FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Pensées sur le Rugby Club Toulonnais

Ces lignes ont été rédigées en Janvier 2006 et reflètent l'état d'esprit d'un simple supporter après l'accession en première division du club au brin de muguet.


1,2, 3,4, 5,6... Voila bientôt six années que le rugby professionnel et ses gros sous avait décidé d'envoyer le RCT à la mer, sans bouée ni gilet de sauvetage.
Du côté de la rade, ou tout ce qui touche au "érecété" prend une ampleur considérable on accueillit la nouvelle comme on accueille la hache du bourreau qui vient vous tranchez la gorge !
Nombreux furent alors les matelots qui abandonnèrent la vieille barque toulonnaise à la dérive dans le but de rejoindre le gigantesque yacht du top 16. Peu leur importait le sceau dont serait frappée leur poitrine ! Sans doute aussi, les dirigeants d'alors ne surent les convaincre de ne pas partir... Pour soulever du bois à chaque mois de mai.
D'autres heureusement, fidèles parmi les fidèles, se noyèrent littéralement pour la survie du club, ainsi les clochettes si chères à Félix Mayol courbèrent la tige mais ne cassèrent jamais.
Hélas, le sacrifice de ces hommes et femmes courageux fut long et douloureux. C'était tout un peuple qui ruminait, qui souffrait et qui se demandait "qu'est ce qu'on a fait pour mériter ça ?".
Ce supplice dura 5 années. Cinq ans durant lesquels le monde continua de tourner et le rugby avec, alors que le temps s'était arrêté sur l'herbe jaunit du Stade Félix Mayol.
On vît la France ovale vibrait pour les "paquebots" du Biarritz Olympique, le Stade Toulousain et autres Stade Français pendant que Toulon affrontait de frêles embarcations, souvent dans le même état que le RCT...
On vît également la France hexagonale envoyait l'extrême à portée de main du pouvoir, pendant que Toulon se refaisait une beauté...
On vît le monde qui déclarait la guerre au terrorisme et Toulon qui voulait chasser ses vieux démons en conservant la gloire passée...


La lente descente aux enfers ou 5 années de bagne

Chaque année, un bateau, un ferry en fait, avait pour habitude de passer non loin des côtes de l'île où le RCT avait trouvé refuge auprès de camarades de fortune. Tous, ou presque, attendaient que ce bateau passe et tous espéraient y trouver une place.
Le RCT manqua sa chance de très peu la première année, malheureusement, les "verts et noirs" de Sapiac avait été plus malins et surtout plus rapides. La pléiade de Georgiens n'avait pas suffit, les anciens n'avaient souvent rien d'autre à offrir que leur cœur et leur amour au club.
Il faudrait donc prolonger d'une année au moins le bagne et vivre aux côtés de compagnons quelques peu belliqueux, tricheurs parfois et joueurs souvent : des rugbyman, que dis-je des rugbyman, des HOMMES.

Un autre bateau passa à proximité côtes, puis un autre, et encore un autre. A chaque fois, ils déposaient un ou deux équipages pour en reprendre autant, mais les places étaient chères, il fallait avoir les moyens pour rejoindre les stars du calendrier. Grenoble, Montpellier, Bayonne, Auch, Brive... Le RCT trop faible, trop impuissant, trop pauvre, dû prendre son mal en patience.
Le stade Mayol, chaudron jouissif pour les "rouges et noirs" et charbon ardent pour les "visiteurs" se transforma en terrain d'entraînement le week-end, et les gradins faisaient plus songer à ceux du Colisée ou de Font pré qu'à ce que les "vieux" avait connu. Le RCT y gagna souvent, y perdit quelque fois, trop de fois ! Ce sont de tels épisodes qui forge un moral à toutes épreuves, des défaites cuisantes contre Grenoble ou Dax par exemple font mal mais elles ne tue pas, et ce qui ne tue pas rend plus fort, encore plus fort même !
Et puis il y eu les longs dimanche de déplacement, l'oreille collée à la radio pour ma part, l'œil face à la triste réalité dans les tribunes pour les plus courageux. Si les après-midi de défaites furent longues, que dirent alors de ces nuits où, du haut de mes 15 ans je ne fermait l'œil, un drapeau rouge et noir au dessus de mon lit. Ah ils étaient beau les lundi matin au lycée, et moi j'étais beau à gueuler avec les autres fous dans un stade ou seul l'écho nous répondait. Même le port avait honte, il faisait gris le dimanche à 15h... Même le Faron se tournait plus volontiers vers le Stade Vélodrome où les bleus faisaient tomber les "tous noirs". Cuverville hésitait à rejoindre Porquerolles à la nage et oublier Toulon à jamais.

Une année, le RCT faillit prendre un autre bateau qui amenait en fait vers une île encore plus éloigné du top 16 ; Tours, Marmande, Lannemezan, Aubenas séjournaient sur cette île après avoir plus que rivaliser avec le RCT à l'étage au dessus. La nouvelle est assez importante pour souligner que de cette île perdue dans l'océan rugbystique français jaillirent les voisins d'Aix en Provence ; avec quelques vieilles connaissances...


Tout vient à point à qui sait attendre

L'année d'après fut la bonne. Enthousiastes comme à chaque début de saison, les supporters y croyaient, les supporters le voulaient mais surtout les supporters ne voulaient plus rester ici.
Se présenta alors le promu bordelais qui fit les frais de cette motivation débordante. Suivirent les victoires à l'extérieur, grâce au coup de pouce du destin et surtout grâce au coup de pied d'un gallois hors du commun.
Il y eut des périodes de doutes, des 1er mi-temps mal négociées et des matchs perdus, cela eu pour mérite d'entretenir le suspense jusqu'au bout. Le 16 janvier 2005, Mayol pouvait soufflait sur des guerriers venus de l'Ouest, des guerriers "verts et noirs"... Toujours les mêmes, toujours aussi bon dans chacune des 3 mi-temps. Les louveteaux en avaient déjà fais les frais, le tour était aux "sapiacains". Le port s'illuminait, les mouettes chantaient, cuverville oublia tous ses plans et le Faron pouvait se retourner définitivement.
Le 21 mai l'Avenue de la République, rouge et noire de monde acclamait ses champions, ses héros, ils étaient tous rentré dans l'histoire du club et dans le cœur des supporters. Des "merci" fusaient des supporters vers les joueurs et des joueurs vers les supporters. La mairie était repeinte par des faisceaux lumineux pendant que moi, 18 ans, je pleurais comme un gosse, inconsolable... Fini, c'était finit ! Toulon revivait, Toulon chantait, Toulon pansait ses blessures passées, Toulon acclamait ses sauveurs démasqués... Et moi je craquais.
En rentrant, sur le Boulevard de Strasbourg tapissé aux couleurs du club, je pensais : "maintenant les vacances mais avant, le bac et puis après... Le champion et à Mayol s'il vous plait ! De toutes façons il peuvent nous envoyer qui ils veulent on les battra, on est les plus forts, on a trop souffert et l'heure de la revanche a sonné, même les "tous noirs" on les battra s'il le faut !"
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Re: Pensées sur le Rugby Club Toulonnais
Posté par typhus le 04/10/2006 17:34:06
Trop triste d'être redescendu aussi vite... et un peu déçu de notre début de saison, même s'il n'y a pas mort d'homme. Pour ma part, je suis tous les matches que je peux, du haut de mon siège en tribune Finale (et ouais, parce que je suis qu'un modeste étudiant qui peut se payer que cet abonnement hein ^^).
Toulon revivra, Toulon refleurira... Parce que Toulon !

Et pour le mot de la fin :
Ah ! Nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou
Qui descendons de la Montagne vers la Mer
Pilou-Pilou !
Avec nos femmes échevelées allaitant nos enfants
A l'ombre des grands cocotiers blancs
Pilou-Pilou !
Nous les terribles guerriers poussons notre terrible cri de guerre
AAAARRRGGGGHHHHH !
J'ai dit "NOTRE TERRIBLE CRI DE GUERRE" !
AAAARRRGGGGHHHHH !
Parce que TOULON
ROUGE !
Parce que TOULON
NOIR !
Parce que TOULON
ROUGE ET NOIR !
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Publié le 04 octobre 2006
Modifié le 20 août 2006
Lu 1 609 fois

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