FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Suicide : pourquoi et comment l'empêcher...

Petite réflexion personnelle sur ce sujet et... Très partiale...


Le suicide, causes et solutions.


Introduction

Autour de moi, depuis des années, je vois et j'entends des gens se plaindre de leur vie. Certes, de nombreuses difficultés se présentent au cours de l'existence, cependant chacune a sa ou ses solutions ! Ce n'est pas parce que nous ne trouvons pas une réponse à nos attentes qu'elle n'existe pas : il faut continuer de chercher jusqu'à la trouver, accepter de l'aide, mais surtout ne jamais baisser les bras. Si notre présent nous dégoûte et nous excède, nous devons lutter pour notre avenir, pour tout ce qu'il peut avoir de merveilleux. Chaque existence est une succession de choix dont il faut certes assumer les conséquences, mais toutefois pas les subir passivement sans réagir. Ne jamais se résigner est à la fois un devoir et une nécessité pour chaque être vivant. La mort volontaire est toujours une solution désespérée à un problème, celle dont on veut bénéficier à défaut de mieux. Or, toute amélioration peut advenir, à condition de le vouloir vraiment et de s'en donner les moyens. Seuls quelques cas parfaitement définis justifient un suicide, cas que je présenterai dans cette étude.
Parce que cela me désole de voir tant de gens aux potentialités prometteuses remettre leur sort entre les mains du hasard (destin, Dieu, ou tout autre nom que l'on pourrait appliquer à ce désengagement de notre vie, à cet abandon de notre libre-arbitre) ; car je suis écœuré de voir que nos sociétés laissent proliférer la résignation pour un peuple dont la nature-même le pousse à avancer, les sentiments de désespoir, d'inutilité ou de stérilité, j'ai décidé de me battre contre tout ce qui pourrait rendre la mort acceptable lorsqu'il reste d'autres alternatives. Nous n'avons qu'une seule vie selon toute probabilité, et il serait stupide et dommageable de la gâcher sur un coup de tête, par simple manque d'information. C'est pourquoi j'encourage vivement tout lecteur à enrichir cette étude et à la diffuser à ceux qui pourraient en bénéficier.


Le suicide en général, cause primordiale et solution

Le suicide est un acte de lâcheté et ce, quoi qu'on veuille en dire. C'est l'action désespérée qui advient lorsque la peur de la mort est dépassée par la peur de la vie. Beaucoup pensent qu'il faut du courage pour se suicider. Je réponds non, Non, NON !!! La seule chose qui peut ressembler à du courage dans cet acte suprême de lâcheté, c'est cette volonté définitive d'agir sur sa propre vie. En effet, un tempérament suicidaire étant largement caractérisé par une peur de l'action, une passivité et une soumission face à notre vie, le suicide apparaît comme une reprise en main déterminée de notre existence. Cependant je le répète, ce n'est pas du courage, mais bien la suprême des lâchetés.
Une personne suicidaire est d'abord faible, et cette faiblesse la pousse à la lâcheté. Tout d'abord, parce qu'il y a toujours un risque d'échec lorsque l'on construit sa vie (relations humaines, activité artistique ou professionnelle, loisirs...), la personne suicidaire se retire peu à peu de la vie publique, se désengage de son existence, afin d'éviter tout risque d'échec. C'est le premier réflexe défensif des êtres faibles : se cacher. Or, si l'on évite l'échec par l'inaction, l'on perd également toute maîtrise sur son existence, ce qui est invivable car source immense et imprévisible de danger. En prenant conscience dès qu'elle est confrontée à des incidents qu'elle n'a pu provoquer que se cacher comporte encore des risques, la personne suicidaire, stimulée par la peur de recevoir des coups, sortira de sa tanière et, par les méandres tordus de sa réflexion, arrivera à la conclusion que pour souffrir le moins possible, il faut éviter de construire afin de ne pas subir d'échec, certes, mais il faut garder la maîtrise de notre existence : il faut donc provoquer les catastrophes et la ruine de notre existence, afin de ne pas recevoir les coups lorsque l'on ne s'y attend pas. C'est ainsi que de faible et cachée, la personne suicidaire en arrive à adopter un comportement volontaire et actif dans sa vie, mais autodestructeur. Arrivée sur cette nouvelle marche de l'escalier - dangereusement trop court - vers la solution finale, la personne suicidaire réalise que la souffrance reste forte, trop forte. N'oublions pas qu'une personne suicidaire est avant tout une personne faible, et que toutes ses actions sont inscrites dans une fuite en avant, et non caractérisées par le courage de vivre et de construire son existence. Ainsi, comme ses décisions issues de sa réflexion tronquée n'ont pas résolu ses problèmes - elle souffre toujours, et même davantage puisqu'elle a détruit tous ses points d'appuis (situation financière, amis, famille...) de peur de les perdre malgré elle au moment où elle en aurait eu le plus besoin -, la personne suicidaire, plus seule que jamais, se retrouve avec sa vie ruinée, comme face à une vague gigantesque déferlant sur elle, être faible et sans défense. C'est à ce moment-là que la solution finale se présente à son esprit de façon claire et évidente, implacable. C'est à ce moment-là que la peur de vivre dépasse au-delà du supportable la peur de mourir. C'est à ce moment-là que la personne suicidaire se suicide, ou s'il est encore tôt dans le processus d'autodestruction qu'elle a déclenché, que la personne suicidaire fait en sorte de rater son suicide, tel un dernier appel au secours.
Le seul moyen de combattre ce processus et de sauver définitivement la personne de sa tendance pathologique à se laisser glisser dans sa déchéance vers la mort n'est pas de régler tous ses problèmes, mais de l'aider à le faire, de lui fournir les armes, de lui montrer qu'elle peut construire et réussir, ou tout au moins affronter les échecs éventuels. C'est la lâcheté et la faiblesse de la personne suicidaire qu'il faut combattre, et non les problèmes qui semblent en apparence la désespérer. Pour arriver à ce résultat, il faut utiliser l'énergie de destruction de la personne et la canaliser sur ses problèmes. Il faut pousser la personne suicidaire à être davantage en colère qu'effrayée. C'est-à-dire qu'il faut la forcer par un harcèlement moral de chaque instant à s'arrêter dans sa fuite afin d'affronter ses problèmes. Il ne faut pas la laisser libre de ses actes et de ses pensées tant qu'elle n'a pas repris pied dans sa vie. Afin que cela réussisse, il faut que tous les proches de la personnes se mobilisent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de façon que la personne suicidaire ne soit jamais seule. Comme le but est de la faire craquer et exploser de l'intérieur, pour pouvoir la reconstruire, il ne faut pas qu'elle soit seule lorsque cela arrivera. A ce moment extrême de la thérapie, la personne suicidaire sera face à un choix pour lequel, poussée par l'urgence, elle devra prendre une décision immédiate et déterminée, qui peut être soit le suicide, dernier acte de fuite, soit la reprise en main de sa vie. C'est à ce moment-là qu'il est indispensable qu'on l'empêche de se suicider, de façon à l'obliger à choisir la seconde solution. Cette thérapie comporte donc des risques si l'équipe d'accompagnement n'est pas soudée et entièrement disponible, ni totalement déterminée. Il faut avoir le courage de pousser une personne qu'on aime hors de ses derniers retranchements, en la faisant souffrir de façon insupportable jusqu'à ce qu'il lui soit impossible de ne plus agir. Peu à peu, poussée malgré elle à l'action, la personne suicidaire comprend de façon définitive qu'il y a une alternative au suicide, qui est d'agir. Elle réalise à quel point son entêtement dans l'erreur aurait pu être définitif, et que contrairement à ce qu'elle croyait, à chaque problème correspondent une ou plusieurs solutions qu'il faut avoir le courage de tenter. Elle intègre le principe qu'il vaut mieux accepter de prendre le risque de vivre afin de construire son bonheur plutôt que de mourir et ainsi de gâcher toute chance d'être heureuse. Elle prend conscience qu'elle n'est pas seule pour affronter ses problèmes, qu'elle peut demander de l'aide à ses proches ou bien à des professionnels. C'est dans ce nouveau départ qu'il faudra aux proches de la personne la plus grande patience, la plus grande disponibilité, la plus grande générosité et la plus grande bienveillance, afin qu'elle ne soit plus seule et prenne pied dans sa nouvelle existence, afin qu'elle n'en revienne plus à une solution définitive qui n'en est pas une.


L'euthanasie réglementée, ou le droit de gérer raisonnablement son existence

Nous avons vu ce qu'était un suicide : la mort, la fin de la vie, de tout espoir de bonheur. Nous avons vu à quel point il était stupidement définitif de le considérer comme une solution pour quelque problème que ce soit, puisque fin de tout, du malheur comme du bonheur. Cependant, il existe une forme de suicide qui soit acceptable - et c'est la seule -, mais qui est clairement délimitée : l'euthanasie. L'euthanasie, c'est le droit de mourir dignement sans souffrir. C'est la solution humaine à un problème reconnu par les professionnels concernés comme dénué d'autres solutions. L'euthanasie ne peut donc avoir de légitimité que dans le cadre médical individuel, puisque dans tous les autres cas, d'autres solutions sont envisageables. En effet, dans le cadre médical, lorsque interviennent des maladies incurables qui diminuent peu à peu les êtres, les privant de tout contrôle sur leur vie, de toute possibilité d'épanouissement, le malade doit pouvoir trouver une solution à son inexorable déchéance. En ce cas, il est totalement acceptable, et même préférable, d'autoriser l'euthanasie, puisque aucune autre solution objective (remède vérifié ou prototype prometteur) ne peut être fournie dans des délais raisonnables.
L'euthanasie est la seule forme de suicide qui doit être autorisée, étendue aux nourrissons chez qui l'on aura détecté des tares gravement handicapantes pour leur vie d'adulte. Ce suicide doit être médicalement assisté, de façon qu'il s'opère de la manière la plus digne et humaine possible. Il ne doit être autorisé que s'il est reconnu comme seule solution objective par les professionnels concernés, et si la personne directement concernée le souhaite, sous réserve de la validation de professionnels de la santé. Dans le cas où elle n'en est pas capable, c'est aux professionnels de trancher, de façon qu'il n'y ait pas d'abus d'autorité affective des proches. Il faut dans tous les cas privilégier l'intérêt du malade à défaut de ses volontés.


Les autres cas, ou la solution de facilité qu'il faut avoir le courage de repousser

Exceptée l'euthanasie pour les causes citées précédemment, le suicide ne peut être motivé que par un dérèglement intellectuel qu'il faut combattre, tel qu'il est défini dans la partie a) de cette étude du suicide, ou bien par des causes ponctuelles dont on n'est pas capable de trouver les solutions, aveuglé que l'on est par le désespoir ou la peine. Dans ce dernier cas, le suicide ne peut être autorisé, puisque réaction expéditive qui n'est pas raisonnablement réfléchie. Dans ce cas-ci, le suicide ne prend en compte que les problèmes présents, et non les solutions qu'ils peuvent avoir, ni même les améliorations certaines à venir. Se suicider dans ce cas est pratique, puisque cela ne permet pas l'expression de regrets et de remords, puisque décédés nous n'avons plus de soucis, puisque anéantis. Cependant, par ce biais l'on quitte un passé et un présent honnis, au mépris d'un avenir qui pourrait très bien être radieux, et l'on fait énormément de peine et de dégâts dans notre entourage. Effectivement, au-delà de la douleur due à la perte d'un être cher, il y a la culpabilité, une culpabilité d'autant plus dévorante que la personne qui s'est suicidée était proche. En effet, lorsque l'on aime une personne, on se sent concerné par tout ce qui lui arrive, l'on veut partager avec elle aussi bien le bonheur que le malheur, l'on est décidé à tout faire pour l'aider à affronter ses problèmes. Alors, lorsque l'on apprend le suicide d'un être cher, l'on constate son échec : c'est ressenti comme un homicide et une perte cruelle. Culpabilité et douleur s'entremêlent donc pour nous poursuivre de leur feu dévorant tout au long de notre vie. Lorsqu'une personne se suicide, elle croit mettre fin à ses problèmes, faire ce qu'il y a de mieux pour elle et ses proches. Elle cache ses problèmes pour ne pas les faire souffrir, se berçant dans l'illusion de pouvoir disparaître sans laisser de traces, mais si un mort ne souffre plus, les vivants laissés par la suite souffrent encore. Et ils souffrent d'autant plus cruellement qu'ils se sentaient proches du défunt, portant le poids énorme de la responsabilité des vies brisées par ce suicide. C'est pourquoi, lorsque l'on met fin à ses jours, il ne faut pas perdre de vue qu'en plus de fuir ses problèmes et sa vie dans la plus grande des lâchetés, on laisse tomber des personnes qui comptent sur nous, qui ont besoin de nous, et on leur fait égoïstement porter le poids des échecs que l'on a pas eu le courage d'affronter. Aussi, à tous ceux qui voudraient se laisser aller à la facilité de croire que le suicide est un acte positif et courageux, j'espère réussir à faire en sorte que vous soyez hantés par une pensée obsédante : vous êtes des lâches qui fuyez devant vos problèmes, qui mettez fin à une vie si précieuse alors même que d'autres qui auraient voulu vivre et auraient tout fait pour rendre leur existence formidable et utile sont morts trop tôt, qui en plus partez dans le néant en laissant des êtres qui vous aiment et qui comptent sur vous souffrir et porter l'entière responsabilité de vos échecs, de vos fuites en avant. Ce que vous faites en renonçant à votre droit et votre devoir de vivre peut se résumer en une seule accusation : vous brisez d'autres vies, les existences de ceux qui auraient voulu être heureux mais qui à cause de vous seront hantés jusqu'à leur mort par votre suicide qu'ils considèreront comme leur échec, vous détruirez les bonheurs de ceux qui voulaient les partager avec vous. Alors réfléchissez bien avant de vous suicider : votre lâcheté vaut-elle la peine d'être satisfaite au mépris de toutes ces autres personnes que vous allez faire souffrir à jamais ? Vous qui vous sentez seuls et qui redoutez la vie, sachez que si vous aviez le courage de ne soulever qu'un instant vos paupières vous trouveriez autour de vous des gens prêts à vous aider. Et si vous preniez la peine de n'entrouvrir les lèvres que pour demander un peu d'aide, vous réaliseriez vite à quel point elle est facile à obtenir... Si peu d'efforts valent-ils la peine de faire tant de mal ?


Les dérèglements sociaux à la base de la recrudescence du suicide

Le suicide peut être favorisé par trois paramètres. Le premier est d'encourager le sentiment d'espoir en une vie après la mort, ou au moins de diminuer la peur que la mort inspire ; le second est de rendre la vie difficile à supporter ; le troisième est de favoriser la destruction des repères.

La dédramatisation de la mort, ou lorsque l'Homme croit avoir plus de vies que le chat
La religion promet une suite à la mort, une vie meilleure. Par ce biais, elle relativise la mort, la rendant moins définitive. Or, l'on oublie trop souvent qu'aux commencements, selon ces mêmes religions, l'Homme avait été créé vivant, donc fait pour vivre et s'épanouir ainsi avant de se flétrir et de mourir. Que l'on soit d'ailleurs croyant ou non, la peur de la mort est telle que l'on s'imagine tous plus ou moins une vie après la mort. En entretenant officiellement cette croyance rassurante, les religions favorisent le recours au suicide dans le sens où l'on est plus obligé de subir les malheurs terrestres pour arriver au bonheur et à la plénitude, puisque c'est finalement un état que nous atteindrons. Cette culture de l'espoir, si elle nous comble par ses promesses, nous déresponsabilise néanmoins pour toute notre vie, puisque dans le pire des cas c'est de toute façon Dieu qui décide pour nous ce que nous devons faire, et dans le meilleur des cas il nous pardonne nos erreurs. Ainsi, à quoi bon souffrir dans la vie puisque l'on atteindra la plénitude dans la mort ? Belle croyance en réalité qui ne sert qu'à nous déculpabiliser quant à nos faiblesses. Cependant, il y a une grande différence entre être vivant et être mort : lorsque l'on est mort, l'on n'est plus vivant. Cela peut sembler absurde à lire, mais lorsque l'on pense à une vie après la mort, on l'envisage comme une vie semblable à celle que l'on connaît, sans les mauvais côtés, bien entendu. Or, si vie après la mort il y a, elle ne peut se dérouler physiquement puisque nous laissons notre corps derrière nous. Ainsi, après notre mort, il ne peut plus rien rester à l'image de ce que nous connaissions : plus de proches à qui se confier, plus de satisfaction de nos besoins puisque plus de besoins, davantage de temps pour se divertir - l'éternité - mais plus aucun loisir... Nous espérons dans la mort les bonheurs terrestres que nous désirons, sans les malheurs que nous connaissons. Nous espérons donc l'impossible. Ainsi, la religion qui présente la mort comme positive, voire comme récompense pour les malheurs terrestres que nous avons subi, favorisant donc le suicide, n'est pas apte à nous procurer ce que nous en attendons. Cependant l'illusion est efficace, et les croyants laissent à un Dieu dont les desseins sont impénétrables, dont l'existence est improbable et dont les plans ne peuvent aboutir à l'échelle humaine, la responsabilité de leurs destinées, mettant ainsi beaucoup moins de cœur à l'ouvrage pour réaliser leurs rêves si l'occasion de la facilité ne se présente pas, et s'en remettant par conséquent à une fatalité qui pourrait toutefois être contrecarrée par la simple volonté de construire sa propre vie.
Le deuxième coupable dans cette dédramatisation de la mort qui facilite tant le recours au suicide comme règlement des problèmes, ou plutôt les coupables, sont les médias. En effet, en présentant à longueur de journée des morts sans passé et aux proches sans avenir, ils contribuent à banaliser la mort et à en faire un fait quotidien dans la vie de l'individu. Il se fait alors dans son esprit à un niveau subconscient le lien dramatique suivant : puisque je rencontre la mort tous les jours, et même plusieurs fois par jour, et que je vis toujours de la même façon, sans que les conséquences en soient pour autant fâcheuses, la mort n'est pas grave et ce n'est qu'un état aléatoire parmi tant d'autres, une option dans notre vie que l'on maîtrise. Le caractère absurde du lien que je viens de vous décrire n'éclate au grand jour que lorsque la personne rencontre la mort dans son entourage et peut enfin en mesurer les effets sur sa vie. Cependant, si cette expérience n'arrive pas, l'absurdité n'est pas évidente et la mort n'adopte pas un caractère définitif. On comprend donc que ce soient les jeunes qui soient le plus vulnérables quant au suicide, puisque la plupart du temps trop jeunes pour avoir été touchés de près par la mort. C'est pourquoi, parce que les médias ne présentent les morts que dans un présent fixe et immuable, comme s'ils avaient toujours été ainsi, et parce qu'ils ne les montrent pas comme des êtres vivants à part entière, avec un passé, avec des activités dans lesquelles ils manqueront, au milieu de familles qui les ont toujours connu et qui désormais ressentent cruellement la perte et en souffriront toujours ; parce que les médias passent si rapidement et si incomplètement sur ces hommes, ces femmes et ces enfants qui nous abandonnent définitivement, le concept de mort n'est pas intégré par beaucoup de personnes comme un état irrévocable et absurdement définitif. En cela les médias ont un fort effet sur la vulgarisation du suicide, sur sa démocratisation, en quelque sorte.
Enfin, le dernier facteur de dédramatisation de la mort est le jeu vidéo. Parce que les enfants sont mis en contact de plus en plus tôt avec un milieu virtuel de plus en plus réaliste grâce aux progrès techniques du graphisme, ils envisagent le monde du jeu vidéo comme une réalité alternative. Intégrée de cette façon dès le plus jeune âge, cette réalité grave rapidement les repères inconscients qui permettront à l'enfant de se forger des opinions et de prendre ses décisions. Or, depuis une dizaine d'années, il y a de plus en plus de jeux vidéo qui sont de plus en plus violents. Le problème qui est à la base du haut taux de suicide lors de l'adolescence, outre la difficulté de cette période de transition entre l'enfance et la maturité, c'est que dans ces jeux vidéos, où l'enfant prend plaisir à être violent, puisque c'est un loisir, où l'enfant est fier de faire mal, de tuer, puisque la réussite du jeu passe par là, l'enfant peut mourir sans problème, encore et encore, puisqu'il suffit pour poursuivre l'amusement de commencer une nouvelle partie, voire de poursuivre là où l'on était grâce à la sauvegarde du jeu ! Comment des enfants sans repères autres que ceux que leur donnent les médias et ces jeux pourraient faire la part des choses, entre la gravité de la violence et de la mort dans la vie réelle et le peu d'importance qu'elles ont dans les jeux ? En effet, ils ne le peuvent pas. C'est une partie de ce qui explique la montée d'une violence de plus en plus précoce et d'un recours au suicide de plus en plus systématique, bien qu'encore marginal. Par ailleurs, l'influence très négative de ces jeux vidéos est complétée par toutes les gammes de jouets développés autour d'eux (armes de guerre) ainsi que les programmes de télévision montrant des super héros invincibles, des super-flics tueurs de méchants, ou bien de personnages de dessins animés qui ne cessent de mourir et de revenir à la vie. Toute cette culture de l'amusement autour de la mort encourage nos enfants à s'entretuer pour jouer, ou bien à régler leurs problèmes en tentant de recommencer leur vie par un suicide. Cependant, dans la vraie vie, lorsque s'affiche l'écran "Game Over", l'on peut jeter la console, car l'on ne pourra pas rejouer la partie : il est trop tard pour le comprendre.

La dramatisation de la vie, ou lorsque revient la loi de la jungle
Il existe une deuxième façon d'encourager le suicide : en rendant la vie insupportable. Pour y parvenir, il y a deux éléments sur lesquels l'on peut jouer. Le premier est l'ensemble des conditions de vie. Si elles sont trop mauvaises, la vie peut sembler contraignante au point d'envisager la mort comme acceptable, voire souhaitable. Ces conditions de vie se dégradent actuellement par une multiplication des difficultés financières dues à la précarisation de l'emploi, au développement du travail à temps partiel imposé et de la diminution des progrès sociaux. Tous ces risques sont aggravés par le chômage qui fait régner dans nos sociétés une atmosphère de défi entre tous ces êtres qui, ainsi incapables de coopérer, entrent en compétition les uns avec les autres, autre facteur de violences et de tensions sociales, donc d'insécurité et de favorisation du suicide. En effet, puisque les problèmes et le stress se multiplient et s'accentuent, puisque le danger de vivre se fait de plus en plus grand, la pression est de plus en plus forte, et de plus en plus difficile à supporter.
Le deuxième élément qui joue dans notre appréciation de la viabilité de nos existences est le niveau de solidarité sociale avec lequel on affronte ces conditions de vie de plus en plus contraignantes. Or, aujourd'hui, cette solidarité tend à se relâcher, à s'éteindre, face à la montée de l'individualisme dévastateur, indispensable au bon fonctionnement théorique du libéralisme, système économique proclamé préférable à tous les autres. Ainsi, les difficultés sont de plus en plus grandes, l'angoisse de plus en plus oppressante, et nous nous sentons de plus en plus seuls pour affronter tout cela...
Alors que, aujourd'hui, l'Etat en tant qu'autorité de proximité bienveillante tend à se désengager de la vie publique sous la pression libérale des entrepreneurs et des économistes purs au pouvoir ; alors que nos médias et nos institutions prônent l'individualisme comme moteur de nos sociétés, encourageant donc les comportements égoïstes, privilégiant en quelque sorte la loi du plus fort ; alors que nos dirigeants semblent vouloir nous dissoudre dans la masse d'une mondialisation planétaire, telle la jungle suprême où les fauves capitalistes auront enfin toute liberté d'agir, au mépris de l'espèce humaine et de sa dignité ; alors que la voix du peuple perd toute cohésion et que celui-ci adopte un comportement autodestructeur [abstentionnisme aux élections, passivité face à leur environnement social, désengagement de la plupart des activités solidarisantes (loisirs collectifs, militantisme syndical et autre, etc.), fuite en avant de tous leurs problèmes (augmentation du recours au suicide, aux drogues diverses (cannabis, cocaïne, alcool, tabac, et de manière générale tout ce qui permet de perdre un peu conscience de la réalité (télévisionnage intensif, antidépresseurs, somnifères...), aux activités extrêmes à haut risque (capables de faire suffisamment peur de la mort pour relativiser les problèmes de la vie courante), etc.)... ] ; alors donc que tout semble vouloir filer dangereusement et sans contrôle vers l'implosion sociale, les solutions de fortune qui permettent à ceux du bas de supporter les décisions de ceux du haut semblent se multiplier dans une frénésie apeurée par la conclusion de ce processus : pour ceux qui restent engagés politiquement, un désir de retourner vers quelque chose de connu, le spectre d'un passé plus heureux, à travers le vote se portant sur l'extrême-droite, ou bien le désir de recoller les morceaux pour une société enfin plus humaine à travers le vote se portant sur l'extrême gauche, face à des partis de gouvernement, de gauche comme de droite, qui n'ont pas su résister à la pression de la minorité la plus puissante au mépris de la majorité qui, faible, a dû subir ; pour les autres, la volonté de se construire des repères à échelle humaine, face à cette folle mondialisation, grâce à une refondation de l'identité régionale, ou par un nationalisme désespéré (Indépendantistes corses, ethnies africaines, kamikazes Palestiniens, nationalismes asiatiques, xénophobies et racismes accentués...), en évacuant le stress dans des loisirs les épuisant et les empêchant ainsi de penser à leurs problèmes [rave-partys, sports individuels (tennis, natation...)... ] et, n'ayant pas d'ennemis précis à combattre pour toutes ces attaques, isolés, certains se dirigent vers les sports de combats ou bien les sports collectifs violents (rugby, football...) pour évacuer et satisfaire leur agressivité. Harcelé de toutes parts par un système qui semble vouloir sa perte, l'Homme moyen fuit par le suicide ou l'isolement, ou bien se défend. Cependant, n'ayant pas de coupable précis, il tourne sa violence vers ses voisins (commérages, médisances, diffamations, tensions et conflits de voisinage), ou bien contre ceux qui lui semblent bénéficier d'un meilleur sort (vandalisme, vol, agressions verbales et physiques...).
Ainsi, le fonctionnement actuel de nos sociétés tend à nous rendre la vie si difficile que nous recourons avec de plus en plus de complaisance au suicide physique (mort) ou intellectuel (toxicomanie dure, recours massif aux antidépresseurs et alcoolisme).

La destruction des repères, lorsque l'on doit tout savoir dès la naissance
On a vu qu'à cause de la précarisation de l'emploi, de la réduction des progrès sociaux, du chômage croissant et des risques de licenciements boursiers, face à des modèles de consommation onéreux, les parents ont de moins en moins de temps à consacrer à leurs enfants, à qui ils ne peuvent donc plus transmettre efficacement leurs normes et valeurs. Ils n'y peuvent pas grand chose, étant donné que la pression psychologique dans nos sociétés de consommation est si forte que toute personne qui n'aurait pas accès à la plupart des produits institués par la publicité comme norme se verrait exclue de cette société. On comprend donc que la priorité des parents soit la plus évidente, celle de leur intégration sociale, et non celle de l'éducation des enfants, laissée à la charge de l'école et des différents médias et "jeux éducatifs". Or le retrait de l'Etat dû à la pression libérale tend à confiner l'école dans le seul rôle de transmission du savoir, et non directement des valeurs et normes sociales. Les seules normes qu'intériorise un enfant à l'école sont l'individualisme, puisque tous ses efforts doivent être solitaires : la solidarité et l'entraide sont donc limitées et non instaurées comme norme comportementale. De plus, dans nos sociétés, parce que cela est plus pratique, les êtres sont évalués par rapport à leurs qualifications reconnues, leurs diplômes. Or, ces diplômes dépendent eux-mêmes des notes qu'ils auront eu à l'école. Aussi, puisque l'école véhicule une culture savante impersonnelle, de façon égalitaire alors mêmes que les étudiant sont inégaux face à la réception du message, une culture sans rapport direct avec les différentes qualités des individus, ni même avec leurs éventuels dons, on comprend aisément que ces diplômes ne reflètent que très imparfaitement la valeur des individus. Néanmoins, nos sociétés ne se basent que sur ceux-ci pour mesurer "l'utilité" des individus. Ainsi, alors que l'échec scolaire est une éventualité très probable, puisque le contenu des programmes est une imposition arbitraire qui ne tient pas compte des prédispositions des individus, l'école fait subir de plein fouet aux individus affaiblis par leur rejet du système un échec institutionnel dont ils doivent seuls porter la responsabilité. C'est ainsi que l'école est dans de nombreux cas la cause profonde des tempéraments suicidaires, puisqu'elle entretient une culture de la dévalorisation personnelle, relayée par le mépris de nos sociétés quant à ceux qui sortent un tant soit peu des normes.
Par ailleurs, puisque les parents démissionnaires ne sont pas suppléés par l'école dont les missions ont été restreintes à un tri des individus pour les adapter aux besoins du marché du travail, les enfants se retrouvent donc vierges et sans repères devant des médias qui ont la pleine confiance du monde des adultes et qui doivent donc les former à la vie. Or, les médias sont principalement dirigés par la loi de l'audimat, et sont donc loin de montrer la vérité ou quelque norme que ce soit : bien au contraire, ils montrent des situations et des comportements différents de ceux que l'on peut constater dans la réalité, facilitant jusqu'à l'absurde certaines choses, simplement dans le but de distraire un public le plus large possible en leur faisant oublier leur quotidien. Le problème vient du fait que, n'ayant pas d'autres modèles et n'étant pas préparés à appréhender avec précaution ce qu'on leur soumet, les enfants intègrent des valeurs, des normes et des repères erronés, en contradiction souvent avec la réalité de la vie. Pour ne citer que deux exemples, je citerai le rapport à la violence que j'ai évoqué précédemment pour les jeux vidéos et pour les médias, ainsi que le rapport de l'enfant avec la sexualité. Tout d'abord, dans une société harcelée de toutes parts, les gens ont une agressivité énorme à exprimer, ce que la violence fictive tend à les aider de faire. Aussi, voyant que les adultes se soulagent par cette violence détournée, les enfants suivent le pas et agissent directement en intégrant le principe que la violence n'est pas mauvaise puisqu'elle est partout et qu'elle fait du bien. Par conséquent, la plupart des jeunes conçoivent la construction d'une vie comme destruction de celle des autres, ce qui tend à accentuer fortement l'insécurité et l'éclatement de nos sociétés, ce qui est facteur de suicide.
Le deuxième exemple de mauvaise éducation de nos enfants et d'absence de volonté de leur donner des repères fiables est le rapport qu'on les "encourage" à avoir vis-à-vis du sexe en général et des rapports hommes-femmes en particulier. Il y a deux étapes fondamentales actuellement dans la construction des individus face à ces comportements fondamentaux. La première étape, l'enfance, est ancrée dans la douceur et le rêve. Grâce à Walt Disney notamment qui a démocratisé le conte de fées et contribué à le rendre si populaire, les parents ont vu dans ces charmantes histoires une façon pratique et agréable de protéger leurs enfants de ce monde de violence qui les entoure. Or, toute personne qui n'affronte jamais un danger ne peut être prête à s'y heurter lorsqu'elle le rencontre pour la première fois (c'est le principe-même du vaccin et de l'éducation : mieux vaut prévenir que guérir). Dans le même ordre d'idées, le fait d'élever les filles et les garçons différemment, telles deux espèces étrangères l'une à l'autre, contribue à creuser le fossé naturel qui les sépare. Ainsi, hommes et femmes arrivent à l'âge où ils doivent s'accoupler et partager leurs vies respectives alors qu'ils ne se connaissent absolument pas et ignorent comment ils fonctionnent l'un et l'autre. Walt Disney et ses naïves fictions viennent fortement consolider ces différences et ces lacunes. En effet, dans tous ces merveilleux contes, si le bien triomphe toujours du mal - la morale est donc sauve en apparence -, le rapport à l'amour est tronqué. Ces fictions véhiculent deux idées dangereusement fausses : celle du coup de foudre qui semble être inscrit dans un destin rassurant (le prince et la princesse ne se connaissent pas et pourtant s'aiment d'un tendre amour, presque "génétique", mais en tous cas pas naturel, ni même normal), et celle de la facilité de l'amour, avec l'éviction de la sexualité et des complexités liées aux relations humaines (les enfants ne savent bien souvent que très peu de choses sur l'amour, auxquelles ils croient dur comme fer : le grand amour est facile à trouver, presque dès la première personne croisée, pas besoin de se connaître ; l'amour, c'est facile, puisque l'Histoire finit bien et qu'il n'y a plus de problème, que l'amour a tout réglé qu'ils "s'aimèrent et eurent beaucoup d'enfants"). Autrement dit, les enfants se voient inculquer dès leur plus jeune âge des mensonges incroyables dus à une dangereuse et aliénante volonté de les tenir à l'écart de tous les soucis de la vraie vie. Arrivés à l'adolescence, ils comprennent que tout ce qu'on leur avait dit jusque là n'était que fariboles, puisqu'ils constatent en voyant par exemple leurs parents se disputer que tout n'est pas si facile. Cependant, cette compréhension est pratiquement exclusivement réservée aux garçons. En effet, si les filles sont encouragées à croire au mythe du prince charmant, puisque leurs instincts maternels les poussent à rechercher la stabilité et la sécurité de la fidélité et de la simplicité du romantisme, les garçons sont, eux, catapultés vers l'excès inverse. C'est-à-dire que, dans nos sociétés profondément phallocratiques et tournées vers la consommation de masse, la publicité s'adresse aux hommes en jouant sur leurs désirs sexuels pour qu'un lien de forte volonté se crée entre l'Homme et le produit, dans lequel sexe et consommation se confondent inconsciemment pour lui procurer du plaisir. Dans cette approche, la femme est chosifiée, déshumanisée, utilisée comme simple objet de plaisir : elle est montrée nue, dans des positions lascives ou provocantes dont le rôle est d'activer la testostérone mâle. En effet, c'est une hormone très puissante capable de contrôler profondément le comportement. Parallèlement à cette prostitution acceptée de la femme, cette banalisation de son statut d'objet sexuel, se fait un processus de superficialisation des rapports hommes-femmes, ramenés dans l'esprit des hommes à un simple échange de semences et de caresses ne prêtant pas à conséquence. Pour entretenir cette "désintimité" de l'acte sexuel, les films, les spots publicitaires et autres vecteurs d'information, par exemple la musique, montrent le sexe sous toutes ses coutures, le dédramatisant et en faisant une chose aussi banale que d'acheter son pain ou de garer sa voiture. Or, l'acte sexuel est quelque chose d'intime, surtout pour une femme, qui ressent cela comme une violation de son intimité, qu'elle ne peut accepter que si elle a toute confiance en son partenaire, confiance qui n'est pas automatique dès le premier regard. Si la fille, entretenue dans sa romantique naïveté, croit en l'existence d'un prince charmant, le garçon, lui, encouragé à l'égocentrisme et l'utilisation sexuelle de la femme ne croit plus du tout en l'existence de sa princesse. Pour aggraver cet accroissement de l'incompréhension entre les sexes, l'homme a inventé la pornographie. La pornographie presque entièrement tournée vers la satisfaction virtuelle de tous les fantasmes masculins, ne s'embarrasse pas des différences de points de vue entre hommes et femmes. Dans leur désir de satisfaire leur libido, les hommes veulent des femmes-objets totalement soumises à leur bon plaisir. Ainsi, entre la publicité et la pornographie, qui viennent prendre le relais de l'absence d'éducation et d'information, le garçon est éduqué dans l'idée que les femmes sont des chiennes en chaleur qui ne désirent qu'une seule chose : se soumettre à eux. Tant que l'homme n'a pas pris conscience de l'Humanité de la femme, il demeure un violeur en puissance. Cela explique l'apparition et la multiplication rapide des nouvelles formes de violences sexuelles (harcèlement, chantage, tournantes, usage de stupéfiants...). Si les garçons sont à l'abri des dangers de cette perversion de nos sociétés, les filles, elles, reçoivent tout de plein fouet sans y avoir été préparées : non seulement elles perdent leurs rêves et réalisent avoir vécu dans un grotesque mensonge, mais en plus elles se retrouvent confrontées à la violence et au mépris d'une société fortement masculine, ainsi qu'au déshonneur. Traumatisées, beaucoup trop de jeunes filles se suicident, ne pouvant supporter de vivre dans un monde qui les traite ainsi. Cependant, il existe une solution très simple à tous ces "désagréments" : une vigilance constante des instances socialisantes (école, législateurs, famille) et, surtout, le dialogue et l'information entre les différents sexes, afin de se comprendre enfin et d'apprendre à vivre ensemble. Si ce phénomène de dérapage reste globalement marginal, il est inquiétant de voir qu'une majorité de la jeunesse est touchée... Effectivement, c'est la jeunesse qui prendra le relais et instaurera ses propres valeurs...


Conclusion

Pour conclure, je résumerai en rappelant que beaucoup - beaucoup trop - de choses dans nos sociétés concordent pour nous pousser vers la souffrance et le suicide. La seule solution afin d'éviter les catastrophes et de corriger nos travers, c'est de communiquer. Parler, ce n'est pas grand chose, mais ça permet de mieux vivre et de sauver des vies. L'information est primordiale si l'on veut éviter que les personnes les plus fragiles (qui sont d'ailleurs rarement les moins intéressantes, car plus sensibles), ne désespèrent et ne nous privent de leur contact, de leurs opinions et idées. Alors, puisque la discussion et le partage de réflexions et de confessions est si essentiel, parlez beaucoup et diffusez ce message d'espoir pour tous ceux qui souffrent !
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Re: suicide : pourquoi et comment l'empêcher...
Posté par windowman le 03/06/2014 10:16:34
Désolé de ne pas avoir répondu plus tôt mais les alertes semblent désactivées...


Je choque par cet essai, je sais.

Je sais également que je n'y ai pas fait preuve d'une grande subtilité.

Mais on ne fait pas changer quelqu'un de suicidaire en le couvant.

La mort est une réalité définitive à laquelle il faut faire face avec résolution.

Le suicide n'est PAS une solution. C'est une fuite car on n'a plus le courage d'attendre ou de chercher une solution.

Et, contrairement à toi, je pense qu'on ressent nécessairement plus de culpabilité quand un être meurt volontairement sans qu'on ait détecté sa détresse (manque d'empathie) ou su trouver un remède à sa souffrance (manque d'utilité sociale) que lorsqu la mort frappe au hasard.
Néanmoins, on peut culpabiliser pour tout, si on le souhaite.

Pour répondre à tes remarques, je cherche à provoquer l'indignation des suicidaires dans cet essai, les obliger à s'offusquer ! La colère est un sursaut de dignité, de vie ! C'est donc un premier pas.

Néanmoins, bien sûr, cet article n'arrêtera pas un suicidaire aussi bien qu'un placage de rugbyman.

C'est une tentative, non de suicide, mais de sauvetage.

Modifié le 03/06/2014 10:28:12
Re: suicide : pourquoi et comment l'empêcher...
Posté par jacquesv le 08/02/2014 00:28:39
etoile790 ,
Tu oublies quelques réalités:

-Le suicide est définitif, donc une 'solution' qui a des conséquences graves à long terme . La plupart des problèmes sont résolus soit à court terme , soit à moyen terme. Une 'solution si définitive et irrévocable ( on ne sait pas essayer le suicide et essayer une autre solution après )

C'est comme un chirurgien qui amputerait une jambe cassée plutût que de la remettre -au besoin en y ajoutant une partie en titanium- et la plâtrer.
-Comme un garagiste qui mettrait ta voiture cabossée au casse plutôt que de la réparer.
-Comme un banquier qui conseillerait d'acheter une voiture avec une carte bleue, à un taux d'intérêt élévé plutôt que de prendre une hypothèque.

Le suicide -hors situation bien précise comme une suffrance insupportable, manque d'antidouleur efficace et maladie inguérissable- est donc le mauvais traitement.
La mauvaise et fausse solution.


L'ultime bêtise.


Modifié le 08/02/2014 00:29:10
Re: Suicide : pourquoi et comment l'empêcher...
Posté par etoile790 le 07/02/2014 13:55:30
Bonjour,

J'ai lu la moitié de ton article. Je ne l'ai pas lu en entier, pour les mêmes raisons que les autres personnes ayant commenté ton article.
Je vais essayer de répondre à certaines de tes interventions, points par points. Je citerai tes phrases entre guillemets.

" Se suicider dans ce cas est pratique, puisque cela ne permet pas l'expression de regrets et de remords, puisque décédés nous n'avons plus de soucis, puisque anéantis. "

---> Qu'en sais-tu ? Personne ne sait ce qu'il y a après la mort.

"Effectivement, au-delà de la douleur due à la perte d'un être cher, il y a la culpabilité, une culpabilité d'autant plus dévorante que la personne qui s'est suicidée était proche. "

----> Même lorsque l'on perd un être cher pour une autre raison que par un suicide, il y a de la culpabilité.
De plus, j'ai tendance à croire (mais ce n'est qu'un avis personnel) que si une personne proche se suicidait, je ressentirai moins de culpabilité que si c'était une personne pleine de vie qui mourrait.
Pourquoi ? Parce que la personne qui se suicide aura elle-même décidé de mettre fin à sa vie. Pour moi, ce serait donc plus injuste qu'une personne qui voulait vivre meurt...
(Je précise que je fais référence à ma propre vie : j'ai 19 ans, j'ai eu des envies suicidaires depuis l'âge de 13 ans... Je viens de perdre ma grand-mère qui était âgée. Elle ne s'est pas suicidée, elle voulait vivre, elle se battait.)

"C'est pourquoi, lorsque l'on met fin à ses jours, il ne faut pas perdre de vue qu'en plus de fuir ses problèmes et sa vie dans la plus grande des lâchetés, on laisse tomber des personnes qui comptent sur nous, qui ont besoin de nous, et on leur fait égoïstement porter le poids des échecs que l'on a pas eu le courage d'affronter. "

---> Alors là, c'est vraiment n'importe quoi... Nos problèmes, ce sont les nôtres, ce ne sont pas ceux de nos proches.

"Aussi, à tous ceux qui voudraient se laisser aller à la facilité de croire que le suicide est un acte positif et courageux, j'espère réussir à faire en sorte que vous soyez hantés par une pensée obsédante : vous êtes des lâches qui fuyez devant vos problèmes, qui mettez fin à une vie si précieuse alors même que d'autres qui auraient voulu vivre et auraient tout fait pour rendre leur existence formidable et utile sont morts trop tôt, qui en plus partez dans le néant en laissant des êtres qui vous aiment et qui comptent sur vous souffrir et porter l'entière responsabilité de vos échecs, de vos fuites en avant. "

---> Tu espères réussir à faire en sorte que les personnes suicidaires soient hantées par la pensée obsédante qu'ils sont lâches, etc ? Bravo dis donc... Tu espères donc les pousser au suicide, alors.
Une personne suicidaire a déjà une très mauvaise opinion d'elle-même, ne croit pas en sa valeur, n'a aucune confiance en elle. Si tu la confortes dans ses idées, cela ne va que renforcer cette croyance, augmenter sa souffrance et donc par conséquent augmenter le risque qu'elle passe à l'acte.

Quant aux personnes qui auraient voulu vivre, pour moi, c'est une excuse débile, car qu'on vive ou qu'on meurt, ça ne les ramènera pas à la vie et ça ne changera strictement rien pour eux.
En plus, moi (mais encore une fois, ça c'est très personnel), si j'étais atteinte d'une maladie grave et que je voulais vivre, je serai justement jalouse des personnes qui vivent, pas de celles qui meurent, par suicide ou non.
Pour tous les sujets, c'est pareil, d'ailleurs. Par exemple, je suis extrêmement jalouse d'une personne. Quand je fais part de ma jalousie, certains me répondent "tu ne seras jamais à sa place" (ah, ils croient comme ça qu'ils vont me soulager ?)
C'est justement parce que je ne suis pas à sa place que je suis jalouse. Si je pouvais être à sa place, je ne serai pas jalouse, donc je ne vois aucunement l'intérêt de me dire ça, à part remuer le couteau dans la plaie.

Désolée, j'ai dérivé du sujet initial, mais tu vois, c'est exactement le même principe...

"Ce que vous faites en renonçant à votre droit et votre devoir de vivre peut se résumer en une seule accusation : vous brisez d'autres vies, les existences de ceux qui auraient voulu être heureux mais qui à cause de vous seront hantés jusqu'à leur mort par votre suicide qu'ils considèreront comme leur échec, vous détruirez les bonheurs de ceux qui voulaient les partager avec vous."

---> Si je résume, les personnes suicidaires doivent donc briser leur propre vie, s'obliger à vivre même si elles souffrent le martyr, afin de ne pas faire souffrir autrui ?

N'est-ce pas plutôt les proches, dans ce cas, qui sont égoïstes, de vouloir à tout prix qu'une personne reste en vie, même si elle souffre le martyr ?

Ma grand-mère est partie en octobre 2013... Elle souffrait énormément. Elle me manque. Elle me manquera toujours, jusqu'à la fin de mes jours. Mais n'aurait-ce pas été égoïste, de vouloir qu'elle reste en vie, alors qu'elle souffrait terriblement ?...
Quand on aime quelqu'un, on ne veut pas simplement qu'il soit en vie pour nous faire plaisir même s'il souffre, on souhaite en premier lieu son bonheur !

Quant au fait que tu dises que certaines personnes peuvent chercher à nous aider... Sache que tu te trompes. La plupart des tentatives de suicide sont punies par la loi. Les professionnels, comme tu dis, enfoncent les personnes en détresse au lieu de les aider. La plupart du temps, si une personne rate une tentative de suicide, elle se retrouvera enfermée dans un hôpital psychiatrique, avec des personnes atteintes de pathologies bien plus lourdes qu'une dépression. Elle sera peut-être enfermée en chambre d'isolement, sanglée sur un lit, et shootée aux neuroleptiques jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse.
Qu'est-ce que tu crois ? Que les méthodes barbares des hôpitaux psychiatriques datent du moyen-âge ? Il ne faut pas se leurrer, elles existent toujours. Il est d'ailleurs désolant et navrant de constater qu'énormément de personnes croient ces méthodes révolues.
Et en traitant les gens avec ces manières ignobles, évidemment, cela ne diminue pas leur désespoir mais l'augmente...

Tu sais quoi, je ne dis pas ça dans le vent, je l'ai vécu. Après une menace suicidaire, j'ai été enfermée 4 jours en HP, j'ai été sanglée sur un lit et bourrée de neuroleptiques. A deux reprises, je me suis évanouie dans les couloirs. Les pires malaises de ma vie entière.

Je ne ferai plus jamais confiance à aucun professionnel.


Bref.

Quant au fait que tu juges le suicide comme étant un acte de lâcheté et non de courage... Essaie donc de te mettre à la place de ceux qui se jettent devant les rames des trains ou des métros, qui se jettent par la fenêtre, etc.
Personnellement, je pense qu'il faut un sacré courage pour faire cela. Se faire écraser par un train ou un métro, par exemple, ça doit faire horriblement souffrir, surtout lorsque l'on sait que la plupart des personnes qui se jettent en dessous ne meurent pas et restent handicapés à vie, avec des douleurs extrêmes.

Après, le suicide n'est pas spécifiquement un acte de courage ou de lâcheté, comme on l'a dit, c'est avant tout un acte de désespoir.
Mais il est inutile de juger cet acte comme tu le fais. Totalement inutile.
D'ailleurs, si jamais un jour, tu perds une personne proche par suicide, je doute que ta manière de pensée sera toujours la même.
Re: Suicide : pourquoi et comment l'empêcher...
Posté par windowman le 19/04/2012 08:14:34
Merci pour tes commentaires. Malgré nos divergences, j'espère que cet article et la discussion qui a suivi t'auront aidé à faire quelques pas vers la lumière.
Je réagirai juste à ta conclusion : "stopper quelque chose d'insoutenable" signifierait mettre un terme à la cause or, c'est bien à sa vie qu'un suicidaire met fin, donc non aux causes de ses malheurs, mais bien à sa capacité à souffrir de ce malheur comme à y remédier. D'où mon terme de fuite, et donc mon jugement de lâcheté. Il ne s'agit pas tant d'une condamnation morale que d'une appréciation du fonctionnement psychologique erronné qui fait prendre le suicide comme solution à un problème qui ne peut être par définition résolu que par des vivants.
Re: Suicide : pourquoi et comment l'empêcher...
Posté par graal le 16/04/2012 11:55:27
Finalement, quand je lis les autres commentaires, je me rend compte que ce que j'appelle lâcheté ne sont que les sensations indescriptibles qui peuvent pousser les gens à se suicider, et que mes proches appellent ainsi. Il est vrai qu'il est difficile de se mettre à la place de quelqu'un de suicidaire, mais je ne pense également pas que pousser une personne sur le point de se tuer est une solution, cela ne peux que aggraver son cas.
Une personne suicidaire cherche à stopper quelque chose d'insoutenable, rarement à fuir.
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L'auteur : Y'a-t-il un humain sur la terre ? parce que, Manifestement, y'avait pas de dieu dans le ciel...
32 ans, Evreux (France).
Publié le 21 mars 2006
Modifié le 26 février 2006
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