Non connecté. Connectez-vous ou devenez membre (gratuit).Recherche rapide :     

Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris

Saint Christin, un vagabond du Moyen-Age, un orphelin bien malin, un Gavroche des temps anciens parcourant son amer destin dans les environs de la Cathédrale de Notre Dame de Paris. Une nouvelle dont l'inspiration m'est parvenue soudainement, et qui m'a enchanté tout au long de l'écriture...


Ce matin-là était comme tous les autres. Les marchands avaient installé leurs richesses sur les étals de bois, façonnant des mosaïques de couleurs. Les parfums volaient dans tous les sens, vers la droite, puis vers la gauche. Le vent distribuait ça et là des saveurs fruitières, des recettes exotiques, des arcs-en-ciel de fleurs ; les nuances de fragrances parcouraient la place sur laquelle s'était installée une panoplie d'artistes criants et chantants.
Cette harmonie de voix aurait pu s'écouter comme de la musique. La symphonie avait débuté aux premières lueurs du jour, quand les faibles paupières des clients s'ouvraient à peine. Maintenant, c'était un chœur étrange, un instrument inconnu qui soufflait entre les percussions éparses de la Place de Notre Dame de Paris.
Notre Dame de Paris, cette somptueuse cathédrale qui, la veille, avait répandu à des kilomètres à la ronde ses complaintes religieuses. En effet, le Bourdon, sa cloche cérémonieuse qui ne sonnait qu'à de rares occasions, avait résonné pour avertir solennellement le peuple de la mort du Pape Urbain VIII.

A deux pas d'ici, les marchands nomades tiraient avec force les harnais de leurs chevaux épuisés. Les animaux portaient des sacs pesants, et les secousses répétitives pouvaient en laisser s'échapper de merveilleuses molécules odorantes.
Ces particules glissaient en serpentant vers la rue principale qui menait à la place. Une rue vivante, respirant comme un être, avec dans son ventre les allées et venues des commerçants et voyageurs venant des quatre points cardinaux.
De chaque côté de la rue, les petites boutiques annonçaient les avant-goûts du marché.
Et au milieu des flûtes, des troubadours, sur un des nombreux balcons d'à peine un étage, un jeune garçon se réveillait.

Saint Christin, comme on l'avait surnommé, ouvrit les yeux sur un splendide ciel bleu. Il se dressa d'un trait, sourire aux lèvres, avec une larme au bord de chaque œil. Il pencha la tête en arrière, restant là le temps de prolonger avec plaisir les fragments de son rêve. Le garçon retrouvait toutes les nuits dans ses songes les parents imaginaires qu'il n'avait jamais connus.

Saint Christin était très jeune, mais accumulait talents et astuces tant par son expérience que sa curiosité. C'était un orphelin, un vagabond malicieux, un enfant doué âgé de dix ans tout au plus, qui volait de temps à autre pour gagner son triste pain.
Il agrippa son baluchon et plongea littéralement dans la jungle commerciale qui s'activait sous ses pieds.

L'heure du déjeuner approchait, et il souhaitait remplir son estomac par tous les moyens. Son endroit favori était proche, au sommet de la rue, sur la Place de Notre Dame de Paris. On pouvait y trouver des nobles, des paniers percés déguisés de bijoux. Il contourna les premiers étalages sans intérêt, et se glissa furtivement au milieu d'une foule de curieux en admiration devant une représentation théâtrale. Saint Christin recherchait une proie, un homme peu méfiant, à qui il aurait pu dérober quelque fortune. Il était vif comme l'éclair, et savait disparaître lorsqu'il le désirait. A couvert sous une table de fruits, il scruta un à un les passants qui ne le voyaient pas.

Soudain, il repéra un gentilhomme bedonnant, lequel s'efforçait à courtiser une demoiselle de bonne famille fort peu intéressée. Le personnage dévoilait maladroitement les joyaux qui couvraient ses mains potelées. La victime portait à sa ceinture un ballot bien rempli. Chacun de ses mouvements laissait entendre un cliquetis d'argent, une douce mélodie. Le vagabond, comme à son habitude, s'apprêtait à simuler une bousculade, profitant de cette diversion pour accomplir sa mascarade. Saint Christin sortit de sa cachette, et entreprit de mettre en œuvre son art de prédilection pour récupérer quelque piécette.

Il enjamba les caisses encombrant son parcours, et fixa sa victime pour la prendre de cours.
A peine eut-il atteint sa cible qu'un épais nuage d'odeurs alléchantes lui chatouilla le nez. Non loin de là s'écriait un marchand vantant la qualité de ses exquises volailles. Saint Christin s'approcha des délices parfumées, oubliant le gentilhomme et ses deniers.

Les yeux clos, il suivit le fil d'Ariane qui le guidait vers des arômes charnels, et il s'arrêta brusquement devant des poulets qui doraient au feu brûlant. Il aurait pu rester ici des heures, profitant de l'odeur que les oiseaux dégageaient. Mais le bougre marchand ne l'en laissa pas humer plus longtemps. Il s'exclama avec ferveur :

Je t'y prends sacripant ! Si tu convoites et humes mes beaux poulets, paye-moi en conséquence, ou va-t-en sur le champ !

Des passants étonnés prêtèrent l'oreille à ce spectacle sans pareil. Une vieille dame rondelette s'exclama :

Vous devriez avoir honte monsieur le marchand ! Ne voyez-vous pas que ce garçon est pauvre et affamé ? Regardez ses vêtements ! Les guenilles qu'il porte ne vous inspirent-elles pas une miette de pitié ?

Saint Christin fut glacé et vexé d'écouter la boutade. Mais malin, sur ses gardes, préparait une parade. Il fouilla dans ses poches, et sortit une pièce d'or qu'il n'avait jamais quittée. C'était un fétiche, sa seule richesse qu'il n'osait dépenser, vieux cadeau de l'abbé qui l'avait élevé. Ce beau porte-bonheur en fit écarquiller les yeux du cupide vendeur. Souriant et confiant, l'enfant répondit au marchand :

Si par mégarde j'ai daigné renifler vos savoureux poulets, je paierai de surcroît, et puis je m'en irai.

Les témoins alentours stupéfaits de la scène, n'attendirent pas longtemps pour entendre une rengaine. Le marchand tendit la main, regardant Saint Christin comme un vulgaire vaurien. Le jeune garçon, d'un air las et précieux, prit de l'index et du pouce sa monnaie vengeresse, puis la fit scintiller sur le bord du comptoir comme sa pièce maîtresse.

Le son de mon argent ne coûte pas grand-chose,
Mais j'en conviens tout autant à en faire de la prose.
Fort heureusement pour vous, le burlesque ne tue pas.
Croyez-en ma bonne foi, votre âme est plus pauvre que moi.


L'assemblée se mit à rire et applaudir le malin Saint Christin. Il rangea soigneusement la pièce dans sa poche, et repartit bon train vers son amer destin...
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (8)
Re: Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris
Posté par elodelu le 20/08/2004 07:56:45
Salut.
je me suis un peu ennuyée en lisant, c'est vrai que ça manque d'action, mais quel style! admirable, tu es un bon!
Re: Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris
Posté par jeandelemichel le 20/08/2004 07:56:45
Ton style d'écriture est bon mais sa manque d'action, les descriptions sont trop longues tu n'es pas payé à la ligne que je sache alors épargne les bavardages inutiles! Essaye de trouver une histoire intéressante la prochaine fois, bonne chance.
Re: Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris
Posté par loly le 20/08/2004 07:56:45
très bien écrit!!
Re: Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris
Posté par eden_club le 20/08/2004 07:56:45
Merci pour votre franchise, c'est comme ça qu'on progresse... Mais j'avoue que le commentaire "un peu trop hyperbolique" me laisse... interrogatif. Peux-tu m'expliquer ?

Merci à Maricchia... Une suite ? Pourquoi pas ! Je me demande si je ne vais pas réellement faire vivre à Saint Christin de nouvelles aventures, et peut-être en faire le héros d'un livre...

Bye @pluche
Re: Saint Christin ou le vagabond de Notre Dame de Paris
Posté par maricchia le 20/08/2004 07:56:45
Moi j'aime !! Pour une fois qu'on a un texte bien écrit, de quoi vous plaignez-vous ? A quand une suite ?
. Voir tous les commentaires et/ou en poster un (8)
Publié le 01 avril 2004
Modifié le 01 avril 2004
Lu 1 944 fois

. Cet article est un plagiat?
. Imprimable (pdf/html)
Recevoir la lettre d'information :
Connectés :
    0 membres et 56 visiteurs

Blog de France-jeunes, ...OlDesign    CNIL: 752143.     |]  ▲