FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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RPG Autre-monde

RPG du premier cycle de la saga. Après une tempête, le monde a changé. Les adultes sont devenus de curieuses créatures, les enfants doivent apprendre à se débrouiller. Voici leur histoire.


Il faisait froid et, pour la première fois depuis longtemps, une tempête de neige balayait New York. La grande ville était recouverte d'un duvet d'un blanc immaculé, si bien que peu de monde se déplaçait encore.
Marion rentrait de l'école, emmitouflée dans son gros manteau à fourrure, quand elle croisa Tim Beagle's, le plus beau garçon du lycée, en train de jouer sur le terrain de Basket du quartier malgré la neige épaisse. Elle osa croiser son regard un instant, le temps d'apercevoir le bleu océan de ses yeux extraordinairement grands et séduisants. Elle s'arrêta sur le banc quelques minutes, histoire de le regarder discrètement derrière un cahier.
Pour son âge, Tim avait la carrure de l'homme sportif qui avait pour habitude de travailler ses muscles. À 17 ans à peine, il avait déjà gagné plus d'une dizaine de championnats sportifs locaux. Cela dit et contre toute attente, il n'était pas du genre à s'en vanter.
Katlyn le regardait du coin de l'œil à présent, geste qu'il remarqua à son grand dam. Il s'approcha d'elle sans nonchalance  :
- Salut Mary  !
Marion, qui pensait que ce genre de garçon ne connaissait rien des filles comme elle, fut surprise de se rendre compte qu'il connaissait même son prénom  :
- Salut Tim  ! Comment vas-tu  ?
- Très bien. Alors dis-moi, pourquoi me surveilles-tu  ?
La jeune adolescente senti ses joues s'empourprer  :
- Te surveiller  ? Pourquoi je te surveillerais  ?
- Eh bien c'est à toi de me le dire, il me semble.
- Je ne te surveille pas, Tim.
- Si  ! Depuis que tu es arrivée tu n'arrêtes pas de me relooker en pensant que je ne te vois pas.
- Oh Tim je suis désolée, je ne faisais que penser et je n'avais pas remarqué que mon regard s'était posé sur toi.
- Ah oui  ? Et quand tu penses, tes yeux me suivent  ?
Cette fois, Marion n'avait aucune excuse.
- Oh eh bien... J'aime bien regarder les joueurs de basket. Je n'y comprends pas grand-chose et j'essaie d'apprendre comme ça.
- Je vois. Suis-moi.
Sans même qu'elle ne puisse riposter, Marion se sentit entraînée malgré elle sur le terrain. Elle n'avait pas totalement menti en disant qu'elle n'y avait jamais joué.
Elle comprenait parfaitement les règles et les méthodes mais n'avait à proprement parlé jamais essayé.
Tim décida en premier lieu de lui apprendre le lancer franc. Il lui expliqua les règles puis se plaça derrière elle, sa bouche arrivant à hauteur de la nuque de la jeune fille.
Marion fut parcourue d'un frisson suite au premier contact avec le garçon qu'elle aimait. Jamais elle ne l'avait touché, jamais elle ne l'avait frôlé. Tout cela était calculé.
Elle avait toujours cru qu'il ne connaissait rien d'elle, ignorant même jusqu'à son existence. Ils n'étaient pas dans la même classe, il était populaire et Quater Back de son équipe de foot. Elle n'était qu'une petite lycéenne pas très bavarde, toujours dans son coin, peu sociable mais très douée pour les études.
- Tu te mets comme ça, les jambes flexibles. Tu vises le carré noir et tu tires.
Pour le premier lancer, il avait accompagné sa main. Marion sentait son cœur battre à tout rompre. Il était impossible que Tim, en cet instant, ne comprenne pas ses sentiments avec le martèlement de cet organe ridiculement excité. Cependant, le visage de Tim ne laissait paraître aucune expression.
Lorsqu'elle tira son premier lancer franc, Marion mit un panier sans même toucher l'anneau. Tim émit un léger sifflement. Il la regardait, souriant, probablement fier d'avoir été son professeur improvisé. Elle se sentait joyeuse, heureuse d'avoir pu l'impressionner.
- Marion, tu rentres  ?
Mc Kessy, son tuteur, l'appelait de la fenêtre de la chambre de la lycéenne, l'endroit que Marion utilisait habituellement pour observer Tim sans être aperçue.
Maintenant, elle allait devoir trouver une nouvelle cachette.
- Oh, tu habites là  ? S'étonna ce dernier.
- Euh... Oui pourquoi  ?
La question était presque rhétorique. Elle savait parfaitement pourquoi il était étonné  :
- J'habite juste en dessous.
- Ah bon  ? C'est étrange qu'on ne se soit jamais croisé  !
En réalité, c'était plutôt un fait exprès. Elle ne voulait pas qu'il sache qu'elle habitait au-dessus de lui car sinon, elle n'aurait pas pu l'observer comme elle l'avait fait ces dernières semaines.
- Oui mais je viens d'emménager, il y a trois semaines.
- Ah, c'est une bonne raison. Bon je...
Elle ne voulait pas le laisser, pas comme ça, pas après leur premier contact physique et leur première discussion depuis le début de l'année, lorsque le jeune homme avait emménagé en ville.
- Je dois te laisser, on m'attend.
- Oui. Ça te dirait qu'on aille en cours ensemble demain  ?
- Oui, avec plaisir.
- Je t'attendrai.
Et elle tourna des talons.
Jamais elle n'aurait pensé que son premier panier de basket serait aussi le dernier.
Avant que tout ne change.


Le grand jour

Marion croyait à un rêve. Se pouvait-il que Tim, celui qui faisait battre son cœur depuis trois mois maintenant, soit réellement là, à l'attendre pour aller en cours  ?
- Salut  !
Timidement, elle s'approcha de lui, dans l'intention de lui faire la bise. Ayant fermé les yeux pour profiter au maximum de ce nouveau loisir, elle ne compris pas tout de suite ce qui arriva.
Tim était en train de l'embrasser quand soudain, le sol se mit à vibrer. Ils entendirent des bruits de vitres qui se brisaient et leur bâtiment tremblait de tous les côtés, faisant tomber un peu partout des morceaux de toit et des poutres mal entretenues.
- Viens  ! Il ne faut pas rester là  !
Tim lui prit la main et ils commencèrent à courir jusqu'à ce qu'un effondrement leur bloque le passage.
- Impossible de faire marche arrière  ! Viens, entrons chez toi nous mettre à l'abri sous quelque chose de costaud  !
Tim enfonça la porte d'entrée mais avant qu'ils n'aient pu entrer, il y eut un bruit sourd puis tous deux sombrèrent, inconscients.

Lorsque Marion se réveilla, elle était seule, sous une couche de débris. Le crâne douloureux, elle se redressa, appelant dans le silence  :
- Tim  ? Mc Kessy  ?
Pas de réponse. Il n'y avait aucune trace de Tim, qui avait littéralement disparu. Peut-être est-il parti à l'école... Mais Marion n'y croyait pas trop. Le bâtiment tout entier était silencieux, jusqu'à ce qu'un battement d'aile résonna  :
- Croac  !
Patapon, son perroquet, semblait être le seul épargné. Dans le silence du couloir et les débris qui gisaient sur le sol, Katlyn chercha la porte d'entrée de chez elle.
Quelque chose l'empêchait de l'ouvrir et, malgré la douleur de ses muscles, elle enfonça la porte à coup d'épaule qui céda sous la force de la jeune fille. La gêne avait été occasionnée par une bibliothèque qui était tombée pendant le tremblement de terre.
Patapon, fier et perché sur le tronc de la plante qui gisait, renversée, dans le salon, s'envola pour venir se poser sur ses épaules. La chaleur de l'animal dans ce chaos était réconfortante.
- Il faut qu'on retrouve Mc Kessy  !
- Croac  !
Le perroquet était encore jeune et ne savait pas imiter les voix humaines.
- Mais dis-moi, Patapon, comment es-tu sorti de ta cage  ?
Un morceau de plafond avait chuté sur la cage de l'oiseau, la renversant et libérant graines et eau sur son passage  ? Patapon avait très probablement ouvert la porte de la cage lui-même.
- Petit futé  ! C'est comme ça qu'on aurait dû t'appeler.
- Croac  !
Marion se demandait où étaient passés les habitants de l'immeuble. D'habitude, bien qu'elle n'eut pas idée de l'heure qu'il était et du temps qu'elle avait passé assommée, le bâtiment était toujours bruyant, il y avait toujours un enfant en train de courir ou de pleurer, toujours des parents en train de crier ou de se disputer.
Le silence qu'il y avait était pesant. Elle se sentait seule. Marion devrait s'habituer aux croassements du perroquet jusqu'à ce qu'elle retrouve Tim ou mc Kessy, ou n'importe qui, n'importe où. Quelque chose de grave s'était passé, elle le sentait bien qu'elle ne puisse pas encore dire quoi.  
- Fichu tremblement de terre  !
Au fond d'elle, elle était blessée de ne pas voir Mc Kessy.  Il avait toujours été là pour elle, pour la protéger. Et maintenant qu'elle avait besoin de lui, il demeurait introuvable. Disparu, comme tous les autres.
Elle fouilla l'appartement sans grand résultat. Le tremblement de terre avait tout balayé,  tout était effondré ici ou là, les poutres gisaient sur le sol. L'adolescente trouva dans sa chambre son sac de cours –comment avait-il atterri là  ? - qu'elle vida afin d'y mettre quelques provisions qu'elle trouva dans les placards. Elle allait partir à la recherche de ceux qu'elle connaissait. C'est alors que, pour la première fois depuis le tremblement de terre, elle jeta un œil par la fenêtre. Ce qu'elle y vit l'assomma comme un coup de crosse derrière le crâne. Elle se figea, se demandant ce qui pouvait bien produire un désastre pareil.
En quelques mots, New York n'était plus New York. La " grosse pomme " était devenue une sorte de forêt où la verdure avait pris le dessus sue les arbres, comme si la planète avait été abandonnée depuis plusieurs décennies, laissant la nature reprendre le dessus. Les vitres de tous les immeubles étaient cassées, plus rien n'était semblable à ce qu'avait été cette immense ville. Les immeubles, les gratte-ciels, les centres commerciaux, les stations-service... Tout était recouvert d'une végétation nouvelle. Les rues étaient désertes, les voitures avaient disparues, toute trace de vie n'existait plus. Même les oiseaux semblaient avoir disparus. Même la neige s'était dissipée. Une immense jungle lui faisait face. Une chose paranormale semblait s'être produite pendant le tremblement de terre. Comme si les entrailles de la Terre s'étaient entrouvertes pour laisser revenir la végétation.
Après avoir rempli son sac à dos de quelques bricoles supplémentaires qu'elle avait trouvé dans le réfrigérateur, elle attrapa Patapon qui grimpa sur son épaule, heureux et fier de se balader avec sa jeune maîtresse. Prête à partir à l'aventure, elle décida de s'arrêter à l'étage du dessous pour rendre visite à Tim et à la famille Beagle's, à supposer qu'ils étaient encore là. Peut-être tout le monde a-t-il quitté la ville suite au tremblement de terre  ! Peut-être suis-je restée des jours inconsciente  ! Mais elle savait que cette dernière pensée était erronée. Son corps aurait été beaucoup plus meurtri si elle n'avait ni bu ni mangé pendant plusieurs jours. Peut-être même serait-elle morte.

La porte des Beagle's était entrouverte et le silence régnait à l'intérieur de l'appartement.
- Tim  ? Madame Beagle's  ?
Seul un silence pesant lui servit une réponse. Elle ouvrit la porte lentement, comme si elle bougeait au ralenti. Si quelqu'un était dans l'appartement, elle ne voulait surtout pas l'effrayer.
Mais rien ne se produisit et Marion décida de faire un tour dans tous les appartements de l'immeuble. Après tout, peut-être y avait-il quelque part un survivant blessé qui ne pouvait lui répondre. Elle décida aussi d'emporter avec elle un maximum de provisions, quitte à s'affaiblir par le poids du sac à dos. Après tout, l'immeuble avait été dévasté, ses occupants avaient l'air de s'être volatilisés et les rues étaient elles-mêmes désertes. Qui savait le genre de personne qu'elle risquait de croiser  ? S'il y a encore quelqu'un...
En observant l'appartement, il lui sembla, malgré les débris étalés partout, qu'il avait été fouillé. Des survivants  ! Qui ont surement voulu trouver de la nourriture  ! C'est alors qu'elle vit un énorme couteau de chasse, comme de ceux qu'elle utilisait quand elle allait s'entraîner avec Mc Kessy. Elle l'attacha à la bandoulière de son sac à dos. Pour plus de sécurité, pensa-t-elle. Ainsi accoutrée, elle se serait volontiers crue à l'intérieur d'un jeu virtuel auxquels jouaient toujours ses camarades de classe.
- Croac  !
Comme un rappel à l'ordre, Marion chassa toutes ces mauvaises idées de son esprit et se promit de ne plus jamais parler au passé.
- Oh  ! Patapon  ! J'ai oublié de prendre de quoi te nourrir  !
Sur ce, elle remonta dans son appartement pour prendre les graines de l'oiseau. Lorsqu'elle poussa la porte, ce qu'elle vit la fit frémir.

Un homme, ou du moins ce qu'il restait d'un homme, se tenait là, dans l'ombre, cherchant probablement de quoi se nourrir.
- Monsieur  ? Je suis rassurée de vous voi...
Lorsque l'être étrange se retourna pour lui faire face, elle regretta aussitôt ses paroles.
Des yeux jaunes la fixaient, tandis qu'un être à la peau rugueuse et plissée la regardait. Dans son regard, la jeune fille pouvait lire une haine aveugle, comme si elle était la source de ses problèmes, comme si elle n'aurait jamais dû exister.
Lorsqu'il s'approcha d'elle, il croyait probablement qu'elle représentait une menace mineure. Une jeune adolescente était probablement incapable de se défendre. Sauf qu'elle avait grandi aux côtés de Mc Kessy, ce flic chargé de sa protection, qui l'avait entraîné au combat toute sa vie. Donc s'il y avait bien quelque chose qu'elle n'était pas, c'était une jeune fille douce et fragile, incapable de se défendre.
L'homme sembla hésiter puis se jeta sur elle tandis qu'elle sortait déjà le couteau de chasse qu'elle avait récupéré quelques minutes auparavant. Mais l'attaquant ne ralentit pas alors Marion lui assena un coup de genou en plein dans le foie, ce qui le mit net à terre. A la limite de l'inconscience, elle le regarda se tortiller avant de perde connaissance.
Son premier vrai combat, premier combat contre un homme autre que Mc Kessy. Le premier où la douleur causée sur l'autre était volontaire.
Patapon s'était réfugié sur une armoire, perché à l'endroit où personne ne pouvait l'attraper, à part un géant peut-être.
Légèrement secouée, elle jeta rapidement un œil aux alentours pour vérifier qu'aucun autre être aussi démoniaque ne traînait dans les environs. Elle alla enfin chercher ce pour quoi elle était venue  : un sac de graines spéciales pour jeunes perroquet qui lui servirait à nourrir Patapon jusqu'à ce qu'elle retrouve Mc Kessy.
Mais son espoir était minime à présent que gisait, dans son salon, cet être répugnant qu'on aurait pu croire sortir tout droit d'un film d'horreur.
- Allez viens, Patapon  ! On ne va pas se laisser abattre et on va retrouver Mc Kessy  !
- Croac  !
L'oiseau battit des ailes avant de s'envoler pour se poser sur l'arc en bois qu'elle utilisait jadis pour ses compétitions de tir à l'arc. Avant le tremblement de terre, il lui servait de décoration mais elle l'entretenait très bien et savait qu'il était parfaitement fonctionnel.
- Mais oui  ! Tu as raison  ! Merci Patapon  !
La jeune fille récupéra l'arme ainsi que toutes les flèches qu'elle pouvait trouver dans l'appartement, réunissant également celles de Mc Kessy. On n'est jamais trop prudents  ! Aussi, la jeune fille se rappela les paroles de son tuteur, celles qu'il disait toujours avant qu'ils ne se battent  : " n'oublie jamais de prendre une trousse de secours avec toi, on ne sait pas ce qui peut arriver. Tu verras que parfois, ça aide à bien des choses ".
Prête à partir, Patapon revint sur son épaule. Les deux compagnons ne savaient pas ce qui les attendaient dehors mais une chose était sûre  : ce n'était pas dans ces appartements qu'ils trouveraient un survivant. Du moins, pas de survivant Humain.

Elle se dirigea vers la porte d'entrée, prête à quitter cet appartement qui avait pourtant été source de sécurité jusqu'à présent. Un dernier regard vers l'être étrange qui se trouvait dans son salon la fit douter de l'identité de la créature. Vêtue d'un uniforme de police, elle lui semblait étrangement familière.
Peut-être que si elle a hésité, c'est parce qu'elle me connaissait...
Cependant, cette idée lui parut stupide. Peut-être avait-elle une imagination débordante mais cette pensée était pure folie. Avant de partir, elle décida de laisser un mot pour Mc Kessy, au cas où il reviendrait un jour ici. Elle partit finalement, oubliant pour toujours l'idée de retrouver ce cocon familial comme il était avant le tremblement de terre. Son but  ? Retrouver les survivants, savoir où ils se cachent.
Elle décida de commencer par visiter tous les appartements de son immeuble, à raison de trois appartements par étage pour cinq étages. Elle s'accordait trente minutes maximum.
À présent qu'elle était seule, Marion devait se montrer très ordonnée. Elle l'avait toujours été dans sa vie mais les périodes de stress la faisaient tout calculer, à la minute près parfois. La moindre perturbation pouvait la déstabiliser.
Elle décida, pour éviter le pire, de tenir un journal de ses journées. Histoire de laisser une trace de ce qui s'était passé, du tremblement de terre et de l'être étrange qu'elle avait croisé. Elle ferait des fiches identificatrices afin de répertorier les créatures étranges qu'elle pourrait croiser. Elle ne laisserait rien au hasard.
Mais tout d'abord, avant de commencer à écrire dans son cahier, elle entreprit la fouille des appartements.

Marion frappa à la porte de l'appartement numéro 501, au cinquième étage. Ses voisins de palier. Etaient-ils encore présents  ? Elle en doutait fort. Mais elle devait vérifier. Personne ne répondit et elle tenta, en vain, d'entrer  : la porte était verrouillée. Elle jeta un bref coup d'œil sur les alentours et quelque chose brilla dans son champ de vision. Elle attrapa l'extincteur et donna un coup brutal sur la poignée qui céda aussitôt.
La bombonne retomba à ses côtés quand elle découvrit les restes d'un pyjama sur le canapé. C'est comme si quelqu'un l'avait porté et que, sans prévenir, il s'était volatilisé, laissant ses vêtements dans la position qu'il avait pris. Elle examina le canapé et vit qu'une trace noirâtre avait remplacé ce qui devait être auparavant le corps de l'homme qui avait porté les vêtements. L'intérieur du pyjama était noir, des marques ressemblant étrangement à des mains étaient croisées sur ce qui avait dû être le torse de la personne carbonisée.
- C'est très étrange...
Patapon, le perroquet docile qui n'avait pas bougé d'un poil, s'envola si brusquement que Marion crut avoir une attaque. L'oiseau s'était posé sur un meuble télé et semblait s'en contenter.
- Tu as peur, je comprends. J'ai aussi peur que toi. J'aimerais bien moi aussi avoir des ailes et m'envoler le plus haut et le plus loin possible, loin de tout ça. Ça paraît si... Irréel  !
- Croac  !
Elle décida de rompre ce qu'elle s'était promise de faire et s'assit sur une chaise, dans la salle à manger. Elle sortit son cahier et commença à décrire ce qu'elle avait vécu jusqu'à présent depuis le tremblement de terre jusqu'à cet appartement qu'elle visitait.

" Appartement 501  : Toutes les vitres sont cassées, un pyjama est sur le canapé comme son porteur s'était brutalement volatilisé. Que s'est-il passé, ça ne j'en sais rien mais ce que je sais, c'est que ce tremblement de terre n'était pas anodin. Peut-être même n'était pas naturel.
Analyse de l'appartement 502  : famille Belcoin. Appartement dévasté, un autre tas de vêtement avec des traces noirâtres à l'intérieur, comme si la personne avait été carbonisée mais pas les vêtements. Appartement dévasté, probablement fouillé, comme celui des Beagle's.  "

Peu à peu, elle se rendit compte que tous les appartements de l'immeuble étaient semblables  : tous avaient été fouillés, étaient effondrés, toutes les vitres étaient brisées, certains même présentaient des tas de vêtements avec des marques noires à l'intérieur. Aucun ne montrait de survivant.
Arrivée au rez-de-chaussée, elle dut se rendre à l'évidence  : elle devrait arpenter les rues de la ville à la recherche de quelqu'un, à la recherche d'un signe de vie. Cette idée ne lui plaisait pas trop mais étant donné que plus personne ne semblait en vie, elle ne risquait plus grand-chose.
Patapon toujours sur ses épaules, elle franchit l'entrée de son bâtiment et se retrouva dehors. Même si elle l'avait vu depuis la fenêtre, l'état de la ville la stupéfia. Qu'est-ce qui était assez puissant pour, en quelques heures, développer une végétation qui aurait dû prendre au moins cinquante ans d'entretient ? À part la nature elle-même, je ne vois pas... Sauf que c'était impossible. La Terre n'était pas vivante, elle ne pouvait donc pas décider du jour au lendemain de se rebeller contre les hommes. D'ailleurs, à propos... Pourquoi suis-je la seule en vie  ? Pourquoi Patapon l'est aussi  ? Voilà une bonne question qu'elle nota immédiatement dans son carnet de voyage. Je prie pour retrouver des survivants. Car sinon, ma vie sera bien morne... La solitude, elle s'en était accoutumée depuis bien des années. Car observer les autres était un passe-temps qu'elle adorait faire seule. Mais sans personne à observer, la solitude deviendrait si pesante qu'elle ne savait même pas si elle était capable de la supporter.


Texte de première ébauche, posté uniquement pour avis.
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L'auteur : Natacha V..
26 ans, Nice (France).
Publié le 16 janvier 2012
Modifié le 15 janvier 2012
Lu 1 136 fois

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NEWDESIGN    DÉCLARATION CNIL N°752143