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Nuit Blanche sur fond Noir

Petite rêverie qui se poursuit à travers la nuit... Quelques personnes sorties d'un imaginaire... Banal.


Les yeux ouverts, je contemple le plafond. Ici et là, quelques accrocs, qui témoignent de son grand âge. Une quarantaine d'années à peine. Pas vraiment chargée d'histoire, la baraque. Quelques bruits proviennent des étages supérieurs. Petites hauteurs... Je pense.
Des centaines d'autres... Qui à travers le monde, contemplent dans la nuit ce point... Cette étoile, cette lune qui forme un croissant, éclairant faiblement leur existence. Certains se demandent si ils existent, le pourquoi, le comment. Questions souvent sans réponses... Questions inutiles, peut-être.
De fil en aiguilles... Ces milliers de personnes dont les yeux n'arrivent pas à se fermer. Horreur, Terreur, Violence ? A quoi pensent-ils ? L'un à cette petite peste qui vit en face de chez lui. Il le sait, demain demain elle l'insultera. Hautaine et fière, elle a sa réputation à tenir, il le sait. Il sait qu'elle crachera sur cet amour qu'il lui offre... Depuis toutes ces années, depuis qu'elle hante de ses formes devenues féminines, de son sourire devenu provocant... Son ange, sa beauté... Si jeune alors, elle toucha de sa candeur, de sa perfection le coeur de cet enfant, qui a grandit avec une image... Fausse aujourd'hui ? Il revoit ce sourire cruel... Lorsque, lui offrant ses lèvres, elle s'était détournée, l'insultant, encore une fois. Pauvre minable qu'il était... Sa princesse appartenait à un autre royaume, trop lointain pour lui. Violente... La tuer ? N'est-elle pas trop belle, pour que sa beauté se fane ?
Trop cruelle, pour que cette méchanceté grandisse ? N'est-elle pas... Si parfaite... La douceur de ses cheveux, le calme de son visage, la régularité de son souffle... Endormie... S'est-il aperçu qu'il est entré chez elle ? Que c'est la fenêtre ouverte, qui laisse entrer ce vent frais, qui la fait s'éveiller ? S'est-il rendu compte qu'elle étouffe, sous cet oreiller ? Sent-il la froideur de ses lèvres sous les baisers qu'il lui donne ? Son corps, sa peau si douce... Si blanche... Ses baisers, ses dents dans sa peau... Ses cheveux... Ils s'écoulent, eau noire, ondoyante dans cet éclairage. Des petits frisottis lui chatouillent les doigts... Son regard jaune est à présent fantomatique, et presque noir, lui aussi. Il lui adresse un dernier sourire, un dernier baiser, sur cette bouche dont les lèvres pourtant douces sont tordues par un rictus qui de sa face candide donne une image... Comme ce sourire cruel... Il ne peut s'empêcher de vouloir l'effacer... Non, ne saignes pas... Mêle ton sang au mien... Cette lame est si froide sur ma peau... Mes muscles sont blancs... Et de mon ventre les viscères s'écoulent. Ordure... Non... Ne saignes pas... Les journaux nous aurons oublié bien vite... Je ne t'ai pas tuée, amour... Je t'ai aimée...
Rêves, Pensées ?
À cette heure où des cris dans la nuit retentissent. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Une voix de femme... Elle pleure, elle crie... Appelle au secours. Qui l'aidera ? Égoïste dans ma rêverie, je n'ose même jeter un regard, parce que je sais. Je l'ignorerais, comme toutes les autres. Douce vengeance ? La vengeance n'apaise pas la douleur... Parce que je sais. Larmes, sperme, sang, terre. Obscurité, froid... Dans cet endroit où même l'été, il fait froid. Là où traînent. NON ! Mais je sais.
Des rires gras, masculins au possible, troublent ce relatif silence qui s'était installé. Un cri, encore.

Le silence.

Moi, je sais.

Je pense. À cette autre, qui n'ose s'endormir. Elle sait que cela ne sert à rien. Elle ne pourra dormir que quelques minutes, à peine, entre deux séances. Habitude ? Elle sait qu'elle l'a. Ce dernier gros porc lui a dit "au moins je ne mourrais pas seul". Qu'aurait-elle pu faire. Petite victime d'un marchandage auquel elle ne comprend rien. Mais elle sait que bientôt, elle partira. Comme Mae, il y a quelques jours. Sa seule amie, qu'ils ont préféré renvoyer, elle n'était plus "présentable". Si maigre, encore plus qu'avant. Elle n'arrivait même plus à supporter la moindre séance. Su pouvait, parfois, venir l'aider, mais Kim il Sung ne voulait pas. Pour 2 filles, il fallait payer plus. Quelle age avait-elle ? Que devenait sa petite soeur ? Ses parents l'avaient vendue, aussi. Était-elle comme elle ? Comme Mae ? Allait-elle partir ? Pour où, pour quoi ? Elle ne savait faire que se faire baiser par ces porcs... Qui lui avaient pris, quelques jours après son arrivée à Hanoi. Kim il lui avait expliqué qu'elle n'aurait qu'à être sage, et ses parents recevraient beaucoup d'argent. Ça faisait mal. Mais elle mangeait, et avait une amie, Mae. Mae... Partie, maintenant. La lune... Si fine... Kim il sung l'appelle.

35 kilos à porter, à peine 12 ans, sidéenne, et le sait. Il y en aura encore beaucoup, avant qu'elle ne parte. Mais elle sait, la journaliste lui a dit, que les autres... Ils l'auront aussi.

Cauchemar ?
Les cris se sont arrêtés, en bas. Mais au dessus, ce couple s'en donne à coeur joie. Petit sourire... Je pense.
A celle là, qui, comme moi, est perdue dans un monde qu'elle se crée. Ce monde rien qu'à nous.
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Re: Nuit Blanche sur fond Noir
Posté par erenesse le 11/02/2005 20:17:19
wow.... quel flop... aucun comm, et moins de 100 lectures.... nif nif. personne n'a d'avis?
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Publié le 09 février 2005
Modifié le 02 février 2005
Lu 583 fois

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