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Rue de la bombe

Quand les destinées se croisent au coeur de la Guerre d'Algérie...


"Carnets d'Orient retrace, par l'entremise de la fiction, les deux derniers siècles de l'histoire de l'Algérie, de sa conquête par la France en 1830 à son indépendance. Les cinq volumes du premier cycle nous plongent dans une grande saga familiale sur fond de colonisation, où romances, amours secrètes et intrigues se multiplient. Le second cycle (inauguré avec La Guerre fantôme) commence en 1954, à la veille de l'insurrection.
Rue de la Bombe : Alger, 1957. Les attentats se succèdent : ceux du FLN et ceux des commandos européens d'" ultras ". La bataille d'Alger fait rage. Plusieurs personnages se débattent dans cette tourmente. Samia, qui a eu une liaison avec Octave, fait désormais partie du FLN, mais rejette la violence aveugle des attentats. Arrêtée, elle est manipulée par Loizeau : il lui fait croire que ses chefs mènent un double jeu. De retour dans le maquis, elle en informe ses camarades, mais elle est accusée de trahison et risque d'être exécutée. Saïd et Youssef, incorporés dans l'armée française, sont, eux, en butte au racisme ordinaire dans la caserne. Quant à Octave le militaire, il purge une peine de trente jours dans une forteresse pour s'être opposé à la torture. Sorti de là, il découvre le jeu pervers de Loizeau et part à la recherche de Samia pour tenter de la sauver..." (Présentation Casterman)


En 1995 paraissait Le Cimetière des princesses, dernier album du premier cycle des Carnets d'Orient. A l'époque, Jacques Ferrandez pense avoir mis un point final à la série. Mais sept ans après, il réalise une nouvelle bande dessinée sur son pays natal avec La Guerre Fantôme, puis avec Rue de la bombe, sorti le mois dernier : "j'ai compris, depuis, que le vrai sujet de tout cela, c'est la guerre d'Algérie. Et il y a que quoi dire encore sur ce pays où je suis né !" (BoDoï n°42). Pour ce nouveau cycle qui se composera de trois albums, l'auteur ose aborder un sujet difficile et peu traité en BD (à citer tout de même Azrayen de Giroud et Lax, et L'Education algérienne de Vidal et Bignon).


Ferrandez évoque cette période noire de notre histoire avec nuance et sensibilité. Ne voulant pas faire œuvre d'historien, l'auteur a choisi de nous narrer des destinées individuelles avec une certaine part d'émotion. Il rend compte de la complexité du conflit à travers plusieurs points de vue et les parcours multiples que choisissent les divers personnages. Tout son travail sur ce nouveau cycle des Carnets d'Orient fut de trouver un équilibre entre les différentes visions de l'Algérie portées par chaque personnage : "La période de la guerre est tellement complexe qu'il me paraissait impossible de la traiter en un seul album. [... ] J'avais d'abord pensé aborder la même histoire, vécue par un personnage différent dans chaque nouvel album. Les points de vue, forcément complémentaires, devaient se répondre, chacun apportant sa vision personnelle des événements. Toutefois, pour préserver une certaine objectivité, il aurait fallu faire paraître les trois en même temps. Impossible : chaque tome me demande au minimum un an de travail ! J'ai donc décidé de mélanger les histoires et de construire de façon plus traditionnelle le récit en chapitres. [... ] Le premier tome se termine à la fin de l'année 56, quand le corps expéditionnaire franco-britannique part pour le canal de Suez. Le second traitera de la bataille d'Alger et le troisième débutera après 58 : le putsch, l'OAS, il y a de quoi faire !" ( www.casterman.com) En aucun cas l'auteur essaye d'édulcorer la réalité. Sans aucun manichéisme, Rue de la bombe apporte un nouvel éclairage sur les attentats, la violence gratuite, le combat psychologique mené par les militaires français, la torture exercée du côté français comme du côté algérien.


Jacques Ferrandez nous ravit toujours avec son graphisme en couleurs directes et ses aquarelles. Sa mise en page participe aussi à la multiplication des points de vue. Avec Les Carnets d'Orient, l'auteur nous livre un récit empreint de vécu et un regard multiple sur les gens, les humbles et les puissants, les colonisés et les colonisateurs, les hommes et les femmes, bref ceux qui ont fait et défait ce pays... Ses albums évoquent tous les sentiments qui ont parcouru cette Algérie meurtrie : l'incompréhension, la cruauté, la haine, mais aussi l'espoir, la fierté...


Si vous voulez en apprendre davantage, vous pouvez lire l'interview de Jacques Ferrandez dans Castermag n°6 ou sur le site www.casterman.com.


Série : Carnets d'Orient
Titre : Rue de la Bombe (7ème album)
Auteur : Jacques Ferrandez
Editeur : Casterman
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L'auteur : Lorna Lorna
33 ans, Angers (France).
Publié le 25 juin 2004
Modifié le 25 juin 2004
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