FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Passe la Vie

Qui ne s'est jamais dit en cours "comme le temps passe lentement" ? Une petite nouvelle pour réfléchir sur ça, sur le temps qui passe...


Malgré le temps qui ne laissait rien présager de bon, la jeune fille remarqua que les rues de la ville étaient très fréquentées. Elle passait son après-midi à flâner en ville alors que sa conscience lui reprochait de ne pas travailler pour le contrôle de physique-chimie qu'elle devrait affronter le lendemain
Il risquait de pleuvoir d'un moment à l'autre, mais il faisait bon et il était agréable de rester dehors. Après s'être acheté une glace et l'avoir mangé avec délice, alors qu'elle flânait depuis près de deux heures, la jeune fille sentit quelques gouttes de pluie sur ses mains et son visage. Elle n'y prit pas garde et continua à arpenter les rues. Soudain, il y eu un coup de tonnerre et la pluie se mit à tomber si fort que elle dû se réfugier sous le porche d'un magasin. Amusée, elle regarda les passants courir, se réfugier dans des boutiques ou dans des bars. Puis, comme cette pluie ne semblait pas faiblir, la jeune fille se retourna et observa la vitrine du magasin auprès duquel elle s'était abritée. C'était une horlogerie. Des centaines de montres ou de petites horloges décoraient la devanture, une clepsydre même, et une belle horloge de chêne sur le côté. L'intérieur, derrière l'étalage de la vitrine, était sombre. Quelques faibles lumières, dans les coins, éclairaient l'ensemble de la pièce, et une plus importante permettait à l'horloger, penché au dessus d'une table et l'air concentré, de travailler. La jeune fille, voyant que la pluie ne faiblirait pas rapidement, se décida à entrer. Une clochette tinta lorsqu'elle ouvrit la porte. L'horloger releva la tête et lui fit un sourire. Il était jeune et avait des traits plaisants. Il lui lança un jovial : "Bonjour !" avant de baisser la tête et de se rattacher à son ouvrage. Il effectuait un travail minutieux sur une montre. La jeune fille observa les montres, tourna un moment dans le magasin. Elle ne connaissait pas grand chose dans ce domaine, mais il lui semblait qu'il y avait ici de belles pièces. Soudain, alors qu'elle faisait pour la troisième fois le tour de l'échoppe, elle l'aperçu. Rangée dans un coin sombre, entre d'autres pièce, cette montre lui plu tout de suite. Elle ne pu s'empêcher de la prendre dans sa main. C'était un modèle simple, pourtant, qui n'avait rien de particulier. La montre paraissait vieille mais absolument pas ringarde. Dès qu'elle eu l'objet dans la main, la jeune fille su qu'elle devait l'acheter. C'était un besoin impérieux qui montait en elle. Elle se retourna pour regarder l'horloger et s'aperçu que celui-ci l'observait. Il s'adressa à elle de sa voix tranquille et apaisante : "C'est une très belle pièce que vous avez dans la main. " La jeune fille observa l'homme et acquiesça, puis dit simplement : "Je la veux. " L'horloger lui demanda six cents francs qu'elle lui tendit sans sourciller. C'était ses économies de plusieurs mois, mais il lui fallait cette montre. L'homme lui dit poliment : "Merci et au revoir. " Elle se contenta de lui offrir un large sourire et sortit du magasin. La pluie tombait toujours aussi drue, mais la jeune fille ne s'en rendait pas compte. Elle avait la tête ailleurs, elle ne pensait à rien.
* * *
C'était une belle journée. Quelques groupes d'élèves étaient épars sur la "colline", profitant des derniers rayons de soleil avait l'hiver. Tout respirait la tranquillité. La jeune fille sursauta à un écart strident de la voix du professeur faisant le cours, se détachant ainsi de ses contemplations. Elle regarda l'ensemble de la classe. Chacun vaquait à des occupations sans aucun rapport avec le cours : certains gribouillaient sur une feuille presque blanche après plus de la moitié du cours, d'autres discutaient à voix basses au fond de la classe et quelques uns semblaient sur le point de s'endormir si ce n'était déjà fait. La jeune fille eut la vague impression que personne n'écoutait et que, comme d'habitude, le professeur parlait dans le vide. Elle regarda sa montre. Il y avait maintenant près d'une semaine qu'elle l'avait achetée et elle en était toujours aussi fière. Il était treize heures trente. Elle soupira. Encore plus d'une demi-heure ! Elle avait l'impression qu'elle était dans cette sale depuis des heures. Elle regarda de nouveau sa montre et entreprit de l'observer dans ses moindres détails. Après avoir admiré la finesse du cadran, des aiguilles et des chiffres, elle remarqua qu'il n'y avait aucune marque. Elle la détacha de son poignet et regarda le dos. Elle ne vit toujours pas de marque. Après l'avoir examinée minutieusement sans trouver la moindre trace d'un nom, elle en arriva à la surprenante conclusion qu'il s'agissait d'une montre unique, fabriquée par un particulier. Elle souleva le bouton sur le côté de l'objet et changea l'heure, le faisant tourner d'avant en arrière. Après s'être livrée à ce petit jeu un court instant, elle rattacha la montre à son poignet et tenta sans succès de suivre le cours. Elle chercha de nouveau quelque chose pour occuper son attention. Son regard croisa de nouveau sa montre. La jeune fille fut prise d'une irrépressible envie de jouer une fois encore avec le bouton. Elle le souleva et le fit tourner jusqu'à ce que les aiguilles indiquent précisément l'heure où la sonnerie retentirait. Elle renfonça le bouton. C'est à ce moment qu'elle entendit avec surprise les quatre sons qui composaient la sonnerie. Elle leva la tête, ahurie, et vit tous les élèves ranger leurs affaires et sortir, le plus naturellement du monde. Elle les imita. En se dirigeant vers la salle de cours suivant, elle regarda l'horloge du couloir. Il était l'heure normale de la sonnerie. Il venait de se passer quelque chose qu'elle n'avais pas compris.
* * *
Le soir, en arrivant chez elle, intriguée, elle reprit ses cours. A sa grande surprise, elle s'aperçut que la leçon était entièrement écrite, propre et claire, avec son écriture. Elle ne pu rien faire d'autre que se réjouir. Elle n'était pas sûr d'elle, mais elle pensait que cet étrange phénomène avait un rapport avec sa montre. Elle résolut de n'en parler à personne. Peut-être un jour irait-elle voir l'horloger. Peut-être. En attendant, elle devait tenter de nouveau de tourner le bouton de sa montre, pour être sûre. Elle choisit de le faire le lendemain, pendant l'heure qui précédait le repas. C'était le moment propice : ce cours passait toujours avec un extrême lenteur, et la façon soporifique de parler qu'avait le professeur le rendait insupportable.
Le lendemain, comme prévu, un peu avant onze heures et quart, la jeune fille s'ennuyait profondément. Elle décida de ne pas attendre plus longtemps pour faire le test. Le coeur battant, elle approcha sa main du bouton. Elle eut la certitude que ça n'allait pas marcher, que ce qu'elle avait vécu la veille était un rêve. Il était impossible que cela marche, c'était physiquement, mathématiquement et réellement impossible car cela défiait toutes les lois de la physique, et elle était trop incrédule pour se laisser impressionner par une hallucination. Cependant, une lueur d'espoir la poussa à essayer. Elle tira le bouton et, après avoir positionné les aiguilles sur midi deux, le renfonça. A son grand soulagement, la sonnerie retentit. Emporté par un élan de joie, elle rangea ses affaires et dévala les escaliers. ça marchait ! Elle était maîtresse du temps, plus rien ne l'ennuierait jamais, elle n'aurait plus jamais à attendre ! Il faudrait aussi qu'elle essaie d'arrêter le temps et de le faire reculer. Qui sait, cela pourrait marcher aussi ?
Elle était maintenant dans la queue de la cantine. Elle tira le bouton et le recula. Tous les mouvements autour d'elle cessèrent d'un seul coup : les élèves autour d'elle se figèrent, il n'y eut plus aucun son. Le temps s'était arrêté mais ne semblait pas retourner en arrière. "Tant pis", pensa-t-elle en passant, amusée, entre les corps immobiles. Puis, lassée, elle alla se placer au niveau de la borne-pointeuse et remit la montre en marche après l'avoir mise à l'heure. Les élèves recommencèrent à parler, à rire, à bouger. La jeune fille passa sa carte et prit un plateau. Elle éprouvait une grande joie et un bien-être intense. Elle voyait l'avenir avec optimisme.
* * *
Les jours, les semaines passèrent. La jeune fille ne s'ennuyait plus jamais. Elle faisait grand usage de sa montre, elle sortait des cours en en sachant autant que si elle avait laissé le temps passer normalement, elle comprenait parfaitement les leçons.
An début, elle n'utilisait pas souvent sa montre. Elle s'en empêchait. Mais plus elle s'en servait plus elle en éprouvait le besoin. Les premières fois, elle faisait passer le temps plus vite exclusivement lorsqu'elle s'ennuyait énormément et faisait passer d'un quart d'heure à une demi-heure. Peu à peu, elle accéléra le temps à tout moment : une heure le matin, dix minutes le midi, trois heures l'après-midi, encore cinq minutes alors qu'elle attendait le bus...
La fin de l'année scolaire arriva. Puis la fin de l'année scolaire suivante. La jeune fille devint une jeune femme, fit des études qui la passionnait, mais elle ne pouvait s'empêcher d'utiliser sa montre. Elle rencontra un jeune homme à son goût qu'elle épousa quelques années plus tard et dont elle eut cinq enfants. Mais elle continuait à faire passer le temps plus vite dès qu'elle s'ennuyait. Elle était maintenant une femme dans la force de l'âge qui menait une vie active, s'occupant de ses enfants et de son travail avec plaisir et fermeté.
Les années passèrent encore à une allure effrénée marquées par les accélérations que la femme leur donnait avec sa montre. Ses enfants la quittèrent, se marièrent et eurent à leur tour des enfants. C'est à cette époque que son mari se tua dans un abominable accident de voiture. Suite à ce drame, elle n'utilisa plus sa montre durant plusieurs mois, regrettant de ne pas avoir plus profité de son mari. Mais la tentation était trop forte et elle fini par reprendre l'objet. Le temps reprit son rythme trop rapide. La femme devint une vieille femme, prit sa retraite. Elle fut une très bonne grand-mère et une excise vieille femme. Mais elle était souvent seule et elle s'ennuyait beaucoup. Elle se mit à faire passer des journées entière, attendant ses quelques activités et ses visites.
Elle commença à s'affaiblir mais elle ne voulu pas s'en rendre compte. La vie était passée tellement vite qu'il était impossible qu'elle soit déjà finie. Plus elle s'affaiblissait, plus elle refusait d'imaginer que sa vie s'achevait. Enfin, suite à une crise cardiaque, elle fut admise à l'hôpital. Elle su que sa mort était proche. Ses enfants et ses petits-enfants vinrent la voir, essayant de se montrer joyeux.
Un soir, alors qu'elle fut prise d'une quinte de toux, que son coeur s'emballa, elle su qu'elle vivait les dernières seconde de sa vie. Elle eut la force de tirer le bouton de sa montre. Sa toux s'apaisa. Tout était calme. Sa fille, qui la veillait, assise sur une chaise près d'elle, était figée dans son mouvement vers elle. La vieille femme l'observa. Elle paraissait terrorisée. Son regard était plein de tristesse et d'amour.
La vieille femme se mit à pleurer. Elle se rendait compte qu'elle n'avait pas su profiter de la vie. Sa jeunesse était passée si vite ! Ces belles années d'insouciance s'étaient envolées sans qu'elle ne les ait vu passer. Toute la période où elle avait construit sa vie, élevé ses enfants, ces années bénies, elle les avait délibérément faite passer plus vite que ce que la nature avait commandé. Elle n'avait même pas essayé de profiter des années de repos qui lui étaient accordées après ses années de travail. Elle aurait dû partir en voyage, elle aurait dû aller voir ses enfants plus souvent, profiter de ses petits-enfants... Au lieu de ça, elle s'était contentée de faire passer vite le temps entre leurs visites.
Maintenant, elle était là, sur son lit de mort. Elle savait que dès qu'elle appuierait sur le bouton de sa montre, elle allait mourir. Elle savait aussi qu'elle devrait appuyer sur le bouton, qu'elle ne pourrait pas rester longtemps dans cette solitude. Elle se remémora toute sa vie, tenta de se déculpabiliser en se disant qu'elle n'avait pas utilisé sa montre souvent. Mais tout lui revint en mémoire de façon parfaitement claire, elle dû être impitoyable avec elle même : pas une fois elle s'était empêché d'accélérer le temps quand elle le trouvait long. Elle n'en avait eu des remords qu'une fois, suite à la mort de son mari.
Elle savait ce qu'on allait dire quand elle serait morte : "Oui, c'est triste, bien sûr ! Mais elle avait l'âge de mourir, elle s'affaiblissait de jour en jour... Et puis elle a bien vécu, elle a eu un bon travail, des enfants, des petits-enfants... Elle a profité de la vie ! Elle n'aura pas souffert. "
Oh si ! Elle souffrait. La torture morale aux prises de laquelle elle était la faisait beaucoup plus souffrir que toutes les douleurs physiques qu'elle avait pu endurer. Les regrets qu'elle avait de ne pas avoir su profiter de la vie faisaient comme une morsure, une brûlure en elle.
Elle regarda de nouveau sa fille. Elle l'aimait, pourtant, tout comme elle aimait ses autres enfants et ses petits-enfants, tout comme elle aimait encore son mari. Elle ne comprenait pas ce qui l'avait poussé à vouloir accélérer sa vie. Elle aurait voulu pouvoir dire à tous ceux qu'elle aimait, à tous ceux qui vivaient que la vie n'était jamais trop longue et que seule la volonté de faire passer le temps plus vite était un crime envers la vie. Elle aurait voulu leur dire que chaque instant est béni et qu'il faut en profiter. Même les pires moments sont bénis car ils prouvent qu'on est en vie. Même les moments où l'on s'ennuie le plus sont indispensables à la vie car ils permettent d'apprécier les meilleurs moments.
Mais elle ne pourrait pas le dire. Elle ne pourrait plus rien dire. Elle appuya sur le bouton de sa montre.
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Re: Passe la Vie
Posté par neela le 20/08/2004 07:49:13
super article, sa rejoint ma pensée, faut vivre chaque instant de sa vie !!!!!!
j'mets excellent !!!
bonne continuité!

amicalement,
val
Re: Passe la Vie
Posté par arthemis le 20/08/2004 07:49:13
Histoire qui un sens, c'est une jolie histoire...
Je regrette de ne pas m'être attachée davantage au personnage.
Re: Passe la Vie
Posté par leeloo le 20/08/2004 07:49:13
belle histoire oui! elle me prouve encore une fois qu'il faut profiter de la vie.....
Re: Passe la Vie
Posté par petite larme le 20/08/2004 07:49:13
je suis restée sur le cul en lisant cette nouvelle...
merci tu m'as fait réalisé bcp de choses....
bisous...
je dois y aller ma vie m'attendra pas!g trop de choses a rattraper...
Re: Passe la Vie
Posté par diarah le 20/08/2004 07:49:13
Franchement en lisant cet article je ne savé pas tro a koi m'attendre.. Et ca été une merveilleuse surpise. C'est vraiment une prise de conscince. C vré que tt lé moment que l'on vi, qu'ils soient bon ou movais forment notre vie et ca ne sert a rien de faire comme s'ils n'existé pas. Il faut mieu lé vivre a fond pour ne rien regretté. pour ma part, je c que g "gaché" tte une parti de ma vie en réfléchissant tro a mes actes. C triste qd meme. mé c la vie. Je souhaite a tt le monde de ne pas faire la meme erreur que moi. Viver la vie a fond.
Bisous, Sophie
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Publié le 01 février 2003
Modifié le 01 février 2003
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