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SIF ou Le drame de la passion

Il est dans ce monde des faits qui vous imprègnent ardemment et qui, à force de s'y abandonner, vous submergent de leur cruauté...


Il est dans ce monde des faits qui vous imprègnent ardemment et qui, à force de s'y abandonner, vous submergent de leur cruauté ... Cette si plaisante cruauté que votre esprit veut craindre mais dont votre âme a un exécrable besoin. Cette cruauté qui devient, en l'espace de quelques temps, toute votre raison d'être. L'Homme se rend compte, alors, qu'il est entrain de périr, goûtant à l'ultime calamité qui lui ravage le cœur, sans avoir l'hardiesse ni même la volonté d'en finir. Brusquement, tout devient clair ... Resplendissant ... Flamboyant ... Obscur et abstrus... Là, la vie parait morose, tant d'êtres qui y vivent sans la concevoir, tant de forces qui crépitent dans une même chair, tant de douleur, tant de souffrance, tant d'injustice pour les crédules, mais que de malheur pour nourrir l'esprit.

Dans cette terre de crédules Il vivait, fils unique de Mohe et Dhija et jeune disciple de Hob. Il n'était point de ces braves fils dont les journées se réduisaient à une interminable quête pour soutirer le moindre contact. Il n'avait guère appris à bien parler, ni à faire la cour et ne prêtait point attention à ces méandres de la vie. Tout ce qu'il disait, tout ce qu'il faisait venait d'une spontanéité, ma foi assez calculée, et ne subissait aucun habillage, si habile qu'il soit. De son histoire il ne garde plus qu'une amère sensation ou je ne sais quel sentiment de regret, car tout se passa si vite pour lui. Maintenant il est là, assis sur son lit, une lettre de papier froissé entre les mains.

Dans cette ombreuse ville d'Aramet, et alors que le soleil avait à peine envoyé ses sombres rayons illuminer la borgne vision des ingénus qui y vivaient, s'ouvraient déjà les paupières de Sif. Dans un premier effort pour débuter la journée, il sauta du haut de son lit perché et accouru à la chambre à manger où il dégusta trois belles tartines avant de s'élancer vers le Temple d'Ama où accompagné de douze autres disciples, il suivait précieusement les cours de Hob. Il fut un temps où Il n'avait guère à se soucier de ces miracles qui forçaient le cœur des hommes pour y instituer le trouble et l'incertitude, mais de cette époque il gardera toutes le marques, car il venait, en franchissant le seuil de l'immense salle de classe, de s'ébahir devant la créature, la plus enchanteresse qu'il ait jamais eut à regarder, il y vit une âme pure, malheureuse, un visage clair et énigmatique, ornement d'un corps impénétrable à qui ose y aventurer son regard. Tant de splendeur et de volupté s'unissaient comme pour clamer leur unicité. Ainsi fut il frappé par les flèches enflammées de la passion, qui tel les lances du guerrier lui transpercèrent le cœur. Les jours qui suivirent ne furent pour Sif qu'une initiation à l'art de la séduction, lui qui avait jusque là tout simplement ignoré la gente féminine se surprenait à étaler la bonté et la courtoisie en quête d'un malheureux sourire pour embraser son âme. Durant les nuits, il rêvait ... Il songeait... Il se perdait dans une contemplation inlassable, emporté par les bras de Morphée dans un monde qui lui apportait tant de joie que de souffrance. Souffrance ... Le mot est juste mais faible. De jour en jour, Sif sombrait dans un malheur malsain, malheur qui atteignait son apogée quand il voyait de ses yeux en larmes, sa déesse sourire aux taquineries de Hen. Hen était de ces garçons qui, faute de sincérité et de franchise, aimaient à s'afficher devant les demoiselles, profitant de son charisme et de sa musculature pour les faire tomber et les cueillir, ensuite, avec sa fausse galanterie sans se soucier aucunement de ce qu'elles peuvent ressentir, et cela faisait plonger Sif dans le plus profond des chagrins, lui qui restait totalement ébloui par sa muse quand il y faisait face, lui qui ne pouvait plus avancer un mot, lui qui paniquait dès qu'elle lui adressait la parole de peur de la décevoir, lui passait désespérément pour un idiot. Les quelques semaines qu'il endura ne furent pour lui que malheur et désespoir, un brin de lumière venait parfois lui ravager le cœur, mais se trouvait vite effacé par la jalousie qui le régnait. Un jour il lui écrivit une lettre, il voulait lui dire, il voulait qu'elle sache le degré de sa fougue, il avait soigneusement préparé la plus gracieuse de ses tirades et lui avait concocté la plus adorable des allocutions, mais rien ne s'ensuit, juste une année d'agonie sans oraison.

Aujourd'hui, il est là, assis dans son lit, cette lettre froissée entre les mains. Assis à songer au sens de son existence, à la signification de cette vie qui lui paraissait maintenant plus proche au mirage qu'à l'illusion. Brusquement il se leva, le visage pâle et les yeux sanguinolents, d'un pas trouble, il s'en alla contempler l'horizon du haut de la falaise qui dominait le large, puis il se leva d'un trait, il s'avança doucement mais fermement et se laissa choire dans les sombres abysses des profondeurs. Ainsi finit l'histoire de Sif, drame d'un homme qui n'en pouvait plus de l'hypocrisie de ce monde. Victime de sa passion, il sombrera à jamais dans la tragédie de ses émotions.
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Publié le 24 mars 2005
Modifié le 02 mars 2005
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