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Mulholland Drive

Retour sur Mulholland Drive qui a marqué l'histoire du cinéma...


Mulholland Drive (de David Lynch ; 2001) était à la base un projet télévisuel et devait apparaître sous forme de série TV sur une chaîne américaine.
Mais ce projet là n'a pas abouti laissant au maître Lynch le soin de modifier son scénario, certes chaotique puisque ayant fait l'objet de changements, mais si bien ficelé qu'après la projection de son film, Mulholland Drive a abasourdi plus d'un spectateur, dérouté par le spectacle incompréhensible mais si fascinant de ce long métrage qui, on peut le dire est entré dans la saga universelle des films qui ont marqué l'histoire du cinéma, recevant ainsi une multitude de récompenses dont le prix cannois tant convoité de la mise en scène en 2001.
Retour sur un phénomène qui n'a pas finit de faire parler de lui :




David Lynch s'amuse à copier ces génies incontestables du septième art dans un premier temps, empruntant à Orson Welles sa manière de filmer. On peut penser aussi à Sueurs froides d'Hitchcock en 1955 qui avançait déjà le thème de la recherche d'identité, sujet phare d'ailleurs de Lynch qui pendant tout le film va s'amuser à titiller le spectateur sur la véritable personnalité de ses héroïnes (Naomi Watts et Laura Elena Harring). Mais l'auteur du célèbre "Elephant Man" va beaucoup plus loin et à l'instar de revisiter les chefs d'œuvres d'antan il nous noie habilement dans les méandres de son inconscient en montrant toute l'étendue de sa puissance imaginative si intense et obsessionnelle que même le cinéphile le plus averti n'a de cesse de se poser les même questions récurrentes que des millions de téléspectateurs qui à la fin de la projection, encore sous l'effet de la surprise avouent inopinément le célèbre "J'ai pas tout compris". Pas de honte à avoir sinon de l'admiration devant un réalisateur qui refuse de donner les clés de ce chef d'œuvre visuel pour que le spectateur se forge sa propre explication. C'est un véritable défi intellectuel qui ne cesse encore de hanter ses fans toujours à la recherche de nouvelles explications. Pourtant à regarder de près, Mulholland Drive n'a rien de compliquer : une jeune femme, Betty (Naomi Watts) vient s'installer à Los Angeles dans l'appartement que sa tante, partie en voyage pour son travail, lui a prêté. Betty rêve de devenir une grande actrice à Hollywood, mais c'est plus une mystérieuse histoire de mafioso qui va l'entraîner dans une sombre aventure. En effet, elle fait la connaissance d'une femme amnésique qui se fait appeler Rita (Laura Elena Harring) et se souvient juste d'avoir eu un accident sur Mulholland Drive, mystérieuse route qui mène sur les vastes plateaux Hollywoodiens. En fait, cette femme est recherchée par la mafia et Betty va l'aider dans sa quête d'identité tout en essayant d'échapper à la mafia mais aussi à essayer de percer dans le milieu très sélectif et étrange du cinéma. Jusque là rien de compliquer, si ce n'est l'introduction de cette fameuse petite boîte noire après 1h50 de projection qui va dérouter le spectateur et le plonger dans 20 dernières minutes de réflexions et vérités fracassantes. Oui, juste une tout petit boîtier étroit qui recèle pourtant toute l'étendue de l'imaginaire de Lynch qui nous plonge dans les voies sinueuses de sa conscience et nous tend un piège admirable. Il nous pousse à sentir les choses à se laisser aller plutôt que d'opter pour une rationalité qui nous fait hélas faux bond à mesure que l'histoire avance. Les plus blasés n'y verront qu'une succession d'images dépourvues de sens, les autres une histoire simple suivant un schéma directeur dont il faut percer les symboles.


Peu importe si la compréhension n'est pas totale, Lynch à quand même insérer des messages clés que bon nombre d'entre nous peuvent déceler. Le pouvoir d'une mystification cinématographique par exemple lorsque Naomi Watts noue joue une admirable scène de composition chez ce producteur, lorsqu'elle auditionne pour un film. Jeune femme pleine de vie, généreuse et ouverte se transforme tout à coup en mystérieuse actrice prise dans un tourbillon de fatalité et de sensualité pour après redevenir la même lorsque le producteur lui souffle un "coupé" et la félicite. C'est ici tout le pouvoir du cinéma que de fausser nos identités notre vision des choses et nos sentiments. Cette dichotomie parfaite de l'actrice est d'autant plus évidente et sacralisée lorsque la toute gentille, ambitieuse et aimante Betty n'est qu'une actrice ratée, frustrée et suicidaire. La jalousie amoureuse qui fait basculer le polar mafieux en tragédie renforce l'intensité d'une atmosphère unique parsemée de mystère, d'angoisse, de passion, de répulsion avec quelque dose d'humour noir mais surtout une certaine compassion pour une jeune femme entraînée par la fatalité amoureuse et l'univers corrompu d'Hollywood (autre message du maître) qui se rattache à son inconscient meurtri et se réinvente une vie pour peut-être garder une lueur d'espoir qui dans une atmosphère pesante, sombre et chaotique est difficile à discerner. Un cocktail donc de tous les genres à consommer sans modération mais avec circonspection tant la beauté de son art est grande.
Lynch s'est d'ailleurs inspiré de tableau de grands peintres pour illustrer ses images insolites et également de la magie de l'opéra pour véhiculer son émotion qui si vous vous perdez réellement dans cet étrange univers ne cessera de vous transporter.

Hommage donc à David Lynch pour ce chef d'œuvre unique mais aussi à ces deux actrices.
Naomi Watts, largement récompensée pour sa prestation, excelle dans son interprétation schizophrénique et ne cessera de hanter le spectateur, comme son fantôme déchu qui erre sur les collines d'Hollywood.
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Re: Mulholland Drive
Posté par taulier le 19/10/2004 17:44:39
Moi j ai vraiment pas compris le passage dans le bar avec le gars qui raconte son reve ... et qui apres tombe dans les pommes / meurt (crise cardique ??) a cause du gars qui apparait derriere le mur !
David lynch en livre et en expos photos ...
Posté par valérian le 12/09/2004 03:21:42
Pour les fanas du maitre, et se replonger dans son univers, trois petites infos toutes fraiches :

LYNCHLAND #1 > En 1994, Roland Kermarec choisit David Lynch comme sujet de sa Maîtrise puis de son DEA. Pendant ses recherches il entre en contact avec un ami de l’artiste qui lui propose de lui transmettre ses travaux d’étudiant… Fin 1995, le cinéaste invite Roland Kermarec à venir assister à l’intégralité du tournage de son film Lost Highway. Lors du tournage, alors qu’il demandait à David Lynch si cela n’était pas gênant de n’être présent qu’en simple qualité d’observateur, le cinéaste eut alors cette réponse définitive : "Tu restes a mes côtés et tu écris ta thèse !" . Aujourd’hui, il présente, via ce premier livre qui sortira en octobre 2004, six textes très personnels qui se propose d’éclairer et d’explorer ces contrées parfois méconnues ou rarement abordées du monde artistique de David Lynch… ---- Plus d'infos : http://www.objectif-cinema.com/editions/0001.php - (communiqué intégral et sommaire ci dessous)

LYNCHEENS AU SALON DU LIVRE DE CINEMA > Roland Kermarec sera à Paris durant le Salon du livre de cinéma et du DVD le 9 octobre 2004 de 16h à 16h45 et le 10 octobre 2004 de 14h30 à 15h15, pour une signature de son livre Lynchland #1 au stand du vidéoclub-librairie Hors-circuits. Guy Astic y sera également pour Le Purgatoire des sens : Lost Highway de David Lynch (éd. Rouge Profond) le 9 octobre 2004 de 17h à 17h 45. (Lieu : Espace des Blancs-Manteaux - 48, rue Vielle du Temple 75004 Paris) ---- Plus d'infos : http://www.horscircuits.com

PHOTOS DE DAVID LYNCH > En 2000, David Lynch découvre la ville industrielle de Lodz, en Pologne (célèbre pour son école de cinéma) et réalise en 2003 une série des photos sur les femmes et l'architecture de cette ville. Pour la première fois, cet ensemble de 30 photographies noir et blanc, qui appartient à la célèbre galerie Atlas Sztuki à Lodz, est présenté en France, du 17 septembre au 14 novembre 2004, dans la galerie Port Autonome (Village Saint Paul - 14 rue des Jardins Saint Paul 75004 Paris). ---- Plus d'infos : http://www.nova-polska.pl/fr/site/program/wy_in_automne_david
Re: Mulholland Drive
Posté par kenshie le 20/08/2004 07:53:30
oui, on voit passer furtivement le cow-boy pdt le repas du réalisateur. maintenant ce qu'il faut faire en fait c'ets voir le symbolisme de ces personnages...mais là ça devient un peu dur. il faut le regarder plusieurs fois et on doit toujours découvrir des petits indices qui nous expliquent certaines choses. si elles ont un réel sens, car David Lynch avait peut-être l'intention de nous aveugler avec des petits détails qui nous chagrinent, mais qui en fait n'ont pas de réels sens.
Re: Mulholland Drive
Posté par titilde le 20/08/2004 07:53:30
chui d'accord pr l'idé du rêve.Pr le cowboy,je pense k'elle l'a vu ds la réalité com les mecs de la mafia ki st ds le reve(ils était la pdt le repas chez le réalisateur),et ces visages ont du la marker,donc L les a associés a des personnalités spéciales ds son rève,mé a mon avis ds la réalité,c juste d personnes kelconkes
Re: Mulholland Drive
Posté par kenshie le 20/08/2004 07:53:30
oui c'est vrai que l'explication du rêve n'était pas très compliqué mais il fallait le trouver quand même ... je n'ai compris que la deuxième fois que je l'ai vu, la première j'étais dans le flou le plus complet.
Et d'ailleurs je n'ai pas du tout compris l'histoire du cow-boy, et si tu en as la signification "lechoupinet" j'aimerais bien la connaitre ! même si elle n'est pas sûre...

merci d'avance :))
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Publié le 04 juillet 2003
Modifié le 04 juillet 2003
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