de Tarhan. C’est ce que j’ai fait. En plus cela me permettait de passer une journée sur un bateau faisant le tour des lagons. C’était une très bonne journée. J’ai pris d’ailleurs un bon coup de soleil sur le visage. Je suis alors rentré avec les clients du Club Tarhan. Je suis arrivée en courant, j’ai d’abord été au local des animateurs près de la piscine, j’ai vu Pietro (Aihan), Kader et Esra qui avaient l’air trop surpris et contents de me voir, ça m’a fait trop plaisir, puis j’ai vu Lika et Aynur au mini club, j’y suis resté un peu. Je me suis ensuite mis à la recherche de Thomas. Il était content mais m’a dis que ça tombait vraiment mal, car il avait prévu de passer la soirée à Altinkum avec ses parents. Il revenait à 22h, et moi je devais partir dans une heure. J’ai dit alors à Mehmet Ali que je restais là toute la soirée et que je me débrouillerais alors pour rentrer. J’ai mangé au restaurant de l’hôtel avec Thomas, j’ai revu mon serveur, ça m’a fait du bien. Il m’a beaucoup regardé, comme au bon vieux temps… Thomas est parti, j’ai donc passé le début de la soirée à l’amphi théâtre avec Lika et les autres, c’était super, ça m’avait énormément manqué. Thomas est revenu, on a discuté assez longtemps, je lui ai un peu parlé de ma nouvelle petite vie, lui il partait dans quelques jours. A la fin de la soirée, je commençais un peu à m’inquiéter quant à la façon dont j’allais rentrer à l’autre hôtel. L’amphi se vidait peu à peu, il ne restait plus que quelques personnes et les serveurs. Pietro m’a quand même dit que si jamais je ne pouvais vraiment pas rentrer, je pouvais venir à la maison. Mais je ne voulais pas les déranger. On discuta un peu avec les serveurs. J’ai demandé où était Muzaffer (un serveur avec qui j’avais sympathisé depuis mon premier jour à l’hôtel) parce que je ne l’avais pas vu depuis que j’étais là, et on m’a appris qu’il était parti à l’armée. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai laissé échapper une larme. Sûrement parce que je me suis alors rendu compte que je ne le reverrai jamais. Très vite, il ne restait plus personne à l’amphi. Il devait être 3h du matin. J’étais seule avec Thomas, et il y avait une bande de belges, de notre âge. Ils ont commencé à me parler, me demander qui j’étais etc… J’ai alors raconté toute mon histoire. L’un d’eux, qui s’appelait Julien, m’a dit qu’il restait un lit dans sa chambre d’hôtel, et que je pouvais l’occuper cette nuit si je voulais, ça m’a rassuré. On est alors resté avec eux. Ils étaient vraiment sympas. Thomas est allé se coucher environ une heure après. C’était la dernière fois que je le voyais. J’ai passé le reste de la nuit avec cette bande de fêtards. Au bout d’un moment, on est allés s’allonger sur les coussins du café turc de l’hôtel. On avait l’impression d’être seuls dans ce grand hôtel. On a beaucoup rigolé, on avait un petit poste alors on écoutait de la musique. J’ai commencé à fatiguer, je me suis endormie dans les bras de Julien. C’était bon. Quand le jour a commencé à se lever, on est tous allés sur la plage, c’était magnifique. C’est l’une des images qui est restée le plus encrée dans ma mémoire, je ne sais pas pourquoi. Puis on a été prendre le petit déjeuner au restaurant de l’hôtel. Mon serveur était là… toujours ces mêmes regards incessants… J’aimais… Après tout ça, j’ai décidé de partir à la recherche d’un mini bus. J’ai dit au revoir à tout le monde, pour de bon cette fois. Ces belges je ne les ai jamais revu, et je ne les reverrai d’ailleurs jamais. C’était une de ces rencontres pour une nuit, pour de bons moments, mais sans suite. Je me suis presque perdue dans ces mini bus. Je me suis retrouvée complètement paumée à Didim centre. C’était horrible. Après je ne sais pas où je me suis retrouvée mais j’étais totalement perdue. Ca fait peur quand on voit tout le monde qui passe autour de vous, sans se soucier de vous, eux ils savaient où ils allaient, ils connaissaient l’endroit, mais moi je ne comprenais même pas la signification des panneaux, je ne connaissais rien. Je suis alors retournée devant le Club Tarhan en bus, et là il y avait Mehmet Ali qui m’a alors ramenée à l’hôtel Holiday. C’est cette fois là que ma vie là-bas a vraiment commencé. J’avais eu le temps de quitter le Club Tarhan comme je le voulais, sans regret.
J’ai repris un peu mon petit début de vie de l’hôtel Holiday. Toujours en restant au téléphone avec Maman. Toujours en parlant de tout et de rien avec Pascale. La journée on restait à la terrasse à la plage, ou à la piscine, et le soir on regardait le spectacle, puis tout le monde allait en boîte. Mais vraiment les premiers jours, ça ne me disait rien. Pendant le spectacle il y avait toujours un ou deux mecs turcs qui étaient là en haut avec nous. Je me demandais qui ils étaient, ils avaient l’air de bien connaître les animateurs mais on ne me les avait jamais présentés. Mais j’allais faire leur connaissance toute seule, et ça allait être la plus importante à mon goût. Cela a commencé avec Cengiz. Il s’intéressait beaucoup à moi durant le spectacle, à propos de ce que je voulais boire etc. Il essayait de nous parler à moi et à Pascale mais on ne comprenait rien. Il me demandait toujours de venir en boîte mais je venais à chaque fois pour rester deux minutes. Un soir il m’a dit de venir au bar en disco et c’est là je crois que j’ai croisé le regard de Mahmut pour la première fois. Mais je ne suis pas resté longtemps non plus. Hassan a remarqué que cette bande de turcs qu’il connaissait et qui s’occupaient de la discothèque étaient intéressés par moi. En rentrant il m’a alors dit que je faisais ce que je voulais, mais qu’il fallait quand même que je fasse attention, car j’étais encore jeune… C’était gentil de sa part de s’en inquiéter mais je ne me sentais pas en danger. Le lendemain soir, toujours pendant le spectacle (à la fin de l’été je connaissais tous les spectacles par cœur), j’étais au téléphone avec Maman. Et tout en parlant, j’échangeais de longs regards avec Mahmut, enfin je ne connaissais pas encore son prénom. Quand le spectacle fut terminé, il me proposa de le suivre. J’ai cru que c’était pour aller à la boîte de nuit, mais il m’a emmené ailleurs. On a marché sans parler sur des chemins plutôt sombres. J’avais un peu peur, je me suis dit que j’aurais mieux fait de rester à l’hôtel. Mais alors il m’a pris la main, j’ai tourné mes yeux vers lui et il me regardait d’un regard merveilleux, envoûtant, je frissonnais. On a essayé de parler à plusieurs reprises, mais c’était impossible : il ne parlait pas un mot d’anglais, et moi je ne parlais pas vraiment le turc… je savais dire des mots comme bonsoir, ou encore comment ça va, mais ici ça ne m’était d’aucun secours. Alors on marchait sans parler. On a fini par s’asseoir sur des rocher tout au bord de l’eau, et on se regardait, on regardait aussi le ciel complètement étoilé, on pouvait voir l’île d’en face qui était toute éclairée. On entendait de douces musiques. Et enfin on s’est embrassé. C’était féerique. Ensuite on est allé à la boîte, l’air de rien. Personne ne remarquait rien. Je ne voulais pas que les animateurs soient au courant car j’étais sous leur responsabilité et je ne savais pas quelle aurait été leur réaction. Et puis tout était encore flou. Je me demandais si pour lui j’étais importante, ou si c’était juste un baiser, juste un… J’ai passé la soirée en boîte avec lui et c’était mieux que d’habitude. Le lendemain, le soir en disco, je suis partie aux toilettes (moi j’allais aux toilettes à la réception de l’hôtel car je trouvais ceux de la boîte trop sales) et il a couru derrière moi, et m’a demandé affolé où j’allais. Alors j’ai répondu et il m’a attendu dans les escaliers, et quand je suis revenu, on s’est encore embrassé longuement… Alors je me suis dit que ce n’était pas « juste un baiser » la veille, mais c’était quelque chose de plus fort. C’était de l’amour en fait tout simplement, mais je crois que je le ressentais différemment de d’habitude car ce mec je ne le connaissais pas et puis il ne parlait pas la même langue, et pourtant il y avait quelque chose entre nous. C’était beau. Ce soir là, il y eu des slows en fin de soirée, enfin vers 4h, et on a dansé, devant les autres, les animateurs, et je n’ai pas pu résister, je l’ai embrassé. Je fermais les yeux et je me sentais flotter dans son parfum, la musique turque était magnifique, il me serrait contre lui. J’ai connu son prénom le lendemain. Tout le monde savait alors ce qu’il y avait, et c’était officiel en quelque sorte. Si je parlais avec un mec, on me disait : « N’oublies pas que tu es avec Mahmut ». Mais dans la journée on se voyait très peu. Pascale est partie à Strasbourg quelques jours plus tard. Avant de partir, à l’aéroport, elle m’a dit qu’elle était enceinte de Agi. C’est aussi ce jour-là que j’ai croisé mon père à l’aéroport, il avait passé 2 semaines à Kusadasi et il rentrait à Thionville, c’était le 4 août. Je participais au transfert des clients les dimanche à l’aéroport d’Izmir. C'est-à-dire que vers midi on partait en bus de l’hôtel avec tous les clients de New Horizon vers l’aéroport et Mehmet Ali leur faisait son petit discours de départ. Là on retrouvait tous les clients et les guides de New Horizon des autres hôtels. Et les gens partaient. Ensuite on allait manger et dormir un peu à Izmir, puis vers 21h, on retournait à l’aéroport, attendre les prochains clients qui arrivaient vers 2h du matin. Puis on les accompagnait en bus aux hôtels pour 2heures de route, et enfin on pouvait aller se coucher. C’était très fatiguant. Pour en revenir à l’hôtel, je m’étais fait 3 copines françaises qui venaient de Strasbourg, je ne me souviens pas de leurs prénoms mais on avait bien rigolé ensembles. Sinon tous les soirs je me rapprochais un peu plus de Mahmut… De temps en temps on s’éclipsait pour se balader tous les 2 et se faire des câlins. Toujours sans vraiment se parler. Il m’a alors présenté à toute sa bande. Seulement un parlait anglais : Vedat. Il ne ressemblait pas du tout à un turc. Sinon il y avait Mustafa, c’était le plus âgé il avait 25ans, Mahmut en avait 19 et Vedat 22. Ce sont les 3 personnes avec qui j’ai passé le plus de temps pendant le dernier mois. On parlait comme on pouvait. Ils me guidaient, m’apprenaient à parler turc… Ils m’ont appris beaucoup, et ils se sont très bien occupés de moi. J’ai énormément parlé avec Vedat. Il connaît tout de moi. Et je connais tout de lui. Il a souvent essayé de m’embrasser mais je tenais trop à Mahmut pour ça. Alors il a laissé tomber, mais il est rester mon ami le plus cher dans la bande. On était très complice, on rigolait tout le temps, on se racontait tout. A ce que j’ai compris Mahmut était kurde. Et puis sinon Mustafa était quelqu’un de très mature et de très gentil. Il était surtout très tolérant envers tout le monde. Il y avait aussi les autres, avec qui j’ai beaucoup moins parlé. Ozan, il faisait de la danse hip hop, avec des roulades et autres acrobaties, je suis toujours impressionnée par cette danse, j’adore. Yusuf, il était barman à la discothèque, et il sortait avec Ezgi. C’était quelqu’un de très calme. Cengiz, c’est le premier que j’ai rencontré, toujours souriants, souhaitant faire plaisir. Efgan, le Dj, assez froid, mais sympa. Et encore Yusuf, le frère de Mahmut, il ne faisait pas vraiment partie de la bande mais il était souvent là, j’ai parler pas mal aussi avec lui, il me disait toujours que je ne devais pas rester trop tard en boîte, et que je ferais mieux de rentrer en France car j’avais beaucoup de chance d’être française et qu’il ne voyait pas le plaisir que l’on pouvait trouver à venir en vacances en Turquie. Les turcs là bas pour la plupart n’aimaient pas leur pays. Ils donneraient tout pour être français ou allemand. Ils croient que dans notre pays, tout est facile, tout le monde a de l’argent. Ils se trompent complètement pourtant, enfin c’est mon avis. Yusuf est parti pour l’armée quand j’étais là. Bref je menais ma petite vie avec Mahmut et Vedat. Toutes les nuits on dansait en boîte, on s’amusait trop… vers 4h du matin on allait mangé un kebab ou autres, puis vers 7h ils me raccompagnaient à la maison. Presqu’à l’heure où les animateurs se levaient pour aller travailler. Je dormais toute la journée, je traînais un peu, j’allais à la petite épicerie du quartier m’acheter des petits gâteaux et mon jus de cerise ou de pêche… Puis j’allais à l’hôtel. C’était la fin de la journée. En général vers 18h les animateurs rentraient à la maison. Ils se reposaient tous un peu, on allait sur le toit, on écoutait un peu de musique, on regardait le soleil se coucher, en se fumant une clope… Une fois pour l’anniversaire d’Emir on avait fait un barbecue c’était super. Puis ma famille est arrivée à l’hôtel. Quand je dis ma famille, je parle de Delphine, Bülent et les petits, Mamie, Papy, Christiane et Xavier, Totone… Ils sont arrivés vers 5h du matin, j’étais là, je venais de passer encore une soirée avec Mahmut et les autres. Puis ils sont vite partis se coucher. Je me suis retrouvée toute seule au restaurant de l’hôtel qui était vide à cette heure là, seuls les cuisiniers étaient là et préparaient le petit déjeuner pour les clients, et là j’ai commencé à discuter avec Bilal le chef cuisinier. On a beaucoup parlé, et c’était bizarre parce qu’il ne parlait que le turc, et il savait que je ne le parlait pas beaucoup (je m’étais quand même bien améliorée grâce à Mahmut) mais il essayait quand même de parler avec moi. Et finalement on a eu une bonne et longue conversation. Le jour s’est levé. On était assis près du ponton en bois sur la plage de l’hôtel et là deux mecs d’environ 20ans sont venus se baigner. Ils parlaient français alors on les a fait venir, et en fait c’était des clients de New Horizon qui étaient arrivés en même temps que ma tante. J’ai donc rencontré Raphaël, avec qui je vais beaucoup sympathisé par la suite. Tout le monde s’en va, et je me retrouve seule sur le ponton, le soleil se levant. Je me suis endormie là… Je suis rentrée vers 9h du matin pour prendre ma douche, et puis je suis revenue pour prendre un petit déjeuner avec Ismaïl au petit snack à côté de l’hôtel. Ensuite j’ai revu Bilal au snack, et jusqu’à 13h il n’a pas arrêté de me saouler pour que je sorte avec lui, j’avais beau lui dire que j’étais avec Mahmut, il s’acharnait. Ensuite Mahmut s’est levé, et je suis allée avec lui, Vedat et les autres, les voir jouer au foot. Et je ne sais plus pourquoi mais Mahmut et moi on s’est disputés et on ne se parlait plus à la fin de la journée. Alors je n’ai pas vu l’intérêt de rester avec eux. Je suis partie. J’étais quand même très triste. Mais il y avait ma famille avec qui je pouvais parler d’autres choses. Ils avaient découvert que je fumais. Papy m’a dit un jour : « Tu sais, si jamais tu as un problème avec ton père, on sera toujours là. » Je ne comprenais pas pourquoi d’un seul coup il m’a dit ça… Enfin maintenant je comprends, je n’étais pas encore au courant de tout, j’étais dans mon monde, je m’éclatais sans penser que la vie continuait à Thionville chez moi. Bref, ce soir-là j’étais assise sur les escaliers avant le spectacle avec Raphaël, on regardait la mini-disco pour les enfants, ces petites musiques je les ai tellement entendues, elles sont restées dans ma tête. On avait beaucoup discuté, il venait de Strasbourg, il avait 21ans. Il n’avait pas de copine, il était là avec des potes, et il était super, vraiment ouvert à tout. C’est là que Mahmut est passé, je ne sais pas si il m’a vu à ce moment là, mais j’ai eu peur qu’il croit que je commençais déjà à voir quelqu’un d’autre (Raphaël) alors que ce n’était qu’un ami. J’ai marché derrière lui et dans ce long couloir qui raisonnait, j’ai toussé pour qu’il se retourne et il m’a dit : « Hey Kaho !! Ploblem ? » J’ai dit que non. Il avait cette intonation dans la voix qui montre qu’on craint quelque chose, et qu’on espère que ça n’arrivera pas. Ca m’a rassuré. Alors on s’est embrassé, et je suis retournée avec Raphaël. Au bout d’un moment, Mahmut est arrivé par derrière alors Raphaël est parti pour nous laisser tranquilles. Mais Mahmut m’a seulement déposé un petit paquet dans les mains, et il m’a dit de le rejoindre plus tard. C’était un cadeau, un collier. Je l’ai toujours d’ailleurs. Ca m’a touché énormément. J’avais l’impression de compter pour lui après tout ça. La soirée s’est alors bien passée. C’était une soirée comme elles étaient au début de notre relation. Mais c’était devenu différent. Maintenant je le connaissais bien, et lui aussi me connaissait, malgré nos difficultés pour parler, on avait appris à vivre ensembles. Je ne le voyais plus comme le bel étranger dont je ne savais rien. Mais je restais avec lui par habitude, ou par peur de ne plus être avec lui tout simplement. Toujours est-il qu’il ne se passait pas une journée sans que l’on se dispute. Je téléphonais à Julien mais je pouvais à peine lui parler 4 minutes car c’était beaucoup trop cher, et puis je me rendais compte que je ne ressentais plus rien pour lui, au téléphone c’était froid, on avait plus rien à se dire. Alors je passais beaucoup plus de temps avec Raphaël. Puis j’ai rencontré Oytun. Enfin je l’ai rencontré bien avant, mais c’est là, vers la fin de l’été que j’ai commencé à le connaître mieux. Il avait un scooter, et chez lui c’était génial, il avait un pc ! Cela faisait un mois et demi que je n’en avais pas touché. Il avait une maison près de celle des animateurs. Mais à ce que j’ai vu, Oytun avait beaucoup d’argent. Il avait 18ans et il travaillait avec Ismaïl le photographe. Petit à petit il s’est créé une complicité presque amoureuse entre moi et Oytun. J’aimais être avec lui parce que d’abord il parlait parfaitement anglais et on pouvait vraiment discuter, et puis comme il avait un scooter, on pouvait partir loin de temps en temps. Je me souviens encore de nos ballades en scooter sur ces longues routes désertes, le visage frappé par le vent… On partait d’ailleurs souvent le soir, car il voyait bien que cela me rendait triste d’être en boîte et de voir que Mahmut s’en foutait de plus en plus de moi. Malgré tout Mahmut continuait de faire sonner mon portable, je ne sais pas pourquoi mais je me sentais mieux quand il le faisait… Je me disais qu’il pensait encore à moi… Alors moi et Oytun on allait sur des plages, loin, où il n’y avait personne. On s’allongeait, et c’est là qu’il m’a embrassé pour la première fois. C’était bien. Cette nuit là j’ai dormi chez lui. Puis je me suis rendu compte qu’il ne me restait plus que 4 jours ici. J’ai réalisé que dans 4 jours j’allais partir, et peut être ne plus jamais les revoir, que j’allais revoir Thionville et Amélie, Anne-So… A mon avis, elles ne m’attendaient plus, je n’avais plus de nouvelles. Elles avaient sûrement dû passer leur été à Thionville… Avec cette vie que l’on mène toute l’année. J’étais contente d’avoir passé un été pareil. J’avais vécu des tas de trucs. Mais là je devais tout quitter… Mahmut, Vedat… Oytun… les animateurs… le turc que j’apprenais toujours en observant, en écoutant… Ma chambre… Mon lit… Cette petite épicerie… Cet hôtel, cette boîte de nuit où il s’était passé tant de choses… Cette plage… Cette chaleur… Ces musiques… Ces rencontres toutes si différentes et enrichissantes. Tout. C’était terrible. J’avais le cœur déchiré. Avec mon grand père je suis allée passer une dernière après midi au Club Tarhan, pour dire au revoir définitivement à tout le monde. Puis enfin le départ. C’était le 25 août. Le matin même, j’étais au snack avec Raphaël, sa copine Zeynep (une serveuse de l’hôtel) et Bilal. J’ai dis au revoir aux animateurs qui apprenaient seulement que je partais. C’était bourré d’émotion. J’avais déjà fais mes adieux à Vedat et aux autres la veille. Je partis avec ma grosse valise bleue. J’ai eu cette boule dans le ventre jusqu’à 1 ou 2 semaines plus tard. Pour abréger, j’ai laissé mes coordonnées à Mehmet Ali, on s’est dit au revoir, et l’avion a décollé. Puis il a atterri. Pendant le voyage je me souviens que j’avais raconté mon séjour à la fille d’Eric (un employé de New Horizon qui travaillait à Strasbourg), qui aurait dû venir avec moi et passer tout l’été avec moi, mais qui a eu l’appendicite juste avant l’été. A l’atterrissage, l’avion a fait demi-tour et s’est remis à rouler très vite… je me suis dit « Pitié mon dieu ! Faites que l’on reparte vers la Turquie, ma Turquie… » Mais il s’arrêta pour de bon. Je suis alors sortie, en compagnie de Raphaël, comme d’habitude l’attente des bagages etc était très longue. A travers la vitre, j’apercevais déjà mes parents, toujours les mêmes. J’ai dit au revoir à Raphaël, et il m’a dit à bientôt. Mes parents étaient heureux de me revoir. J’ai essayé de montrer moi aussi de la joie mais au fond je pleurais toutes les larmes de mon corps. Je me sentais mal, pas à ma place. On a bu un coup avec Eric et sa femme. Puis on est parti. Ce fut un long trajet de Strasbourg à Thionville. J’ai parlé très peu. Je pensais… Je pensais à Mahmut… J’aurais dû l’embrasser une dernière fois au lieu de toujours vouloir faire la fière. J’avais son collier. Papa et Maman à l’avant parlaient de choses et d’autres de la vie quotidienne, ils se disputaient déjà. On est arrivé à l’appartement, j’ai revu Thionville, et ma chambre. Tout me paraissait minuscule. C’est toujours comme ça quand on revient de voyage. J’ai vu ma chienne Kenza je crois qu’elle ne m’a pas reconnu tout de suite. Puis j’ai retrouvé mon pc. Je tapais les lettres au ralenti, je n’avais plus du tout l’habitude. J’avais tellement de choses à raconter à tout le monde, que je n’en avais même pas envie, je ne savais pas par où commencer, et comment mes « potes de Thionville », tellement attachés à leur « bled », à leur café, à leur internet, à leurs délires, pourraient comprendre ce que je ressentais après 2 mois pareils. Tout ce à quoi j’ai eu le droit, c’était des remarque du genre : « Ouais c’était bien chez les bougnoules ? »… Des trucs qui me mettaient la haine, car je savais moi, je savais, j’y avais vécu, j’en faisais partie maintenant, et je voulais le défendre, mais c’est dur de défendre une cause lorsqu’on est seule face à un mur immense. Certaines personnes plus mûres me disaient des choses du style : « C’est bien de faire un voyage comme ça, de rencontrer du monde, des nouvelles têtes, de changer de vie pour quelques semaines ». J’ai téléchargé ce soir là et les jours qui ont suivi beaucoup de musiques turques et autres qui passaient toujours en boîte là bas. Je revoyais Mahmut… Vedat… Je pensais sans arrêt à eux… J’avais encore mal au ventre. Le lendemain de mon arrivée, Anne-So m’a proposé d’aller au Shamrock, un café de Thionville. J’y suis allée, j’avais mon petit sac à main avec mon petit dictionnaire français-turc dedans… Même si ça ne servait à rien, c’était histoire de me sentir encore un peu là bas. Je n’ai pas beaucoup parlé cette après-midi là, j’observais les gens. En fait, je me suis souvenue de mon premier jour en Turquie, quand je me sentais seule, perdue… Eh bien c’était ça que je ressentais à mon retour en France. Je me sentais seule, perdue, comme une étrangère. Je pleurais souvent le soir, je me disais : « Ici il est 18h, donc là bas il est 19h, ils vont commencé à manger et puis à préparer le spectacle du soir… » Je me rendais malade. J’avais encore le numéro de Mahmut. J’ai téléphoné une fois à mon retour, et j’ai entendu sa voix… C’était quelque chose. Je n’ai rien dit j’ai raccroché. Sinon Raphaël m’appelait plusieurs fois au début. Puis maintenant ça arrive de temps en temps. J’ai aussi écrit à Jonathan, sans réponse. J’ai écrit à Ilker et il m’a appelé. Et je correspond toujours par email avec Oytun, avec Vedat et aussi Mustafa. Il y a peu de temps j’ai téléphoné à Thomas et il m’a reconnu tout de suite. Puis je téléphone de temps en temps à Mahmut, on a même réussi à discuter une fois. En tout cas je pense beaucoup à la Turquie, je passe mon temps à y penser, en parler, raconter des petites anecdotes de quand j’y étais, j’apprends encore le turc. Je suis tombée amoureuse du pays, et je crois que quand on arrive à comprendre ce que c’est que d’aimer un pays qui n’est pas le sien, on s’y prend mieux pour le comprendre et le protéger. Je ne souhaite qu’une chose c’est que la Turquie évolue d’elle-même, que tout le monde y soit uni pour le faire. Je veux que les turcs montrent au monde ce que leur pays vaut vraiment après sa longue histoire, il faut que les préjugés disparaissent car je ne les supporte pas. Enfin on m’a dit : « Tant que toi tu sais ce que vaut ce pays, et que tu l’aime du plus profond de ton cœur après y avoir passé du temps, l’avis des gens qui ne le connaissent pas ne compte pas ».
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Re: Mon séjour en Turquie
Posté par lysou38 le 30/08/2004 14:01:12
Je reviens de Turquie, les gens y sont super accueillant, j'étais en club, mais ça m'a pas empêché de voir la population, et c'est plutôt joli comme pays en plain essort touristique.
un turc
Posté par shaolinsoccer le 30/08/2004 13:24:17
j'en suis flatté de voire que des personnes voie le potentiel de mon pays ;)

c'est un article intéréssent allez @+
Re: Mon séjour en Turquie
Posté par kikakikakou le 20/08/2004 07:49:29
je suis tout a fait d'accord avec toi Gizmil. Je n'arrive pas a comprendre pourquoi il y eu tant d'acharnements sur cet article! Moi, il m'a fait rêvé et ça m'a donné envie de vivre d'autres expériences ailleurs. J'éspère que tu vas vivre d'autres expériences similaires Caroline, bravo pour ton histoire!
Re: Mon séjour en Turquie
Posté par gizmil le 20/08/2004 07:49:29
Je viens seulement de lire TOUS les commentaires par curiosité! Comme quoi, il existe sur terre beaucoup trop de gens qui se permettent de juger gratuitement et facilement alors qu'il ne te connaissent qu'à travers ce bout d'histoire que tu as bien voulu nous faire partager! Je ne pense pas que ce que tu y racontes soit suffisant pour qu'on puisse se permettre de te juger! En tout cas, il y a pour avoir peur de publier un article et d'exprimer ses sentiments ouvertement sur un forum qui, en principe (et là je dis bien "en principe") est destiné à ça!

Si je peux te donner un conseil, Caroline: Continue à vivre tes bons moments! Il y a déjà tellement de malheurs sur terre que, moi, je ne n'ai vraiment pas le coeur à te souhaiter d'être malheureuse à ton tour! Tant mieux s'il y a des gens qui parviennent à être heureux! C'est ce qu'on veut tous, non? Etre heureux sur terre! Alors quant il y a des gens qui y arrivent, arrêtez de leur dire qu'ils n'ont pas le droit de l'être tout simplement parce qu'il y en a qui ne le sont pas! C'est ceux qui ne sont pas heureux qu'il faut aider! Les gens qui le sont, he bien surtout qu'ils le restent!

A propos de ton copain en France, peut-être qu'effectivement, tu aurais pu (mais qui suis-je pour te dire ce que tu aurais dû faire ou ne pas faire) éviter de sortir avec un autre gars là bas mais je pense qu'à 16 ans, tu as encore beaucoup de chose à apprendre de la vie, c'est normal de dérapper quelque fois! Et puis, lol, la monogamie, c'est une invention culturelle! La poligamie existe aussi!
Re: Mon séjour en Turquie
Posté par gizmil le 20/08/2004 07:49:29
Très bien ton article! Je suis complètement d'accord avec Petit-Ange-Des-Neiges! Tu racontes tout simplement ce que tu as vécu et comment tu l'a vécu! Bref, c'est la réalité! Ce n'est pas parce que d'autres vivent des choses plus difficiles qu'il faut oublier qu'il y a aussi des bons moments, tu as le droit de les vivres! Et puis tu as 16 ans et tant mieux si ta première grande expérience de vie dans un autre pays s'est bien déroulée! Le contraire eut été dommage!
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Publié le 28 février 2003
Modifié le 28 février 2003
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